Pol'Ethique

« Shame on you », un podcast remarquable et passionnant sur l’affaire DSK

Podcast Shame on you - Affaire DSK - Marine Pradel et Anne-Cécile Genre _Fin février, sortait le dernier épisode de la série « Shame on you ». Un podcast passionnant de 8 épisodes sur l’affaire DSK. Une affaire que l’on redécouvre par les yeux et surtout par la sensibilité de deux journalistes, Marine Pradel et Anne-Cécile Genre. Deux femmes qui ont couvert l’affaire, en 2011, au plus près, à New York. Deux personnes qui, comme beaucoup d’entre nous, ont subi le déroulé des faits sans vraiment en comprendre toute leur portée. Douze ans plus tard, elles reviennent sur cette affaire qui aura marqué le monde, comme la goutte d’eau qui engendra ensuite la vague #Metoo dans le cinéma américain, avant de déferler sur l'Occident tout entier.

Les deux histoires

Ce podcast, raconté avec une grande précision et étayé de nombreux témoignages, raconte finalement deux histoires concomitantes.

La première, la plus singulière, est celle qui en fit un phénomène mondial. C’est le contre-récit des contes anciens ou modernes, dans lesquels le puissant prend justement soin de la plus faible. Au fil des épisodes, nous découvrons la vérité d’alors, un homme au plus haut de l'échelle sociale occidentale, le directeur du FMI : riche, décomplexé, ivre de sa toute-puissance, dont il mesure parfaitement la protection sociale qu’elle lui offre. De l’autre côté, une jeune femme africaine, émigrée aux États-Unis dont elle ne maîtrise pas les codes et qui a déjà dû acheter sa liberté par deux fois, pour acquérir un petit espace d’indépendance. Une petite porte de liberté lui ouvrant le droit d'être femme de ménage, dans un Sofitel new-yorkais.

Cette première histoire, presque caricaturale si elle était écrite dans un roman, c’est cette rencontre entre ces deux mondes, ces deux êtres en tous points opposés. Là, dans cette chambre d'hôtel, va se jouer la réalité de chacun. La domination sexuelle consommatrice de l’un sur l’impossibilité de réagir de l’autre, prise dans sa précarité sociale, cumulée à une soumission culturelle qui l’astreint au silence pour garder son honneur.

La première histoire finit par la faillite de la justice et de la presse, parfaitement analysée au fil des échanges, qui s’acharnera sur la victime plutôt que de la soutenir et de lui rendre sa dignité. L’homme riche et puissant peut se payer des avocats qui fouillent la vie de sa victime pour travestir la vérité à son avantage. La femme précaire et isolée ne donne pas les bonnes réponses et n’offre pas les bonnes images, à une presse avide de sensationnel. La messe est dite dans cette Amérique surmédiatisée, hystérisée. La Justice n’a pas parlé.

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Vivre à Brest - Le mot de la fin : Démission

François Cuillandre démissionToute affaire a une fin, quelle qu’elle soit. Comme j’ai pu l’annoncer, ceci sera probablement la dernière note que j’écrirai au sujet de l’affaire Vivre à Brest. Je crois  avoir dit ce qu'il y avait à dire, entre le livre et les différentes notes que j’ai pu écrire au cours du déroulé judiciaire (retrouver tout ici).

Pour conclure, je souhaitais laisser la parole au principal et dernier intéressé par le sujet : le maire de Brest, monsieur Cuillandre. Sans le vouloir, il a lui-même exprimé la seule conclusion respectable pour lui, dans cet extrait collector [1] qui a été immortalisé lors de la première conférence de presse [2], le 26 novembre 2018, seulement cinq jours après que l’affaire éclate.

Lors de cette conférence de presse, en dépit de toute précaution pour la présomption d’innocence, monsieur Cuillandre chargea de toutes ses forces Alain Masson. Dès l’introduction de son propos, il insista d’ailleurs pour renommer l’affaire Vivre à Brest comme « Affaire Masson » (voir article du Télégramme et argumentaire écrit de cette conférence de presse, qu'il me donna juste après, ici). Mais, là ne sont pas les paroles qui vont marquer cet entretien.

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Réponse au courrier de monsieur CUILLANDRE

Courrier FC-TF

Je dois bien l’avouer, je fus quelque peu surpris de découvrir une écriture bien connue sur l’enveloppe d’un courrier reçu dans ma boite aux lettres. J’avais déjà reçu des courriers d’avocats de sa part (ici), mais pas de courrier personnel, signé de sa main.

Alors même que le jugement de l’affaire Vivre à Brest n'était pas encore acté, la lecture de cette lettre ne fut pas sans me questionner, tant sur le but poursuivi par son auteur que sur sa réelle compréhension de l’affaire Vivre à Brest.

La lecture de la première partie laissait peu de doute sur l’intention déjà prise de plaider coupable et sur des discussions probablement déjà en cours avec le procureur qui avait, quelques semaines plus tôt, pris la parole dans la presse pour préparer les esprits. Lorsque l’on sait aujourd’hui que la condamnation ne fut que de 3 000 € fermes, autant dire que la négociation n’a pas été trop rude.

À la réception de ce courrier, il me fut déconseillé d’y répondre avant le jugement. J’ai donc gardé pour moi ce témoignage de l'état d’esprit du maire. Ce courrier révèle le peu de considération qu’il a pour la réalité des faits qui ont été révélés par l’enquête et que j’ai, pour une très large part, déjà expliqués dans un livre et sur mon blog.

Maintenant que l’affaire est close et qu’il est temps de refermer ce dossier, j’ai souhaité répondre à celui qui m’avait écrit afin d’argumenter point par point les contrevérités qui sont exposées dans le courrier. Faute de procès public en correctionnel comme l’avait requis la juge d’instruction, chacun repartira avec sa vérité.

Comme à son habitude, je ne doute pas qu’il ait largement fait lire sa prose à ceux qu’il souhaitait convaincre ou influencer, en se posant en victime et en traitant ses opposants de gens haineux. Je fais donc de même en rendant publique ma réponse ci-dessous.

 

--------------\/--------------

 

Thierry FAYRET

 

A François CUILLANDRE

 

Objet : réponse au courrier de monsieur CUILLANDRE 

 

Monsieur,

Avant de refermer le dossier de l’affaire Vivre à Brest, je souhaitai répondre au courrier que vous m’avez envoyé à mon domicile, en mai dernier. Vos propres écrits sont probablement le meilleur témoignage de l’homme que vous êtes devenu. Je ne sais pas qui vous cherchiez à convaincre en m’écrivant, probablement que vous.

Pour m’en avoir fait lire quelques-uns à une autre époque, je connais les usages que vous faites de ce genre de courrier que vous écrivez à vos opposants. Vous les montriez ensuite à vos proches ou à des militants pour mieux vous justifier. Vous rajoutiez toujours que vous n’aviez jamais reçu de réponse, comme pour mieux prouver la justesse de vos propos. Puisque vous me mettez en cause dans votre écrit, vous me contraignez à y répondre, y compris publiquement. J’ai fait le choix de la sincérité et de la transparence dans cette affaire, je ne vais pas changer maintenant.

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Vivre à Brest - L’histoire de la Caisse noire

Vivre à Brest Histoire de la caisse noireComme nous l’avons vu dans la précédente note (ici), la Caisse noire de la majorité municipale de François Cuillandre reposait sur l’existence d’un compte bancaire issu de la création d’une association inactive depuis longtemps, nommée Vivre à Brest, et dont les raisons d'être statutaires étaient très extérieures à ce que fut l’usage du compte bancaire du même nom.

Ce compte associatif, initialement créé pour soutenir la publication d’un journal politique, va finalement surtout servir à collecter les indemnités des élus municipaux socialistes de Brest, avec le beau projet de les mutualiser. L’idéal affiché était de compenser ceux qui perdaient le plus en salaire du fait de leur mandat, grâce à ceux qui étaient bénéficiaires, pour diverses raisons [1]. Un système peu critiquable dans ses fondements pour des socialistes (bien plus dans ses méthodes 😉 !).

Le système de mutualisation semble avoir bien fonctionné jusque dans les années 2000, sous les deux mandats de Pierre Maille. Un précédent maire socialiste qui fut le président fondateur de cette petite association et, n’en doutons pas, un des penseurs de ce système mutualiste qui avait vocation à soutenir les moins bien lotis. À l'issue du dernier mandat de maire de Pierre Maille, le compte semble avoir été très bénéficiaire, malgré un engagement de l'association très au-delà du seul système de compensation des pertes de salaires [2].

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Le maire de Brest, un délinquant pas comme les autres

FCLors de mes mandats d'élu, il m'est arrivé de marier deux personnes. La cérémonie d'un mariage est un moment « magique », au premier sens du terme : deux personnes célibataires rentrent dans la salle des mariages, l'élu demande le consentement à chacun, puis prononce la formule magique et c'est un couple qui ressort de la mairie. Wonderful !

Jeudi dernier, au Tribunal judicaire de Brest, il y a eu aussi un phénomène de transmutation sociale. Le maire de Brest, François Cuillandre, est rentré comme prévenu présumé innocent dans l'affaire Vivre à Brest, la juge lui a demandé son consentement sur l'acceptation des charges qui pesaient contre lui et il est ressorti avec le titre de « délinquant ». Une appellation qui lui ressemble vraiment !

Quelques lignes pour vous partager ce moment mémorable, plutôt honteux dans l'histoire de la ville de Brest, qui dura trois bonnes heures et sans lancer de riz à la fin !

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Un jugement de forme, qui oublie le fond

Justice aveugle _Je comprends bien que le Parti Socialiste de Brest soit joyeux de la décision de justice qui est tombée aujourd’hui, concernant l’assignation que j’avais lancée il y a plus d’un an (Précédentes notes sur le sujet ici). Mais regardons un peu plus le fond de cette victoire de papier, qui en dit long sur nos vieux partis politiques … patriarcaux.

La Justice considère simplement irrecevable ma demande et ne prend même pas la peine de regarder les arguments de fond. Elle ne retient qu’un argument de forme et donne raison au Parti Socialiste qui s’appuie sur l’article 4.3.1 de ses statuts :

« À défaut de saisine des premiers secrétaires fédéraux ou du Premier secrétaire et d'épuisement des voies de recours internes, aucune contestation des décisions du Parti et de ses instances ne pourra faire l’objet d’un recours juridictionnel. »

Un petit article dans des longs statuts, qui semble être la botte secrète des partis français (a priori la droite a le même dans ses statuts), pour ne pas être inquiétés de toutes dérives à leur fonctionnement interne, par des adhérents indélicats.

Pour résumer cet article, tant que vous n’avez pas épuisé toutes les voies de recours internes à votre parti (et cela peut être très long et épuisant, vu les pressions internes qui frolent ce que l'on qualifie de harcellement dans les entreprises lorsque vous contestez), vous ne pouvez faire valoir aucun de vos droits devant une justice indépendante. C’est un peu comme, si dans le cas d’un couple, une femme ne pouvait divorcer sans avoir l’accord de son mari ! En fait, cet article emprisonne les adhérents au bon vouloir des responsables du parti, sans possibilité de recours à une vraie justice. Pour un parti « démocratique » et de « gauche », c’est très désaligné des fondamentaux !

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Retour de bâton après la procédure-baîllon

François Cuillandre Cour appel rennes harcellement adeupaEn décembre dernier, j’avais eu le plaisir d'être mis en cause par l'Adeupa, pour diffamation de son Président, monsieur Cuillandre. Il m'était reproché d'avoir fait le lien entre la tentative de suicide d'une salariée sur son lieu de travail et le président de l’association, maire et président de la métropole de Brest, principale autorité morale susceptible de stopper un harcèlement moral du directeur de l’association qu'il dirigeait.

Un article du Télégramme de ce jour traite de l’audience en appel à Rennes de ce procès : L’ancien directeur de l'Agence d’urbanisme de Brest condamné pour avoir harcelé son assistante.

Nous découvrons que le directeur, qui avait été relaxé en première instance à Brest, y est finalement condamné. Mais surtout, fait instructif me concernant, la présidente de la cour d’appel de Rennes n’hésite pas à mettre en cause le président de l’association, évoquant un « manque de curiosité surprenant » de François Cuillandre, faisant la liste de toutes les alertes qui lui furent remontées et auxquelles il n’aurait « pas jugé utile d’y faire suite ».

Voilà qui est très intéressant. Ce sont justement les motifs qui me furent reprochés comme diffamants et portant atteinte à l’honneur de monsieur Cuillandre.

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Affaire Sarkozy-Kadhafi : une République entachée

Sarkozy-Kadhafi _ Des billets et des bombesPar le plus grand des hasards, j’ai dévoré hier soir la bande dessinée sur l’affaire Sarkozy-Kadhafi - Des billets et des bombes. Une enquête très bien expliquée par le dessin que je conseille à tous ceux qui veulent comprendre cette affaire d'Etat. On la trouve en bibliothèque, en occasion pour pas cher ou en librairie.

Aujourd’hui dans la presse (ici), au terme de 10 années d'enquêtes, nous apprenons que les juges ont renvoyé Nicolas Sarkozy en correctionnel pour « recel de détournement de fonds publics », « corruption passive », « financement illégal de campagne électorale » et « association de malfaiteurs » dans le cadre du dossier du financement présumé de sa campagne de 2007 par le régime de Kadhafi. L’ex-secrétaire général de l’Élysée et ancien ministre de l’intérieur Claude Guéant sera jugé pour une dizaine de chefs d'accusation dont « blanchiment de fraude fiscale en bande organisée », « corruption passive », « complicité de financement illégal de campagne électorale ». En plus de ces deux lascars qui semblent avoir été les commanditaires et les bénéficiaires principaux de ce système, d'autres personnalités de la Sarkozie seront sur les bancs des accusés, dont Éric Woerth (actuel député et Questeur de l'Assemblée nationale) et Brice Hortefeux (actuel député européen et conseiller régional d'Auvergne-Rhône-Alpes).

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Violences urbaines : Vouloir la paix, est-ce vouloir la justice ?

649f01fe6c372c12b1033697Le 14 juin dernier, les lycéens français étaient mis à l’épreuve sur un sujet de philosophie qui allait donner toute sa dimension, seulement 13 jours plus tard.

On peut imaginer que les auteurs du bac philo 2023 : « Vouloir la paix, est-ce vouloir la justice ? » avaient alors en tête le conflit ukrainien et l’impossible justice d’un retour à la paix, face à un dictateur devenu criminel de guerre. Mais il est impossible de ne pas faire le lien entre la question posée à tous les bacheliers et les déchainements de violence qui arrivèrent dans de nombreuses villes de France, après la mort d’un jeune, en âge de passer le bac.

De nombreux articles ont été écrits ces derniers jours par des spécialistes de différents horizons et c’est assurément un apport à la réflexion collective (je mets en fin de note quelques-uns des articles les plus intéressants que j’ai pu lire). On ne peut donc nier que les problèmes ayant fait naître ces violences sont multifactoriels et agir que sur un seul axe ne peut donner de résultat.

Vu de ma fenêtre (qui est étroite, comme celle de chacun de nous, pris individuellement), au moins trois dysfonctionnements méritent d’être regardés dans les causalités profondes de ces violences urbaines.

  • La question centrale du rapport à la justice dans les inégalités.
  • La question de la doctrine de maintien de l’ordre ou de la paix.
  • La question du sensible dans nos quartiers prioritaires.

 

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Vivre à Brest : Vers un déni de justice ?

OFL’information est tombée en fin de matinée (ici) et a de quoi surprendre à plus d’un titre. Sous la plume des deux journalistes d’Ouest-France qui rapportent son propos, le procureur de la République de Brest, monsieur Miansoni affirme :

« Sur l’affaire Vivre à Brest, je suis en train de réfléchir à la façon dont la justice doit clore cette affaire. Les principaux protagonistes, ceux qui étaient au centre de l’histoire, ceux qui auraient dû être jugés, sont décédés. On ne va pas juger les morts. […] Faire comparaître le maire de Brest, François Cuillandre, seul, en audience publique, alors qu’il n’est concerné que par une toute petite partie du dossier me semblerait aujourd’hui bizarre et inadéquat ».

Plus loin, il dit se donner le temps de la réflexion pour « proposer la forme de justice la plus adaptée à la situation actuelle. »

Voilà un propos assez étonnant de la part d’un procureur de la République, dans le cadre de ce dossier qui concerne le 1er magistrat de la ville, le maire de Brest.

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Réponse au « droit de réponse » de monsieur Salami

Réza SalamiChose promise, chose due dit un proverbe populaire ! À la suite de mon avant-dernière note : Faux témoignage en Conseil muncipal de Brest, traitant des contrevérités exprimées publiquement par monsieur Salami sur l'affaire Vivre à Brest, celui-ci m'a répondu sur Facebook (ici), mais aussi dans les commentaires de ce blog, sous la note en question. Je lui ai promis une réponse au titre d'un débat sur ce que nous avançons chacun comme arguments. J'honore donc ma promesse ci-dessous !

Avant de commencer, je salue le courage de monsieur Salami à s'être autorisé cette réponse à ma note. La majorité municipale actuelle brille par son silence et son absence de réponse à des questions éthiques. Actons au moins que lui s'y est essayé.

Monsieur Salami valide ce que j'ai dit

Le premier point intéressant de son propos en réponse, est qu'il valide en creux ce que j'affirmais en clair dans la note en question.

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Droit de réponse à Ouest-France

Ouest France - Vivre à BrestIl y a presque un mois maintenant, le 28 janvier, le journal Ouest-France publiait un article « Affaire Vivre à Brest - Que contient vraiment le dossier ? ». Le quotidien régional ne lésinait pas sur les moyens pour augmenter la visibilité de son article puisque le titre apparaissait sur les trottoirs Brestois, comme la promesse de sulfureuses révélations sur « l'affaire du jour ».

Je n'ai évidemment pas manqué de m'intéresser à l’article en question, trop heureux que la PQR se saisisse (enfin) du dossier et s'y intéresse « vraiment ».

Si toute une partie repend le contexte de l’ordonnance de renvoi en correctionnel de François Cuillandre par la juge d’instruction, à la suite du même avis du procureur presque un an avant, trois éléments me choquèrent profondément à la lecture de l’article.

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Faux témoignage en Conseil municipal de Brest

Réza SalamiJeudi dernier avait lieux le Conseil municipal de Brest. Premier de l’année 2023, mais surtout, premier Conseil après l’annonce du renvoi en correctionnel du maire, François Cuillandre. L’affaire Vivre à Brest où il fut mis en examen, dès octobre 2019. Il aurait été surprenant que l’affaire ne soit pas évoquée à la suite de ce rebondissement, après 40 long mois d’attente. Aucun doute que chacun avait fourbi ses arguments, en prévision d’une passe d’armes attendue, lors du débat de politique général ouvrant chaque Conseil.

La presse locale s’en fait écho dans un article du Télégramme (ici) et un article du Ouest-France ().

Madame Malgorn semble avoir ouvert le bal en tirant une salve, pour le moins retenue, dont principal extrait cité est :

« Ce qui nous a choqués, c’est que nous avons découvert qu’un certain nombre de collègues élus étaient liés par des arrangements financiers de nature à aliéner leur liberté au sein de notre assemblée. »

Je ne sais pas si madame Malgorn a lu le livre que j’ai écrit sur cette affaire (ici), mais en effet, c’est le moins que l’on puisse dire.

Monsieur Salami semble avoir été l’élu désigné pour mener la contrattaque à l’interpellation du maire par son opposition et lancer un contre-feu pour détourner le sujet. Pour reprendre le propos rapporté dans le Ouest France, il aurait dit :

« Faux, répond l’élu socialiste Réza Salami : « Je ne faisais pas partie de cette association (Vivre à Brest, NDLR) et je n’ai jamais subi de pressions. J’ai continué d’exercer en tant qu’adjoint ».

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Le PS est-il devenu une imposture du socialisme ?

Php0HCESj - CopieDécidément, la semaine fut bien remplie. Après le renvoi au tribunal correctionnel du maire de Brest, François Cuillandre, dans l’affaire « Vivre à Brest » pour laquelle je suis partie civile (lire ici), voilà que le Parti socialiste apporte une démonstration éclatante sur l’absence de règles qui règne aujourd’hui en son sein, lors des élections. Etat de fait contre lequel, faute d’avoir été entendu en interne, je me suis élevé en assignant le Parti socialiste en justice (ici).

Dans cette période de manifestations contre la réforme des retraites, je pourrais parler de « convergence des luttes » (de « mes luttes ») contre ce qui s’est déroulé au Parti socialiste, à Brest et en Finistère, et qui semble bien avoir contaminé sévèrement le niveau national.

Les plus hauts responsables à la tête du Parti socialiste dénoncent aujourd’hui des fraudes lors de la désignation du Premier secrétaire. N’est-ce pas une fraude que j'ai moi-même dénoncée ? Une assignation balayée du revers de la main par les responsable locaux et nationaux fin septembre 2022, dans la presse locale (ici).

Malheureusement, toutes ces tricheries mises en lumière dans la presse cette semaine sont parfaitement connues et tolérées depuis longtemps. Ainsi en octobre 2019, lors de la désignation de la tête de liste aux municipales, voici quelques exemples amusants et éclairants de ce que je pus observer :

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Affaire Vivre à Brest : Renvoi en correctionnelle

Télégramme François Cuillandre renvoyé en correctionnelleLa nouvelle est tombée sans prévenir hier soir, à 18h, confirmée par un premier article du Télégramme, à 19h : « Le maire, François Cuillandre, renvoyé en correctionnelle ». Cette annonce était attendue depuis de long mois. Elle est une bonne nouvelle pour la santé de notre démocratie locale. Enfin la vérité sur cette affaire publique va pouvoir s’exprimer dans un cadre où la parole est véritablement questionnée, au regard des faits accumulés par le travail d’enquête de la police judiciaire, puis de la juge d’instruction.

Comme je le rappelle au tout début du livre que j’ai consacré à cette enquête (ici), l’affaire Vivre à Brest, c’est 4 ans de procédures, 57 auditions, 500 pages de procès-verbaux et 35 pages relatant le contenu d’écoutes téléphoniques. Et je ne parle pas de tout le travail fait pour démêler les comptes opaques de l’association. Il est donc très étonnant de lire à la fin de l’article du Télégramme la réponse de l’avocat de Monsieur Cuillandre suite à cette ordonnance de renvoi en correctionnelle :

« La juge a décidé de renvoyer mon client pour un motif finalement limité à une avance de 4 000 €, datant de 2012, et qui a depuis été remboursée […] par ailleurs ces avances étaient « pratique courante au sein de l’association. »

Qui peut encore croire qu’une juge renvoie en correctionnelle un maire/président d’une métropole pour 4 000 € emprunté en 2012 et qui aurait été remboursés ? Personne. Un tel préjudice relève d’un différend mineur, pas d’un renvoi devant une cour correctionnelle. La juge est par ailleurs plus explicite que l'avocat de monsieur Cuillandre dans son ordonnance :

« M. Cuillandre ne pouvait ignorer que Vivre à Brest n'était pas un organisme ayant vocation à distribuer des prêts, ni à consentir des avances alors même qu'il ne participait pas au système de mutualisation ».

Et la juge d'ajouter : « En acceptant ces avances et prêts, il recelait sciemment des fonds qui étaient détournés de leur destination par ceux qui en étaient dépositaires », évoquant un « dévoiement des fonds de l'association à des fins personnelles. »

Article du France Bleu (ici).

Depuis 2001, l’association Vivre à Brest a vécu sur une jolie fable de « mutualisation juste et solidaire, légale et vertueuse » racontée aux élus et aux proches du parti socialiste. Des personnes n’ayant aucune possibilité de vérifier les dires de ces « responsables » publiques, dans lesquels ils plaçaient leur confiance. Il semble clair qu’en 2023, la stratégie n’a pas changé d’un iota. Sans préjuger de ce que le procès délibérera, une jolie fable nous est encore contée aujourd’hui.

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L'affaire Vivre à Brest - Premiers retours de lecteurs

Fayret Thierry Capucins Ecrire le livre « L’affaire Vivre à Brest » fut un exercice solitaire. Après avoir rassemblé de nombreux documents, travaillé ma mémoire sur des évènements issus de différentes époques, réfléchi les situations et les interactions, le travail d’écriture est venu compléter la réflexion.

Au fil des mots, de nouvelles idées viennent, des relations, des liens qui n’étaient pas apparus juste avant. Un plaisir de l'exploration de la découverte digne de Sherlock Holmes : fouiller, poser, relier les faits et les récits contradictoires, dans le brouillard d'une histoire où chaque vérité affirmée peut être questionnée.

Mais au fil des pages, si l'enquête et le sentiment de s'être un peu plus rapproché de la vérité progressent, l’impression de se perdre dans son texte apparait aussi. Au final, il devient compliqué de juger ce que l’on a produit (d'autant plus pour un premier livre). Il devient difficile de prendre de la distance vis-à-vis des mots et des phrases que l’on a posé, modifié puis lu et relu parfois des dizaines de fois.

Rendre public, donner à lire est donc un exercice dont il est difficile de prédire l’issue. Des retours espérés, autant que redoutés. C’est donc avec appétit, mais aussi anxiété que l’avis de ses premiers lecteurs est attendu.

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Diffamation ou intimidation ?

Cuillandre-Francois-IMG_3050-002Lorsqu’un pouvoir en manque de légitimité est critiqué et que de bonnes questions commencent réellement à le déranger, il ne cherche pas à y répondre. Il faint d’abord de les ignorer, puis il réagit en lançant des procédures contre ses opposants. C’est ce que l’on appelle des procédures-bâillons.

Une procédure-bâillon, ou poursuite-bâillon ou poursuite stratégique contre la mobilisation publique est une action en justice visant à intimider et à faire taire un journaliste ou lanceur d'alerte ou à entraver la participation politique et le militantisme.

Il s'agit le plus souvent d’une poursuite civile en diffamation, intentée contre un individu ou un organisme ayant pris parti dans le cadre d’un enjeu public. Le concept inclut les menaces de poursuite. Le succès d'une telle opération n'est pas tant une victoire devant les tribunaux qu'une intimidation suffisante de la partie défenderesse (celle attaquée) et/ou un épuisement financier la réduisant au silence.

Wikipédia : Procédure-bâillon

Je ne fus donc pas très surpris de recevoir, le 1er décembre dernier, un avis de passage du facteur pour venir chercher un « recommandé avec avis de réception ».

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Que penser de l’affaire Vivre à Brest ?

Chap 3aEn bon exercice d'introspection socialiste, le troisième et dernier chapitre du livre (ici) tente de « faire la synthèse ». Au regard de toutes les informations aujourd'hui connues de l'affaire, quel récit crédible transparait de ces 30 années de l’association Vivre à Brest et de l’écosystème qui gravita autour. Quelle fut la genèse des dérives qui apparaitront au grand jour à partir de novembre 2018.

Une première partie s'attache à déconstruire la fragile, voire l'impossible histoire qui fut racontée publiquement dès le départ, lors de la première conférence de presse, et que l’on retrouve encore dans des écrits signés par des élus de Brest, en juin 2021. Une histoire à charge contre un seul homme, coupable de tout, qui sera rapidement chassé, puis discrédité et dont la parole ne fut plus publiquement entendue avant son décès, seulement deux ans plus tard. Un récit public qui associa aussi Jean-Luc Polard, décédé cet été, moins de 4 ans après le début de l’affaire. Un principe d'accusation puis d’exclusion vieux comme le monde, alimenté par ceux cherchant à masquer une vérité plus crue.

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L’affaire Vivre à Brest : Les contrevérités et les non-dits

Chap 2aAvant de tenter une exploration globale de l’affaire Vivre à Brest, le second chapitre du livre (disponible ici) s’attache à éclairer des angles morts, des non-dits du récit qui furent volontairement omis. Parfois même des contrevérités qui furent habilement distillées, pendant près de 20 ans, aux élus qui versèrent leurs indemnités à l’association. Des élus pensant adhérer à « un système juste et solidaire, légal et vertueux », dont je fis partie.

La première contrevérité analysée dans ce chapitre est celle de « la clause des présidents ». Une règle qui fut servie aux élus socialistes pendant 17 ans et qui affranchissait François Cuillandre de tout devoir de mutualisation (dans un esprit assez peu « socialiste ») et de versement volontaire dans l’association, malgré qu’il bénéficiât de certains avantages aussi. Cette clause était censée être un usage hérité de son prédécesseur Pierre Maille et ne pouvait être remise en cause. Toutefois, les livres de comptes de l’association, tenus depuis 1985, témoignent d’une histoire bien différente.

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L’affaire Vivre à Brest : la gouvernance

Chap 1dLe premier chapitre du livre tente de comprendre les liens entre une association, qui fut définit par un magistrat de la Chambre Régional des Comptes comme « un néant institutionnel rarissime » et une réalité bien concrète, qui a structuré l’exécutif municipal de Brest pendant près de 30 ans : un parti politique et un groupe majoritaire municipal.

Dans cette quête de la gouvernance de l’association Vivre à Brest, il convient de débuter par le commencement, c’est-à-dire la façon dont les élus socialistes brestois s’engageaient, avec sincérité, dans une mutualisation de leurs indemnités. Un engagement individuel, dont le caractère réellement volontaire posa de nombreuses questions et qui se prenait au moment du dépôt de sa candidature, dans le processus interne pour faire partie de la liste du Parti socialiste. Un engagement flou, non pas envers une association, mais envers « le groupe des élus socialistes », qui n’exista plus que sous la forme du « groupe des élus de la majorité municipale », à partir des années 2000.

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L'affaire Vivre à Brest

Mairie de BrestIl y a 4 ans presque jour pour jour, le mercredi 21 novembre 2018, éclatait dans le Télégramme l’affaire Vivre à Brest. Le soir même, mis sous la pression médiatique et celle du maire, Alain Masson démissionnait. Dès le lendemain, tous les regards se tournèrent vers Jean-Luc Polard. A l’issue de la plus avilissante et la plus inutile réunion des élus de la majorité à laquelle j’ai participé, Jean-Luc Polard finira par donner sa démission, le vendredi 23 novembre. Au terme de cette semaine tourmentée, le maire de Brest venait de perdre ses deux plus proches adjoints.

Le lundi 26 novembre au soir, dans les bureaux du maire, François Cuillandre s’exprima publiquement pour la première fois sur l’affaire. Dès ses premières paroles, le ton fut donné. Il parla d’entrée de jeu de « l’affaire Alain Masson » et expliqua : « J'interviendrai pour l'essentiel en tant que maire de Brest, d'autant que comme il a été dit devant l'officier de Police judiciaire […] je percevais mon indemnité de maire directement, sans lien avec l'association Vivre à Brest. » Dès son propos introductif, il désigna ostensiblement un coupable et s’affranchit lui-même de potentiels liens avec l’association.

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Déboires à Eau du Ponant : La faiblesse de la gouvernance

Cuillandre-Francois-IMG_3050-002Suite des deux premières notes (ici et ) et de l'article de fin octobre du site Penn-Bazh : Brest, ville d'eaux et d'histoires ...

Comme l’écrit Penn-Bazh, Karine Coz-Elléouet a bien joué un rôle dans la mise à l’écart du premier directeur d’Eau du Ponant. Personnellement, lorsque c’est arrivé, je n’étais plus administrateur de la SPL depuis 2014, mais cette situation m’a attristé. Si Christian Clément n’a pas toutes les qualités du monde, comme il semble lui être reproché (nous avons tous les défauts de nos qualités), il n’y aurait pas Eau du Ponant sans lui. Sans minimiser la dimension de la construction politique, il en fut l’architecte et l’animateur de la création. Il en fut aussi le développeur, jusqu'à son éviction.

Dans la période où je l’ai côtoyé régulièrement, c’était en effet une personne de caractère, avec des idées foisonnantes et une envie d’entreprendre. Il aimait provoquer pour créer des réactions ou faire un pas de coté (parfois pas dans le sens attendu, il est vrai !) Il savait aussi défendre son point de vue face aux élus, ce qui est à mon avis une très bonne chose. Cet état d’esprit peut en effet déranger certains profils d’élus plus administratifs, plus gestionnaires, plus dogmatiques, peu ouverts à la discussion, au débat … et surtout, à court d’arguments ! Pour ma part, j’ai toujours trouvé cela enrichissant et stimulant.

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Déboires à Eau du Ponant : le cas Karine Coz-Elléouet

KCEA la suite de ma première note (ici) et de l'article de fin octobre du site Penn-Bazh : Brest, ville d'eaux et d'histoires ...

Le cas de Karine Coz-Elléouet, salariée d’Eau du Ponant est un bon cas d’école sur la question des conflits d’intérêts, au regard des nouveaux modes de gestion des services publiques par des EPL (Karine Coz-Elléouet est loin d’être la seule dans ce cas, j’imagine).

Durant son premier mandat en 2008, alors qu’Eau du Ponant n’existait pas encore, Karine Coz-Elléouet était la seule élue de Brest ne pouvant pas siéger à la métropole, car elle y était agente, employée de la métropole en tant que responsable du service de l’eau et de l’assainissement [1]. En 2011, elle est devenue salariée de la SPL, comme « Directrice clientèle » ( puis « Directrice des relations usagers »), mais continua à n’être seulement élue qu’à la ville de Brest et non à la métropole. Idem en 2020.

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Déboires à Eau du ponant

120330a_Photo lancement Eau du PonantToute fin octobre, une gazouilleuse insoumise brestoise m’a interpellé pour savoir si j’avais des commentaires sur un article du site Penn-Bazh, traitant des déboires récents à Eaux du Ponant : « Brest, ville d’eaux et d’histoires … » par Erwan Chartier.

Tout d’abord, je dois avouer que j’ai découvert ce site de journalistes indépendants. J’ai trouvé l’article intéressant, bien renseigné et posant les bonnes questions. Je suis heureux de découvrir un site de journalisme indépendant en Bretagne. Cela ne peut faire que du bien à notre démocratie … et à notre région.

L’article sur la Société Publique Locale (SPL) Eau du Ponant pose de nombreuses questions. Je n’ai pas la prétention d’avoir toutes les réponses, mais je crois en avoir quelques-unes. J’ai la chance d’avoir été un des administrateurs fondateurs d’Eau du Ponant et d’avoir suivi toute sa mise en route (largement relayé sur ce blog d’ailleurs ici). Je connais donc bien sa genèse et les quelques histoires qui ont suivi. Je connais bien aussi les protagonistes de l’article. Donc, je dois pouvoir éclairer un peu ce sujet … que les responsables actuelles de la collectivité se refusent de commenter. (Ce n’est souvent pas bon signe ce genre de réponse !)

Les deux raisons d’être de la SPL Eau du Ponant

Tout d’abord, je crois qu’il est important de resituer Eaux du Ponant dans son contexte. En synthèse, Eau du Ponant est un outil qui a été créé pour deux objectifs, un officiel, l’autre moins.

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Bonne fête à tous les Narcisse !

Selfie Queen 2Il est difficile de travailler sur la question de l’éthique et de la probité en politique, sans questionner un des grands phénomènes de notre époque, le narcissisme.

Ce besoin d’estime de soi, qui permet à chacun de se développer de façon équilibrée, a basculé dans des formes de pathologie sévère. De nos jours, l’émergence continue de personnalités profondément narcissiques induit de nombreuses décisions et des comportements déviants dans la sphère publique. Des personnalisées déséquilibrées, n’ayant d’autres choix que d’alimenter perpétuellement un besoin d’auto-renforcement psychologique. Souvent assez limitées dans leurs compétences réelles du fait de l’énergie qu’ils dépensent principalement à exister aux yeux d’autrui, ces individus n’hésitent pas à emprunter tous les chemins possibles pour arriver à leur fin : continuer à exister par les regard que l’on porte sur eux. Le mensonge, la tricherie et la corruption en font évidemment partie.

Le livre « Les NARCISSE, Ils ont pris le pouvoir », de Marie France Hirigoyen, traite en profondeur ce sujet contemporain et de toutes ses facettes dans notre société moderne.

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Réflexions autour de l’article du Télégramme du 28 septembre

Foveau Jouvet - Le TélégrammePetit retour sur l’article du Télégramme (ici), sorti la semaine dernière et qui rapporte les différentes postures autour de l’assignation que j’ai engagée (ici).

Il me semble intéressant de revenir sur trois points de l’article. Le premier est sur la justification des 50 000 € dont il est fait mention dans l’article. Le second point est la réponse faite par les responsables du Parti socialiste. Le dernier est sur les autres réactions révélatrices que l'article a suscité autour.

Un impayé de cotisations exorbitant

Sur les 50 000 €, qui sont à la fois l’évaluation minimal des impayés en cotisation d’élus de François Cuillandre au Parti socialiste entre 2007 et 2019, mais aussi (volontairement) le montant que je demande à la justice en réparation des irrégularités de cette désignation, il me semble important d’apporter plus d’éléments.

Par souci du beau calcul, s'agissant d'un ex-professeur de finances publiques, ancien inspecteur des impôts, je joins (ici) une note expliquant le détail du calcul de cette évaluation d’impayés à minima de 50 000 €. Cette analyse s’appuie à la fois sur des pièces de justice, donnant le montant des cotisations versées par François Cuillandre et les déclarations de ses indemnités, faites par l’intéressés lui-même à la HATVP (document public ici).

On notera dans l’article Télégramme de septembre que, contrairement à juin, les responsables du Parti socialiste national ou fédéral ne contrediront plus cet impayé de cotisation. Ils l’avaient pourtant fait avant que je ne révèle le document, peu contestable, de la procédure judiciaire Vivre à Brest. Cette fois-ci, ils ont préféré la sobriété du propos sur ces impayés. François Cuillandre ne dira rien non plus, malgré qu’il ait été interpellé par des journalistes.

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Deux contrevérités et un aveu du maire

Deux contrevérités et un aveuPar suite de mes deux premières notes sur l’assignation que j’ai engagée (ici et ), je voulais terminer sur le propos étonnant de François Cuillandre à mon égard, rapporté dans le Télégramme (ici) :

« Il a attendu fin juin 2020, après l’élection, pour se porter partie civile dans l’affaire Vivre à Brest, pour ne pas risquer de perdre ses délégations. Il est resté premier adjoint et vice-président aux finances, sans mettre les pieds à la mairie, en empochant 5 000 € par mois. Tout ça, en pleine crise sanitaire quand nous étions quelques-uns à avoir les mains dans le cambouis ! »

Trois angles différents méritent que l’on s’intéresse à ce court propos, qui n’a pas été (encore) démenti par son auteur. La vocation initiale principale de ces mots était de disqualifier le sens de mon action en justice, ce qui est de bonne guerre, pourrait-on dire ! Mais nous allons voir que cela en dit beaucoup plus sur François Cuillandre, que sur moi.

Contrevérité #1

Le premier point est plutôt anecdotique, mais tant qu’à citer des chiffres, autant que cela soit les bons. En tous cas, c’est pour ma part ce que je m’efforce de faire sur ce blog.

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Réponses aux réactions des deux articles de juin

Réponses aux réactionsPour faire suite à ma précédente note (ici) qui décrivait l'action en justice que j'ai engagé, je souhaite poursuivre par deux notes qui répondent aux réactions induites. En effet, les deux articles du Ouest-France et du Télégramme donnent (logiquement) aussi la parole aux principales personnes concernées. La lecture de ces réactions est plutôt instructive sur l'état d'esprit qui se met en place à l'intérieur d'un parti politique. Aussi, je me permets de faire quelques observations en réponses, afin d’alimenter la réflexion.

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La première réaction intéressante à observer est sur la motivation de mon action. Il est objecté dans l’article du Télégramme par le maire que je serais « animé par un ressentiment inimaginable de ne pas être devenu maire de Brest » !

Ainsi, je serai mû par un « ressentiment I-NI-MA-GI-NABLE » ! Peut-être conviendrait-il de m’enfermer, de me « ficher S » ? Serais-je devenu un danger public ? L’échec à cette désignation m'aurait-elle rendu fou ? On peut le croire en lisant ce propos du maire.

Eh bien non, je ne suis pas devenu fou, n'en déplaise à certains. Comme d’autres personnes ayant choisi le même chemin que moi, refusant l’inacceptable, je peux même témoigner que ma santé mentale s'est significativement améliorée depuis que j'ai rompu avec certaines pratiques toxiques qui existent dans les partis politiques aujourd'hui (et je ne parle pas là d'un parti en particulier).

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Quelques explications sur l’assignation

De la désignation à assignationJ'ai pris pour habitude de répondre aux interpellations publiques, notamment au travers de ce blog qui a l’avantage de permettre de prendre le temps d’expliquer et aller plus aux fonds des sujets … contrairement à un tweet ou un post Facebook, dont nos politiques actuels sont tellement friands. Je ne l'ai pas fait début juin lorsque deux articles sont sortis sur la démarche d’assignation en justice du Parti Socialiste que j'ai entreprise (ici et ), car le moment me semblait très mal venu, en plein milieu des élections législatives.

En effet, bien qu'elles se doivent être combattues, les pratiques opaques des partis politiques font monter l'abstention et les extrêmes. Ni l'une ni l'autre ne sont dans mes objectifs politiques. Cela étant, puisque ces méthodes déloyales prennent de plus en plus le pas sur une éthique attendue par nos concitoyens et qu'elles dirigent parfois les choix des partis, je crois à la nécessité de s’y opposer, de les combattre, mais aussi de tenter d'en comprendre les ressorts et les mécanismes de reproduction. Pour finir, l’objectif est bien de réfléchir à poser des gardes fous contre ces dérives qui minent nos démocraties modernes.

Sur le long terme, ces dérives finissent toujours par être connues et sapent la confiance des citoyens, surtout si ces pratiques semblent tolérées et acceptées, comme un fonctionnement normal. Ne rien dire, ne rien faire serait comme assumer une forme de fatalisme, voire de complicité à cet éloignement de l’éthique et de la probité de nos responsables politiques.

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Le temps de la parole

PoléthiqueLa séquence électorale du printemps est passée. Il devient possible d’exprimer des paroles plus difficiles à poser et surtout à entendre, sans risque d'être accusé de jouer le jeu des extrêmes. Une accusation souvent instrumentalisée et portée par ceux qui travestissent la gauche, dans des logiques parfois toutes personnelles.

Dans nos façons de faire de la politique en France, le clivage gauche-droite ou même la peur des extrêmes, sert trop souvent d'alibi pour justifier une loi du silence sur des comportements opposés aux discours portés. Des attitudes et des actes masqués qui conduisent justement les citoyens à se détourner progressivement de la politique ou, du fait du sentiment d’injustice et d’impunité que ces passe-droits engendrent, rejoindre un vote extrême.

La confiance avec les électeurs est rompue et objectivement, il est difficile de leur en vouloir tant l'exemplarité de trop nombreux responsables politiques parait désalignée de leurs beaux discours. Si l'on souhaite vraiment s'éviter un passage par l’extrême droite ou une démocratie au rabais, il est urgent de rétablir de la confiance, de lutter contre cette croyante, de plus en plus présente, que la politique n'est qu'un monde de tordus ou de corrompus. Car ce risque est bien présent, avec une extrême droite qui polit son discours et ne cesse de progresser, tant par la montée des inégalités que par une adhésion lente mais continue à leur rhétorique sur la sécurité ou l'immigration. Un discours de plus en plus banalisé par une droite de moins en moins républicaine.

Dans ce grand basculement vers moins de démocratie qui est en train de se produire sous nos yeux, nous aurions tort de minimiser l’incompréhension et le rejet alimenté par une classe politique qui exerce ou a exercé le pouvoir, sans exigence d’éthique ou de déontologie. Il y a donc urgence à agir, urgence à sortir de cette loi du silence qui compromet nos capacités collectives à écrire et agir pour l’avenir, urgence à donner une autre visibilité aux citoyens de ce que peut être et de ce que peut faire la politique et ceux qui la dirige.

Des partis au centre de notre démocratie faiblissante

Malgré toutes les critiques que l'on voudra leur faire, les partis politiques resteront des institutions essentielles à la vie démocratique. C'est à travers eux que se regroupent et se structurent les façons différentes de penser et de voir le monde, afin de produire des perspectives collectives. C'est à travers eux que se fait le premier choix des dirigeants à même d'incarner des politiques, proposés ensuite aux votes des citoyens. Aujourd'hui, le problème n'est donc pas tant la remise en cause du contenant : les partis politiques, mais bien leur contenu : les hommes et les femmes qui les dirigent, les méthodes d’un autre temps, les pratiques obscures, parfois violentes et trop souvent sans règles qui s'y déroulent.

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Dimanche 15 mars, votez Brest Ecologie Solidarités

Photo campagne équipePour que l'écologie, les solidarités, la santé et le bien-vivre à Brest soient dimanche, dès le 1er tour au cœur des préoccupations et des actions de la nouvelle équipe municipale, votez Brest Ecologie Solidarités avec Ronan Pichon, Marion Maury et une très belle équipe de citoyen.ne.s motivé.e.s et convaincu.e.s pour servir #Brest, sa métropole et tout le territoire de la pointe bretonne (touche 7).

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Et si nous nous dotions d’une charte d’éthique et de déontologie à Brest ?

Ob_6fae0b_monnaie-confianceLe monde politique n’est pas une sphère de tout repos. Quand se mélangent les croyances politiques, l’argent, le pouvoir (et parfois plus si affinité !), les tentations sont parfois nombreuses. Certains élus dérapent, légèrement ou lourdement. La nature humaine est ainsi faite, il faut le poser comme un point de départ.

La confiance entre les citoyens et leurs élus politiques est au plus bas du fait de nombreuses affaires qui encombrent les tribunaux et les journaux. Cet état de fait affaiblit les élus sincères dans leurs engagements, honnêtes dans leurs pratiques et respectueux des règles (et qui sont les plus nombreux). Plus globalement, la dérive d’un petit nombre d’élus affaiblit notre socle républicain et démocratique.

Il faut donc poser les conditions à plus de contrôle et plus de transparence, sans pour autant mettre en permanence les élus sous une épée Damoclès sur la durée de leur mandat. Cela freinerait une volonté à agir par ailleurs essentielle. L’approche doit être bienveillante et sécurisante, et non accusatrice (la justice est là pour cela).

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Des réponses simples pour un monde complexe

190519_Env Inég Part BV PolétiqueComment répondre à des crises multiples, dont les échéances sont de plus en plus proches ?

Comment gagner la confiance, dans un monde de défiance ?

Comment construire ensemble, à partir d'une société fondée sur l'individu et non plus le collectif ?

Telles sont quelques unes des grandes questions de notre époque, auxquels nous avons le plus grand mal a trouver des réponses collectivement. Des questions sur lesquels les gouvernements nationaux se fracassent les uns à la suite des autres. Les réponses acceptables ne peuvent être des juxtapositions de recettes incomplètes qui rapiècent par morceau, une toile déjà très dégradée.

Pour mobiliser, il faut donner du sens : une direction, une signification, une incarnation à ces changements, et ce sens doit prendre en considération l'ensemble des défis sociétaux, les liens qui les relient, tout en sachant les prioriser. Les politiques l'ont tous compris à des degrés divers, réponses environnementales et sociales ne peuvent plus être décorrélées, mais ce sont loin d'être les seules pour arriver à mobiliser.

Tentons de décrire les 5 pôles (et leurs liens) qui doivent être travaillés ensemble, pour transformer en profondeur et durablement notre société.

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#ASSEZ !

Drapeau-Bleu-Blanc-RougeOui assez, parce que nous somme lassés d’entendre depuis quelques temps toujours la même rengaine, ce tir au pigeon politique, cette même haine qui tire la France vers le bas, qui tire sur nos valeurs et nous entraine chaque jour un peu plus vers l’irréparable.

Assez de ces politiques qui se servent des courants médiatiques et populistes pour exister. Assez de cette critique perpétuelle stérile, de ce harcèlement continu, la veille comme le lendemain, quelque que soit la proposition faite. Assez de cette façon de s’opposer qui n’a d’autres objectifs que de tenter d’exister, de casser et souvent de faire oublier l'héritage des 10 années passées.

Assez aussi de ce journalisme qui voit la politique comme un jeu, une scène, un stade ou un guignol, afin de distraire un public de plus en plus passif. Les médias jouent un rôle central dans le fonctionnement de nos démocraties. Ils l’ont revendiqué et l’ont gagné. A eux maintenant de porter la responsabilité qui est la leur, dans cette construction d’une lecture du monde accessible à tous les citoyens, afin qu’ils fondent librement leur jugement.

Alors oui, il nous faut un sursaut républicain, une envie retrouvée de construire ensemble un destin. Une envie de croire que nous pouvons passer cette période difficile en se serrant les coudes, en reconstruisant des solidarités auxquelles tous contribuent à hauteur de ses moyens et où chacun fait l’effort, avant de regarder dans l’assiette du voisin. Le vrai patriotisme, ce n'est rien d'autre que cela. A nous de l'exprimer aux nouvelles échelles qui construisent le monde d'aujourd'hui.

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La vérité n'est pas le sujet !

Je ne pensais pas si bien dire dans ma précédente note, en parlant de « mensonge organisé ». Un article du Nouvel Obs paru quatre jours plus tard, donne un éclairant témoignage sur ce monde paradoxalement obscur de la communication.

L’article [ici] traite d’Anne Hommel, la nouvelle communicante de Cahuzac (qui est aussi celle de DSK), après que celui-ci ait été lâché par Stéphane Fouks, patron de Havas Worldwilde (ex-Euro RSCG). Mais les méthodes sont exactement les mêmes. Anne Hommel est d’ailleurs une ancienne de l’agence de communication Euro RSCG, qui a fondé sa « propre petite entreprise » : Majorelle.

Dans son entretient, elle a cette phrase qui en dis long, surtout pour une communicante experte en éléments de langage : « La vérité n’est pas mon sujet ».

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La pol'éthique, une boussole pour la politique de demain

 BoussoleIl y a un ou deux ans, j’ai créé une nouvelle catégorie pour ce blog nommée « Pol’éthique ». L’ambition était alors plus orientée sur les thématiques du développement durable, sur la volonté de prise de conscience des enjeux, des crises qui nous font face, mais que nous n’arrivons toujours pas à regarder en face.

Le concept de pol’éthique traduisait la nécessité d’une sincérité dans le propos en politique, le fait d’arrêter de mentir aux citoyens sous prétexte de les caresser dans le sens du poil, de leur dire ce qu’ils voulaient entendre. Certains politiques finissent ainsi par devenir les paravents d’une société qui ne veut pas changer et qui attend qu’on lui renvoie une image rassurante d’elle-même afin d’éviter la remise en cause. Certes, le mensonge a quelques vertus sur le court terme, mais il est toujours désastreux sur le long terme.

La question de l’éthique en politique fait son grand retour avec l’affaire Cahuzac, sous une forme différente. Mais sur le fond, rien ne change. C’est la question de la sincérité de la parole politique qui est en question, avec son pendant, la confiance des citoyens dans la politique. Avec l’affaire Cahuzac, c’est tout le système qui est ébranlé, parce que le mal est plus profond que l’on ne le croit et qu’il a fini par fragiliser la société.

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Notre civilisation va-t-elle s'effondrer ?

6688816997_9e181978b1_mGrace à internet, quasiment plus aucune de nos questions ne restent sans réponse. Grace aux réseaux sociaux, l’information nous arrive en temps réel d’un bout à l’autre de la planète. Grace à nos moyens de transport modernes, nous pouvons être demain à Paris ou à New York en seulement quelques heures. Grace à la médecine moderne, nous greffons des cœurs et produisons des bébés avec des éprouvettes. Grace à des petits écrans tenant dans une poche, nous pouvons voir et discuter avec presque n’importe qui dans le monde, quand nous le voulons.

Don d’ubiquité et omniscience, capacité à produire du vivant et à le réparer, repoussant ainsi les limites de la mort, serions-nous devenus des Dieux ?

Un article du Monde de dimanche dernier nous invite à plus de retenue : Notre civilisation pourrait-elle s’effondrer ? Personne ne veut y croire. De plus en plus de scientifiques pensent que notre civilisation est sur le chemin de l’effondrement, mais n’osent le dire de peur de passer pour des cassandres. « Erosion rapide de la biodiversité ; exploitation irraisonnée des océans ; destruction accélérée des insectes pollinisateurs, qui assurent la reproduction de 80 % du règne végétal ; épuisement des sols et des eaux souterraines ; formation de vastes zones mortes dans les océans, à l'embouchure des grands fleuves qui charrient les effluents agricoles. Avec, surplombant et déterminant partiellement le tout, deux phénomènes globaux liés à nos émissions de gaz à effet de serre : le réchauffement climatique et l'acidification des océans. L'humanité a donc devant elle un certain nombre de difficultés... […] La prestigieuse revue Nature a par exemple publié, au printemps 2012, deux vastes synthèses de la littérature scientifique, menées collectivement par une quarantaine de spécialistes du fonctionnement des écosystèmes. Leurs conclusions sont glaçantes : non seulement l'ensemble de la biosphère terrestre connaîtra une "bascule abrupte et irréversible" dans les prochaines décennies, du fait des transformations apportées par l'homme à l'environnement, mais les services rendus aux économies par ce dernier vont perdre en efficacité du fait de l'érosion de la biodiversité. […] Probablement trop déprimantes, ces deux synthèses de la littérature, résumant le savoir accumulé par des centaines d'études, ont été relativement ignorées par les médias. Elles sont passées inaperçues. A peu près autant que l'avis commun rendu en juin 2012 par les 106 académies des sciences, intitulé "Population et consommation" et qui, en termes prudents, n'en valide pas moins les inquiétudes anciennes de Paul Ehrlich. "Les accroissements simultanés de la population et de la consommation non durable font que le monde se trouve face à deux de ses plus grands défis, assurent les académies des sciences. La population mondiale est de 7 milliards d'habitants, et la plupart des projections indiquent qu'elle sera de 7 à 11 milliards en 2050, sachant que l'accroissement de la population se fera surtout dans les régions à faible revenu. Globalement, les niveaux de consommation sont à un niveau jamais atteint, largement en raison de la forte consommation par individu dans les pays développés."

En nous plongeant dans le déni d’une situation où nous mettons en danger les fondations mêmes de notre développement, nous nous enfonçons nous-même dans un piège dont les parois abruptes nous condamnent un peu plus chaque jour à ne plus pouvoir en ressortir. En tournant la tête aux alertes régulières qui nous sont envoyées par les scientifiques, nous profitons encore pour quelques temps d’une rente toxique qui détruit la promesse d’un futur meilleur, une sorte d’addiction mortifère.

Cette technologie qui nous entoure développe en nous une névrose, un complexe de supériorité qui nous éloigne d’une réalité moins reluisante. Nous devenons les fossoyeurs de notre propre civilisation. Nous pouvons nous en sortir, mais il faut se réveiller et nous mobiliser ensemble, afin de dessiner un horizon plus prometteur.

Photo : André Fromont sur Flickr : Un monde parfait


Lutte contre l’abstention

Abstention-presidentielle-2012-9-677x477Depuis lundi dernier, je suis en charge de la lutte contre l’abstention au sein du conseil fédéral finistérien du PS. Voilà une question qui m’intéresse depuis déjà un certain temps et sur laquelle je ne pars pas tout à fait de zéro [ici]. C’est une question intéressante, car finalement peu travailler par le monde politique.

La meilleure façon de comprendre ce qu’est l’abstention, c’est peut-être tout simplement de la regarder en face, par les chiffres. Depuis quelques années, je me suis construis un graphique [ici] qui montre les courbes d’abstention, en fonction du type de scrutin. La présidentielle, les municipales, les législatives ou les européennes sont révélatrices du phénomène. S’il y a des écarts entre scrutins, les courbes témoignent d’une étonnante régularité, avec des tendances à la hausse très proches, basé sur un ratio de +0,5 point d’abstention par an.

Les cantonales et les régionales sont plus difficilement analysables car elles ont été liées, ou non, à d’autres scrutins, ce qui fausse les résultats. L’élection présidentielle est bien en ligne avec les autres, en dehors du point singulier que fut le 21 avril 2002 et qui induit après un décalage proche de dix points.

L’abstention n’est donc pas un phénomène chaotique. La régularité de son taux de progression tend plutôt à démontrer qu’il s’agit d’un phénomène d’usure et de décrochage lent, mais constant.

Lutter contre l’abstention, c’est d’abord se poser la question de ce décrochage, de ce désintérêt ou de ce manque de confiance d’une partie de plus en plus importante de la population française. C’est peut-être aussi questionner les sens de cette abstention, au regard des nouveaux usages de notre société. C’est enfin tenter de transformer les façons de faire de la politique pour combler aussi bien la défiance que le décalage entre les pratiques politiques et les attentes des citoyens, à l’orée de ce nouveau millénaire.


Premier secrétaire du Comité de ville de Brest

Logo-ps-newDepuis ce soir, me voici premier secrétaire du Comité de ville du parti socialiste brestois. J’avais annoncé ma candidature [ici], il y a deux mois et je m’y suis tenu. Le comité de ville est l’instance de coordination des trois sections de Brest, du parti socialiste. C’est à la fois le lieu où l’on travaille sur les questions politiques bresto-brestoises, mais c’est aussi un lieu d’impulsion, pour tout ce que fait le parti à ce même niveau.

Voilà quelques temps que je réfléchis à ce nouvel engagement. Je crois que l’échelon de la commune est pertinent pour arriver à faire de la politique avec les habitants. La situation est probablement un peu différente dans des villes moins grandes ou en zone rurale, mais dans une ville de 150 000 habitants, la tache n’est pas simple pour arriver à toucher les habitants et à faire de la politique avec eux. Cela reste à mes yeux un fort enjeu pour la démocratie.

Reconnecter les habitants avec le politique, travailler sur la défiance qui s’installe, tels sont les ambitions que je souhaite porter au cours de ce mandat. Car la politique n'est pas l'ennemie de la population, au contraire, elle est la garante de l'intérêt général, du bien commun. Chacun doit y avoir sa place et tous les avis comptes pour définir cet intérêt général, qui est tout sauf une évidence dans un monde complexe et pluriel.

Il est donc grave de voir se creuser un décalage entre la population et ceux censés travailler pour elle. Cela alimente les peurs et cela renforce ceux qui s'en nourrissent. Les démagogues, les extrêmes, les populistes aiment la peur des peuples. Ils savent très bien qu'elle est une arme pour mieux les enfermer, les priver de liberté, sans mur ni barreau. Les partis politiques républicains doivent lutter contre cela et faire, à droite comme à gauche, de l'intelligente en politique une priorité. Il ne s'agit pas d'une question de sondage, d'efficacité ou de popularité, mais peut-être juste une question de devoir par rapport à l'histoire.

Je n’attends pas de miracle, je n’attends pas une inversion de tendance spectaculaire, mais je crois que ce travail de fond est plus que nécessaire et doit être au cœur de nos préoccupations en tant que politiques. Alors … c‘est parti !


Techniques de coopération

Reseau-cooperation[1]La semaine dernière, j’ai fini une formation sur la sociocratie au sein de la Compagnie AlterEgo. Le terme de sociocratie est probablement un mot barbare qui reflète mal ce qu’il est censé exprimer. Il cache une méthode de travail intéressante en terme de gouvernance et d’apprentissage de la coopération.

Coopérer n’est pas une chose innée dans un monde où la compétition est partout, cela ne va pas nécessairement de soi. Cela étant, cette expérience m’a appris (et pas seulement par la théorie) que la coopération n’est pas une utopie, mais au contraire quelque chose de très concret, pour peu que l’on s’astreigne à respecter quelques règles simples, mais structurantes dans les échanges entre personnes.

Cette semaine, j’ai participé à une autre expérience dans le cadre de la Chaire « développement humain durable et territoire ». Il s’agissait de pratiquer une méthode d’analyse et d’évaluation utilisée au Québec et qui s’appelle : une « revue des parties prenantes ». Nous l’avons expérimenté dans le cadre d’une réflexion sur l’Agenda 21 de Brest métropole.

Là aussi la méthode fut impressionnante, apportant à la fois un regard croisé constructif et de nouvelles pistes de travail auxquelles nous n’aurions probablement pas pensées tout seul. Le tout, dans un climat apaisé, de respect du travail, des idées et des opinions de chacun. Si la revue des parties prenantes n’est pas à proprement parlé de la sociocratie, elles empruntent toutes deux des règles d’animation assez voisines.

Ces méthodes coopératives de travail sont étonnantes. Immergés dans le modèle compétitif, nous ne nous attendons pas aux résultats que ces techniques produisent et à l’intelligence collective qu’elles permettent de faire émerger, dans la bonne humeur. Loin de s’arrêter là, je crois qu’elles participent aussi à la construction de l’estime de soi pour chacun des participants. Voilà de vraies pistes de réflexions pour la suite, que cela soit en politique ou en entreprise.


Pourquoi faut-il plus imposer les riches ?

Forbes-BulgariaA la suite de ma précédente note sur les riches qui se considèrent des classes moyennes [ici], regardons pourquoi il est normal d’imposer les riches plus que les autres. Il ne s'agit pas que d’une question de moral et de juste répartition des efforts, c’est surtout simplement une question de logique.

Pour prendre un cas d'école bien médiatisé et jusqu’au-boutiste, regardons l'exemple de Mark Zuckerberg, l’heureux fondateur de Facebook. En février 2004, lorsqu’il lance son premier site, il n’a que 19 ans et du haut de son diplôme d’Harvard, il ne possède pas de richesse, en dehors de celle de papa et maman, respectivement dentiste et psychiatre. En 2010, six ans plus tard, Forbes estime sa richesse à 7 milliards de dollars et en 2011 à 17,5 milliards de dollars. En sept ans, du haut de ses 26 ans, ce jeune homme a accumulé une richesse phénoménale.

Sans négliger ou mépriser l’intelligence de l’intéressé, cette fortune n’a pas grand-chose à voir avec cela, il n’est pas plusieurs millions de fois plus intelligent que le commun des mortels ! Dix ans auparavant, il aurait eu exactement les mêmes idées, il serait probablement encore dans une "richesse ordinaire". La fulgurance de sa bonne fortune tient beaucoup plus à la disponibilité de la technologie qui abrite son innovation et au déploiement ultra rapide de celle-ci sur un réseau mondialisé existant, que de l’idée en elle-même.

Voilà où est le biais dans l’esprit de ces hommes devenus mégalos. Pour fructifier aussi vite et aussi haut, leur valeur ajoutée personnelle s’appuie sur une infrastructure sociale et technique indépendante, qui préexistait avant eux et qui ne leur appartient pas. Elle est issue du travail de tout le monde et c’est nous tous qui l'avons financé. Lorsqu’ils font d’énormes profits grâce à ces infrastructures, il est normal qu’ils contribuent bien plus que les autres à leur financement, via le pot commun alimenté par l’impôt que sont les finances publiques.

De même, en France, quand un Philippe Bouvard nous sort qu’il n’a jamais rien gagné qu’avec sa salive et sa plume, c’est oublier un peu vite que sa salive n’a pas le don de passer toute seule par les ondes hertziennes et que sa plume n’est rien sans toute une logistique permettant de produire et de distribuer ses livres grâce aux infrastructures collectives, dans un environnement commercial organisé et structuré.

La sur-médiatisation des personnes ayant réussi et gagnant des fortunes nous fait oublier un peu vite qu’ils sont aussi le pur produit d’un système que nous finançons tous, hérité aussi du labeur de nos ancêtres. Le fait qu’ils en bénéficient largement plus que les autres devrait logiquement les amener à financer plus ces infrastructures grâce auxquels ils prospèrent.

Si cette logique ne s'applique pas aujourd’hui, c’est probablement plus du fait d’un jeu concurrentiel territorial sur lequel s’appuie l’évasion fiscale, que du fait d’une logique économique. On comprend alors bien vite que les plus riches n’aient pas envie que l’on s’attaque aux paradis fiscaux, cela risquerait de casser leur marché !


Travail invisible

4649611436_e38be87ac2_mLors d’une des réunions publiques de mi-mandat organisées par le Maire de Brest, un membre d’un conseil consultatif de quartier (CCQ) est intervenu pour demander à ce que le travail des conseils de quartier soit mis plus en avant, fasse l’objet de publications de quartier, afin qu’il soit plus connu des habitants.

Ceci a fait écho à mon expérience syndicale, où l’on constate souvent un petit coup de blues chez certains élus qui ont du mal à percevoir l’utilité de leur présence dans des instances de représentation du personnel (CE ou DP), lorsqu’ils font face à une direction qui fait ce qu’elle veut et en tous cas, ne reconnait que rarement la pertinence des propos syndicaux !

Pourtant, je crois que les conseillers des CCQ, tout comme les élus du personnel, jouent un rôle important. Ils ne seront jamais, ni les élus de la ville pour les premiers, ni la direction pour les seconds, pourtant chacun s’inscrit dans un vrai travail qui au final produit plus d’intelligence collective.

Le malaise qui se pose aux uns et aux autres est que nous sommes dans une société où le travail doit être connu pour donner l’impression d’être reconnu. Or une large part de ce qui fait tourner la société, la démocratie ou même les entreprises tient à ce que l’on appelle du travail invisible, c'est-à-dire une somme de tout petits riens qui ne se voient pas, mais qui au final sont largement constitutif du tout !

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Mes réponses au questionnaire pour les élu(e)s de Jean Gadrey

Lecteur du blog de Jean Gadrey, je me suis "pris au jeu" du questionnaire qu’il propose à l’attention des candidats et futurs élus pour les échéances de 2012. Je ne suis pas aujourd’hui particulièrement candidat pour la présidentielle, mais les questions m’ont paru intéressantes et tenter d’y répondre permet aussi de forger sa réflexion ... et de donner son avis !

Voici donc ci-dessous l’état de mes réflexions sur les thèmes abordés par le questionnaire. (ici)

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L’emballement du monde

Tempète de boulettes géantesCe soir, devinette : quel point commun entre le dessin animé « Tempête de boulettes géantes » et le livre « Changer le monde : tout un programme ! » du polytechnicien Jean-Marc Jancovici ? Et bien surprise, ils décrivent chacun (à leur façon) la même chose : l’emballement du monde.

Le dessin animé est une fable qui illustre à merveille la situation vers laquelle nous nous dirigeons. Bercé par la technologie qui nous entoure et nous nourrie, chacun de nous regarde ailleurs, fait semblant de ne pas voir et continue à consommer, pendant que la situation se tend de plus en plus, vers une situation où cela risque de finir fort mal. La corne d’abondance à laquelle le petit monde de ce dessin animé devient dépendant est une invention qui transforme de l’eau en nourriture. L’eau étant disponible en quantité inépuisable et l’appétit des hommes aussi, la machine finie par s’emballer dans une gigantesque apocalypse gargantuesque et dévastatrice !

De son coté, le polytechnicien fait plus sobre et plus sérieux, mais ne raconte pas vraiment autre chose. Partant de la description des deux derniers siècles, il nous raconte comment l’Homme a accéléré brutalement la transformation de la société en découvrant une énergie peu chère et considérée comme infinie. La corne d’abondance du livre, c’est le pétrole ou le gaz qui ont permis à l’homme une accélération fulgurante de son développement. Le fond de l’histoire du livre, c’est de nous montrer comment nous avons oublié sur quoi reposait notre développement et à quel point nous étions dépendants de cette énergie pour vivre dans ce monde que nous avions construit.

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Forum ouvert sur l’abstention

TererteterL’année dernière, nous avions initié une réflexion en interne au parti socialiste sur l’abstention aux élections [ici]. Ce travail avait été enrichissant, mais restait une approche en interne, avec toutes les limites que cela implique.

En début d’année, nous avons souhaité sortir de nos murs pour aller à la rencontre des citoyens afin de les questionner sur l’abstention. Ainsi, nous avons monté le projet d’organiser trois forums ouverts dans des lieux différents de Brest, afin d’aller à la rencontre des habitants : deux dans des maisons de quartier (l’Escale de Pontanézen et MPT du Valy Hir) et un troisième à l’UBO, en partenariat avec des associations d’étudiantes. Cela fut riche d’enseignement, tant positifs que moins positifs d’ailleurs … mais n’apprenons-nous pas en marchant … et en tombant parfois !

Le premier enseignement est sur la méthode pour aller vers les citoyens. Les deux premiers forums ouverts, lancés avec un affichage PS seul et dans les quartiers n’ont pas fonctionné, faute de participant (une a deux personnes seulement). A l’inverse, celui organisé à l’UBO, en partenariat avec des associations étudiantes, a bien fonctionné. (Notons que nous avions volontairement choisi de ne pas faire d’information en interne au PS, l’objet n’étant pas de questionner les militants socialistes, mais bien des personnes éloignées du monde politique.)

Nous faisons-là l’expérience du manque de confiance et d’intérêt des citoyens à l’égard des partis politiques et de la difficulté à retisser du lien. Malgré ces deux déconvenues (que nous avons pris avec philosophie !), nous sommes bien là dans le sujet. Une part du travail est justement de retrouver les bonnes méthodes d’approches.

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Livre : La vie, quelle entreprise !

La vie quelle entreprise Je viens de finir le livre de Robert Barbault et de Jacques Weber, « La vie, quelle entreprise ! Pour une révolution écologique de l’économie » et je dois avouer en recommander chaudement la lecture.

Au fil des notes de ce blog, il m’arrive de m’évertuer à tenter de rendre compréhensible la biodiversité et son incommensurable utilité pour le vivant et donc pour l’Homme. Ce livre atteint cet objectif avec brio et intelligence, c’est un magnifique tour d’horizon sur le sujet.

L’ouvrage aborde d’abord avec pédagogie la question de la biodiversité et pourquoi elle est au centre de tout, sorte d’épine dorsale du vivant qui lui permet de résister aux chocs, aux crises. Vient ensuite le temps de replacer l’humain dans tout cela, de faire le bilan de son action et de dresser un état des lieux objectif des risques qui pèsent sur nous. Pour enfin conclure par une vision de ce qui pourrait donner lieux à des opportunités pour l’Homme, en relation avec son milieu et ses références économiques.

Le livre donne beaucoup d’exemples, s’appuie sur de nombreuses expérimentations scientifiques ou d’expériences de changement menées aux quatre coins du globe. Il revient sur beaucoup d’idées préconçues que l’on nous a peu à peu fait prendre pour des évidences, mais qui en fait servent un modèle économique et non l’Homme. C’est un livre qui remet en question et qui éclaire sur une question complexe, parce qu’oubliée, mais qui relève après tout de beaucoup du bon sens.

A se procurer dans toutes les bonnes librairies et devrait être dans toutes les bonnes bibliothèques !

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L’approche Forum Ouvert : vers une participation éclairée

Forum ouv Le fonctionnement de nos institutions démocratiques est déjà en soi une chose complexe. La montée en puissance de la démocratie participative rajoute à cette complexité, ce qui la rend parfois difficile, voire même risquée à pratiquer. Pour autant, la participation des citoyens à la réflexion et à la décision publiques est un gage de maturité et de bonne santé d’une société. Des formes nouvelles d’échanges et de délibérations doivent donc être trouvées pour arriver à passer du souhaitable, au possible.

La méthode des Forums Ouverts donne une bonne perspective de ce que pourrait être ces nouvelles formes de délibérations collectives. L’Open Space Technology (en anglais) est un process d’animation de rencontres participatives, une sorte d’outil opérationnel pour une participation éclairée.

Il s’agit à la fois de créer des espaces d’échange et d’apprentissage entre parties prenantes intéressées par un sujet donné, mais aussi des espaces de production d’un matériel opérationnel pour alimenter la décision publique. Dans d’autres pays, ce genre de délibération collective porte ses fruits, il n’y a pas de raison objective pour que nous ne puissions pas y arriver aussi ! A nous d’expérimenter.

Ci-après des liens sur les forums ouverts :

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Quelques pas dans le bon sens

Qq pas ds bon sens
Petit conseil de lecture du soir : « Quelques pas dans le bon sens » de Benjamin Grebot [
ici].

Ce petit livre est une invitation à la remise en avant d’une volonté politique portée par le sens … le bon sens en l’occurrence.

Ce livre nous invite à nous extraire d’une myopie qui ne nous mène nulle part, pour nous inciter à regarder un avenir que nous aurions choisi avec des valeurs humanistes. Pour cela, il nous faudrait re-questionner un certain nombre de dogmes modernes (notamment économiques) et surtout nous questionner nous-mêmes sur ce que nous voulons.

Loin de se contenter de grandes déclarations, ce livre donne des pistes très concrètes et à notre portée, pour ce changement de cap.

Sauf information erronée, il ne s’agit pas là d’un programme pour un potentiel candidat à la candidature, mais plutôt d’une envie citoyenne de donner son avis, de porter à connaissance une vision alternative à celle que l’on nous sert tous les jours … et dans une démocratie, c’est un bien public précieux !

Cerise sur le gâteau, Benjamin Grebot est brestois, depuis quelques mois.

Image : Créée sur www.wordle.net avec le texte du livre.

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Fukushima

Titanic_plans Un an, un mois et trois jours, c’est ce qui sépare le début de la catastrophe nucléaire de Fukushima-Daiichi du 100ème anniversaire du naufrage du Titanic. Deux évènements arrivés à près de 100 ans d’intervalle, en des endroits quasiment opposés du globe, mais qui semblent rappeler aux hommes les mêmes enseignements.

Dans les deux cas, la cause racine de l’accident n’est pas la faute technique ou humaine, mais un évènement naturel extérieur, sous-estimé. Dans les deux cas, l’homme s’est cru en capacité à tout contrôler et, aveuglé par sa soi-disant toute puissance technologique, a pris des risques qu’il n’a ensuite pas su maitriser. Dans les deux cas les victimes auront été majoritairement des personnes qui auront fait confiance.

En 1912, près de 1500 personnes périrent dans la catastrophe. En 2011, le chiffre sera surement difficile à évaluer. La catastrophe nucléaire de Fukushima, comme celle de Tchernobyl 25 ans plus tôt, provoque une mort insidieuse, une mort qui colle au territoire, une mort qui se lègue aux générations futures.

Les analyses de criticité des accidents prennent en compte la probabilité d’apparition d’un incident et la gravité de l’accident. Nous avons tendance à surestimer la fiabilité de nos technologies modernes et surtout sous-estimer la gravité des conséquences des technologies que nous employons. Avec le nucléaire, nous jouons avec le feu. Quelque soit la probabilité d’apparition d’une défaillance grave, aussi petite soit-elle, il nous faut nous poser la question de notre capacité à vouloir en assumer les conséquences, pour nous-mêmes, mais aussi au nom de plusieurs générations à venir.

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Rapport 2010 du Médiateur de la République

Médiateur rép Je dois avouer qu’il m’arrive rarement de me trouver en phase avec le discours d’un homme politique de droite (surtout en ce moment). Et bien, c’est pourtant arrivé la semaine dernière. J’ai lu un article de presse sur le rapport annuel du Médiateur de la République et je dois avouer que le discours m’a bien plus. Je suis donc allé rechercher le rapport sur internet. Dans le début du rapport, Jean-Paul Delevoye (puisque c’est de lui qu’il s’agit) fait un édito qui vaut le détour.

A mes yeux, beaucoup de ses questionnements remettent en cause le fonctionnement actuel de l’Etat Sarkozy, mais il fait aussi quelques remarques de fond qui sont intéressantes sur le fonctionnement de la sphère politique, tous bords confondus. Je n’adhère pas à tout bien sur, mais la lecture s’avère enrichissante quand même sur l’état de notre République.

Le rapport 2010 est accessible ici et je mets une copie de l’édito à la suite de la note.

Pour conclure sur le décalage entre ce propos et la politique menée en ce moment par la droite, Nicolas Sarkozy supprime le « Médiateur de la République » qui existait depuis 1973, pour créer un « Défenseur des droits », à l’opposé de ce que préconisait feu le dernier médiateur. Ce Président n’en manquera pas une !

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