Mes EnVies

Tourner une page … pour une autre

190512_Blog ancienne mouture NEWAprès plus de 10 ans d’écriture sur ce blog (lire ici), j’ai décidé de tourner une page. J’ai toujours eu plaisir à écrire pour expliquer, pour faire comprendre et développer des sujets qui me semblaient utiles pour le débat public. De nombreux lecteurs m’en ont remercié à l’occasion de rencontres fortuites. Ce choix éditorial exigeant m’a conduit à des notes plus longues, simplement parce que nous vivons dans un monde complexe et que l’explication de cette complexité demande du temps et des mots.

Nouveau design, nouveau format, nouvelles perspectives !

Je vous propose de passer à un autre format, plus orienté sur le débat et les propositions que les explications. Un format plus simple, plus court, plus fluide, qui me sera pas moins transparent. Il ne s’agit pas de tomber dans la facilité ou le populisme, mais de rendre plus accessible et de faciliter les échanges.

Alors, rendez-vous lundi prochain pour la prochaine note !


L’étonnant classement de Brest !

BrestLe magazine l’Express vient de classer pour la seconde fois la ville de Brest dans le « TOP FIVE » des villes où il fait bon vivre. Cette année, Brest est même classée troisième sur les 100 plus grandes villes de France. Le plus marrant dans tout cela, c’est que les brestoises et les brestois n’y ont pas cru, à commencer par le Télégramme de Brest qui titrait : « L’étonnante troisième place de Brest ! », sous-entendant une légitimité toute relative du score !

On ne leur en voudra pas trop, car c’est un regard assez classique des brestois sur leur ville. Une ville détruite par les alliés et reconstruite sur ses propres ruines qui a encore du mal à s’accepter telle qu’elle est. Une ville à la culture ouvrière corrosive, dont l’autodérision est devenue une culture locale partagée qui crée une identité singulière et permet de garder les pieds sur terre. Une ville ancrée sur son territoire, où le Sud commence à Châteaulin et finit aux Glénans !

Pour autant, ce classement offre un regard extérieur sur notre ville qui nous questionne et nous ouvre les yeux sur ce que nous avons fini par considérer comme normal, habituel. Pourtant, dès que l’on prend du recul (comme en témoigne quelques arrivants sur Brest ou des brestois partis vivre ailleurs), Brest accumule bien les traits d’une ville où il fait bon vivre.

Alors allons-y, regardons objectivement les atouts de Brest … nos atouts du bien-vivre à Brest ! 

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Un premier budget participatif pour #Brest

Csm_csm_01_60_budget_P_84b808f328_86313170a7Voilà une semaine qu’est lancé notre premier budget participatif sur Brest.

Une belle façon pour laisser une place aux nouvelles idées, une bonne façon pour donner envie de construire sa ville, une façon motivante aussi de faire émerger des manques, une façon sympa de participer et de coopérer entre habitants.

A chacun maintenant de se saisir de cette opportunité !

Tous les documents sont accessibles sur le site jeparticipe.brest.fr.

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A vous de jouer …

étonnez-nous …

étonnez-vous !

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Quelques liens utiles :

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De Brest'Aim aux récits héroïques des océans

2018-02-13_21h29_04Cet après-midi avait lieu de conseil d’administration de Brest’Aim qui votait la participation au capital de la future société organisatrice de la course des « Ultim ». Cette prochaine course de maxi-trimarans qui partiront de Brest fin décembre 2019.

L’occasion de remonter le temps de cette fascination pour la voile et la course en solitaire que j’avais déjà étant jeune. Une profonde admiration pour ces défricheurs d’océans que furent Moitessier, Jeantot, Kersauson ou Lamazou.

J’avais adoré La longue route et rêvé avec les récits des victoires de Jeantot ou Lamazou et aux exploits de Kersauson. Alors bien loin de Brest, mon horizon était dans un imaginaire sublimé? de la solitude des océans du Sud. Les yeux rivés sur l’affiche d’un Crédit Agricole 1 trionphant, punaisée en bonne place sur un mur de ma chambre.

Aujourd’hui je suis bien loin des quais si longtemps parcourus en rêvant. Me voici dans cette nouvelle histoire qui s’écrit à la suite du Golden Globe Challenge, du BOC Challenge et du Vendée Globe. Ces courses qui m’ont tant fait rêver, vers cette course de l’extrême des Ultim qui nourrira assurément encore beaucoup d’imaginaires, de terriens en soif de grand large.

Avant d’être des courses, ces tours du monde sont des aventures humaines hors du commun, hors du temps, dans l’espace authentique des océans. La puissance symbolique de ces exploits solitaires est encore créatrice de récits héroïques, d’un appel à se dépasser dans ce monde souvent trop blasé.

Nous avons encore besoin de cela. Ces exploits nous relient à nous-même autant qu'aux autres. Ils nous relient aussi à notre planète océane qui parait d’autant plus petite et fragile, que le temps d’en faire le tour se raccourci.

Avec la course des Ultim, une belle nouvelle aventure commence, dans cette grande aventure autour des océans qui se poursuit.


Et si on faisait un budget participatif à Brest ?

BPBLes attentes de citoyens évoluent. De besoins à disposer de services, nous sommes aujourd’hui à l’heure où de plus en plus d’habitants souhaitent aussi disposer d’espaces de partage de la décision publique, de faire vivre ce que l’on appelle parfois le pouvoir d’agir ou l’empowerment.

Cette attente exige de faire évoluer nos façons de produire les politiques publiques. A la fois proposer plus de concertations vers les citoyens, mais aussi proposer de la codécision quand cela est possible. La dernière étape est de laisser aux citoyens volontaires la possibilité de décider par eux-mêmes. C’est ce que propose la mise en place d’un budget participatif dont l’idée est née à Porto Alegre en 1989.

Le mode opératoire est simple. Le conseil définit un cadre général d’appel à projets citoyens. Les habitants qui le souhaitent proposent des projets. Les services de la collectivité évaluent la faisabilité et les coûts des projets proposés. Les projets faisables sont ensuite portés au vote de l’ensemble des habitants. Ceux ayant reçu le plus de soutien sont enfin mis en œuvre sur un budget dédié de la collectivité.

Les budgets participatifs sont une belle opportunité de faire monter en maturité nos démocraties. D’une certaine façon, la participation des habitants est la forme la plus proche des citoyens de décentralisation du pouvoir. C’est celle qui va permettre de faire certains choix, au plus près des besoins, des réalités exprimées et tranchées par les habitants. C’est une belle mise en œuvre du principe de subsidiarité, cher à la gauche, qui s’est joué depuis des années aux différents échelons territoriaux de la démocratie représentative. Il convient aujourd’hui de poursuivre dans ce sens : développer la capacité des citoyens à pouvoir décider par et pour eux-mêmes, au-delà des échéances électorales.

Cette nouvelle façon de faire ne doit pas faire oublier qu’elle présente aussi une complexité supplémentaire qui aura un coût en terme de process et de durée de mise en œuvre. Nous devons aussi garder à l’esprit les travers de ce type de démarches déjà relevés dans certains projets d’autres territoires. Si nous voulons installer des projets participatifs dans la durée, il faudra aussi savoir y aller par étape et évaluer ce qui sera fait.

Voilà quelques temps que nous regardions avec intérêt et envie ce qui se passait sur les quelques territoires français ayant déjà lancé des budgets participatifs (il n’y en a pas encore tant que cela : 47 villes en 2017). En 2018, il est temps de passer de l’envie aux actes, alors allons-y !


Pour moi, ce sera Olivier Faure !

Bf5a59689c979fa65542a98b0023cDepuis le début des échanges sur notre prochain congrès, j’écoute, je lis et je cherche à décrypter les besoins et les envies pour ce qui sera une phase de reconstruction de notre parti.

Je crois dans le besoin de renouvellement, mais aussi dans la nécessité de travail sur les idées et notre capacité à intégrer les enjeux de ce nouveau siècle dans un socialisme modernisé, plus en phase avec notre époque. Ainsi, je suis heureux de voir que tous les candidats adhèrent aujourd’hui à la nécessité de prise en compte de l’écologie, autant qu’aux inégalités puisqu’au final, les deux sont liés.

Je suis aussi content de lire la nécessité d’un travail d’ouverture de notre parti vers les citoyens, non plus seulement pour faire des adhésions et se compter, mais bien pour jouer notre rôle de facilitation des initiatives, de partage des idées et de la compréhension du monde. Ce n’est qu’en travaillant nos idées avec et pour les citoyens que nous retrouverons le chemin de la réussite aux élections. Notre chemin ne sera pas celui du populisme, de droite, de gauche ou du centre, mais de l’émergence d’une nouvelle alternative transformatrice, vraiment en phase avec les attentes de la population.

Tout cela, on le retrouve dans les candidatures des quatre candidats au prochain congrès, mais je crois aussi, comme je l’ai souvent dit ici, que la méthode compte autant que le fond. C’est aussi ce qui me fait pencher aujourd’hui vers la candidature d’Olivier Faure pour le poste de premier secrétaire.

J’aime sa capacité à ne pas s’arrêter aux clans et aux idées. Les bonnes idées n’ont souvent pas de courant. Il faut les saisir et savoir les travailler d’où qu’elles viennent. J’apprécie qu’il se définisse lui-même comme « l'unique enfant de François Hollande et Martine Aubry », pour avoir longuement travaillé avec chacun de ceux que l'on affichait encore il y a peu, comme les tenants de deux gauches irréconciliables.

J’aime sa capacité à faire travailler ensemble. Boris Vallaud disait de lui : « C'est un bon président de groupe qui crée du collectif, de la discussion, de la cohésion. Il fait confiance. On est un groupe où les gens ont plaisir à être ensemble. » Jean Marc Ayrault soulignait son côté « loyal et sincère, […] à l'écoute avec le sourire, mais avec de la fermeté et du caractère. » Il me semble que ces qualités sont des prérequis pour créer du commun et de l'adhésion.

Il l’exprime d’ailleurs lui-même récemment dans la presse (ici) : « Depuis que je suis président [de groupe à l’Assemblée depuis un an], la délibération est collective, tous les talents peuvent s’exprimer, toutes les compétences sont valorisées. Il n’est plus question d’écarter les meilleurs parce qu’ils font de l’ombre. Voilà ma méthode, c’est celle que j’appliquerai au Parti socialiste. […] Le PS doit devenir un parti plateforme ouvert à tous sans limitation, militants, citoyens, intellectuels et acteurs du mouvement social. Je veux construire un laboratoire collectif, un incubateur d’idées, une fabrique d’expérimentations. »

Enfin, j’apprécie qu’il ne se soit pas précipité à se porter candidat et qu’il ait eu l’intention en premier lieu de soutenir la candidature de Najat Vallaud-Belkacem, avant qu’elle refuse elle-même de se présenter. J’apprécie depuis les soutiens qu’il a pu recevoir qui me semblent aussi porteur d’espoir dans la reconstruction de notre formation politique : de Martine Aubry à Nathalie Appéré, en passant par Johanna Rolland, Valérie Rabault ou même Isabelle This Saint Jean, dont j’avais beaucoup apprécié les échanges lors de son passage à Brest.

Pour ces multiples raisons qui font sens à mes yeux, je choisis aujourd’hui de soutenir la candidature d’Olivier Faure pour prendre la tête de notre parti, à l’issue de notre prochain congrès à Aubervilliers.

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Plus d'info à retrouver sur le Blog d'Olivier Faure ou sa page Facebook


Fêtes nautiques de Brest : un très beau millésime 2016

IMG_2502Il n’y a pas à dire, quand le beau temps est de la partie, plus rien ne peut nous arrêter ! Brest 2016 restera dans l’histoire de ces fêtes nautiques comme une très belle année.

Pendant six jours, plusieurs centaines de milliers de personnes auront profité d’un merveilleux spectacle sur le port ou en rade. Ces très belles perspectives de bateaux en tous genres et en différents lieux resteront dans nos mémoires, comme autant d’images qui donnent à Brest son identité maritime, mais aussi culturelle et festive.

Je retiendrai de mes déambulations sur la fête ces fabuleux tableaux vivants offerts par les bateaux en Penfeld, au pied du château, agrémenté de quelques lances à eau en guise de brumisateurs. Je retiendrai aussi l’ambiance musicale, passant d’un style à l’autre, au gré des promenades sur les quais. Je retiendrai cette vue de la rade de Brest, immense Colisée nautique emplie d’une multitude de voiles de toutes formes qui virevoltent gaiement, avec pour seul objectif celui de profiter de l’instant présent. Je retiendrai ces deux beaux feux d’artifices, dansant avec la lune, sous des milliers d’yeux rassemblés pour admirer le spectacle des cordages, des mâts et des haubans scintillants. Je retiendrai tous les bénévoles qui ont œuvré en tous lieux de la fête pour accueillir et guider nos visiteurs venus d’ailleurs. Je retiendrai enfin toutes cette foule rassemblée, partageant ensemble ces mêmes émotions, devenues aujourd’hui autant de souvenirs d’une ville en fête et l’impression partagée d’avoir participé à un événement hors du commun.

Brest 2016, c’est un peu comme un feu d’artifice. Rien ne se ferait sans une grande préparation en amont, avec cette volonté de donner à un instant T, le plus beau des spectacles aux personnes venues l’admirer. Cette préparation, c’est beaucoup d’engagements, de travail et de pression sur le temps long. La réussite de la fête tient aussi beaucoup sur ces personnes qui font que tout cela est rendu possible. Maintenant que la morsure du soleil n’est plus à craindre, je leur tire mon chapeau !

Quelques photos ...

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Voiture sans conducteur et acceptabilité sociale

S1Un des grands freins à la voiture autonome serait son acceptabilité par les usagers, la potentielle non-acceptation d’une perte de contrôle sur le véhicule. Il est plus que probable que cela ne sera pas le cas et qu’au contraire, il y aura pour une majorité d’entre nous une aspiration à utiliser un véhicule autonome du fait des bénéfices d’un tel usage.

Le véhicule autonome n’évite pas le risque d’accident. Toutefois, il diminue de façon significative tous les risques qui sont aujourd’hui produits par les limites humaines et qui génèrent, qu’on le veuille ou non, la grande majorité des accidents.

Récemment, la presse à largement fait échos de l’accident que la GoogleCar aurait produit et pour laquelle elle porterait une certaine responsabilité1 (après une dizaine d’autres accidents dont la responsabilité incombe aux autres véhicules). Tout d’abord il n’est pas très clair dans ce dernier accident si la responsabilité tient d’une initiative du testeur ou du logiciel, mais surtout, l’accident s’est produit à 3 km/h ! Cela témoigne bien d’une autre réalité, après plus de 3 millions de kilomètres parcourus.

Le risque d’accident est accepté à partir du moment où il est extrêmement faible. On ne connait pas de moyens de transport qui n’ai jamais eu d’accident. S’il en était autrement, nous ne rentrerions plus dans les cars, les trains, les avions, les ascenseurs ou même les téléphériques car tous ont déjà connu des accidents. Le risque nul n’existe pas, mais à partir du moment où il est très faible, nous l’acceptons.

Aujourd’hui, ce n’est pas le cas de nos voitures où le risque d’accident est relativement élevé. S’il l’était tout autant dans les transports aériens, nous ne mettrions pas un pied dans un avion (en tous cas moi !) Comme le rappelle Chris Urmson2, il y a 1,2 millions de mort par an du fait de la voiture, rien qu’aux Etats-Unis cela représente 5 crashs par semaine de Boing 737 ! En France, ce serait un crash tous les 10 jours … Croyons-bien que les compagnies aériennes feraient faillite rapidement, ce qui ne semble pas le cas des constructeurs automobiles !

Bardé de plusieurs dizaines de capteurs, regardant devant comme derrière plusieurs fois par seconde et conservant une attention sans faille, la capacité à maîtriser l’environnement sera très supérieure à tout ce qu’un humain pourrait faire. Reste à développer les logiciels d’anticipation et de compréhension des intentions des autres acteurs en tous genres sur la route. Mais ce travail n’est pas impossible, loin de là. En tous cas, il produira assurément des performances meilleures que celles humaines en matière d’évitement des accidents !

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Voiture sans conducteur et transport public

HirikoComme je l’ai écrit dans ma précédente note : Le paradigme de la voiture sans conducteur, l’arrivée sur le marché de la voiture autonome va progressivement modifier notre façon de concevoir nos déplacements. Il est fort probable que la relation à la voiture personnelle soit rapidement remise en cause et qu’en contrepartie se développe une offre, publique ou privée, de transport à la demande.

On le sait, le modèle de la voiture personnelle est un modèle qui marche sur la tête, tant en terme de coûts de possession, qu’en termes écologiques. Les véhicules roulent très peu et ont par conséquent une forte empreinte sur l’espace public ; ils ne savent pas s’adapter aux usages et donc sont surdimensionnés pour transporter majoritairement le seul conducteur ; ils fonctionnent sur la base de choix individuels calés sur des organisations collectives, ce qui crée des problèmes de flux (embouteillages) ; pour finir, ils sont majoritairement conduits par de bien médiocres « pilotes » qui, malgré la contrainte d’une attention continue à la route, maîtrisent mal les performances mécaniques (consommation d’énergie) et sont générateurs d’accidents graves et mortels. Tous ces faits traduisent une perte de valeur collective bien réelle importante que nous connaissons bien et que nous acceptons faute de mieux. La voiture autonome peut produire des réponses à chacune de ces faiblesses du modèle actuel.

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Voyage dans l’histoire et dans le temps

Hier soir, après une journée bien remplie à la Métropole : 6h de réunions et une conférence de presse sur le devenir de la place de la Liberté, je me suis autorisé un petit voyage en tant que Président de Brest métropole aménagement (Bma). Direction l’aéroport pour partir découvrir d’anciennes citées. Accompagné d’un guide archéologue, je suis allé visiter quelques sites moyenâgeux, de l’empire romain et même du néolithique. Un voyage dans l’histoire qui a commencé par la visite d’une nécropole de quelques centaines de tombes, puis d’un passage dans les vestiges d’une maison romaine de deux niveaux, avant de finir par la visite d’une ferme composée d’une dizaine de maisons remontant au moyen-âge. Les lieux abritaient encore aussi quelques foyers et infrastructures estimés appartenir à des ancêtres vivant il y a près de 6000 ans. Un voyage impressionnant et beau dans l’histoire.

Bon, autant le dire tout de suite, les finances publiques ne m’ont pas autorisé à aller bien loin pour voyager dans le temps. Ce site de fouilles archéologiques se situe sur Guipavas, juste au sud de l’aéroport. Terrain destiné à accueillir deux grandes entreprises du territoire, Brest métropole aménagement y prépare les parcelles. La première étape concerne un travail de recueil des éléments historiques enfouis sous terre, au travers de fouilles archéologiques conduites par des chercheurs. Il semble que notre territoire, proche de la mer et de la rade, soit riche en sites habités à toutes les époques de l’histoire de la Bretagne, y compris lorsque celle-ci ne s’appelait pas encore Bretagne !

Le site de recherche archéologique de Guipavas s’étend sur 6 ha. C’est actuellement le plus gros site de fouilles archéologiques de Bretagne. Les éléments qui y sont trouvés par les archéologues sont bien conservés et ont été peu observés ailleurs, ce qui leur donne de la valeur aux yeux des chercheurs. Il ne s'agit ni de rois, ni de princes, mais plutôt de témoignages des modes de vie simple, probablement en lien avec l'agriculture. Toutes les découvertes sont archivées et ce travail fera ensuite l’objet de publications afin de mieux connaitre, partager et comprendre comment vivaient nos chers ancêtres.

Ci-après, quelques photos prises sur le site lors de la visite.

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Le paradigme de la voiture sans conducteur


1217864_la-voiture-sans-conducteur-de-volvo-testee-a-londres-des-2017-web-tete-021881615662Historiquement, la structure des villes étaient en lien avec leur capacité à protéger des attaques extérieures la population qui y vivait. Au fils des siècles, la menace s’est peu à peu élargie, puis globalisée. La ville n’étant plus un rempart efficace en soi, elle s’est naturellement étendue, reliant les centralités entre elles, en conservant des logiques de quartiers. Il y a près d’un siècle, la voiture est apparue et au fils des ans, a fini par structurer la ville. Aujourd’hui, la ville fonctionne autant autour des flux de communications et de déplacements, que sur des logiques historiques de proximité. Les déplacements et la voiture, au premier rang de ceux-ci, ont construit notre rapport aux territoires et à nos usages quotidiens. L’arrivée de la voiture sans conducteur risque de provoquer un grand bouleversement dans notre quotidien et notre société. Que se passera-il dans 20 ans, quand tout aura changé ?

On s’inquiète (à juste titre d’ailleurs) de la question du réchauffement climatique et de la montée des océans sur les infrastructures urbaines, mais l’horizon est à 50 ou 100 ans. Nous oublions un peu vite qu’à un horizon bien plus proche, quelques avancées techniques vont profondément bouleverser la ville et l’emploi, tout en apportant peut-être aussi quelques réponses sur la réduction des GES1.

Dans une autre sphère que je connais aussi un peu : les technologies de défense, les réflexions sur les véhicules autonomes datent déjà de 20 à 30 ans. Ma première mission en rentrant à Thales en 1995 fut un travail prospectif sur ce que donneraient des drones sous-marin en matière de détection sonar, c’était une étude papier. Dix ans plus tard, je travaillais sur le premier programme d’un drone expérimental de surface : Spartan. Dix ans plus tard, cette réflexion se poursuit et se déploie dans toutes les opportunités où la machine peut remplacer l’homme.

L’émergence des drones dans le monde de l’armement est une révolution encore en marche, mais on mesure régulièrement la façon dont cela change le rapport aux théâtres d’opérations et aussi le rapport aux conflits, à la guerre. Un exemple de ces transformations radicales a été mis en images dans le film « The good kill », sorti en 2014.

La question de la voiture autonome, la voiture sans conducteur, fait encore sourire et est vécue par beaucoup comme un objet futuriste encore hors de portée pour longtemps. On se trompe. L’horizon est aujourd’hui probablement à 10 ans. Les technos ont déjà été développées pour la défense, reste à les adapter et en en faire baisser les couts par des productions de masse. Mais la voiture autonome sera demain sur les étagères de nos constructeurs automobile, c’est une certitude.

Une décennie, c’est super court pour ce qui relève de l’urbanisme et des grands travaux d’infrastructures qui organisent la ville. C’est aussi court pour ce qui relève de mutations professionnelles et d’enjeux économiques associés. Dix ans, c’est demain. Il est donc plus qu’urgent de se poser les questions de ce que seront demain nos villes et nos usages avec cette voiture autonome.

Pour aider à préfigurer ces enjeux, voici quelques expériences ou documents récents qui dessinent déjà probablement le changement de paradigme que représentera cette voiture autonome dans nos vie et dans nos villes.

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Le temps de travail dans les collectivités

Ce matin, ma casquette de Délégué syndical sur la tête, j'étais en route pour Sophia-Antipolis, afin de participer demain à une réunion de négociation sur le temps de travail dans mon entreprise. C’est alors que je suis tombé sur l'article sur le temps de travail des fonctionnaires dans les collectivités.

De grands penseurs étaient passés par là !

L'article faisait état du rapport de la Chambre régionale des comptes calculant que les fonctionnaires ne travaillaient pas les 1607 heures, qui seraient la norme pour les 35 heures. Entre les lignes, il fallait les remettre au travail pour atteindre l'objectif fixé par la loi, afin de ne pas spolier les contribuables qui les payent.

Si nos grands penseurs sont assurément des comptables, ils sont peu connaisseurs du Code du travail et plus que tout, de bien piètres managers.

D'abord, les 1607 heures en question sont la durée légale du travail aux 35 heures. C'est-à-dire une norme à partir de laquelle se déclenchent des heures supplémentaires. Cela ne signifie pas que c'est “La durée légale obligatoire en France”. La législation permet de modifier cette durée à la hausse ou à la baisse par des conventions collectives ou des accords négociés par les Directions, avec les partenaires sociaux.

La durée du travail dans une entreprise ou une collectivité n'est donc pas une valeur dans l'absolu, mais le fruit d'une succession de négociations intégrant salaires, charges de travail, conditions de travail, secteur d'activité, etc. et évidemment, l'histoire de l’entreprise aussi.

Peu d'entreprises de tailles moyennes ou grandes et disposant de représentation du personnel travaillent 1607 heures… parce que les bons managers le savent bien, cela ne signifie rien ! Ce n'est pas un objectif en soi.

Tout comme l'impôt se calcule en multipliant des bases par des taux, le travail s'évalue en multipliant un temps de travail, avec une efficacité au travail et une qualité du travail.

Nous ne sommes plus au travail en usine, nous ne sommes plus “aux temps modernes” de Chaplin où une hiérarchie de directeurs, de cadres, de contremaîtres pouvait contrôler les salariés sur leur poste de travail. Une large part du travail dans l'entreprise comme dans les collectivités publiques touche à l'immatériel, au relationnel, au travail sur le terrain, hors des ateliers ou des bureaux. Par ailleurs, avec l'ère d'Internet et des smartphones, chacun peut “s'échapper” de son temps de travail à loisir, y compris en restant à son poste de travail. Cela devient impossible de tout contrôler et de tout maîtriser. L’efficacité au travail relève donc beaucoup plus qu’avant de la volonté même du salarié.

Aujourd'hui, l'efficacité au travail et la qualité du travail sont en lien direct avec la motivation, surtout si l'on est ambitieux en la matière et que l’on vise haut ! Vouloir gagner 40 heures par an (+2,5 %), mais perdre rapidement plus de 3 % d'efficacité dans une mauvaise négociation qui braquera partenaires sociaux et salariés, est une bien mauvaise comptabilité au final.

Le bon manager n’est donc pas celui qui contraint, surveille et tente de tout maîtriser, mais celui qui donne du sens, donne les moyens et l'envie à faire, celui qui reconnaît le travail fait et produit au final de la motivation.

On comprendra que ce genre de rapport et de médiatisation, plaçant clairement le débat sur le ton de l’accusation et de la stigmatisation, est largement contre-productif au regard de l’objectif visé, mais témoigne aussi d’une bien mauvaise connaissance du sujet et des dynamiques engendrées.

Enfin, à l’heure de la décentralisation, il est toujours amusant de constater qu’un jacobinisme centralisateur voulant tout régenter de Paris, trouve encore appuie sur une presse habituellement d'obédience plutôt libérale !


Rebondir en 2016

Voeux 2016 UNICEFL’exercice des vœux n’est pas simple en ce début d’année 2016. L’année 2015 fut clairement une année difficile. A cette même période, nous étions frappés par la première vague d’attentats. La fin de l’année fut aussi lourdement endeuillée par des actes encore plus meurtriers.

En ce début d’année, nous vivons tous avec une certaine appréhension de ce que sera 2016. Pour autant, cette année est une année sans élections (sans congrès !), elle doit donc être mise à profit pour réfléchir, pour travailler sur nos valeurs, sur nos projets, pour sortir de nos murs et aller à la rencontre des citoyens.

La presse voudrait maintenir les partis politiques dans le seul espace du quotidien, dans la politique spectacle, dans la « peopleisation » (reconnaissons pour sa défense que certains des notre s’y prêtent de bon cœur !) Mais c’est un piège mortifère qui est autant source de conflits que de divisions et qui ne porte quasiment aucune plus-value en réponse aux enjeux qui nous font face.

En réponse à la peur que produisent les terroristes, en réponse à la radicalisation qui arrive dans nos quartiers, en réponse à l’enfermement et le rejet que proposent les extrêmes, en réponse à la crise qui dure et à la précarisation des plus faibles de notre population, nous devons porter fièrement nos valeurs de gauche. Ces valeurs qui fondent la République doivent devenir notre boussole pour donner le cap et le sens à notre action : Liberté, Egalité, Fraternité, Laïcité, Justice, Solidarité et enfin volonté de changer pour améliorer le monde.

Nous devons incarner ces valeurs à la fois par l’exemplarité qui doit être la notre, mais aussi pour donner un sens dans les changements que nous portons et qui sont nécessairement source de désorientations.

Pour cette nouvelle année, je fais donc le vœu de rebondir en 2016 vers un horizon qui portera ces valeurs dans lesquels nous croyons.

Très bonne année 2016 à toutes et à tous.

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[Carte de vœux : 2016 origami - UNICEF]


Le Climat déclic, donnons de l'envie à agir dans le bon sens !

Logo ABrest métropole lance le Climat déclic, un concours auquel tout un chacun peut participer. Mais un concours, pour quoi faire ?

Il y a plein de façons d’aborder la question du dérèglement climatique. Aujourd’hui avec la COP21, on entend surtout parler des scientifiques qui arrivent à prédire les effets de l’activité humaine sur la régulation du climat et les écosystèmes, et cela ne donne rien de bon à l’arrivée. Nous savons tous que continuer comme cela revient tout simplement à scier la branche sur laquelle nous sommes assis.

Mais ça, c’est le job des scientifiques que de passer tout en équations pour nous dire ce qu’intuitivement on ne devine pas encore. Pire, nous dire ce que l’on ne devine pas encore … quand nous serons tous mort, puisque la fin du siècle ne sera pas à la portée de tous !

L’autre façon d’aborder la question du dérèglement climatique, c’est celle du citoyen, de l’habitant, de l’humain réfléchissant et choisissant le destin qu’il souhaite léguer à sa propre espèce.

L’autre façon, c’est aussi celle de notre quotidien, de nos choix et de nos non-choix. Celle du renoncement à ce qui détruit, mais aussi celle du changement, de la découverte et de l’apprentissage à ce qui continue à nous faire grandir. Celle de la compréhension d’une humanité liée par un destin commun. Celle enfin d’un sens partagé, à nouveau plus tourné vers l’aspiration pour un don aux futures générations, que sur un présent en perte de sens parce qu’au futur plus incertain.

Le dérèglement climatique est un risque, mais c’est aussi une formidable opportunité de changer, de grandir, de murir et de nous libérer du moins important pour revenir à l’essentiel. C’est clairement l’obligation de faire des choix, l’impérieuse nécessité de nous lancer vers un avenir fécond et nouveau.

Le Climat déclic, c’est tout cela !

Vers ce nouvel horizon, nous ne partons pas de zéro. Comme partout, il y a eu des résistants, des résiliants, des expérimentateurs, des précurseurs qui ont commencé à tracer des routes, leurs routes, en se faisant plaisir et en construisant un sens qui nourrit, parce que porteur d’un avenir meilleur.

Avec le Climat déclic, ce sont toutes ces personnes-là que nous souhaitons mettre en avant. Parce que tout comme les grandes, les petites initiatives sont autant porteuses d’avenir lorsqu’elles donnent l’envie à d’autres de se joindre à ce grand mouvement de l'aventure humaine.

Alors, n’hésitez pas … avec le Climat déclic,
l’important n’est pas vraiment de gagner,
mais c’est bien d'y participer ensemble !

Logo B


Contribution : Pour un parti socialiste hors les murs

Congrès de poitier 20152015 est une année de congrès pour le Parti Socialiste. Et qui dit congrès, dit contributions !

Depuis le congrès de Reims, j’essaie de me plier à cet exercice : produire une contribution, sur la base des réflexions que j’ai pu avoir depuis le dernier congrès, personnellement ou avec d’autres camarades. En 2008 pour le congrès de Reims, j’avais écrit la contribution Une seconde voie pour le 21ème siècle. J’avais récidivé en 2012, lors du congrès de Toulouse, avec une autre contribution Un parti en changement.

C’est un exercice que j’apprécie car il permet de se poser, d’analyser et de produire quelques propositions concrètes. Cela me semble être un bon exercice militant, dans un parti où en tant que responsable, on se situe plus souvent dans l’opérationnel que dans la construction d’idées nouvelles.

Cette année pour le congrès de Poitier, j’ai écrit la contribution :

Pour un parti socialiste hors les murs

L’objet de cette contribution est une réflexion que je partage depuis un certain temps avec d’autres camarades. Elle part du constat qu’un fossé se crée entre la population et les partis républicains. Les partis ne se renouvellent plus et les citoyens témoignent une grande méfiance à leur égard. Tout cela semble profiter aux partis aux accents moins démocratiques, voire autoritaires. Il y a donc urgence à se questionner.

Il s’agit d’analyser le mécanisme qui pousse vers ce décrochage et de proposer une piste d’évolution qui permettrait de reconnecter la Politique avec les citoyens. Je propose de construire un espace de médiation entre la population et le parti, dont j'esquisse la forme et les règles qu'il reste probablement encore à finaliser en avançant. La proposition va volontairement assez loin, mais elle pose des enjeux bien réels en face desquels nous devons tenter d'apporter nos réponses.

A débattre donc … !


L'humanité d'un peuple face à la terreur

Marche-republicaine-BrestL’humanité d’un peuple se mesure lorsqu’il fait face à des difficultés et qu’il choisit les bonnes réponses pour y répondre. A la terreur, il est toujours possible de répondre par la violence et chercher des boucs émissaires. Les terroristes n’attendent que cela d’ailleurs. Mais il est aussi possible de répondre avec force en envoyant un message sans ambigüité sur nos valeurs et laisser agir en notre nom l’état de droit et les forces de l’ordre.

Avec 65 000 personnes rassemblées à Brest et plusieurs millions ailleurs en France et dans le monde, j’avoue être fier d’appartenir à ce pays, de partager ses valeurs et d’avoir participer à envoyer ce message d’humanité et d’unité comme seule réponse à la terreur. J’avoue aussi être fier du travail du Président et du gouvernement qui ont fait preuve de fermeté envers les coupables, tout en ne sur-jouant pas pour profiter de l’évènement à des fins démagogiques ou politiques.

Après cette semaine éprouvante, ce dimanche témoigne encore une fois qu’isolés nous sommes faibles mais que rassemblé rien ne peut nous arrêter. Ce fut une belle journée !


Bonne année 2015 !

Bonne année Brest 2015 Pleine de projets et d'envies de construire une métropole où il fasse bon vivre ensemble.

Pleine d'ambition pour écrire un avenir climatique préservé pour les générations à venir.

Pleine de bonheur à vivre avec tous ceux qui nous sont proches et tous ceux que nous rencontrerons en 2015 !

Très belle année 2015 !


De Ponta à Thales, avec la CNV

Zebra-and-giraffe-vector-2Lors de mon premier mandat en charge des associations de quartiers il y a une dizaine d’année, j’avais rencontré un groupe de femmes de Pontanézen qui avaient fait une formation sur la communication non violente (CNV). Cette rencontre m’avait marqué, car les participantes étaient d’un enthousiasme à toute épreuve lorsqu’il fallait parler de ce qu’elles avaient appris et comment cela avait changé leur relation aux autres, notamment dans des situations conflictuelles, en famille ou dans leur quartier.

Je l’avoue aujourd’hui, je les avais écoutés de façon attentive, mais je n’étais pas reparti en me disant qu’il y avait là quelque chose dont j’aurai pu profiter personnellement. J’avais bien conscience que cela leur avait apporté beaucoup de chose (il aurait fallu être aveugle pour ne pas le voir !), mais je ne m’étais pas senti attiré par cette découverte.

Quelques années plus tard, j’ai encore entendu parler de la CNV dans les écoles de Brest et fort de la première expérience, j’avais accueilli cela bien. J’ai d’ailleurs pu être témoin de la transformation que cela fait sur certains enfants, notamment avec le processus de médiation mis en place dans certaines écoles pilotes.

Enfin, plus récemment, lors de formations sur les techniques coopératives de management, j’ai été immergé dans des groupes où une bonne moitié des participants étaient formés à la CNV. Difficile alors de mettre des mots sur le ressenti, mais clairement, les personnes pouvaient porter des propos forts et engageants vis-à-vis d’un autre, sans que cela ne soit vécu comme une attaque. Cela m’avait interpellé.

Mais le déclic s’est vraiment fait lors de mes recherches syndicales, sur la question du « bon management » et des RPS, qui transparaissent dans l’entreprise sous l’appellation plus positive du « bien-être au travail ». Alors que j’avais réussi à mettre en place des groupes de discussion et d’échange dans les équipes de travail sur la question du bien-être au travail (avec l’accord de la Direction), je me suis rendu compte que cela ne suffisait peut-être pas.

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Fête du travail et du muguet

Muguet1er mai, Fête du travail, mais aussi Fête du muguet. Voilà une dichotomie intéressante pour une seule et même journée !

Le terme travail qualifie historiquement une douleur, une peine, une contrainte. L’étymologie du mot vient d’ailleurs d’un outil de torture [ici]. La Fête du travail fait elle-même écho au combat syndical pour la journée de 8 heures, qui conduisit à deux massacres de travailleurs aux Etats Unis, puis en France avec la fusillade de Fourmies, à la fin du XIXème siècle [ici]. Nous ne sommes pas là dans de la réjouissance !

De son coté, là Fête du muguet ferait écho au roi Charles IX qui, ayant eu don d’un brin de muguet le 1er mai 1560, décida donc de faire un contre don aux dames de la cour chaque année à cette même date [ici]. Nous sommes là dans la sphère du don et de la gentillesse !

Du massacre à la fleur, du combat au don, voilà un cheminement intéressant. J’y vois le signe d’une direction à prendre, d’un chemin à parcourir et aussi d’un combat à mener face à la résistance d’une vision du monde du travail qui n’existerait que dans un rapport de force, une domination ou une contrainte.

On parle de plus en plus de bien-être au travail et de bonheur au travail. S’il s’agissait juste d’un langage cosmétique et marketing pour cacher le revers de la médaille que sont les suicides, les RPS ou les burn-out par exemple, je ne serais pas optimiste. Mais on entrevoit un vrai courant de fond qui travaille ces questions-là et qui innove par petite touche dans le monde de l’entreprise. Je trouve cela prometteur et porteur d’une vraie vision sociétale.


www.choisirnotreeurope.fr

Un million de message pour choisir notre europePour la première fois, le prochain président de la Commission européenne sera l’émanation directe de la majorité au Parlement européen issue du scrutin du 25 mai.

Ce changement est une occasion historique de tourner la page d’une décennie perdue qui a vu les droites européennes abîmer l’Europe et précariser les Européens.

www.choisirnotreeurope.fr   

Proposition après proposition, cette plate-forme citoyenne est l’occasion pour chacun d’entre nous de prendre position, d’interpeller Martin Schulz et les candidats du Parti socialiste européen.

C’est le moment de dire notre Europe, de choisir l’Europe que nous voulons, sans délai, mais aussi celle dont vous ne voulons plus, l’Europe des conservateurs, et celle dont vous ne voulons surtout pas, l’Europe des nationaux populistes.

Faites entendre votre voix, soutenez les propositions et relayez-les auprès de vos amis !

Le 25 mai prochain, chaque voix comptera pour obtenir une majorité de gauche au Parlement européen.

Le 25 mai, en un seul jour et un seul tour, donnons un nouveau sens à l’Europe !


Pourquoi tant de haine ? - Réponse à Monsieur Brussieux

Au fil des tweet politiques qui défilent tous les soirs, il en vient parfois un qui vous interpelle. Hier soir, c’est celui de Monsieur Brussieux, colistier de Madame Malgorn, qui me questionnait en disant : « Pourquoi tant de haine ce soir ? »

En voilà une vraie bonne question et politique qui plus est, puisque « la forme, c’est le fond qui remonte à la surface » disait Victor Hugo. Pourquoi tant de haine dans cette campagne ?

Mon cher monsieur Brussieux, la teneur des propos qu’a pris la campagne n’est pas en effet dans les habitudes brestoises (du moins pour les dernières campagnes). Certes, il est d’usage de ne pas se faire de cadeaux entre droite et gauche, mais là, il faut reconnaitre que le niveau de violence verbale dans les échanges a franchi un cap nouveau pour Brest.

Cette violence a commencé bien avant que nous ne rentrions en campagne, quand déjà dans les meetings de Madame Malgorn on proposait de « chasser les socialistes de la ville », on nous accusait de « cadenasser le milieu associatif » et de « faire du clientélisme ». Elle-même se lançait ainsi dans sa campagne : « Nous allons disqualifier les socialistes pour gérer la ville de Brest ».

Déjà les fondamentaux d’une campagne s’appuyant sur une outrance verbale semblaient bien posés. Nous n’étions que fin octobre 2013 ! [ici et ]

Depuis les échanges n’ont fait que monter en violence, teintée d’une mauvaise foi caractérisée et de désinformation. Je ne vais pas vous faire l’énumération des attaques dans la presse. Récemment, l’une des plus violentes fut le discours du 13 février dernier, au Mac Orlan [ici].

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Bonheur, don et coopérations

CadeauLa dernière des quatre conditions au bonheur est aussi un peu complexe à décrire parce qu’elle fait appel à des notions que nos sociétés modernes mettent assez peu en avant et rangent un peu trop vite au second plan. Sacrifié sur l’autel du « Struggle for life » du modèle économique compétitif libéral, les notions de coopération ou de lien social apparaissent désuètes à nos sociétés modernes. Elles n’en sont pas moins centrales dans nos fonctionnements humains et le restent aussi dans notre accession au bonheur personnel.

La coopération est certainement une énigme, tout comme la question du lien social d’ailleurs. On en parle, mais on se pose rarement de question pour savoir comment cela marche. Qu’est-ce qui les construit ou les détruit ?

En 2010, un livre sur la coopération en entreprise a reçu le 1er Prix RH (c’est déjà pas commun en soi !) et quelques autres prix. Il s’agit de « Donner et prendre, la coopération en entreprise » du sociologue du travail Norbert Alter. Ce livre théorise de façon très éclairante les relations entre les individus constituant l’entreprise, sous l’angle de la Théorie du don élaborée par Marcelle Mauss. Pour lui, la coopération se fonde sur le don : « Coopérer, c’est donner » et cela se décline de plein de façons différentes.

Pour faire rapide, cette Théorie du don fut élaborée en observant les échanges pratiqués par des tribus primitives d’Asie ou d’Amérique du nord. L’étude montra alors que le lien social se structurait dans un système d’échanges réciproques (la Kula), qui scellait des formes d’endettement entre les membres des tribus et même au-delà. Transposé dans notre société moderne, cette analyse permet de décrypter nombre de nos comportements, sur ce qui construit la coopération et les liens entre individus.

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Bonheur, croyances et sens

6306941078_da1ef7a26e_mLa troisième condition au bonheur est un peu plus complexe que les deux premières : l’identité et l’autonomie. Elle s’inscrit dans un cadre que notre société moderne oublie, range au chapitre du passé, en négligeant son caractère fondamental. C’est la question des croyances, avec à ses cotés, la création du sens.

L’objet n’est pas ici de parler du cas particulier des croyances religieuses, même si dans les faits, l’émergence de la notion de BIB n’est pas à dé-corréler totalement de la notion de croyance religieuse. En créant le Bonheur National Brut comme indicateur alternatif au PIB, le roi du Bhoutan a bien essayé bien de mettre en lien l’économie, avec les valeurs du bouddhisme, sa religion.

Non, l’objet est plutôt ici de replacer la centralité des croyances dans leur sens le plus large, dans notre vie et notre société. Pour cela, deux citations valent mieux qu’un long discours.

« Davantage qu’un animal pensant, l’humain est un animal croyant. Ses croyances ne concernent pas que le religieux, mais aussi, par exemple, l’économie. »

Patrick Viveret, Philosophe

Et, puisqu’il est question d’économie :

« Comment savons-nous les choses, comment savons nous ce que nous savons ? Il me semble que les scientifiques ont une idée tout à fait déraisonnable sur ce plan : la plupart de nos connaissances ne s’appuient pas sur des preuves. Dans la réalité, la plupart de nos connaissances s’appuient sur des croyances raisonnables, des convictions. »

Daniel Kahneman, Psychologue, prix Nobel d’économie en 2002 et père de l’économie comportementale. (Magazine Sciences humaines de février 2013)

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Bonheur et autonomie

LibertéLa seconde condition au bonheur est, me semble-t-il, une forme complémentaire à l’identité dans la construction de l’estime de soi. C’est l’autonomie. Celle-ci est aussi reconnue comme un des premiers facteurs de motivation individuelle (en entreprise, comme ailleurs).

Derrière la question de l’autonomie se cachent celles de liberté et de responsabilité. Devenir autonome, c’est prendre conscience que l’on croit en nous, mais c’est aussi arriver à se subvenir à soi-même. Il y a là un double regard qui construit la confiance.

L’autonomie n’existe qu’à partir du moment où des marges de manœuvres existent. Elle est donc indissociable de la question de la délégation et donc de la confiance dans les équipes. Pour autant, elle n’est pas antinomique avec les questions d’encadrement et de contrôle. Autonomie ne signifie pas désintérêt !

Derrière l’autonomie et la liberté de penser et d’agir, se cache aussi la créativité. Imaginer, créer, concevoir, construire, sont des sources de bonheur bien connues des enfants comme des artistes et plus largement des personnes créatives, de par leur métier ou leur fonction. Rien d’étonnant à cela, la créativité est une des fonctions nourricières de la société. C’est par la créativité de ses membres qu’une société avance.

Comme l’identité, la mesure du bonheur dans l’autonomie peut être vue en creux. La perte d’autonomie ramène à la question de la dépendance, de la jeunesse, de la vieillesse ou même du handicap. On mesure bien qu’une société qui ne tient pas compte de l’autonomie de tous ses membres ne sera pas celle du bonheur partagé.

Idem sur la question économique, avec l’emploi et le chômage. Dans une société moderne fonctionnant majoritairement par des échanges d’argent, un individu perd son autonomie en perdant son emploi, sa source de revenus, son accès à la monnaie. Il tombe alors dans des dispositifs de solidarité / assistance qui le protègent pour partie, mais l’enferment aussi. En subissant cette situation, il perd de fait une part importante de sa liberté d’action, de son autonomie.

Idem enfin dans l’entreprise où l’augmentation du travail prescrit, des formes autoritaires d’un management déshumanisé par des processus imposés, grignote de plus en plus l’autonomie réelle des salariés. Cela rejaillit autant sur la question du mal-être que sur celle de la motivation. (Cf : Rapport au Premier ministre de 2010- Bien-être et efficacité au travail ou plus récemment la note de Terra Nova ici).

L’autonomie sous toutes ses formes est donc bien une condition à notre bonheur.


Eau du Ponant, un anniversaire à en couper l’eau !

Afin de marquer à sa juste mesure le premier anniversaire du démarrage du contrat de Brest métropole océane avec la Société Publique Locale Eau du Ponant, une intervention spéciale a été organisée à la veille de cette date anniversaire historique. Un « couvre-eau » a été déclaré pendant une heure, pour tous les robinets de la communauté urbaine brestoise.

Ainsi au petit matin de ce 30 mars un peu particulier, à 2:00 les 1700 km de réseaux furent coupés exactement en même temps, puis réalimentés de façon identique à 3:00. Cette opération d’une rare précision est une première en France et a reçu un accueil chaleureux des habitants qui bénéficient sans s’en rendre compte des services de la SPL Eau du Ponant depuis un an.

Rappelons toutefois que cette opération unique en son genre n’aurait pu avoir lieu sans le concours et la parfaite synchronisation des services de l’heure d’été !

AFP – 1er avril 2013


Bonheur et identité

IdentitéAprès nos deux auteurs, venons-en aux quatre conditions du bonheur.

La première qui me semble une sorte d’évidence est un socle pour tout le reste. L’identité, c’est un peu comme les fondations du bonheur et de l’estime de soi.

On peut voir cette identité de deux façons. La première est une façon de s’affirmer, d’être connu et donc reconnu : « je suis », « j’existe ». Elle affirme le caractère unique de la personne et sa reconnaissance en tant que telle.

La seconde est une façon de s’inscrire dans un collectif, d’appartenir à quelque chose de plus grand, quelque chose qui nous dépasse et nous intègre. Cela peut être l’identité par un groupe (famille, amis, pairs, etc …), par un territoire (quartier, ville, région, pays, etc …) ou simplement par une activité, une passion (sport, musique, art, habit, culte, etc …)

L’identité est probablement la première étape dans notre capacité à être heureux et les personnes qui ont conscience de leur identité sont probablement plus facilement exposées au bonheur : elles sont plus fortes, plus solides, plus résilientes. En cas de soucis, d’accidents de la vie, l’identité est probablement une position de repli qui aide à repartir.

La force de l’identité est un peu une évidence pour moi, le parisien d’origine (et fier de l’être !), venu habité en Bretagne (et fier d’y être !) La culture Bretonne est une force de ce territoire, cela saute aux yeux lorsque l’on y arrive : drapeau, histoire, festnoz, langue, luttes, etc …La culture commune, l’identité, c’est un formidable vecteur de cohésion qui se vit au présent en Bretagne.

Au sein de l’entreprise, l’identité est importante aussi : on est fier (ou pas) d’appartenir à son entreprise. On peut aussi se reconnaître dans sa position dans l’entreprise, en fonction de son rôle social dans celle-ci (notion de pairs).

Pour en prendre toute la mesure, la question de l’identité peut être aussi observée en creux. Quid des personnes en recherche de leurs origines, que cela soient familiales (personnes nées sous X, enfants abandonnés) ou territoriales et culturels (immigration).

Enfin, les lutes politiques ont été et sont encore parfois des luttes pour l’identité, pour être reconnu. De façon contemporaine, on pourrait parler du mouvement historique féministe et plus récemment du mouvement LGBT. Les Pride portent bien leur nom. La reconnaissance du vote des personnes résidentes, mais non française, aux élections locales, pourrait être encore un autre exemple.

L’identité est clairement une des conditions à l’équilibre et au bonheur.


Bonheur Intérieur Brut – Deux auteurs qui donnent du sens

Smileys - 2Les origines du Bonheur Intérieur Brut (BIB) sont assez bien documentées sur Internet, depuis son émergence avec le roi du Bouthan (ici), jusqu’à sa déclinaison plus récente en France, avec la commission Stiglitz (). Je préfère ne pas revenir là-dessus, en prenant le risque de paraphraser ce qui a été déjà bien écrit par ailleurs.

Par contre, il me semble intéressant de citer deux auteurs que je considère comme tout à fait pertinents sur le sujet. Il s’agit du philosophe Patrick Viveret et de l’économiste Jean Gadrey.

Patrick Viveret (bio ici) est l’auteur de nombreux textes ou conférences sur la critique d’une société lue par le seul prisme du PIB. Il s’inscrit aussi dans un regard critique de notre société moderne, proche de celle donnée par Gandhi dans sa citation : « Earth provides enaugh to satisfy every man’s need, but not every man’s greed » (La terre produit assez pour satisfaire aux besoins de tous les hommes, mais pas assez pour l’avidité de chacun d’eux). Il pose ainsi notre difficulté au bonheur au travers d’une société ayant fini par répondre à la question de ses besoins (eau, nourriture, etc …), mais s’étant perdue dans celle de désirs sans limite, provocant ainsi accaparation et accumulation de la part de certains et donc, augmentation des inégalités sur l’ensemble.

Il existe beaucoup de textes ou de vidéos de lui sur Internet, j’ai trouvé cette interview qui me semble bien refléter le personnage et sa philosophie (ici).

Jean Gadrey (bio ici) est pour sa part un économiste spécialisé dans les indicateurs de richesse, les indicateurs de bien-être. Il anime un blog riche en contributions et réflexions sur le site d’Alternatives Economiques (ici) et est l’auteur d’un livre qui fait référence sur le sujet, avec sa consœur Florence Jany-Catrice : « Les nouveaux indicateurs de richesses ». Il fut, au nom du collectif FAIR, un des membres de la commission Stiglitz.

Sur la question du BIB, je conseille de regarder l’interview qu’il a donnée au CESE en 2012 sur la question de la mesure du bien-être dans une société (ici). Il y définit, de façon intéressante, quatre façons de mesurer le bien-être, mais aussi appelle à une expertise citoyenne pour définir ces indicateurs-là.

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Journée mondiale du Bonheur et BIB

Bonheur intérieur brutAujourd’hui, nous sommes le 20 mars, c’est donc la journée mondiale du Bonheur (décrété par l’ONU en 2012). Alors parlons-en un peu !

Il y a un mois presque jour pour jour, le Centre des Jeunes Dirigeants d’entreprises de Brest m’a sollicité pour intervenir sur la question du BIB : le Bonheur Intérieur Brut. Sujet pas commun, mais tout à fait digne d’intérêt !

Qu’est-ce que le bonheur ? Une société est-elle encline au bonheur ou l’inverse, et cela se mesure-t-il ? Tout plein de questions viennent à l’esprit, dont une centrale pour moi : suis-je compétent pour parler du bonheur et à quel titre ?

Contrairement à la philosophie, la politique parle assez peu de la question du bonheur, pourtant n’est-ce pas une question centrale que l’on oublie tout simplement de traiter, pris dans nos contingences techniques ou administratives ?

Du coup, je me suis un peu creusé les méninges pour tenter d’expliquer le concept de BIB et sortir quelques fragments de réflexions personnelles sur le sujet du bonheur. J'y ai trouvé un vrai intérêt, autant pour moi-même que pour la façon de faire ou de produire de la politique.

Lors de mon intervention, j’avais découpé mon propos en deux parties.

Dans la première partie, j’ai plutôt cherché à exposer les fondamentaux du concept de BIB (ici), ainsi que ce qui faisait référence pour moi sur le sujet (je n’ai pas vraiment eu le temps de développer cela d’ailleurs, mais la partie historique était déjà bien décrite sur par le précédent intervenant).

Dans la seconde partie, n’étant pas philosophe, je ne me suis pas attaqué à la question du bonheur en lui-même, mais plutôt à la façon d’y accéder, à la façon de trouver le bonheur en société (ou en entreprise, puisque je m’adressais à des jeunes dirigeants d’entreprises). Certaines choses sont plutôt favorables au bonheur, quand d’autres le sont peut-être moins.

J’ai choisi de développer ce qui m’ont semblé être « quatre conditions au bonheur » :

Ces quatre conditions sont évidemment une approche très personnelle et donc sujettes à controverses. Mais au final, elles m’apparaissent pertinentes (point de vue qui semble avoir été partagé par certaines personnes dans la salle, lors de mon intervention), mêmes si elles sont évidemment probablement incomplètes.

A suivre donc … !


Le monde selon Findus

Le monde selon Findus, c’est une sorte de cas d’école pour comprendre le monde virtuel dans lequel nous vivons et les cycles que nous subissons, sans même nous en rendre compte.

L’histoire commence par hasard, lorsqu’un jour on tombe devant un bel écran publicitaire (comme celui-là). Belle petite famille, belle petite maison, belle ambiance chaleureuse et riante, et surtout beau petit plat savoureux, préparé avec soin et amour. C’est cela la magie Findus !

Phase deux : on fait ses courses dans une grande surface lugubre, bruyante et embouteillée d’autres « courseurs » venus aussi-là faire leur marché. Quand soudain, au fond de l’étale des surgelés, dans ce monde aseptisé de produits gerbés, on tombe sur la belle image de ce petit plat préparé, si chaleureux. Malgré le froid des groupes frigo, l’odeur du fromage fondant monte aux narines et les papilles vacillent dans la perspective du festin à venir. Emballez, c’est déjà pesé … et hop, dans le caddie.

Phase trois : rentré tard d’une journée harassante et constatant le vide sidéral du frigo, vous tirez la porte du congélo. Là, image sur carton d’emballage, papilles, senteurs, saveurs, vous optez pour le menu Findus … et c’est là que cela se gâte ! On déchire le carton pour tomber sur le film transparent dans lequel apparait la soi-disant terre promise. Petite surprise, mais le four fera surement des miracles ! Quelques dizaines de minutes plus tard, le résultat est là : point de miracle. Dépôt maladroit dans l’assiette d’un ectoplasme encore fumant.

Phase quatre : devant le désastre culinaire et la dépression qui nous guette, ni une ni deux, il faut s’occuper les yeux. Plateau repas devant la télé, juste à temps pour regarder la nouvelle publicité (Findus) qui nous fera oublier la médiocrité de ce repas raté. Belle petite famille, belle petite maison, belle ambiance chaleureuse et riante, et surtout beau petit plat savoureux …

La boucle est bouclée, la télé reste allumée et l’entreprise Findus peut prospérer !

Comme le dit la pub, « heu-reu-se-ment qu’il y a Findus » … pour nous faire comprendre les mécanismes de cette décérébration collective !

PS : Vous noterez que je n’ai traité que l’escroquerie visuelle. Je ne suis pas allé au fond des choses, de peur d’y trouver encore bien d’autres mensonges, derrières les étiquettes et les labels qualité sensés nous protéger !


Notre civilisation va-t-elle s'effondrer ?

6688816997_9e181978b1_mGrace à internet, quasiment plus aucune de nos questions ne restent sans réponse. Grace aux réseaux sociaux, l’information nous arrive en temps réel d’un bout à l’autre de la planète. Grace à nos moyens de transport modernes, nous pouvons être demain à Paris ou à New York en seulement quelques heures. Grace à la médecine moderne, nous greffons des cœurs et produisons des bébés avec des éprouvettes. Grace à des petits écrans tenant dans une poche, nous pouvons voir et discuter avec presque n’importe qui dans le monde, quand nous le voulons.

Don d’ubiquité et omniscience, capacité à produire du vivant et à le réparer, repoussant ainsi les limites de la mort, serions-nous devenus des Dieux ?

Un article du Monde de dimanche dernier nous invite à plus de retenue : Notre civilisation pourrait-elle s’effondrer ? Personne ne veut y croire. De plus en plus de scientifiques pensent que notre civilisation est sur le chemin de l’effondrement, mais n’osent le dire de peur de passer pour des cassandres. « Erosion rapide de la biodiversité ; exploitation irraisonnée des océans ; destruction accélérée des insectes pollinisateurs, qui assurent la reproduction de 80 % du règne végétal ; épuisement des sols et des eaux souterraines ; formation de vastes zones mortes dans les océans, à l'embouchure des grands fleuves qui charrient les effluents agricoles. Avec, surplombant et déterminant partiellement le tout, deux phénomènes globaux liés à nos émissions de gaz à effet de serre : le réchauffement climatique et l'acidification des océans. L'humanité a donc devant elle un certain nombre de difficultés... […] La prestigieuse revue Nature a par exemple publié, au printemps 2012, deux vastes synthèses de la littérature scientifique, menées collectivement par une quarantaine de spécialistes du fonctionnement des écosystèmes. Leurs conclusions sont glaçantes : non seulement l'ensemble de la biosphère terrestre connaîtra une "bascule abrupte et irréversible" dans les prochaines décennies, du fait des transformations apportées par l'homme à l'environnement, mais les services rendus aux économies par ce dernier vont perdre en efficacité du fait de l'érosion de la biodiversité. […] Probablement trop déprimantes, ces deux synthèses de la littérature, résumant le savoir accumulé par des centaines d'études, ont été relativement ignorées par les médias. Elles sont passées inaperçues. A peu près autant que l'avis commun rendu en juin 2012 par les 106 académies des sciences, intitulé "Population et consommation" et qui, en termes prudents, n'en valide pas moins les inquiétudes anciennes de Paul Ehrlich. "Les accroissements simultanés de la population et de la consommation non durable font que le monde se trouve face à deux de ses plus grands défis, assurent les académies des sciences. La population mondiale est de 7 milliards d'habitants, et la plupart des projections indiquent qu'elle sera de 7 à 11 milliards en 2050, sachant que l'accroissement de la population se fera surtout dans les régions à faible revenu. Globalement, les niveaux de consommation sont à un niveau jamais atteint, largement en raison de la forte consommation par individu dans les pays développés."

En nous plongeant dans le déni d’une situation où nous mettons en danger les fondations mêmes de notre développement, nous nous enfonçons nous-même dans un piège dont les parois abruptes nous condamnent un peu plus chaque jour à ne plus pouvoir en ressortir. En tournant la tête aux alertes régulières qui nous sont envoyées par les scientifiques, nous profitons encore pour quelques temps d’une rente toxique qui détruit la promesse d’un futur meilleur, une sorte d’addiction mortifère.

Cette technologie qui nous entoure développe en nous une névrose, un complexe de supériorité qui nous éloigne d’une réalité moins reluisante. Nous devenons les fossoyeurs de notre propre civilisation. Nous pouvons nous en sortir, mais il faut se réveiller et nous mobiliser ensemble, afin de dessiner un horizon plus prometteur.

Photo : André Fromont sur Flickr : Un monde parfait


Les Ateliers du changement

Les ateliers du changementA l’initiative d’Harlem Désir, premier secrétaire du parti socialiste, Brest accueillera le premier Atelier du changement de France. Loin des communications top-down auxquelles les citoyens sont habitués, ces ateliers se veulent sous un format nouveau, plus participatif, permettant un vrai échange de qualité avec tous les citoyens.

Depuis début janvier, une équipe spécialisée dans l’animation de ce genre de débat s’affaire pour questionner, rencontrer, écouter les brestois et les finistériens sur les attentes qu’ils ont pour la France. Ce travail en amont sera retranscrit dans un film, projeté au début des ateliers. Il permettra de lancer les sujets qui émergent, les attentes, les craintes qui pourront ensuite être exprimés par les participants dans la première partie.

Dans la seconde partie de la soirée, des ateliers de contributions seront organisés, afin de produire, individuellement ou collectivement, des recommandations ou des propositions pour la France. Toutes cette production politique sera collectée lors des 6 ou 7 Ateliers du changement qui se dérouleront sur le premier semestre 2013, à Brest comme dans d’autres villes de France. Une restitution sera enfin faite à l’occasion de l’université d’été du PS de La Rochelle, devant tous nos responsables politiques.

Le Parti socialiste avait innové en proposant les Primaires citoyennes, fin 2011. Les Ateliers du changement poursuivent cette volonté de partager et de travailler avec tous les français qui le souhaitent et portent en eux un projet pour la France.

Chacun aura la parole et pourra faire sa proposition sous la forme d’une contribution écrite. Il est important que ces ateliers mobilisent l’ensemble des citoyens afin de représenter au mieux ce qu’est la France aujourd’hui, hommes et femmes, jeunes ou moins jeunes, ouvriers ou chefs d’entreprises, relais d’opinion ou individus. Chaque opinion nous intéresse parce que chacune d’elle constitue un morceau de France. Chaque proposition nous intéresse, parce que chacune d’elle est un pas en avant vers le changement.

Venez nombreux le jeudi 7 février,

à 18h30 à l’Atelier (salle du Stade Brestois 29)

16, rue de Quimper à Brest

Il y aura une traduction en langue des signes et un espace enfants gratuit.

Plus d’informations :


Cinquième anniversaire

6116346681_aca52844bf_mVoilà maintenant cinq ans et 345 notes que ce blog est ouvert.

La première note ne fut pas la plus longue, mais elle traduisait l’envie d’écrire et de m’exprimer ici. Je continue toujours à avoir autant de plaisir à écrire mes notes, en moyenne tous les 5 jours, si on ne compte pas la période des grandes vacances, où la trêve est de rigueur.

Lorsque l’on fait du syndicalisme en entreprise, on a un droit d’expression dans les panneaux syndicaux. C’est un espace de liberté, où l’on peut faire des compte rendus, produire des analyses ou même, grand plaisir syndical, shooter sa Direction (pour peu que l’on sache y mettre les formes !) Je conçois l’expression sur ce blog un peu de la même façon, sur le plan politique.

Le politique a de nombreuses occasions de s’exprimer, mais c’est plutôt à l’oral. Ce n’est donc pas tout à fait pareil qu'à l’écrit. On peut aussi convoiter la presse, mais c’est elle qui tient la plume et qui rapporte ce qu’elle veut. La liberté d'expression est de son coté, pas du notre. J’apprécie donc la liberté de ce petit exercice d’écriture qui oblige à se poser sur un sujet et qui pousse à une certaine exigence dans le propos. Car l’écriture sur un blog n’est pas un sport anodin. Celui-ci peut être lu par tout le monde et il reste dans le temps. Ecrire une note nécessite donc d’être sûr de ce que l’on souhaite exprimer et parfois se restreindre, lorsque la passion ou l’émotion pousseraient à aller plus loin.

A suivre donc … tant qu’il y aura du plaisir, de l’envie à partager et aussi un peu de temps pour écrire !


Techniques de coopération

Reseau-cooperation[1]La semaine dernière, j’ai fini une formation sur la sociocratie au sein de la Compagnie AlterEgo. Le terme de sociocratie est probablement un mot barbare qui reflète mal ce qu’il est censé exprimer. Il cache une méthode de travail intéressante en terme de gouvernance et d’apprentissage de la coopération.

Coopérer n’est pas une chose innée dans un monde où la compétition est partout, cela ne va pas nécessairement de soi. Cela étant, cette expérience m’a appris (et pas seulement par la théorie) que la coopération n’est pas une utopie, mais au contraire quelque chose de très concret, pour peu que l’on s’astreigne à respecter quelques règles simples, mais structurantes dans les échanges entre personnes.

Cette semaine, j’ai participé à une autre expérience dans le cadre de la Chaire « développement humain durable et territoire ». Il s’agissait de pratiquer une méthode d’analyse et d’évaluation utilisée au Québec et qui s’appelle : une « revue des parties prenantes ». Nous l’avons expérimenté dans le cadre d’une réflexion sur l’Agenda 21 de Brest métropole.

Là aussi la méthode fut impressionnante, apportant à la fois un regard croisé constructif et de nouvelles pistes de travail auxquelles nous n’aurions probablement pas pensées tout seul. Le tout, dans un climat apaisé, de respect du travail, des idées et des opinions de chacun. Si la revue des parties prenantes n’est pas à proprement parlé de la sociocratie, elles empruntent toutes deux des règles d’animation assez voisines.

Ces méthodes coopératives de travail sont étonnantes. Immergés dans le modèle compétitif, nous ne nous attendons pas aux résultats que ces techniques produisent et à l’intelligence collective qu’elles permettent de faire émerger, dans la bonne humeur. Loin de s’arrêter là, je crois qu’elles participent aussi à la construction de l’estime de soi pour chacun des participants. Voilà de vraies pistes de réflexions pour la suite, que cela soit en politique ou en entreprise.


Résolution de rentrée

Logo-ps-newNous voici dans un temps particulier pour notre parti ; celui de l’élaboration de notre avenir ; celui du souffle à redonner au militantisme ; celui des perspectives nouvelles ; celui de notre congrès.

Avec la victoire de François Hollande, la constitution de l'équipe gouvernementale et notre majorité aux deux chambres, nous avons changé de temps politique. Nos victoires doivent maintenant entrer dans nos mémoires et notre action doit se tourner vers l’ambition que nous portons et l’exigence de construction d’un futur meilleur, que nous devons aux citoyens, aux français.

Mal aimés et mal compris de notre époque, les partis politiques ne sont pas pour autant des collectifs d’un autre temps. Notre société a besoin de politique. Dans une période où les défis s’accumulent et les inerties contraignent le changement attendu par la population, la politique a un rôle central à jouer.

Les partis politiques sont de toute évidence des sphères où cette transformation, cette métamorphose comme diraient certains, peut avoir lieux. Ils sont à la fois des espaces où l’inspiration et la conscience politique se forgent, mais aussi des lieux où les vécus et les idées se confrontent et s’affrontent. Ce travail indispensable et essentiel pour la société permet de rendre plus lisible le monde dans lequel nous vivons, mais aussi trace les lignes de celui que nous voulons construire ensemble.

De 1997 à 2003, avec quelques jeunes camarades de mon âge, je me suis fortement investi au parti socialiste. Dans ma section d'abord, mais aussi au comité de ville et à la fédération du Finistère. Le choc du 21 Avril 2002, l'asthénie du parti qui s’en ait suivi, m'ont conduit à prendre de la distance avec nos instances dirigeantes, à l'issue du congrès de Dijon. Ce fut alors pour moi le temps de l’investissement syndical dans mon entreprise ; celui de mon élection au conseil municipal de Brest ; celui des engagements familiaux aussi.

Riche de toutes ces expériences et dans un contexte aux enjeux politiques importants, j’ai envie de m’investir à nouveau fortement dans mon parti, sur la ville de Brest. L’échelon local est pour moi celui du lien direct avec le citoyen. Il est celui où le travail sur la relation citoyen-politique peut avoir lieu, où il nous faudra innover et nous inscrire dans des fonctionnements nouveaux. Il est aussi celui du dialogue avec la population, par lequel la politique pourra reconquérir les lettres de noblesse qu’elle n’aurait jamais du perdre.

Ce travail m’intéresse. Il prolonge les expérimentations que nous avons déjà menées et les réflexions de notre contribution au congrès de Toulouse. C'est fort de ces envies, de ces défis, qu'en novembre prochain je souhaite être candidat au secrétariat du comité de ville de Brest.


Une semaine en tramway à Brest

Tramway de BrestVoilà plus d’une semaine que je me suis converti au tramway, sans changer vraiment mes habitudes de vie. J’ai investi dans un abonnement Formule B’ et c’est parti !

Sur le plan financier, l’abonnement m’est remboursé à 50% par mon cher employeur (c’est la loi) qui a même poussé le geste jusqu’à 70% jusqu’en décembre, afin de faciliter le passage à l’acte de ses salariés. De plus, j’ai découvert que mon abonnement à un moyen de transport en commun me permettait d’avoir une baisse de 5% sur le tarif de mon assurance voiture (il n’y a pas de petites économies). Du coup, l’abonnement annuel me revient à près de 160 €.

A comparer aux 250 € que me coute ma voiture en essence par an, pour mes seuls trajets travail - domicile, voilà une bonne affaire. Je ne compte pas que je peux en plus aller en ville sans payer de parcmètre (ce qui m’arrivait à quelques occasions) et que ma petite clio roulant moins, je la garderai probablement un peu plus longtemps. Enfin, la Formule B’ permet entre autre d’être accompagné de 3 charmants bambins gratuitement, tant qu’ils ont moins de 10 ans. Royal !

Le plus dur pour s’y mettre, c’est qu’il faut revenir sur ses réflexes d’automobiliste, c'est-à-dire : tout, tout de suite. Prendre le tramway nécessite probablement de prendre un peu plus son temps, mais avec la contrepartie d’être libéré de la conduite du véhicule. C’est probablement un temps que l’on a plus à soi, loin des tracas des bouchons, des feux rouges et des autres conducteurs. Petite cerise sur le gâteau, prendre le tram, c’est aussi marcher et prendre l’air un peu plus … cela ne fait pas de mal non plus.

En fait, je crois que l’on se désintoxique très vite de la voiture une fois que l’on y a gouté 15 jours et que l’on fait l’effort de convertir ses habitudes. Ce matin, de la fenêtre du tram, je regardai des conducteurs à un feu rouge en me disant que ce n’était finalement pas si mal de se faire conduire et de ne penser qu’à son livre ou à sa journée.

Bon, ne crions pas victoire trop vite … derrière le ciel bleu, l’hivers arrive et ce sera peut être une autre histoire !


Contribution pour le congrès de Toulouse

Logo-ps-newLe congrès 2012 du parti socialiste se profil à l’horizon de la rentrée prochaine. La version toulousaine ne devrait pas donner foisonnement de motions semble-t-il. Cela n’empêche pas de contribuer au débat. En 2008, je m’étais déjà essayé avec une première contribution : « Une seconde voie pour le 21ème siècle », sur un thème qui me tenait à cœur. Je remets le couvert aujourd’hui !

Entre ces deux congrès, j’ai travaillé avec quelques camarades sur la question de l’abstention et de la participation (ici), le sujet fut donc facile à trouver : le fonctionnement de notre parti au regard de la réalité de la société française en 2012, tout en tenant compte du contexte des dernières électorales gagnées.

Accompagné de quelques camarades suffisamment courageux pour se remettre à l’ouvrage en cette mi-année bien chargée et sur une fenêtre de tir étroite pour produire une contribution, nous avons souhaité poser, en quelques mots, l’état de nos réflexions sur le sujet. Voici donc le résultat de ce travail.

Lire la contribution : Un parti en changement.

Après le temps de l’écriture, vient le temps des signatures. Aussi, si quelques camarades se reconnaissent dans ces propos et souhaitent s’associer à notre contribution, ils sont les bienvenus.

Laissez-moi un message avant le 15 juillet, pour que les noms puissent être pris en compte.


Trois semaines sans tram et puis c'est tout !

Tram rue JJaurèsCa y est, nous voilà sur les rails de la dernière ligne droite ! Ce tram qui a investi nos vies comme un grand chamboule-tout de travaux et de métamorphoses de notre ville, va passer dans la réalité de nos usages urbains.

Dans le monde de la  communication, il y a un avant et un après internet. En terme de transport dans la ville, il y aura aussi un avant et un après un tramway, car celui-ci va mobiliser notre imagination pour repenser nos déplacements et les adapter intelligemment à ce nouvel outil. Il y aura probablement des irréductibles (il y a toujours des minitels !) mais on sent bien l’impatience des brestois à utiliser cette nouvelle colonne vertébrale de l’agglomération.

A partir de la semaine prochaine, les trams rouleront en mode opérationnel, mais à vide. Il s’agit de la dernière phase de mise au point : un run à blanc pour débugger les dernières imperfections et peaufiner les derniers réglages dans l’organisation du réseau. Terminé donc la phase de chantier et l’utilisation des rails comme place de parking, ça va rouler !

Enfin, comme pour tout bel évènement dans la vie, il faut savoir prendre le temps de le célébrer ensemble. Ce n’est pas tous les jours que l’on voit renaitre un tram à Brest. Deux jours de fête et d’animations sont donc prévus pour accueillir le démarrage de notre tramway.

Vous pouvez retrouver toutes les infos sur le site du tram : www.letram-brest.fr ou directement sur le Tram est à nous.


Bureau de vote - bureau de vie

20071120_vote2c_F111TCette année scolaire fut riche en élections de tout ordre (et ce n’est pas fini !) J’aurai totalisé 7 journées de votes : primaires citoyennes, présidentielles, législatives ou même élections des représentants du personnel dans mon entreprise. Une petite tranche de vie sur une année tout de même !

Etre président d’un bureau de vote, cela reste un « job » un peu particulier. Pour commencer par le coté rébarbatif, c’est très répétitif … quand ce n’est pas ennuyeux. Il y a à la fois des temps longs, quand l’électeur se fait rare, mais aussi des heures de pointes (avant et après la messe, comme on dit !) La cadence infernale peut atteindre alors un électeur toutes les 15 à 20 secondes, si on ne veut pas avoir une file d’attente trop longue. Autant dire qu’il vaut mieux rester concentré, car la sanction tombe en fin de journée, au moment du recollement des votes, entre le nombre d’exprimés et le nombre d’émargements. Un petit écart, pas de lézard, mais un grand écart, bonjour le cafard !

Un bureau de vote, c’est aussi une équipe, par définition composée de chiens et de chats, de futurs perdants et de futurs gagnants. La fiabilité du vote n’est pas une fonction du process (vote papier ou électronique), mais plutôt d’un jeu d’autocontrôle entre les représentants des différents prétendants. Cela nécessite donc de mettre en présence des personnes qui ont souvent passés leurs dernières semaines à faire campagne les unes contre les autres. Pendant les 10 h d’ouverture du bureau de vote, l’ambiance est très politiquement correcte, président et assesseurs tiennent leur poste avec sérieux, application et fair-play. Il s’agit bien là d’une sorte de trêve politique. Les jeux sont faits, rien ne va plus et tout le monde attend déjà fébrilement le résultat qui s’écrit en temps réel. Des débats dans l’équipe peuvent avoir lieux sur l’opportunité de retourner le cahier d’émargement ou de le faire signer à l’envers, sur la qualité des sandwichs ou l’heure de la pause café, mais en dehors de ces sujets de fond, l’attention va à l’électeur.

Car un bureau de vote, c’est enfin et surtout cela, un contact rapide mais intense avec l’électeur. Pour beaucoup, cela reste un moment solennel : celui du choix, celui de la prise de décision qui engage, celui de l’arbitrage politique, avec tout ce que cela peut signifier en termes de représentation. Avec le vote électronique, le choix et le vote se font en même temps, dans l’isoloir. L’attente avant d’entrer est donc parfois celle de la dernière hésitation. La tension est quelques fois perceptible dans le regard. Mais, c’est aussi parfois le temps d’un échange très bref, d’un petit mot de soutien pour l’équipe du bureau, d’une bise claquée ou d’une poignée de main serrée. Car un bureau de vote, c’est aussi un ancrage territorial, avec des gens qui se connaissent et qui, à défaut de partager parfois les mêmes opinions politiques, se côtoient en dehors, partagent une histoire commune et des lieux de vie.

Voilà, un bureau de vote, c’est plusieurs histoires en une et surtout, ce n’est pas un lieu commun.


Discours de François Hollande au meeting du Bourget

FH2012_BourgetDevant plus de 25 000 personnes, François Hollande a donné, le 22 janvier au Bourget, le coup d’envoi de la dernière ligne droite de sa campagne présidentielle. Un beau discours qui apporte du sens à sa candidature. A lire ou regarder ...

Trois jours plus tard, le non-encore-candidat UMP envisage une défaite, il fallait le faire ce coup-là !

Le texte du discours

Les vidéos ci-après ...

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Vision du monde

584px-Hubble_deep_fieldLors des vacances de noël, probablement taraudé par la question de l’existence du Père Noël, un enfant m’a demandé si les extraterrestres existaient. En voilà une bonne question ! La bonne réponse est évidemment que nous ne savons pas. Mais quelle conviction avons-nous du sujet ?

Sachant que les terriens habitent une petite planète, tournant autour d’un modeste soleil, lui-même se situant dans les parties extérieures d’une galaxie comptant quelques 200 milliards d’autres soleils, d’étoiles. Sachant que notre galaxie n’est que l’une des quelques 100 milliards dans l’univers observable, pensons-nous que nous sommes seul dans l’univers ?

Tout cela fait de grands chiffres : 2.1011 x 1011 = 2 .1022, pas facile de voir ce que cela fait deux cent milliards fois cent milliards !

Alors si chaque soleil / étoile se résumait à une feuille de papier A4 et que nous mettions toutes ces feuilles en une grande pile, les unes sur les autres, cela ferait de combien de mètre ? Atteindrions-nous la tour Eiffel, le mont Blanc, ou même l’Everest ?

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Quelques mots d'hier pour demain

« Le courage, c’est d’être tout ensemble, et quel que soit le métier, un praticien et un philosophe. Le courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant à la vie générale. Le courage, c’est de surveiller exactement sa machine à filer ou à tisser, pour qu’aucun fil ne se casse, et de préparer cependant un ordre social plus vaste et plus fraternel où la machine sera la servante commune des travailleurs libérés. Le courage, c’est d’accepter les conditions nouvelles que la vie fait à la science et à l’art, d’accueillir, d’explorer la complexité presque infinie des faits et des détails, et cependant d’éclairer cette réalité énorme et confuse par des idées générales, de l’organiser et de la soulever par la beauté sacrée des formes et des rythmes. Le courage, c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir mais de n’en pas être accablé et de continuer son chemin. Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense. Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. »

Jean Jaurès, discours à la jeunesse, Albi, 1903 [ici]

Bonne et heureuse année 2012 !


Travail invisible

4649611436_e38be87ac2_mLors d’une des réunions publiques de mi-mandat organisées par le Maire de Brest, un membre d’un conseil consultatif de quartier (CCQ) est intervenu pour demander à ce que le travail des conseils de quartier soit mis plus en avant, fasse l’objet de publications de quartier, afin qu’il soit plus connu des habitants.

Ceci a fait écho à mon expérience syndicale, où l’on constate souvent un petit coup de blues chez certains élus qui ont du mal à percevoir l’utilité de leur présence dans des instances de représentation du personnel (CE ou DP), lorsqu’ils font face à une direction qui fait ce qu’elle veut et en tous cas, ne reconnait que rarement la pertinence des propos syndicaux !

Pourtant, je crois que les conseillers des CCQ, tout comme les élus du personnel, jouent un rôle important. Ils ne seront jamais, ni les élus de la ville pour les premiers, ni la direction pour les seconds, pourtant chacun s’inscrit dans un vrai travail qui au final produit plus d’intelligence collective.

Le malaise qui se pose aux uns et aux autres est que nous sommes dans une société où le travail doit être connu pour donner l’impression d’être reconnu. Or une large part de ce qui fait tourner la société, la démocratie ou même les entreprises tient à ce que l’on appelle du travail invisible, c'est-à-dire une somme de tout petits riens qui ne se voient pas, mais qui au final sont largement constitutif du tout !

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Une société d’experts et d’ignorants

6407162325_4595f539d7_mLa montée et puissance de la connaissance, de l’information et de la communication transforme en profondeur notre société, y compris dans son fonctionnement démocratique.

Aujourd’hui, chacun de nous est en capacité à atteindre une forme omniscience. Nous sommes capables, en quelques clics, d’avoir accès aux dernières informations scientifiques et à l’actualité partout dans le monde, quasiment en temps réel. Notre accès à l’information dépasse très largement notre capacité individuelle à capter cette l’information et à la traiter.

En parallèle, notre société moderne ayant réussi dans une large part à répondre aux besoins essentiels, elle s’est transformée dans une société du désir, avec comme corolaire, une hyper sollicitation individuelle (commerciale ou pas). Affiches, visuels, courriers, vidéo, autant de communications sous forme d’invitations qui saturent notre environnement quotidien.

Face à cette multitude de propositions et d’opportunités qui s’offrent à nous, l’individu va devoir faire des choix. C’est ce processus de choix, de tri, qui structure en profondeur la société.

L’individu va naturellement aller vers ce qui l’intéresse le plus. Mais la connaissance accessible et la capacité de mise en relation avec d’autres individus, aux profils de recherches identiques (mise en réseau réelle ou virtuelle), vont naturellement produire un « appétit » pour l’information et au final, une spécialisation forte. Le temps libre, la curiosité et l’émulation vont conduire tout un chacun à développer une forme expertise, sur un ou des sujets choisis.

Le processus de tri n’est pas raisonné, il se fait dans un état de vigilance passive, dans notre vie quotidienne. D’un coté, nous reconnaissons et captons au passage les informations qui nous intéressent et de l’autre, nous ignorons celles que nous considérons comme ayant peu d’intérêt. Mais à force d’ignorer, ne risque-t-on pas de devenir ignorant ?

 

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L’emballement du monde

Tempète de boulettes géantesCe soir, devinette : quel point commun entre le dessin animé « Tempête de boulettes géantes » et le livre « Changer le monde : tout un programme ! » du polytechnicien Jean-Marc Jancovici ? Et bien surprise, ils décrivent chacun (à leur façon) la même chose : l’emballement du monde.

Le dessin animé est une fable qui illustre à merveille la situation vers laquelle nous nous dirigeons. Bercé par la technologie qui nous entoure et nous nourrie, chacun de nous regarde ailleurs, fait semblant de ne pas voir et continue à consommer, pendant que la situation se tend de plus en plus, vers une situation où cela risque de finir fort mal. La corne d’abondance à laquelle le petit monde de ce dessin animé devient dépendant est une invention qui transforme de l’eau en nourriture. L’eau étant disponible en quantité inépuisable et l’appétit des hommes aussi, la machine finie par s’emballer dans une gigantesque apocalypse gargantuesque et dévastatrice !

De son coté, le polytechnicien fait plus sobre et plus sérieux, mais ne raconte pas vraiment autre chose. Partant de la description des deux derniers siècles, il nous raconte comment l’Homme a accéléré brutalement la transformation de la société en découvrant une énergie peu chère et considérée comme infinie. La corne d’abondance du livre, c’est le pétrole ou le gaz qui ont permis à l’homme une accélération fulgurante de son développement. Le fond de l’histoire du livre, c’est de nous montrer comment nous avons oublié sur quoi reposait notre développement et à quel point nous étions dépendants de cette énergie pour vivre dans ce monde que nous avions construit.

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Livre : La vie, quelle entreprise !

La vie quelle entreprise Je viens de finir le livre de Robert Barbault et de Jacques Weber, « La vie, quelle entreprise ! Pour une révolution écologique de l’économie » et je dois avouer en recommander chaudement la lecture.

Au fil des notes de ce blog, il m’arrive de m’évertuer à tenter de rendre compréhensible la biodiversité et son incommensurable utilité pour le vivant et donc pour l’Homme. Ce livre atteint cet objectif avec brio et intelligence, c’est un magnifique tour d’horizon sur le sujet.

L’ouvrage aborde d’abord avec pédagogie la question de la biodiversité et pourquoi elle est au centre de tout, sorte d’épine dorsale du vivant qui lui permet de résister aux chocs, aux crises. Vient ensuite le temps de replacer l’humain dans tout cela, de faire le bilan de son action et de dresser un état des lieux objectif des risques qui pèsent sur nous. Pour enfin conclure par une vision de ce qui pourrait donner lieux à des opportunités pour l’Homme, en relation avec son milieu et ses références économiques.

Le livre donne beaucoup d’exemples, s’appuie sur de nombreuses expérimentations scientifiques ou d’expériences de changement menées aux quatre coins du globe. Il revient sur beaucoup d’idées préconçues que l’on nous a peu à peu fait prendre pour des évidences, mais qui en fait servent un modèle économique et non l’Homme. C’est un livre qui remet en question et qui éclaire sur une question complexe, parce qu’oubliée, mais qui relève après tout de beaucoup du bon sens.

A se procurer dans toutes les bonnes librairies et devrait être dans toutes les bonnes bibliothèques !

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