Et si on faisait une nuit des solidarités à Brest ?
Et si on pensait la proximité en fonction du vécu des quartiers ?

Et si on faisait de Brest une capitale de la lutte contre les inégalités ?

InégalitéLe mois dernier, on apprenait que le plus riche milliardaire du monde était … français ! Bernard Arnault dépassait Jeff Bezos, le patron d’Amazon et était à la tête d’une fortune estimée à près de 110 milliards de dollars (100 milliards d’euros).

Millier, million, milliard, au bout d’un moment, on perd la notion de grandeur, tout cela ne veut plus rien dire et le cerveau humain n’arrive plus à imaginer ce que cela représente en terme de richesse. Le mieux est de « s’amuser » à transcrire cela en grandeurs palpables.

Le billet de 500 € (qui n’est plus fabriqué) est la plus forte concentration de richesse dans une monnaie de la planète. Être millionnaire, c’est posséder une pile de 20 cm de billets de 500€ [1].

Question : qu’elle est la hauteur de la pile de Bernard Arnault ?

  1. La hauteur de la tour Tanguy ?
  2. La hauteur de la mairie de Brest ?
  3. La hauteur de la tour Eiffel ?
  4. La hauteur du mont Blanc ?
  5. La hauteur de l’Everest ? (soyons fou !)

Perdu ! Aucune de ces hauteurs. La pile de Bernard Arnault mesure 20 km de hauteur, c’est-à-dire deux fois l’altitude à laquelle vole un avion long courrier. En un mot, il possède une fortune stratosphérique !

Dans la société françaises, 20% des ménages possèdent moins de millimètre de patrimoine sur une pile de billet de 500€ [2]. C’est cela les inégalités en France : moins d’1 mm contre 20 km … la distance de la mairie de Brest à celle du Conquet !

La physique le montre très bien, plus une différence entre deux pôles est importante et plus elle tend à générer des courants violents entre les deux … qui finissent par accroître l’entropie de l’ensemble (désordre).

Le phénomène des gilets jaunes peut être lu de multiples façons, mais un de ses moteurs est bien la montés des inégalités, la peur du déclassement, la peur de la relégation, la peur d’une société sans partage qui reproduit et creuse les inégalités de générations en générations. Nous devons combattre cela, car c’est la base du socle républicain qui est sur le point de s’effondrer.

Brest a la chance d’être une métropole où les écarts de richesses sont parmi les plus bas de France [3] (ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en a pas !) et dans laquelle existe encore une forte mixité. C’est tout à la fois le fruit de l’histoire (reconstruction), mais aussi une volonté soutenue dans le temps d’organiser le vivre ensemble et la vie dans les quartiers autour d’un socle collectif et associatif très fort. 

Cette spécificité de Brest héritée de notre histoire, nous devons continuer à la cultiver car c’est un bien précieux que nous devons transmettre. La lutte contre les inégalités doit rester une priorité. Elle doit se travailler en continue et par de multiples moyens qu’il nous faut définir ensemble.

Les années qui viennent seront des années de fortes perturbations dans lesquels les niveaux d’inégalités ou à l’inverse de solidarités joueront des rôles de premier ordre. C’est dans une société apaisée que nous aurons les meilleures chances d’avancer ensemble. Alors, continuons à parier sur la lutte contre les inégalités à Brest.

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[1] Un billet de 500€ mesure une épaisseur de 1/10 ème de millimètre

[2] Insee : les revenus et les patrimoines des ménages ici

[3] Insee/Adeupa : Des inégalités peu marquées dans le pays de Brest ici 

[Image : CGET   Le défi des inégalités territoriales ]

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