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Et si on autorisait des espaces d'expérimentations sur Brest ?

Design_3aEn matière de d’éducation, de déchet, d’énergie, d’habitat, de déplacement, de solidarité, de santé, etc … la ville et la métropole de Brest portent des actions qui tendent à apporter des améliorations et à pousser des politiques publiques dans lesquelles l’équipe en place croit.

Parce que l’action publique se doit d’être la même partout, le service public s’organise de façon globale partout sur Brest, en essayant d’apporter une réponse homogène à tous. Cela étant, parfois, certains habitants sont aussi des militants, des experts, des expérimentateurs qui ont envie d’aller plus loin que ce que la collectivité est en capacité à apporter comme réponse collective à tous.

Ces personnes ne sont pas ne déphasage avec les objectifs politiques portés par les élus, ils sont juste en avance et veulent aller plus loin et plus vite que ce que nous sommes collectivement capable de proposer.

Bien souvent, ces habitants s’investissent de façon très volontariste justement sur des politiques que nous voulons faire avancer, simplement parce qu’ils y croient. Pourquoi nos collectivités agissent trop souvent comme des freins à leur égard ?

Comment offrons-nous un espace d’action qui leur permettent d’être peut-être les initiateurs des politiques publiques de demain ? Comment autorisons-nous le droit à l’expérimentation, le droit à l’erreur qui va avec ? Comment les soutenons-nous dans leur démarche ?

Osons créer des espaces d'expérimentations qui permettent à ces citoyens « défricheurs urbains » de laisser libre leur volonté d’agir plus loin, plus vite et pour un intérêt partagé bien compris. Regardons comment les accompagner ponctuellement pour pouvoir bénéficier de ces expériences volontaires dont certaines profiteront ensuite à tous.

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Et si on donnait des budgets aux mairies de quartier de Brest ?

4799054044_689c1fdd1d_cLa France dispose d’un peu moins de 35 000 communes pour 67 millions d’habitants. En moyenne en France, une commune représente donc un groupe d’un peu moins de 2 000 habitants. Vu ce ratio, on comprend l’intérêt de l’intercommunalité et de la création des « surcouches de coopérations communales » que sont les EPCI (la métropole pour Brest).

Toutefois, si ces grands agglomérats de populations ont du sens en termes de visibilité et d’attractivité des territoires, de coopération économique entre acteurs, de réflexion sur des infrastructures lourdes, d’efficacité de l’ingénierie publique sur de larges bassins de vie, ils ont aussi des externalités négatives fortes vu de leur population. Ils éloignent toujours plus le citoyen de la décision publique et deviennent des paquebots institutionnels qui peinent face à l’agilité demandée par la population sur certaines politiques.

Comment retrouver cette qualité de service attendue par les citoyens ? Comment remettre de l’agilité dans la décision publique et les réalisations qui vont avec sur le champ de la proximité, de la quotidienneté et sur des aspects qui ne relèvent pas de la cohérence d’infrastructures lourdes.

Donner un budget et une gouvernance propre de ce budget à chaque mairie de quartiers pourrait permettre de redonner cette capacité d’action attendue, plus proche des habitants. Il faudrait commencer par expérimenter sur certaines politiques et développer au fil du temps et des attentes exprimées.

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Et si on créait des « design centers » urbains pour les citoyens à Brest

Canalbrest-capucinsphotos-201709Y-a-t-il des lieux ou la création, l'innovation, la coopération, le croisement des expériences fonctionnent mieux qu’ailleurs ? L’environnement dans lequel on se trouve et l’organisation de l’espace est-il un enjeu dans ce que l’on produit ? Probablement et de nombreuses entreprises y ont répondu en créant des espaces dédiées à la création et des méthodes de travail différentes, plus tournés vers l'innovation et la coopération.

Des lieux publics de ce type existent déjà mais ils sont souvent très orientés autour de la culture du numériques : Cantine numérique, Fab Lab, etc … mais existe-t-il des lieux pour la création associative ou simplement pour la création entre citoyens qui ont juste envie de faire émerger un projet ensemble ?

Les mairies ou les associations de quartier ont souvent des belles salles qui pourraient facilement être adaptées à cette fin. Il s’agirait de mettre à disposition des outils et des méthodes facilitant le travail de groupes afin de faire émerger des dynamiques de quartier.

Faire émerger le pouvoir d’agir, l’empowerment ou tout autre nom qui donne aux citoyen la capacité à auto entreprendre par lui-même l’espace public, l’intérêt général et le collectif est un enjeu auquel nous devons apporter des propositions. Mettre à disposition des espaces dédiés dans la proximité des quartiers pourrait être une bonne idée.

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Et si on donnait la possibilité aux habitants de se créer des tiers lieux citoyens de quartier ?

Ardèche  reportage au cœur d’un tiers lieu en milieu ruralRecréer des dynamiques sociales sur un quartier n’est pas chose facile dans la société d’aujourd’hui, où l’individualisme a peu à peu remplacé le collectif. On le voit au travers certains projets, l’existence d’un lieu dédié peut y aider.

Pourquoi ne mettrions-nous pas en place des lieux autogérés, dédiés aux développements des dynamiques sociales et relationnelles sur un quartier. Un local, un bas d’immeuble, une maison, une ancienne boutique ou lieu industriel abandonné pourrait facilement être investi par des habitants, remis en état et au gout du jour à coup d’huile de coude et d’imagination fertile.

Lieu focal de la vie de quartier, il pourrait permettre de dessiner les contours des projets portés par les habitants volontaires du quartier : des fêtes de rue, des kermesses, des rencontres, des pauses café ou salon de thé, des lieux d’offre ou de demande de services, des lieux de prêt ou d’échange, des lieux pour les paniers bio ou les achats groupés de bouteilles de vin, des lieux ressource et des lieux de production d’une vie de quartier bien remplie et plus solidaire.

Pour fonctionner, ces tiers lieux devraient être des espaces construits ensemble et où il fait bon vivre. Ils devraient être aussi des espaces de démocratie avec une gouvernance dédiée, discutée et décidée ensemble. Lieux de convivialité et d’apprentissage de la coopération à tous les âges pour récréer des vraies vies de quartier.

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Et si on pensait la proximité en fonction du vécu des quartiers ?

PSA-ERCS_Pictogrammes - Engagement_ProximitéLe lieu où l’on vit, son quartier est à la fois une source d’identité, un espace de services et une sphère de rencontre au quotidien. L’émergence des mobilités puis des communications modernes ont eu tendance à effacer les logiques de proximité au profit de logiques de réseaux ou d’intérêts. Des relations inscrites dans un espace toujours plus large, voire aujourd’hui mondial.

Pourtant, cet espace de proximité est un facteur de bien-vivre dans la ville. Comment reconstituer cet espace de proximité aujourd’hui pour demain ?

La proximité a surtout été prise par le prisme des services administratifs que l’on devait produire pour les habitants. C’est sur cette logique qu’ont été mises en place des mairies de quartier. Mais cette façon de voir dessine des territoires de plus ou moins 20 000 habitants sur Brest, ce qui ne correspond clairement pas à un vécu de proximité.

La proximité vécue est plutôt celle à l’échelle d’une école, d’une boulangerie, d’un jardin public, d’un bureau de tabac. Elle est là l’échelle du quotidien des habitants, où des jeunes jouent ensemble, où des mêmes personnes se croisent régulièrement et se disent bonjour, se rencontrent et tape la discute, partagent des intérêts communs de la vie de tous les jours. Elle se joue probablement à une échelle de 6 000 à 8 000 habitants, peut-être moins parfois.

Pourquoi cette échelle est importante. Parce que c’est aussi celle de la compréhension, de l’action, de l’engagement, de la solidarité, de l’entraide, de la coopération et de la rupture de l’isolement.

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Et si on faisait de Brest une capitale de la lutte contre les inégalités ?

InégalitéLe mois dernier, on apprenait que le plus riche milliardaire du monde était … français ! Bernard Arnault dépassait Jeff Bezos, le patron d’Amazon et était à la tête d’une fortune estimée à près de 110 milliards de dollars (100 milliards d’euros).

Millier, million, milliard, au bout d’un moment, on perd la notion de grandeur, tout cela ne veut plus rien dire et le cerveau humain n’arrive plus à imaginer ce que cela représente en terme de richesse. Le mieux est de « s’amuser » à transcrire cela en grandeurs palpables.

Le billet de 500 € (qui n’est plus fabriqué) est la plus forte concentration de richesse dans une monnaie de la planète. Être millionnaire, c’est posséder une pile de 20 cm de billets de 500€ [1].

Question : qu’elle est la hauteur de la pile de Bernard Arnault ?

  1. La hauteur de la tour Tanguy ?
  2. La hauteur de la mairie de Brest ?
  3. La hauteur de la tour Eiffel ?
  4. La hauteur du mont Blanc ?
  5. La hauteur de l’Everest ? (soyons fou !)

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Et si on faisait une nuit des solidarités à Brest ?

Solidarité_Parce que nos sociétés segmentent naturellement la population en groupe qui vivent et travaillent dans des milieux socialement homogènes, la mixité sociale ne se fait jamais toute seule. Se créent alors des incompréhensions, du rejet et de la peur pour ceux qui sont différents et souvent invisibles aux yeux des uns et des autres.

Organisée une à deux fois par an (l’une en début d’hiver, l’autre en tout début d’été), cette nuit des solidarités serait un appel aux citoyens, pour que chaque brestois.e qui le souhaite puisse s’associer aux professionnels de l’exclusion, aux associations de solidarité, le temps d’une soirée et d’une nuit.

Conférences pour comprendre, échanges pour se connaitre et rencontres avec les invisibles dans les espaces publics, dans les gares, les ports, les parcs, les salles d’attente des hôpitaux et certains squats connus.

Par petits groupes de professionnels et de bénévoles, il serait possible de partir à la rencontre de ces personnes pour recueillir leur parole aider d’un questionnaire garantissant l’anonymat à ceux qui acceptent de répondre, pour mieux connaître la réalité de ce qu’ils vivent et attendent.

Mobilisation citoyenne dotée d’une charte éthique écrite et validées par les associations participantes pour encadrer cet engagement citoyen le temps d’une nuit : accepter la non-réponse, garantir le non-usage de la géolocalisation, des clichés et des réseaux sociaux.

Ce recueil d’informations servira à mieux piloter la politique municipale des solidarités, suivre sur plusieurs années l’évolution des paroles recueillies et aussi d’appréhender les nouveaux besoins et les publics moins connus.

Une nuit pour ensemble, professionnels, bénévoles associatifs et citoyens, recueillir la parole et les besoins de ceux à qui on ne demande que trop rarement leurs avis et qui trop souvent ne peuvent prendre la parole. Une nuit de rencontres. Une nuit des solidarités.


Et si on formait des Jeunes ambassadeurs de santé à Brest ?

JeuneLa question de la santé est autant une question de bien-être, que de bien-vivre ensemble. On l’a prend surtout sous une forme curative, délégué à un corps médical de soignants sachants, mais trop peu au travers du prisme de la compréhension et de la prévention. Une prévention trop souvent vécue comme une limitation que comme une façon d’aller mieux.

Bien connaitre les éléments nécessaires à son corps et sa santé sont des besoins qui devrait-être enseigné dès la phase d’autonomie de l’enfant devenant adulte autonome et responsable. La meilleure façon d’atteindre ces adultes en devenir est souvent de les mobiliser eux-mêmes.

Jeunes citoyens volontaires, lycéens, collégiens, étudiants, apprentis, bénévoles associatifs, pourraient-ils devenir nos ambassadeurs de la santé à Brest ?

Après avoir reçu une formation dispensée par des professionnels de santé, ils pourraient informer, conseiller et mener des actions porteuses de promotion de la santé auprès d’autres jeunes, mais aussi d’habitants en allant à leur rencontre.

Penser les espaces sans tabac, réinventer la fête en les associant au plan alcool, dessiner avec eux des parcours pédestres dans la ville pour promouvoir la marche, parler d’alimentation, réfléchir à l’aménagement de collecteurs de mégots dans l’espace public ou même travailler avec eux la façon d’en parler aux autres jeunes sans juger, sans dramatiser, sans limiter. Autant de sujets de santé publique auxquels ils pourraient prendre part en leurs qualités de jeunes citoyens éclairés.

Dès la classe de sixième, des jeunes devraient pouvoir s’engager dans un conseil de jeunes ambassadeurs de santé où ils leur serait proposé de réfléchir sur des thèmes tels que l’activité physique et le sport, l’équilibre alimentaire au travers des 3M (Manger moins sucré, Manger moins gras, Manger moins transformé), mais aussi de s’impliquer dans la question des addictions ( tabac, alcool, écran), ou de la santé sexuelle et affective.

Ainsi, il pourrait leur être proposé de contribuer à une toute première réflexion sur les premières consommations d’alcool, de tabac ou de cannabis.

Et pourquoi pas, (rêvons un peu !) un nouveau défi brestois liant l’activité physique et l’absence d’écran : « et si on posait son smartphone et sa console pour faire du sport, chaque week-end ? » … avec les adultes bien-sûr !


Et si on imaginait une maison des aînés et des aidants à Brest ?

AidantsRester chez soi le plus longtemps possible à l’approche du grand âge, s’y sentir en sécurité et pouvoir être accompagné dans ce choix est une attente de plus en plus exprimée par les aîné.e.s.

Dans une société où bien-être et vieillissement doivent se conjuguer, il est important d’imaginer et de soutenir un nouveau modèle de vivre ensemble qui prendrait plus en compte les attentes des aîné.e.s.

Pour ce faire, nous pourrions créer une maison des aîné.e.s et des aidant.e.s, pour co-construire avec les aîné.e.s et leur famille les modalités d’un fonctionnement autour de leurs besoins.

Lieu d’information autour du CLIC (Centre Local d’Informations et de Coordinations), il permettrait de renseigner et d’accompagner tout.e habitant.e de plus de 65 ans. Guichet unique pour les huit communes de la métropole, il serait possible d’y trouver informations, conseils et accompagnements des démarches liées à toutes les problématiques du vieillissement.

Cette maison pourrait aussi se penser comme un lieu de suivi des situations complexes du grand âge, autour d’une équipe pluridisciplinaire (professionnels de médico-social, professionnels du grand âge, psychologues, etc…).

Cette maison pourrait s’enrichir d’un grand espace pour les aidant.e.s et les associations en lien avec le vieillissement. Elle pourrait s’organiser comme un lieu ressource pour les aidant.e.s. Elle permettrait d’identifier l’aidant.e référent.e et surtout d’apporter du soutien aux aidant.e.s en difficulté.

Véritable lieu de répit, d’informations, de formations mais aussi lieu de santé pour les aidant.e.s, elle serait pour eux un lieu de partage et d’écoutes.

En lien très étroit avec toutes les associations œuvrant pour les aîné.e.s, cette maison pourrait s’imaginer comme un tiers lieu pour organiser des temps associatifs dédiés (cafés mémoires, conférences, rencontres culturelles, etc..), mais aussi être un espace d’exposition très concret où chacun pourrait découvrir les équipements disponibles pour adapter son logement ou améliorer son organisation avec l’aide de professionnels du secteur et de la santé.


Et si on créait un lieu refuge pour les femmes victimes de violence à Brest ?

Victime violenceLa violence faite aux femmes à la particularité d’enfermer la victime face à son agresseur, du fait d’une société encore peu préparée à accueillir leur parole et à prévenir le danger imminent par une mise à l’abri. Ces femmes sont trop souvent dans une dépendance qui ne leur permet pas de poser les limites et d’arrêter une relation tant qu’il en est encore temps.

Imaginé en étroit partenariat avec les associations et les instituions brestoises œuvrant auprès des femmes, ce lieu pourrait se décliner comme un espace refuge pour les femmes subissant des violences physiques, sexuelles et psychologiques, tant dans la sphère privée que sur le lieu de travail ou l’espace public.

Pensé comme un centre post-traumatique pour celles qui en ont désespérément besoin, ce lieu serait accessible sans rendez-vous, pour y trouver sécurité, attention et écoute. Lieu de répit, il serait aussi un lieu adapté pour recevoir les femmes victimes de violences et leurs enfants, quels que soient leurs âges.

Les femmes pourraient y rencontrer une équipe pluridisciplinaire (psychologues, professionnels de santé, professionnels de médico-social, etc..) ayant reçu une formation spécifique pour n’avoir à raconter qu’une seule fois leurs histoires.

Parce que la plainte et le signalement ne constituent que le début d’un long parcours, il serait aussi le lieu de la parole de celles qui subissent le harcèlement de rue.

Ce lieu d’accueil permettrait de caractériser la réalité des situations de violences envers les femmes, mais aussi d’en témoigner et d’en parler dès le collège ou le lycée pour accompagner une nouvelle génération à se construire autrement.


Et si on s’engageait sur un objectif de « zéro artificialisation nette » sur le Pays de Brest ?

L’extension urbaine autour des villes centres est un enjeu de premier ordre. A la fois source de déplacements pendulaires qui créent mal-être et embouteillages aux entrées de ville, c’est aussi une des raisons du grappillage et du mitage progressif des espaces naturels et des terres agricoles. Tout comme une croissance ne peut être infinie sur terre, l’extension urbaine doit trouver sa limite.

L’extension urbaine a souvent été portée par des dynamiques territoriales internes aux bassins de vie. Pour Brest, l’échelle de réflexion et d’action est l’échelle du Pays de Brest. Comme une image vaut toujours mieux qu’un long discours, ci-dessous l’extension de la tache urbaine sur le pays de Brest entre l’après-guerre et aujourd’hui.

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Le moteur de l’extension urbaine est tout à la fois le coût très bas du foncier non urbanisé vis-à-vis de celui en renouvellement urbain, la volonté des communes d’accueillir de nouveaux habitants dans des logiques de développement, mais aussi une propension des habitants à vouloir acquérir une maison individuelle.

Sur cet aspect, la concurrence territoriale est féroce et n’arrive pas à cadrer les appétits des uns et des autres. Ainsi la commune centre qui avait accueilli une large part de la population après-guerre durant la phase de reconstruction, s’est peu à peu vidée de sa population avec l’accès à la/les voiture(s) individuelle(s) dans les foyers. Tout cela s’est produit lentement sur 40 ans, mais continue aujourd’hui sa progression sur de nouvelles zones à urbaniser. (lire la note Démographie, une brève histoire du temps et des territoires)

La seule façon pour sortir de ce cercle non vertueux est de travailler un pacte commun sur une nécessaire préservation des espaces non urbanisés. Il ne s’agit pas de le faire brutalement, mais dans un mode négocié autour d’un objectif partagé commun sur tout le Pays de Brest.

L’objectif de « zéro artificialisation nette » développé dans un rapport de France Stratégie (lire le rapport ici) en juillet dernier pose une première pierre pour un objectif qui doit permettre de mieux protéger les sols de nos territoires.

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Et si on créait une balade urbaine sur la digue de Porstrein ?

Anse de Porstrain 1Brest est par nature une ville liée à la mer et aux activités maritimes. Pourtant, le contact entre les habitant.e.s et la mer est souvent contrarié par les activités autour de nos 5 ports (marine, commerce, océanographique et les deux de plaisance). Seuls nos ports de plaisance permettent un contact avec la rade de Brest.

La digue La Pérouse au Port du Château est une vraie réussite qui permet à la fois de prolonger la balade sur le port de commerce au contact de la rade abris, mais aussi de profiter d’une vue sur Brest depuis un point de vu éloigné. C’est aussi le rendez-vous des pécheurs et des rêveurs.

Recréer des contacts avec la mer en centre-ville est un besoin pour Brest. C’est à la fois une source de bien-être, mais aussi une opportunité pour créer de nouveaux points de vue sur la ville et sur la rade.

Depuis le quai Malbert, la digue de Porstrein est aujourd’hui un rempart visuel vis-à-vis de la vue sur rade. Pourrait-elle devenir un lieu de balade au contact direct avec la rade ? Un nouvel horizon maritime en cœur de ville pour les promeneurs, les pécheurs et les rêveurs.

Eloignée de 150 m de la pointe du quai Malbert, la digue de Porstrein fait une longueur de plus 1500 m. C’est de là qu’ont été tirés des feux d’artifices du 14 juillet. Cette digue offre de nombreuses opportunités qu'il s'agit d'explorer.

Si l’idée d’une passerelle flottante mobile entre les deux quais serait la plus pratique, elle risquerait de contrarier la fluidité du passage régulier des bateaux. Mais tant qu’à rester dans la maritimité, autant y aller par la mer. Par un petit bac électrique partant du quai Malbert par exemple. Par de belles barques armées de godilles. Savoir godiller fait aussi partie de notre patrimoine maritime, et c’est parfait pour la santé et l’équilibre ! Enfin, pourquoi pas par une flottille de navettes autonomes reliant les deux bords (comme c’est le projet à Amsterdam ici et ). Après l’innovation du téléphérique urbain, continuons à aller de l’avant !

Ouvrir Brest sur sa rade et créer de nouveaux points de vue d’exception en cœur de ville, tel pourrait être un objectif pour l’attractivité de notre cœur de ville.

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Et si on repensait le musée des Beaux-arts de Brest ?

70928067_1668083476661313_418083493961007104_oBrest a la chance d’avoir acquis avec le temps une grande collection associée à son musée des Beaux-arts, mais ne dispose pas d’un bâtiment à la hauteur de ce patrimoine pour donner à voir ces œuvres.

Alors que certaines de nos œuvres sont demandées par de grands musées ailleurs dans le monde, nous ne disposons que d’un musée pouvant accueillir 1% de la collection que nous possédons. Par ailleurs, les qualités de conservation et d’accueil sont difficiles du fait du vieillissement du bâtiment qui nécessite une rénovation profonde.

Il y aurait une belle opportunité à repenser notre musée des Beaux-arts pour donner au bâtiment une seconde vie, mais aussi pour permettre d’étendre l’espace d’exposition et plus donner à voir les œuvres que nous conservons sur Brest.

Le bâtiment de l’ex-bibliothèque d’études (juste à coté) possède aussi des belles salles à même d’accueillir de grandes œuvres. La requalification du bâtiment du musée actuel doit aussi permettre de mettre a niveau l’ensemble dans les attendus de ce type de lieu.

On le voit avec l'artothèque qui fonctionne bien où de nombreux habitants viennent emprunter des œuvres originales, il y a un besoin de culture et de beau accessible à toutes et tous.

La mise en place de tarifications facilitant l’accès toute l’année à ce lieu peut en faire un espace de culture partagé, d’attractivité et de bien-vivre en cœur de Brest.


Et si on expérimentait la gratuité du transport public en centre-ville de Brest ?

Csm_siam2_jyg_jy23689_92ba0673d2La gratuité des transports publics est un sujet de débat dans les grandes villes françaises et celles qui en parlent le plus sont souvent celles qui n’ont pas le plus brillé sur le sujet par le passé. Elles partent souvent d’une fréquentation basse (voire très basse) qu’elles dopent par de la gratuité.

Brest est une métropole qui a jusqu’ici misée sur l’investissement dans son réseau de transport collectif pour développer sa fréquentation. Miser sur la qualité plutôt que le coût pour l’usager est donc plutôt un pari gagnant (et attendu par les citoyens1) puisque la fréquentation ramenée au nombre d’habitants de notre métropole est même toujours au-dessus de villes ayant instauré la gratuité.

La fréquentation d’usagers d’un réseau de transport en commun est le bon indicateur pour juger à la fois de l’impact positif environnemental, mais aussi du service rendu à l’usager des transports publics urbains. Faire une gratuité totale sur Brest reviendrait à se couper de plus de 12 M€/an de recettes qui rendrait plus difficile la poursuite de l’investissement sur de futures lignes (Bellevue et Lambézellec).

Pourquoi parler de gratuité sur le centre-ville alors ?

Nous n’en avons pas nécessairement conscience, mais nos villes se sont façonnées au travers des époques en fonction des flux qui les traversaient. A la reconstruction, la morphologie urbaine de Brest a été pensée en fonction d’un développement de l’automobile. Plus récemment, l’extension urbaine est clairement la conséquence d’une mobilité facilitée par le développement de plusieurs voitures individuelles par foyers par exemple. C’est vrai aussi pour les périodes passées.

Afin de repenser le centre-ville, il faut d’abord questionner les mobilités et les externalités négatives liées à celle-ci.

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Et si on inventait un centre-ville « bas carbone » pour demain à Brest ?

Image1Le centre-ville de Brest n’est pas un quartier comme les autres. S’il abrite du logement, du commerce, de l’économie et du service comme tous les quartiers, il est surtout un lieu de centralité qui appartient à tous les brestois.es et irrigue le reste du territoire. Y porter une attention particulière est important car il est un des marqueurs de la ville.

Le centre-ville de Brest a été fortement amélioré ces dernières années avec l’arrivée du tramway, mais aussi grâce à un travail continu de renouvellement urbain. Mais comme de nombreux autres centres-villes, il a aussi souffert de l’extension urbaine qui a vu des habitants quitter la ville centre et conjointement vu s’installer des commerces en périphérie. Pour autant, on le voit dans les discours des habitants (positifs comme négatifs), le centre-ville reste un lieu d’attachement collectif qui fait débat. En ce début de XXIème siècle, quel centre-ville de Brest écrire pour demain ?

Si les deux axes de la reconstruction furent le relogement rapide des habitants et la place de la voiture, il nous faut regarder ce qu’il en est aujourd’hui. L’objectif de « ville à bas-carbone » peut être un thème de réflexion qui placera Brest sur une trajectoire en phase avec les nouveaux enjeux.

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Et si le budget participatif autorisait du « budget de fonctionnement* » à Brest ?

6a00e54f9f737f8834022ad36c85b7200c-800wiAprès une première saison et une en cours du budget participatif, il est possible de tirer quelques leçons.

La première est clairement que ce mode de participation correspond à une attente et est source d’un renouvellement d’idées dans les façons d’aborder les projets sur l’espace public. Il est donc intéressant de poursuivre.

La seconde est que les modalités de participation (électronique, papier, lieux, accompagnement, etc …) induisent des résultats significativement différents sur la participation de groupes donnés. Afin d’autoriser le plus grand nombre à proposer des projets ou contribuer à les choisir, il faut donc chercher à diversifier les façons de participer au budget participatif.

La troisième leçon est que la limite d’un budget ciblé sur l’investissement est une forme de plafond de verre qui conduit à rejeter de nombreuses idées (environs 30% en 2019). Sur ce dernier point, il nous faut probablement réfléchir à une amélioration.

Aujourd’hui, la très grande majorité des budgets participatifs n’acceptent que des projets d’investissement pour une raison simple : une fois l’investissement fait, les coûts ne reviennent pas (sauf pour de l’entretien, mais sur des coûts moindre). Limiter le budget participatif à de l’investissement, c’est une façon simple de régler ce problème, mais cela limite les bonnes idées qui pourraient être aussi attendues des habitant.es.

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Et si des résidents étrangers siégeaient au Conseil municipal de Brest ?

CaptureOn le sait, de nombreuses personnes vivent depuis des années sur le territoire de Brest sans avoir la nationalité Française. Pour autant, elles participent à la dynamique locale, elles habitent avec nous dans les quartiers, elles scolarisent leurs enfants dans les écoles, elles consomment dans les commerces, elles se déplacent dans les rues, mais on ne les entend pas. Elles n’ont pas voix à la décision publique.

Cette absence de droit sur le plan national peut s’entendre du fait de l’appartenance à une autre nationalité et donc des choix qui peuvent être bien différents de ceux de la France. Pour autant, il existe depuis de nombreuses années des voix qui se lèvent pour demander que ces personnes qui partagent notre quotidien et nos vies, puissent avoir le droit de voter aux élections locales (sous des conditions à définir bien-sûr).

Nous ne changerons pas la loi depuis Brest, mais nous pouvons changer des façons de faire et mieux prendre en compte la voix de ces invisibles de nos démocraties.

Une première étape simple pourrait être de mettre en place l’élection de deux représentants paritaires des résident.es étrangers de la ville de Brest, avec voix consultative en Conseil municipal (puisque la loi n’autorise pas de leur donner une voix délibérative).

A la façon dont les Adjoints de quartier s’appuient sur un CCQ (Conseil Consultatif de Quartier), ces deux personnes pourraient être l’émanation d’un CCRE (Conseil Consultatif des Résidents Etrangers) d’une vingtaine de personnes aussi élus par les résident.es étrangers.

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Et si les citoyen.ne.s étaient consultés sur des délibérations du Conseil municipal de Brest ?

EngagerIl est un fait que dans nos grandes villes, les Conseil municipaux sont pour une large part des chambres d’enregistrement de délibérations préparées par les services sur la base des orientations de l’exécutif municipal. Ce constat n’est pas tant de la responsabilité des élu.es que de l'exigence de passer toutes les décisions par cette instance, ce qui rend un peu long et fastidieux l’exercice !

Cela étant dit, le Conseil municipal reste symboliquement et objectivement l’instance de débat et de délibération de l’assemblée municipale sur les politiques publiques de la commune. Il est dommage qu’il n’y ait pas ou peu de débat de fond et qu’en outre, les citoyen.ne.s habitant.es la commune ne puissent pas y participer et y contribuer à leur manière.

J’ai fait plusieurs mandats en tant que secrétaire du CE de mon entreprise et dans cette instance, il existe ce que l’on appelle « l’info-consultation ». La Direction présente un sujet lors d’un premier CE qui donne lieu à un débat. Les élu.es du CE ont ensuite l’opportunité d’aller échanger avec les salarié.es et de leur donner la parole. Au CE suivant, la Direction fait une consultation votée, après un jeu de questions-réponses.

L’intérêt de ce processus délibératif est qu’il se déroule en deux temps et permet ainsi de laisser une place pour l’expression de celles et ceux qui ne siègent pas dans l’instance.

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Candidat à la candidature socialiste à #Brest

Thierry FayretSuite à l'annonce de François Cuillandre de repartir pour un 4ème mandat, j'ai pris cette semaine le temps de réfléchir et d’échanger avec mon équipe, avant de me porter candidat à la candidature socialiste aux municipales de 2020.

Comme vous, j'aime Brest et m’y investis depuis plus de 20 ans dans le secteur associatif, et politique.

Comme vous, je suis ancré dans le quotidien (je travaille chez Thales) et je regarde l’avenir qui se prépare pour nos enfants.

Comme vous, je crois en la force et la singularité de ce territoire.

Aujourd’hui, à 49 ans et après 3 mandats, j’ai envie de mettre mon expérience, mon énergie, mon authenticité à votre service, pour un nouveau souffle à Brest.

Ma candidature s'inscrit dans le désir de faire autrement, en responsabilité, avec sincérité, en transparence et en confiance.

Le renouvellement des hommes et des femmes est le meilleur garant de la santé de nos démocraties.

Le renouvellement des idées doit répondre à un monde incertain et de plus en plus violent.

Le renouvellement des méthodes amènera à plus de coopération, plus de participation des citoyens.

Plus que jamais peut-être, dans le contexte de rejet du politique qui est le nôtre (abstention record, gilets jaunes …) et tandis que l’urgence écologique et sociale s’accroit, cette volonté d’agir me porte à être candidat à la candidature interne pour Brest demain.


Artic Blues - L'exposition de l'été aux Capucins

IMG_20190623_183444J’ai eu le grand plaisir d’inaugurer samedi dernier l’exposition événementielle de l’été aux Capucins avec Alain Schuhl, Directeur général délégué du CNRS et Luis Tito de Morais, Directeur du LEMAR à Brest. Artic Blues est une exposition qui fait sens à Brest.

Initiative portée par des chercheurs brestois souhaitant transmettre l’émotion ressentie au cœur des univers glacés des pôles, l’exposition Artic Blues part de l’effondrement dramatique du stock de coquilles Saint Jacques dans les années 60 en rade de Brest. Cette crise d’un écosystème qui portait toute une économie de la pêche en local fut à l’origine d’un travail de recherche. Celui-ci mobilisera de nombreux scientifiques jusqu’à voyager aux pôles à la recherche d’une cousines éloignée de notre coquille, à la durée de vie de … 500 ans : l’Artica islandica.

Ces petits êtres agissent comme des moines calligraphistes dans les stries de leur coquille, écrivant minutieusement les données de notre biosphère et des mouvements de la mer. Les chercheurs n’ont plus qu’à recueillir ces témoignages du temps pour analyser l’évolution de notre terre, gravée et conservée dans la glace des pôles.

Par la sensibilité des artistes embarqués dans ces expéditions polaires, Actic Blues nous fait partager une partie de l’émotion de ces milieux inaccessibles. Elle nous relie au vivant tout en témoignant du travail des chercheurs qui agissent dans des conditions d’exceptions.

Ce projet artistique et scientifique s’inscrit pleinement dans la volonté et l’attention que nous portons ici à Brest, pour agir ensemble pour la connaissance, l’action et la mobilisation sur des enjeux aussi fondamentaux que le dérèglement climatique et la protection de notre patrimoine vivant.

Journal du CNRS sur l'exposition

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Tourner une page … pour une autre

190512_Blog ancienne mouture NEWAprès plus de 10 ans d’écriture sur ce blog (lire ici), j’ai décidé de tourner une page. J’ai toujours eu plaisir à écrire pour expliquer, pour faire comprendre et développer des sujets qui me semblaient utiles pour le débat public. De nombreux lecteurs m’en ont remercié à l’occasion de rencontres fortuites. Ce choix éditorial exigeant m’a conduit à des notes plus longues, simplement parce que nous vivons dans un monde complexe et que l’explication de cette complexité demande du temps et des mots.

Nouveau design, nouveau format, nouvelles perspectives !

Je vous propose de passer à un autre format, plus orienté sur le débat et les propositions que les explications. Un format plus simple, plus court, plus fluide, qui me sera pas moins transparent. Il ne s’agit pas de tomber dans la facilité ou le populisme, mais de rendre plus accessible et de faciliter les échanges.

Alors, rendez-vous lundi prochain pour la prochaine note !


L’étonnant classement de Brest !

BrestLe magazine l’Express vient de classer pour la seconde fois la ville de Brest dans le « TOP FIVE » des villes où il fait bon vivre. Cette année, Brest est même classée troisième sur les 100 plus grandes villes de France. Le plus marrant dans tout cela, c’est que les brestoises et les brestois n’y ont pas cru, à commencer par le Télégramme de Brest qui titrait : « L’étonnante troisième place de Brest ! », sous-entendant une légitimité toute relative du score !

On ne leur en voudra pas trop, car c’est un regard assez classique des brestois sur leur ville. Une ville détruite par les alliés et reconstruite sur ses propres ruines qui a encore du mal à s’accepter telle qu’elle est. Une ville à la culture ouvrière corrosive, dont l’autodérision est devenue une culture locale partagée qui crée une identité singulière et permet de garder les pieds sur terre. Une ville ancrée sur son territoire, où le Sud commence à Châteaulin et finit aux Glénans !

Pour autant, ce classement offre un regard extérieur sur notre ville qui nous questionne et nous ouvre les yeux sur ce que nous avons fini par considérer comme normal, habituel. Pourtant, dès que l’on prend du recul (comme en témoigne quelques arrivants sur Brest ou des brestois partis vivre ailleurs), Brest accumule bien les traits d’une ville où il fait bon vivre.

Alors allons-y, regardons objectivement les atouts de Brest … nos atouts du bien-vivre à Brest ! 

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Un premier budget participatif pour #Brest

Csm_csm_01_60_budget_P_84b808f328_86313170a7Voilà une semaine qu’est lancé notre premier budget participatif sur Brest.

Une belle façon pour laisser une place aux nouvelles idées, une bonne façon pour donner envie de construire sa ville, une façon motivante aussi de faire émerger des manques, une façon sympa de participer et de coopérer entre habitants.

A chacun maintenant de se saisir de cette opportunité !

Tous les documents sont accessibles sur le site jeparticipe.brest.fr.

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A vous de jouer …

étonnez-nous …

étonnez-vous !

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Quelques liens utiles :

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De Brest'Aim aux récits héroïques des océans

2018-02-13_21h29_04Cet après-midi avait lieu de conseil d’administration de Brest’Aim qui votait la participation au capital de la future société organisatrice de la course des « Ultim ». Cette prochaine course de maxi-trimarans qui partiront de Brest fin décembre 2019.

L’occasion de remonter le temps de cette fascination pour la voile et la course en solitaire que j’avais déjà étant jeune. Une profonde admiration pour ces défricheurs d’océans que furent Moitessier, Jeantot, Kersauson ou Lamazou.

J’avais adoré La longue route et rêvé avec les récits des victoires de Jeantot ou Lamazou et aux exploits de Kersauson. Alors bien loin de Brest, mon horizon était dans un imaginaire sublimé? de la solitude des océans du Sud. Les yeux rivés sur l’affiche d’un Crédit Agricole 1 trionphant, punaisée en bonne place sur un mur de ma chambre.

Aujourd’hui je suis bien loin des quais si longtemps parcourus en rêvant. Me voici dans cette nouvelle histoire qui s’écrit à la suite du Golden Globe Challenge, du BOC Challenge et du Vendée Globe. Ces courses qui m’ont tant fait rêver, vers cette course de l’extrême des Ultim qui nourrira assurément encore beaucoup d’imaginaires, de terriens en soif de grand large.

Avant d’être des courses, ces tours du monde sont des aventures humaines hors du commun, hors du temps, dans l’espace authentique des océans. La puissance symbolique de ces exploits solitaires est encore créatrice de récits héroïques, d’un appel à se dépasser dans ce monde souvent trop blasé.

Nous avons encore besoin de cela. Ces exploits nous relient à nous-même autant qu'aux autres. Ils nous relient aussi à notre planète océane qui parait d’autant plus petite et fragile, que le temps d’en faire le tour se raccourci.

Avec la course des Ultim, une belle nouvelle aventure commence, dans cette grande aventure autour des océans qui se poursuit.


Et si on faisait un budget participatif à Brest ?

BPBLes attentes de citoyens évoluent. De besoins à disposer de services, nous sommes aujourd’hui à l’heure où de plus en plus d’habitants souhaitent aussi disposer d’espaces de partage de la décision publique, de faire vivre ce que l’on appelle parfois le pouvoir d’agir ou l’empowerment.

Cette attente exige de faire évoluer nos façons de produire les politiques publiques. A la fois proposer plus de concertations vers les citoyens, mais aussi proposer de la codécision quand cela est possible. La dernière étape est de laisser aux citoyens volontaires la possibilité de décider par eux-mêmes. C’est ce que propose la mise en place d’un budget participatif dont l’idée est née à Porto Alegre en 1989.

Le mode opératoire est simple. Le conseil définit un cadre général d’appel à projets citoyens. Les habitants qui le souhaitent proposent des projets. Les services de la collectivité évaluent la faisabilité et les coûts des projets proposés. Les projets faisables sont ensuite portés au vote de l’ensemble des habitants. Ceux ayant reçu le plus de soutien sont enfin mis en œuvre sur un budget dédié de la collectivité.

Les budgets participatifs sont une belle opportunité de faire monter en maturité nos démocraties. D’une certaine façon, la participation des habitants est la forme la plus proche des citoyens de décentralisation du pouvoir. C’est celle qui va permettre de faire certains choix, au plus près des besoins, des réalités exprimées et tranchées par les habitants. C’est une belle mise en œuvre du principe de subsidiarité, cher à la gauche, qui s’est joué depuis des années aux différents échelons territoriaux de la démocratie représentative. Il convient aujourd’hui de poursuivre dans ce sens : développer la capacité des citoyens à pouvoir décider par et pour eux-mêmes, au-delà des échéances électorales.

Cette nouvelle façon de faire ne doit pas faire oublier qu’elle présente aussi une complexité supplémentaire qui aura un coût en terme de process et de durée de mise en œuvre. Nous devons aussi garder à l’esprit les travers de ce type de démarches déjà relevés dans certains projets d’autres territoires. Si nous voulons installer des projets participatifs dans la durée, il faudra aussi savoir y aller par étape et évaluer ce qui sera fait.

Voilà quelques temps que nous regardions avec intérêt et envie ce qui se passait sur les quelques territoires français ayant déjà lancé des budgets participatifs (il n’y en a pas encore tant que cela : 47 villes en 2017). En 2018, il est temps de passer de l’envie aux actes, alors allons-y !


Pour moi, ce sera Olivier Faure !

Bf5a59689c979fa65542a98b0023cDepuis le début des échanges sur notre prochain congrès, j’écoute, je lis et je cherche à décrypter les besoins et les envies pour ce qui sera une phase de reconstruction de notre parti.

Je crois dans le besoin de renouvellement, mais aussi dans la nécessité de travail sur les idées et notre capacité à intégrer les enjeux de ce nouveau siècle dans un socialisme modernisé, plus en phase avec notre époque. Ainsi, je suis heureux de voir que tous les candidats adhèrent aujourd’hui à la nécessité de prise en compte de l’écologie, autant qu’aux inégalités puisqu’au final, les deux sont liés.

Je suis aussi content de lire la nécessité d’un travail d’ouverture de notre parti vers les citoyens, non plus seulement pour faire des adhésions et se compter, mais bien pour jouer notre rôle de facilitation des initiatives, de partage des idées et de la compréhension du monde. Ce n’est qu’en travaillant nos idées avec et pour les citoyens que nous retrouverons le chemin de la réussite aux élections. Notre chemin ne sera pas celui du populisme, de droite, de gauche ou du centre, mais de l’émergence d’une nouvelle alternative transformatrice, vraiment en phase avec les attentes de la population.

Tout cela, on le retrouve dans les candidatures des quatre candidats au prochain congrès, mais je crois aussi, comme je l’ai souvent dit ici, que la méthode compte autant que le fond. C’est aussi ce qui me fait pencher aujourd’hui vers la candidature d’Olivier Faure pour le poste de premier secrétaire.

J’aime sa capacité à ne pas s’arrêter aux clans et aux idées. Les bonnes idées n’ont souvent pas de courant. Il faut les saisir et savoir les travailler d’où qu’elles viennent. J’apprécie qu’il se définisse lui-même comme « l'unique enfant de François Hollande et Martine Aubry », pour avoir longuement travaillé avec chacun de ceux que l'on affichait encore il y a peu, comme les tenants de deux gauches irréconciliables.

J’aime sa capacité à faire travailler ensemble. Boris Vallaud disait de lui : « C'est un bon président de groupe qui crée du collectif, de la discussion, de la cohésion. Il fait confiance. On est un groupe où les gens ont plaisir à être ensemble. » Jean Marc Ayrault soulignait son côté « loyal et sincère, […] à l'écoute avec le sourire, mais avec de la fermeté et du caractère. » Il me semble que ces qualités sont des prérequis pour créer du commun et de l'adhésion.

Il l’exprime d’ailleurs lui-même récemment dans la presse (ici) : « Depuis que je suis président [de groupe à l’Assemblée depuis un an], la délibération est collective, tous les talents peuvent s’exprimer, toutes les compétences sont valorisées. Il n’est plus question d’écarter les meilleurs parce qu’ils font de l’ombre. Voilà ma méthode, c’est celle que j’appliquerai au Parti socialiste. […] Le PS doit devenir un parti plateforme ouvert à tous sans limitation, militants, citoyens, intellectuels et acteurs du mouvement social. Je veux construire un laboratoire collectif, un incubateur d’idées, une fabrique d’expérimentations. »

Enfin, j’apprécie qu’il ne se soit pas précipité à se porter candidat et qu’il ait eu l’intention en premier lieu de soutenir la candidature de Najat Vallaud-Belkacem, avant qu’elle refuse elle-même de se présenter. J’apprécie depuis les soutiens qu’il a pu recevoir qui me semblent aussi porteur d’espoir dans la reconstruction de notre formation politique : de Martine Aubry à Nathalie Appéré, en passant par Johanna Rolland, Valérie Rabault ou même Isabelle This Saint Jean, dont j’avais beaucoup apprécié les échanges lors de son passage à Brest.

Pour ces multiples raisons qui font sens à mes yeux, je choisis aujourd’hui de soutenir la candidature d’Olivier Faure pour prendre la tête de notre parti, à l’issue de notre prochain congrès à Aubervilliers.

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Plus d'info à retrouver sur le Blog d'Olivier Faure ou sa page Facebook


Fêtes nautiques de Brest : un très beau millésime 2016

IMG_2502Il n’y a pas à dire, quand le beau temps est de la partie, plus rien ne peut nous arrêter ! Brest 2016 restera dans l’histoire de ces fêtes nautiques comme une très belle année.

Pendant six jours, plusieurs centaines de milliers de personnes auront profité d’un merveilleux spectacle sur le port ou en rade. Ces très belles perspectives de bateaux en tous genres et en différents lieux resteront dans nos mémoires, comme autant d’images qui donnent à Brest son identité maritime, mais aussi culturelle et festive.

Je retiendrai de mes déambulations sur la fête ces fabuleux tableaux vivants offerts par les bateaux en Penfeld, au pied du château, agrémenté de quelques lances à eau en guise de brumisateurs. Je retiendrai aussi l’ambiance musicale, passant d’un style à l’autre, au gré des promenades sur les quais. Je retiendrai cette vue de la rade de Brest, immense Colisée nautique emplie d’une multitude de voiles de toutes formes qui virevoltent gaiement, avec pour seul objectif celui de profiter de l’instant présent. Je retiendrai ces deux beaux feux d’artifices, dansant avec la lune, sous des milliers d’yeux rassemblés pour admirer le spectacle des cordages, des mâts et des haubans scintillants. Je retiendrai tous les bénévoles qui ont œuvré en tous lieux de la fête pour accueillir et guider nos visiteurs venus d’ailleurs. Je retiendrai enfin toutes cette foule rassemblée, partageant ensemble ces mêmes émotions, devenues aujourd’hui autant de souvenirs d’une ville en fête et l’impression partagée d’avoir participé à un événement hors du commun.

Brest 2016, c’est un peu comme un feu d’artifice. Rien ne se ferait sans une grande préparation en amont, avec cette volonté de donner à un instant T, le plus beau des spectacles aux personnes venues l’admirer. Cette préparation, c’est beaucoup d’engagements, de travail et de pression sur le temps long. La réussite de la fête tient aussi beaucoup sur ces personnes qui font que tout cela est rendu possible. Maintenant que la morsure du soleil n’est plus à craindre, je leur tire mon chapeau !

Quelques photos ...

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Voiture sans conducteur et acceptabilité sociale

S1Un des grands freins à la voiture autonome serait son acceptabilité par les usagers, la potentielle non-acceptation d’une perte de contrôle sur le véhicule. Il est plus que probable que cela ne sera pas le cas et qu’au contraire, il y aura pour une majorité d’entre nous une aspiration à utiliser un véhicule autonome du fait des bénéfices d’un tel usage.

Le véhicule autonome n’évite pas le risque d’accident. Toutefois, il diminue de façon significative tous les risques qui sont aujourd’hui produits par les limites humaines et qui génèrent, qu’on le veuille ou non, la grande majorité des accidents.

Récemment, la presse à largement fait échos de l’accident que la GoogleCar aurait produit et pour laquelle elle porterait une certaine responsabilité1 (après une dizaine d’autres accidents dont la responsabilité incombe aux autres véhicules). Tout d’abord il n’est pas très clair dans ce dernier accident si la responsabilité tient d’une initiative du testeur ou du logiciel, mais surtout, l’accident s’est produit à 3 km/h ! Cela témoigne bien d’une autre réalité, après plus de 3 millions de kilomètres parcourus.

Le risque d’accident est accepté à partir du moment où il est extrêmement faible. On ne connait pas de moyens de transport qui n’ai jamais eu d’accident. S’il en était autrement, nous ne rentrerions plus dans les cars, les trains, les avions, les ascenseurs ou même les téléphériques car tous ont déjà connu des accidents. Le risque nul n’existe pas, mais à partir du moment où il est très faible, nous l’acceptons.

Aujourd’hui, ce n’est pas le cas de nos voitures où le risque d’accident est relativement élevé. S’il l’était tout autant dans les transports aériens, nous ne mettrions pas un pied dans un avion (en tous cas moi !) Comme le rappelle Chris Urmson2, il y a 1,2 millions de mort par an du fait de la voiture, rien qu’aux Etats-Unis cela représente 5 crashs par semaine de Boing 737 ! En France, ce serait un crash tous les 10 jours … Croyons-bien que les compagnies aériennes feraient faillite rapidement, ce qui ne semble pas le cas des constructeurs automobiles !

Bardé de plusieurs dizaines de capteurs, regardant devant comme derrière plusieurs fois par seconde et conservant une attention sans faille, la capacité à maîtriser l’environnement sera très supérieure à tout ce qu’un humain pourrait faire. Reste à développer les logiciels d’anticipation et de compréhension des intentions des autres acteurs en tous genres sur la route. Mais ce travail n’est pas impossible, loin de là. En tous cas, il produira assurément des performances meilleures que celles humaines en matière d’évitement des accidents !

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Voiture sans conducteur et transport public

HirikoComme je l’ai écrit dans ma précédente note : Le paradigme de la voiture sans conducteur, l’arrivée sur le marché de la voiture autonome va progressivement modifier notre façon de concevoir nos déplacements. Il est fort probable que la relation à la voiture personnelle soit rapidement remise en cause et qu’en contrepartie se développe une offre, publique ou privée, de transport à la demande.

On le sait, le modèle de la voiture personnelle est un modèle qui marche sur la tête, tant en terme de coûts de possession, qu’en termes écologiques. Les véhicules roulent très peu et ont par conséquent une forte empreinte sur l’espace public ; ils ne savent pas s’adapter aux usages et donc sont surdimensionnés pour transporter majoritairement le seul conducteur ; ils fonctionnent sur la base de choix individuels calés sur des organisations collectives, ce qui crée des problèmes de flux (embouteillages) ; pour finir, ils sont majoritairement conduits par de bien médiocres « pilotes » qui, malgré la contrainte d’une attention continue à la route, maîtrisent mal les performances mécaniques (consommation d’énergie) et sont générateurs d’accidents graves et mortels. Tous ces faits traduisent une perte de valeur collective bien réelle importante que nous connaissons bien et que nous acceptons faute de mieux. La voiture autonome peut produire des réponses à chacune de ces faiblesses du modèle actuel.

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Voyage dans l’histoire et dans le temps

Hier soir, après une journée bien remplie à la Métropole : 6h de réunions et une conférence de presse sur le devenir de la place de la Liberté, je me suis autorisé un petit voyage en tant que Président de Brest métropole aménagement (Bma). Direction l’aéroport pour partir découvrir d’anciennes citées. Accompagné d’un guide archéologue, je suis allé visiter quelques sites moyenâgeux, de l’empire romain et même du néolithique. Un voyage dans l’histoire qui a commencé par la visite d’une nécropole de quelques centaines de tombes, puis d’un passage dans les vestiges d’une maison romaine de deux niveaux, avant de finir par la visite d’une ferme composée d’une dizaine de maisons remontant au moyen-âge. Les lieux abritaient encore aussi quelques foyers et infrastructures estimés appartenir à des ancêtres vivant il y a près de 6000 ans. Un voyage impressionnant et beau dans l’histoire.

Bon, autant le dire tout de suite, les finances publiques ne m’ont pas autorisé à aller bien loin pour voyager dans le temps. Ce site de fouilles archéologiques se situe sur Guipavas, juste au sud de l’aéroport. Terrain destiné à accueillir deux grandes entreprises du territoire, Brest métropole aménagement y prépare les parcelles. La première étape concerne un travail de recueil des éléments historiques enfouis sous terre, au travers de fouilles archéologiques conduites par des chercheurs. Il semble que notre territoire, proche de la mer et de la rade, soit riche en sites habités à toutes les époques de l’histoire de la Bretagne, y compris lorsque celle-ci ne s’appelait pas encore Bretagne !

Le site de recherche archéologique de Guipavas s’étend sur 6 ha. C’est actuellement le plus gros site de fouilles archéologiques de Bretagne. Les éléments qui y sont trouvés par les archéologues sont bien conservés et ont été peu observés ailleurs, ce qui leur donne de la valeur aux yeux des chercheurs. Il ne s'agit ni de rois, ni de princes, mais plutôt de témoignages des modes de vie simple, probablement en lien avec l'agriculture. Toutes les découvertes sont archivées et ce travail fera ensuite l’objet de publications afin de mieux connaitre, partager et comprendre comment vivaient nos chers ancêtres.

Ci-après, quelques photos prises sur le site lors de la visite.

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Le paradigme de la voiture sans conducteur


1217864_la-voiture-sans-conducteur-de-volvo-testee-a-londres-des-2017-web-tete-021881615662Historiquement, la structure des villes étaient en lien avec leur capacité à protéger des attaques extérieures la population qui y vivait. Au fils des siècles, la menace s’est peu à peu élargie, puis globalisée. La ville n’étant plus un rempart efficace en soi, elle s’est naturellement étendue, reliant les centralités entre elles, en conservant des logiques de quartiers. Il y a près d’un siècle, la voiture est apparue et au fils des ans, a fini par structurer la ville. Aujourd’hui, la ville fonctionne autant autour des flux de communications et de déplacements, que sur des logiques historiques de proximité. Les déplacements et la voiture, au premier rang de ceux-ci, ont construit notre rapport aux territoires et à nos usages quotidiens. L’arrivée de la voiture sans conducteur risque de provoquer un grand bouleversement dans notre quotidien et notre société. Que se passera-il dans 20 ans, quand tout aura changé ?

On s’inquiète (à juste titre d’ailleurs) de la question du réchauffement climatique et de la montée des océans sur les infrastructures urbaines, mais l’horizon est à 50 ou 100 ans. Nous oublions un peu vite qu’à un horizon bien plus proche, quelques avancées techniques vont profondément bouleverser la ville et l’emploi, tout en apportant peut-être aussi quelques réponses sur la réduction des GES1.

Dans une autre sphère que je connais aussi un peu : les technologies de défense, les réflexions sur les véhicules autonomes datent déjà de 20 à 30 ans. Ma première mission en rentrant à Thales en 1995 fut un travail prospectif sur ce que donneraient des drones sous-marin en matière de détection sonar, c’était une étude papier. Dix ans plus tard, je travaillais sur le premier programme d’un drone expérimental de surface : Spartan. Dix ans plus tard, cette réflexion se poursuit et se déploie dans toutes les opportunités où la machine peut remplacer l’homme.

L’émergence des drones dans le monde de l’armement est une révolution encore en marche, mais on mesure régulièrement la façon dont cela change le rapport aux théâtres d’opérations et aussi le rapport aux conflits, à la guerre. Un exemple de ces transformations radicales a été mis en images dans le film « The good kill », sorti en 2014.

La question de la voiture autonome, la voiture sans conducteur, fait encore sourire et est vécue par beaucoup comme un objet futuriste encore hors de portée pour longtemps. On se trompe. L’horizon est aujourd’hui probablement à 10 ans. Les technos ont déjà été développées pour la défense, reste à les adapter et en en faire baisser les couts par des productions de masse. Mais la voiture autonome sera demain sur les étagères de nos constructeurs automobile, c’est une certitude.

Une décennie, c’est super court pour ce qui relève de l’urbanisme et des grands travaux d’infrastructures qui organisent la ville. C’est aussi court pour ce qui relève de mutations professionnelles et d’enjeux économiques associés. Dix ans, c’est demain. Il est donc plus qu’urgent de se poser les questions de ce que seront demain nos villes et nos usages avec cette voiture autonome.

Pour aider à préfigurer ces enjeux, voici quelques expériences ou documents récents qui dessinent déjà probablement le changement de paradigme que représentera cette voiture autonome dans nos vie et dans nos villes.

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Le temps de travail dans les collectivités

Ce matin, ma casquette de Délégué syndical sur la tête, j'étais en route pour Sophia-Antipolis, afin de participer demain à une réunion de négociation sur le temps de travail dans mon entreprise. C’est alors que je suis tombé sur l'article sur le temps de travail des fonctionnaires dans les collectivités.

De grands penseurs étaient passés par là !

L'article faisait état du rapport de la Chambre régionale des comptes calculant que les fonctionnaires ne travaillaient pas les 1607 heures, qui seraient la norme pour les 35 heures. Entre les lignes, il fallait les remettre au travail pour atteindre l'objectif fixé par la loi, afin de ne pas spolier les contribuables qui les payent.

Si nos grands penseurs sont assurément des comptables, ils sont peu connaisseurs du Code du travail et plus que tout, de bien piètres managers.

D'abord, les 1607 heures en question sont la durée légale du travail aux 35 heures. C'est-à-dire une norme à partir de laquelle se déclenchent des heures supplémentaires. Cela ne signifie pas que c'est “La durée légale obligatoire en France”. La législation permet de modifier cette durée à la hausse ou à la baisse par des conventions collectives ou des accords négociés par les Directions, avec les partenaires sociaux.

La durée du travail dans une entreprise ou une collectivité n'est donc pas une valeur dans l'absolu, mais le fruit d'une succession de négociations intégrant salaires, charges de travail, conditions de travail, secteur d'activité, etc. et évidemment, l'histoire de l’entreprise aussi.

Peu d'entreprises de tailles moyennes ou grandes et disposant de représentation du personnel travaillent 1607 heures… parce que les bons managers le savent bien, cela ne signifie rien ! Ce n'est pas un objectif en soi.

Tout comme l'impôt se calcule en multipliant des bases par des taux, le travail s'évalue en multipliant un temps de travail, avec une efficacité au travail et une qualité du travail.

Nous ne sommes plus au travail en usine, nous ne sommes plus “aux temps modernes” de Chaplin où une hiérarchie de directeurs, de cadres, de contremaîtres pouvait contrôler les salariés sur leur poste de travail. Une large part du travail dans l'entreprise comme dans les collectivités publiques touche à l'immatériel, au relationnel, au travail sur le terrain, hors des ateliers ou des bureaux. Par ailleurs, avec l'ère d'Internet et des smartphones, chacun peut “s'échapper” de son temps de travail à loisir, y compris en restant à son poste de travail. Cela devient impossible de tout contrôler et de tout maîtriser. L’efficacité au travail relève donc beaucoup plus qu’avant de la volonté même du salarié.

Aujourd'hui, l'efficacité au travail et la qualité du travail sont en lien direct avec la motivation, surtout si l'on est ambitieux en la matière et que l’on vise haut ! Vouloir gagner 40 heures par an (+2,5 %), mais perdre rapidement plus de 3 % d'efficacité dans une mauvaise négociation qui braquera partenaires sociaux et salariés, est une bien mauvaise comptabilité au final.

Le bon manager n’est donc pas celui qui contraint, surveille et tente de tout maîtriser, mais celui qui donne du sens, donne les moyens et l'envie à faire, celui qui reconnaît le travail fait et produit au final de la motivation.

On comprendra que ce genre de rapport et de médiatisation, plaçant clairement le débat sur le ton de l’accusation et de la stigmatisation, est largement contre-productif au regard de l’objectif visé, mais témoigne aussi d’une bien mauvaise connaissance du sujet et des dynamiques engendrées.

Enfin, à l’heure de la décentralisation, il est toujours amusant de constater qu’un jacobinisme centralisateur voulant tout régenter de Paris, trouve encore appuie sur une presse habituellement d'obédience plutôt libérale !


Rebondir en 2016

Voeux 2016 UNICEFL’exercice des vœux n’est pas simple en ce début d’année 2016. L’année 2015 fut clairement une année difficile. A cette même période, nous étions frappés par la première vague d’attentats. La fin de l’année fut aussi lourdement endeuillée par des actes encore plus meurtriers.

En ce début d’année, nous vivons tous avec une certaine appréhension de ce que sera 2016. Pour autant, cette année est une année sans élections (sans congrès !), elle doit donc être mise à profit pour réfléchir, pour travailler sur nos valeurs, sur nos projets, pour sortir de nos murs et aller à la rencontre des citoyens.

La presse voudrait maintenir les partis politiques dans le seul espace du quotidien, dans la politique spectacle, dans la « peopleisation » (reconnaissons pour sa défense que certains des notre s’y prêtent de bon cœur !) Mais c’est un piège mortifère qui est autant source de conflits que de divisions et qui ne porte quasiment aucune plus-value en réponse aux enjeux qui nous font face.

En réponse à la peur que produisent les terroristes, en réponse à la radicalisation qui arrive dans nos quartiers, en réponse à l’enfermement et le rejet que proposent les extrêmes, en réponse à la crise qui dure et à la précarisation des plus faibles de notre population, nous devons porter fièrement nos valeurs de gauche. Ces valeurs qui fondent la République doivent devenir notre boussole pour donner le cap et le sens à notre action : Liberté, Egalité, Fraternité, Laïcité, Justice, Solidarité et enfin volonté de changer pour améliorer le monde.

Nous devons incarner ces valeurs à la fois par l’exemplarité qui doit être la notre, mais aussi pour donner un sens dans les changements que nous portons et qui sont nécessairement source de désorientations.

Pour cette nouvelle année, je fais donc le vœu de rebondir en 2016 vers un horizon qui portera ces valeurs dans lesquels nous croyons.

Très bonne année 2016 à toutes et à tous.

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[Carte de vœux : 2016 origami - UNICEF]


Le Climat déclic, donnons de l'envie à agir dans le bon sens !

Logo ABrest métropole lance le Climat déclic, un concours auquel tout un chacun peut participer. Mais un concours, pour quoi faire ?

Il y a plein de façons d’aborder la question du dérèglement climatique. Aujourd’hui avec la COP21, on entend surtout parler des scientifiques qui arrivent à prédire les effets de l’activité humaine sur la régulation du climat et les écosystèmes, et cela ne donne rien de bon à l’arrivée. Nous savons tous que continuer comme cela revient tout simplement à scier la branche sur laquelle nous sommes assis.

Mais ça, c’est le job des scientifiques que de passer tout en équations pour nous dire ce qu’intuitivement on ne devine pas encore. Pire, nous dire ce que l’on ne devine pas encore … quand nous serons tous mort, puisque la fin du siècle ne sera pas à la portée de tous !

L’autre façon d’aborder la question du dérèglement climatique, c’est celle du citoyen, de l’habitant, de l’humain réfléchissant et choisissant le destin qu’il souhaite léguer à sa propre espèce.

L’autre façon, c’est aussi celle de notre quotidien, de nos choix et de nos non-choix. Celle du renoncement à ce qui détruit, mais aussi celle du changement, de la découverte et de l’apprentissage à ce qui continue à nous faire grandir. Celle de la compréhension d’une humanité liée par un destin commun. Celle enfin d’un sens partagé, à nouveau plus tourné vers l’aspiration pour un don aux futures générations, que sur un présent en perte de sens parce qu’au futur plus incertain.

Le dérèglement climatique est un risque, mais c’est aussi une formidable opportunité de changer, de grandir, de murir et de nous libérer du moins important pour revenir à l’essentiel. C’est clairement l’obligation de faire des choix, l’impérieuse nécessité de nous lancer vers un avenir fécond et nouveau.

Le Climat déclic, c’est tout cela !

Vers ce nouvel horizon, nous ne partons pas de zéro. Comme partout, il y a eu des résistants, des résiliants, des expérimentateurs, des précurseurs qui ont commencé à tracer des routes, leurs routes, en se faisant plaisir et en construisant un sens qui nourrit, parce que porteur d’un avenir meilleur.

Avec le Climat déclic, ce sont toutes ces personnes-là que nous souhaitons mettre en avant. Parce que tout comme les grandes, les petites initiatives sont autant porteuses d’avenir lorsqu’elles donnent l’envie à d’autres de se joindre à ce grand mouvement de l'aventure humaine.

Alors, n’hésitez pas … avec le Climat déclic,
l’important n’est pas vraiment de gagner,
mais c’est bien d'y participer ensemble !

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Contribution : Pour un parti socialiste hors les murs

Congrès de poitier 20152015 est une année de congrès pour le Parti Socialiste. Et qui dit congrès, dit contributions !

Depuis le congrès de Reims, j’essaie de me plier à cet exercice : produire une contribution, sur la base des réflexions que j’ai pu avoir depuis le dernier congrès, personnellement ou avec d’autres camarades. En 2008 pour le congrès de Reims, j’avais écrit la contribution Une seconde voie pour le 21ème siècle. J’avais récidivé en 2012, lors du congrès de Toulouse, avec une autre contribution Un parti en changement.

C’est un exercice que j’apprécie car il permet de se poser, d’analyser et de produire quelques propositions concrètes. Cela me semble être un bon exercice militant, dans un parti où en tant que responsable, on se situe plus souvent dans l’opérationnel que dans la construction d’idées nouvelles.

Cette année pour le congrès de Poitier, j’ai écrit la contribution :

Pour un parti socialiste hors les murs

L’objet de cette contribution est une réflexion que je partage depuis un certain temps avec d’autres camarades. Elle part du constat qu’un fossé se crée entre la population et les partis républicains. Les partis ne se renouvellent plus et les citoyens témoignent une grande méfiance à leur égard. Tout cela semble profiter aux partis aux accents moins démocratiques, voire autoritaires. Il y a donc urgence à se questionner.

Il s’agit d’analyser le mécanisme qui pousse vers ce décrochage et de proposer une piste d’évolution qui permettrait de reconnecter la Politique avec les citoyens. Je propose de construire un espace de médiation entre la population et le parti, dont j'esquisse la forme et les règles qu'il reste probablement encore à finaliser en avançant. La proposition va volontairement assez loin, mais elle pose des enjeux bien réels en face desquels nous devons tenter d'apporter nos réponses.

A débattre donc … !


L'humanité d'un peuple face à la terreur

Marche-republicaine-BrestL’humanité d’un peuple se mesure lorsqu’il fait face à des difficultés et qu’il choisit les bonnes réponses pour y répondre. A la terreur, il est toujours possible de répondre par la violence et chercher des boucs émissaires. Les terroristes n’attendent que cela d’ailleurs. Mais il est aussi possible de répondre avec force en envoyant un message sans ambigüité sur nos valeurs et laisser agir en notre nom l’état de droit et les forces de l’ordre.

Avec 65 000 personnes rassemblées à Brest et plusieurs millions ailleurs en France et dans le monde, j’avoue être fier d’appartenir à ce pays, de partager ses valeurs et d’avoir participer à envoyer ce message d’humanité et d’unité comme seule réponse à la terreur. J’avoue aussi être fier du travail du Président et du gouvernement qui ont fait preuve de fermeté envers les coupables, tout en ne sur-jouant pas pour profiter de l’évènement à des fins démagogiques ou politiques.

Après cette semaine éprouvante, ce dimanche témoigne encore une fois qu’isolés nous sommes faibles mais que rassemblé rien ne peut nous arrêter. Ce fut une belle journée !


Bonne année 2015 !

Bonne année Brest 2015 Pleine de projets et d'envies de construire une métropole où il fasse bon vivre ensemble.

Pleine d'ambition pour écrire un avenir climatique préservé pour les générations à venir.

Pleine de bonheur à vivre avec tous ceux qui nous sont proches et tous ceux que nous rencontrerons en 2015 !

Très belle année 2015 !


De Ponta à Thales, avec la CNV

Zebra-and-giraffe-vector-2Lors de mon premier mandat en charge des associations de quartiers il y a une dizaine d’année, j’avais rencontré un groupe de femmes de Pontanézen qui avaient fait une formation sur la communication non violente (CNV). Cette rencontre m’avait marqué, car les participantes étaient d’un enthousiasme à toute épreuve lorsqu’il fallait parler de ce qu’elles avaient appris et comment cela avait changé leur relation aux autres, notamment dans des situations conflictuelles, en famille ou dans leur quartier.

Je l’avoue aujourd’hui, je les avais écoutés de façon attentive, mais je n’étais pas reparti en me disant qu’il y avait là quelque chose dont j’aurai pu profiter personnellement. J’avais bien conscience que cela leur avait apporté beaucoup de chose (il aurait fallu être aveugle pour ne pas le voir !), mais je ne m’étais pas senti attiré par cette découverte.

Quelques années plus tard, j’ai encore entendu parler de la CNV dans les écoles de Brest et fort de la première expérience, j’avais accueilli cela bien. J’ai d’ailleurs pu être témoin de la transformation que cela fait sur certains enfants, notamment avec le processus de médiation mis en place dans certaines écoles pilotes.

Enfin, plus récemment, lors de formations sur les techniques coopératives de management, j’ai été immergé dans des groupes où une bonne moitié des participants étaient formés à la CNV. Difficile alors de mettre des mots sur le ressenti, mais clairement, les personnes pouvaient porter des propos forts et engageants vis-à-vis d’un autre, sans que cela ne soit vécu comme une attaque. Cela m’avait interpellé.

Mais le déclic s’est vraiment fait lors de mes recherches syndicales, sur la question du « bon management » et des RPS, qui transparaissent dans l’entreprise sous l’appellation plus positive du « bien-être au travail ». Alors que j’avais réussi à mettre en place des groupes de discussion et d’échange dans les équipes de travail sur la question du bien-être au travail (avec l’accord de la Direction), je me suis rendu compte que cela ne suffisait peut-être pas.

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Fête du travail et du muguet

Muguet1er mai, Fête du travail, mais aussi Fête du muguet. Voilà une dichotomie intéressante pour une seule et même journée !

Le terme travail qualifie historiquement une douleur, une peine, une contrainte. L’étymologie du mot vient d’ailleurs d’un outil de torture [ici]. La Fête du travail fait elle-même écho au combat syndical pour la journée de 8 heures, qui conduisit à deux massacres de travailleurs aux Etats Unis, puis en France avec la fusillade de Fourmies, à la fin du XIXème siècle [ici]. Nous ne sommes pas là dans de la réjouissance !

De son coté, là Fête du muguet ferait écho au roi Charles IX qui, ayant eu don d’un brin de muguet le 1er mai 1560, décida donc de faire un contre don aux dames de la cour chaque année à cette même date [ici]. Nous sommes là dans la sphère du don et de la gentillesse !

Du massacre à la fleur, du combat au don, voilà un cheminement intéressant. J’y vois le signe d’une direction à prendre, d’un chemin à parcourir et aussi d’un combat à mener face à la résistance d’une vision du monde du travail qui n’existerait que dans un rapport de force, une domination ou une contrainte.

On parle de plus en plus de bien-être au travail et de bonheur au travail. S’il s’agissait juste d’un langage cosmétique et marketing pour cacher le revers de la médaille que sont les suicides, les RPS ou les burn-out par exemple, je ne serais pas optimiste. Mais on entrevoit un vrai courant de fond qui travaille ces questions-là et qui innove par petite touche dans le monde de l’entreprise. Je trouve cela prometteur et porteur d’une vraie vision sociétale.


www.choisirnotreeurope.fr

Un million de message pour choisir notre europePour la première fois, le prochain président de la Commission européenne sera l’émanation directe de la majorité au Parlement européen issue du scrutin du 25 mai.

Ce changement est une occasion historique de tourner la page d’une décennie perdue qui a vu les droites européennes abîmer l’Europe et précariser les Européens.

www.choisirnotreeurope.fr   

Proposition après proposition, cette plate-forme citoyenne est l’occasion pour chacun d’entre nous de prendre position, d’interpeller Martin Schulz et les candidats du Parti socialiste européen.

C’est le moment de dire notre Europe, de choisir l’Europe que nous voulons, sans délai, mais aussi celle dont vous ne voulons plus, l’Europe des conservateurs, et celle dont vous ne voulons surtout pas, l’Europe des nationaux populistes.

Faites entendre votre voix, soutenez les propositions et relayez-les auprès de vos amis !

Le 25 mai prochain, chaque voix comptera pour obtenir une majorité de gauche au Parlement européen.

Le 25 mai, en un seul jour et un seul tour, donnons un nouveau sens à l’Europe !


Pourquoi tant de haine ? - Réponse à Monsieur Brussieux

Au fil des tweet politiques qui défilent tous les soirs, il en vient parfois un qui vous interpelle. Hier soir, c’est celui de Monsieur Brussieux, colistier de Madame Malgorn, qui me questionnait en disant : « Pourquoi tant de haine ce soir ? »

En voilà une vraie bonne question et politique qui plus est, puisque « la forme, c’est le fond qui remonte à la surface » disait Victor Hugo. Pourquoi tant de haine dans cette campagne ?

Mon cher monsieur Brussieux, la teneur des propos qu’a pris la campagne n’est pas en effet dans les habitudes brestoises (du moins pour les dernières campagnes). Certes, il est d’usage de ne pas se faire de cadeaux entre droite et gauche, mais là, il faut reconnaitre que le niveau de violence verbale dans les échanges a franchi un cap nouveau pour Brest.

Cette violence a commencé bien avant que nous ne rentrions en campagne, quand déjà dans les meetings de Madame Malgorn on proposait de « chasser les socialistes de la ville », on nous accusait de « cadenasser le milieu associatif » et de « faire du clientélisme ». Elle-même se lançait ainsi dans sa campagne : « Nous allons disqualifier les socialistes pour gérer la ville de Brest ».

Déjà les fondamentaux d’une campagne s’appuyant sur une outrance verbale semblaient bien posés. Nous n’étions que fin octobre 2013 ! [ici et ]

Depuis les échanges n’ont fait que monter en violence, teintée d’une mauvaise foi caractérisée et de désinformation. Je ne vais pas vous faire l’énumération des attaques dans la presse. Récemment, l’une des plus violentes fut le discours du 13 février dernier, au Mac Orlan [ici].

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Bonheur, don et coopérations

CadeauLa dernière des quatre conditions au bonheur est aussi un peu complexe à décrire parce qu’elle fait appel à des notions que nos sociétés modernes mettent assez peu en avant et rangent un peu trop vite au second plan. Sacrifié sur l’autel du « Struggle for life » du modèle économique compétitif libéral, les notions de coopération ou de lien social apparaissent désuètes à nos sociétés modernes. Elles n’en sont pas moins centrales dans nos fonctionnements humains et le restent aussi dans notre accession au bonheur personnel.

La coopération est certainement une énigme, tout comme la question du lien social d’ailleurs. On en parle, mais on se pose rarement de question pour savoir comment cela marche. Qu’est-ce qui les construit ou les détruit ?

En 2010, un livre sur la coopération en entreprise a reçu le 1er Prix RH (c’est déjà pas commun en soi !) et quelques autres prix. Il s’agit de « Donner et prendre, la coopération en entreprise » du sociologue du travail Norbert Alter. Ce livre théorise de façon très éclairante les relations entre les individus constituant l’entreprise, sous l’angle de la Théorie du don élaborée par Marcelle Mauss. Pour lui, la coopération se fonde sur le don : « Coopérer, c’est donner » et cela se décline de plein de façons différentes.

Pour faire rapide, cette Théorie du don fut élaborée en observant les échanges pratiqués par des tribus primitives d’Asie ou d’Amérique du nord. L’étude montra alors que le lien social se structurait dans un système d’échanges réciproques (la Kula), qui scellait des formes d’endettement entre les membres des tribus et même au-delà. Transposé dans notre société moderne, cette analyse permet de décrypter nombre de nos comportements, sur ce qui construit la coopération et les liens entre individus.

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Bonheur, croyances et sens

6306941078_da1ef7a26e_mLa troisième condition au bonheur est un peu plus complexe que les deux premières : l’identité et l’autonomie. Elle s’inscrit dans un cadre que notre société moderne oublie, range au chapitre du passé, en négligeant son caractère fondamental. C’est la question des croyances, avec à ses cotés, la création du sens.

L’objet n’est pas ici de parler du cas particulier des croyances religieuses, même si dans les faits, l’émergence de la notion de BIB n’est pas à dé-corréler totalement de la notion de croyance religieuse. En créant le Bonheur National Brut comme indicateur alternatif au PIB, le roi du Bhoutan a bien essayé bien de mettre en lien l’économie, avec les valeurs du bouddhisme, sa religion.

Non, l’objet est plutôt ici de replacer la centralité des croyances dans leur sens le plus large, dans notre vie et notre société. Pour cela, deux citations valent mieux qu’un long discours.

« Davantage qu’un animal pensant, l’humain est un animal croyant. Ses croyances ne concernent pas que le religieux, mais aussi, par exemple, l’économie. »

Patrick Viveret, Philosophe

Et, puisqu’il est question d’économie :

« Comment savons-nous les choses, comment savons nous ce que nous savons ? Il me semble que les scientifiques ont une idée tout à fait déraisonnable sur ce plan : la plupart de nos connaissances ne s’appuient pas sur des preuves. Dans la réalité, la plupart de nos connaissances s’appuient sur des croyances raisonnables, des convictions. »

Daniel Kahneman, Psychologue, prix Nobel d’économie en 2002 et père de l’économie comportementale. (Magazine Sciences humaines de février 2013)

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Bonheur et autonomie

LibertéLa seconde condition au bonheur est, me semble-t-il, une forme complémentaire à l’identité dans la construction de l’estime de soi. C’est l’autonomie. Celle-ci est aussi reconnue comme un des premiers facteurs de motivation individuelle (en entreprise, comme ailleurs).

Derrière la question de l’autonomie se cachent celles de liberté et de responsabilité. Devenir autonome, c’est prendre conscience que l’on croit en nous, mais c’est aussi arriver à se subvenir à soi-même. Il y a là un double regard qui construit la confiance.

L’autonomie n’existe qu’à partir du moment où des marges de manœuvres existent. Elle est donc indissociable de la question de la délégation et donc de la confiance dans les équipes. Pour autant, elle n’est pas antinomique avec les questions d’encadrement et de contrôle. Autonomie ne signifie pas désintérêt !

Derrière l’autonomie et la liberté de penser et d’agir, se cache aussi la créativité. Imaginer, créer, concevoir, construire, sont des sources de bonheur bien connues des enfants comme des artistes et plus largement des personnes créatives, de par leur métier ou leur fonction. Rien d’étonnant à cela, la créativité est une des fonctions nourricières de la société. C’est par la créativité de ses membres qu’une société avance.

Comme l’identité, la mesure du bonheur dans l’autonomie peut être vue en creux. La perte d’autonomie ramène à la question de la dépendance, de la jeunesse, de la vieillesse ou même du handicap. On mesure bien qu’une société qui ne tient pas compte de l’autonomie de tous ses membres ne sera pas celle du bonheur partagé.

Idem sur la question économique, avec l’emploi et le chômage. Dans une société moderne fonctionnant majoritairement par des échanges d’argent, un individu perd son autonomie en perdant son emploi, sa source de revenus, son accès à la monnaie. Il tombe alors dans des dispositifs de solidarité / assistance qui le protègent pour partie, mais l’enferment aussi. En subissant cette situation, il perd de fait une part importante de sa liberté d’action, de son autonomie.

Idem enfin dans l’entreprise où l’augmentation du travail prescrit, des formes autoritaires d’un management déshumanisé par des processus imposés, grignote de plus en plus l’autonomie réelle des salariés. Cela rejaillit autant sur la question du mal-être que sur celle de la motivation. (Cf : Rapport au Premier ministre de 2010- Bien-être et efficacité au travail ou plus récemment la note de Terra Nova ici).

L’autonomie sous toutes ses formes est donc bien une condition à notre bonheur.


Eau du Ponant, un anniversaire à en couper l’eau !

Afin de marquer à sa juste mesure le premier anniversaire du démarrage du contrat de Brest métropole océane avec la Société Publique Locale Eau du Ponant, une intervention spéciale a été organisée à la veille de cette date anniversaire historique. Un « couvre-eau » a été déclaré pendant une heure, pour tous les robinets de la communauté urbaine brestoise.

Ainsi au petit matin de ce 30 mars un peu particulier, à 2:00 les 1700 km de réseaux furent coupés exactement en même temps, puis réalimentés de façon identique à 3:00. Cette opération d’une rare précision est une première en France et a reçu un accueil chaleureux des habitants qui bénéficient sans s’en rendre compte des services de la SPL Eau du Ponant depuis un an.

Rappelons toutefois que cette opération unique en son genre n’aurait pu avoir lieu sans le concours et la parfaite synchronisation des services de l’heure d’été !

AFP – 1er avril 2013


Bonheur et identité

IdentitéAprès nos deux auteurs, venons-en aux quatre conditions du bonheur.

La première qui me semble une sorte d’évidence est un socle pour tout le reste. L’identité, c’est un peu comme les fondations du bonheur et de l’estime de soi.

On peut voir cette identité de deux façons. La première est une façon de s’affirmer, d’être connu et donc reconnu : « je suis », « j’existe ». Elle affirme le caractère unique de la personne et sa reconnaissance en tant que telle.

La seconde est une façon de s’inscrire dans un collectif, d’appartenir à quelque chose de plus grand, quelque chose qui nous dépasse et nous intègre. Cela peut être l’identité par un groupe (famille, amis, pairs, etc …), par un territoire (quartier, ville, région, pays, etc …) ou simplement par une activité, une passion (sport, musique, art, habit, culte, etc …)

L’identité est probablement la première étape dans notre capacité à être heureux et les personnes qui ont conscience de leur identité sont probablement plus facilement exposées au bonheur : elles sont plus fortes, plus solides, plus résilientes. En cas de soucis, d’accidents de la vie, l’identité est probablement une position de repli qui aide à repartir.

La force de l’identité est un peu une évidence pour moi, le parisien d’origine (et fier de l’être !), venu habité en Bretagne (et fier d’y être !) La culture Bretonne est une force de ce territoire, cela saute aux yeux lorsque l’on y arrive : drapeau, histoire, festnoz, langue, luttes, etc …La culture commune, l’identité, c’est un formidable vecteur de cohésion qui se vit au présent en Bretagne.

Au sein de l’entreprise, l’identité est importante aussi : on est fier (ou pas) d’appartenir à son entreprise. On peut aussi se reconnaître dans sa position dans l’entreprise, en fonction de son rôle social dans celle-ci (notion de pairs).

Pour en prendre toute la mesure, la question de l’identité peut être aussi observée en creux. Quid des personnes en recherche de leurs origines, que cela soient familiales (personnes nées sous X, enfants abandonnés) ou territoriales et culturels (immigration).

Enfin, les lutes politiques ont été et sont encore parfois des luttes pour l’identité, pour être reconnu. De façon contemporaine, on pourrait parler du mouvement historique féministe et plus récemment du mouvement LGBT. Les Pride portent bien leur nom. La reconnaissance du vote des personnes résidentes, mais non française, aux élections locales, pourrait être encore un autre exemple.

L’identité est clairement une des conditions à l’équilibre et au bonheur.


Bonheur Intérieur Brut – Deux auteurs qui donnent du sens

Smileys - 2Les origines du Bonheur Intérieur Brut (BIB) sont assez bien documentées sur Internet, depuis son émergence avec le roi du Bouthan (ici), jusqu’à sa déclinaison plus récente en France, avec la commission Stiglitz (). Je préfère ne pas revenir là-dessus, en prenant le risque de paraphraser ce qui a été déjà bien écrit par ailleurs.

Par contre, il me semble intéressant de citer deux auteurs que je considère comme tout à fait pertinents sur le sujet. Il s’agit du philosophe Patrick Viveret et de l’économiste Jean Gadrey.

Patrick Viveret (bio ici) est l’auteur de nombreux textes ou conférences sur la critique d’une société lue par le seul prisme du PIB. Il s’inscrit aussi dans un regard critique de notre société moderne, proche de celle donnée par Gandhi dans sa citation : « Earth provides enaugh to satisfy every man’s need, but not every man’s greed » (La terre produit assez pour satisfaire aux besoins de tous les hommes, mais pas assez pour l’avidité de chacun d’eux). Il pose ainsi notre difficulté au bonheur au travers d’une société ayant fini par répondre à la question de ses besoins (eau, nourriture, etc …), mais s’étant perdue dans celle de désirs sans limite, provocant ainsi accaparation et accumulation de la part de certains et donc, augmentation des inégalités sur l’ensemble.

Il existe beaucoup de textes ou de vidéos de lui sur Internet, j’ai trouvé cette interview qui me semble bien refléter le personnage et sa philosophie (ici).

Jean Gadrey (bio ici) est pour sa part un économiste spécialisé dans les indicateurs de richesse, les indicateurs de bien-être. Il anime un blog riche en contributions et réflexions sur le site d’Alternatives Economiques (ici) et est l’auteur d’un livre qui fait référence sur le sujet, avec sa consœur Florence Jany-Catrice : « Les nouveaux indicateurs de richesses ». Il fut, au nom du collectif FAIR, un des membres de la commission Stiglitz.

Sur la question du BIB, je conseille de regarder l’interview qu’il a donnée au CESE en 2012 sur la question de la mesure du bien-être dans une société (ici). Il y définit, de façon intéressante, quatre façons de mesurer le bien-être, mais aussi appelle à une expertise citoyenne pour définir ces indicateurs-là.

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