Pol'Ethique

Patrick Viveret à Brest

Les_rendez_vous_de_ess__2 Le 3 octobre dernier a eu lieu la première conférence des Rendez-vous de l’économie Sociale et Solidaire, à Brest. Patrick Viveret y était invité pour y parler d’un de ses sujets de prédilection : la richesse.

J’avais déjà eu l’occasion d’écouter Patrick Viveret il y a trois ans et son propos m’avait déjà interpellé. J’ai plus récemment lu avec intérêt son dernier livre : « Pourquoi cela ne va pas plus mal ? » qui est sorti en 2005. Aussi, c’est avec un peu d’impatience que j’attendais sa venue sur Brest.

C’est un drôle de personnage, à la fois capable de partir dans une vision profondément pessimiste de la société dans laquelle nous vivons, mais aussi, de rebondir juste après sur une vision très optimiste des potentielles pistes qu’il nous faudrait creuser ensemble, pour sortir de cette noirceur ...

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Retour au politique

People_of_the_railway_2 Il y a deux jours, je suis tombé sur l’édito du monde : « Retour au politique » (lire ici) qui traite de la débâcle financière de ces derniers jours. J’ai trouvé la phrase de conclusion pleine de sens.

« Il est donc urgent de revenir au politique et à sa question centrale : à quoi sert, à quoi doit servir la richesse des nations ? A améliorer le sort des peuples, ce qui s'est produit encore trop marginalement depuis deux décennies ? Ou à enrichir de minuscules aristocraties, hier de la naissance, aujourd'hui de l'argent ? La réponse s'impose. »


L’onde choc du 11 septembre

Tom_molloy_2L’onde de choc du 11 septembre 2001 aura mis 7 ans, quasiment jour pour jour, pour atteindre les profondeurs du système néocapitaliste. A entendre les analystes financiers, la chute de Lehman Brothers à mi-septembre est apparue aussi inimaginable et inattendue que celle des WTC, 7 ans plus tôt.

Cette crise financière prend racine dans les attaques du 11 septembre, quand l’administration Bush décide de baisser les taux pour montrer l’inoxydabilité de son système économique, face à une attaque exogène. La croyance voulant que le moral des ménages soit intimement lié à leur niveau de consommation, le maintien artificiel par l’emprunt d’un pouvoir d’achat à haut niveau aura donné le change à la face du monde … temporairement.

La suite est une succession de prises de risques et de fuites en avant des banques, des assureurs et des politiques néocapitalistes, à la façon de la fable des moutons de Panurge. Aucune réflexion de fond n’est venue remettre en cause le système. Le soleil brillait à la lueur des profits, ce n’était pas le moment de parler des risques que l’on faisait courir à la société tout entière. Chaque début d'année, les golden-boys accumulaient les primes et des bonus astronomiques qui faisaient rêver le monde en ces périodes de fêtes !

Sept ans plus tard, c’est la valse des milliards qui sonnent le glas de cette escalade folle des prises de risques, sur la base d’un système centré sur le mirage d’une croissance ininterrompue, des pays DEJA développés. Ces milliards qui viendront un peu plus encore endetter les générations qui naissent, sans régler un seul des problèmes actuels.

Le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) avait estimé en 1998, dans son rapport mondial sur le développement humain, qu’il fallait 40 milliards de dollars pour s’attaquer dans le monde à la famine, l’accès à l’eau potable et le traitement des maladies que l’on sait aujourd’hui traiter à coût réduits. A l’époque, ce chiffre avait du sembler insurmontable aux citoyens que nous sommes, ou en tout cas, assez inaccessible pour justifier que nos grandes nations développés ne fassent rien.

Mais aujourd’hui, il n’a fallu que deux ou trois semaines aux puissances des nations développés pour lever plus de 1000 milliards, afin d’éviter le crash des structures qui étaient initialement sensées « sécuriser notre argent face aux méchants voleurs » (et aussi l’axe du mal !) Sans parler du fait que la notion de « banque » vole en éclat, c'est plus de 25 fois la somme demandée par le PNUD pour aider d'autres êtres humains qui vient d’être dilapidée, pour des fins que personne ne comprend réellement.

Je pense depuis longtemps que les tensions du monde viennent d’abord des inégalités et du système qui les maintient en place, voire les creuse. Aujourd’hui, je ne suis pas loin de penser que cette succession d’évènements, depuis le 11 septembre jusqu’à aujourd’hui, est le produit de notre aveuglement individualiste et de notre fainéantise intellectuelle collective, face à une minorité de puissants qui traiteront toujours d’abord leurs intérêts propres.

Si nous n’apportons pas des réponses rapidement, en terme de projet collectif d’un développement humain à l’échelle de notre planète, cet aveuglement et cet immobilisme vont servir ici et ailleurs un seul type de politique : les extrêmes.

Comme à chaque onde de choc, il y a plusieurs rebonds … méfions-nous des suivants.


Contribution pour Reims : le bilan avant les motions

492736860_9facb5b30bJe m’étais donné comme objectif de participer, à ma façon, suivant mes possibilités et mes disponibilités au congrès de Reims. Pour ma part, l’objectif est atteint avec la contribution « Une seconde voie pour le XXIème siècle » que j’ai écrite et travaillée avec quelques camarades. C’est un texte qui va peut-être trop loin sur certaines idées, mais qui traduit une volonté d’avancer et de changer les choses, d’oser de nouveaux points de vue.

Si cette contribution fut publiée au niveau fédéral (et j’en remercie le conseil fédéral du Finistère), mon grand regret restera la forme d’autisme dans lequel s’est plongé le PS au niveau national, durant cette période de contributions. Alors que j’avais envoyé une copie de la contribution, dûment accompagnée d’un courrier d’explication, à 25 membres imminents de notre Conseil national, je n’ai pas réussi à décrocher la première signature d’un de ces membres qui m’aurait permis une modeste participation au titre des contributions thématiques … publiées sur internet !

Au-delà de mon égo froissé qui n’intéresse personne J, je trouve vraiment dommage que le PS se soit fermé aux idées, simplement venues de sa base, dans un temps de congrès (notre contribution de section a aussi subit le même sort). Aurais-je du passer plus de temps à chercher des potentiels signataires du CN, avec déjà dans l’idée un geste en retour pour une motion particulière ? Comme ce n’était pas l’objet de ma démarche initiale qui était avant tout de « faire avancer le schmilblick », je n’ai pas souhaité rentrer dans ce jeu-là … de plus, je n’en aurai objectivement pas eu le temps, vu les délais pour sotir une contribution.

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Qualités humaines

EducationLa France, comme bien d’autre pays, a construit son système éducatif sur l’apprentissage des savoirs : scientifiques, techniques ou littéraires. Si les premières années d’apprentissages sont tournées vers les apprentissages de base qui ne sont pas le propos de cette note, il est clair que la seconde partie de la scolarité (depuis la 6ème, jusqu’à bac +X) est tournée vers des apprentissages que l’on pourrait qualifier d’encyclopédistes.

Je ne nie pas le fait que nous ayons en effet besoin de personnes de savoir et d’une élite pour faire avancer l’état du savoir global, grâce à la recherche par exemple. Pour autant, ce pays n’est-il composé que de chercheurs ? Non, bien sur. Pour aller même plus loin, 90% de l’activité, des métiers qui emploieront ces fameux formés n’auront nullement besoin de toute cette science ! Tous ces ingénieurs qui feront du management, tous ces médecins qui soigneront des grippes, tous ces professeurs qui tenteront d’instruire des ados dormants, etc … finalement, des professions où la sélection passera par un diplôme, quand 90% de leurs usages vienndront des expériences professionnelles acquises après.

Notre système éducatif est un système tourné vers l’élitisme, à la façon du système sportif chinois quand il veut sortir des athlètes de premier niveau pour figurer en bonne place au tableau d’honneur des JO. La comparaison est dure, mais au regard de toutes les personnes de valeur qui restent sur le bord de la route de notre système éducatif, c’est la moindre des choses !

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Tour de France

2648190251_a413301301En début de mois, le Tour de France était à Brest pour le démarrage de la grande boucle, qui n’en n’est plus une au premier sens du terme, d’ailleurs !

Il faut reconnaître que cette manifestation sportive est un évènement populaire au bon sens du terme : cela fait toujours du bien de voir tous ces spectateurs de tous âges, joyeux et enthousiastes au passage de la caravane, avant d’attendre en trépignant d’impatience le passage des coureurs. Dans l’esprit de tout un chacun, c’est clairement une fête qui rappelle autant le carnaval avec sa caravane du Tour, qui sait créer de l’exploit sportif et humain avec ces hommes qui se lancent dans des étapes aux kilométrages insensés et aussi qui évoque la vie légendaire des cirques lorsque l’on voit le nombre de personnes qui gravitent autour du Tour, en se déplaçant d’étapes en étapes avec lui.

Pour autant, je crois qu’il faut rester très critique à l’égard du Tour car, ce qu’il pourrait être, sans renier à ce que nous aimons en lui, est bien loin de ce qu’il est devenu. Parce que nous aimons tous cette fête locale et nationale, nous tournons la tête face aux dérives qu’elle sous-tend.

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Premiers signataires

Voici les premiers signataires de la contribution : « Une seconde voie pour le XXIème siècle. »

Marc Sawicki (Brest), Gérard Foricher (Brest), Gwenael Luneau (Nanterre), Magali Jacopin (Nanterre), Jean Claude Lardic (Brest), Pierre Karleskind (secrétaire de section Brest rive droite), Franck Respriget (secrétaire de section Brest Lambé-Bellevue),

Merci à eux.


Sortir du mode de l'avoir

Viveret_3Voici un texte de Patrick Viveret que je trouve riche en réflexion. A vous de juger …


Nous vivons une croissance insoutenable : pour des raisons écologiques, mais aussi sociales et culturelles. Socialement, parce qu'elle s'accompagne d'un excès de richesse d'un côté, et d'une misère artificiellement provoquée de l'autre. Et culturellement, parce que, quand on propose comme seul projet de vie une croissance de l'ordre de l'avoir et qu'on interdit un développement de l'ordre de l'être, on crée une crise spirituelle, une crise de civilisation.

Notre mode de croissance est de nature toxicomane, il vient compenser des éléments de mal-être dans la société. Mais on ne peut se contenter de dire que, pour des raisons de nécessité écologique, il faut organiser un sevrage. Si l'on ne propose pas de solutions positives, notre société sera comme un toxicomane qui préférera garder sa toxicomanie, quitte à en crever, plutôt que d'accepter la cure. C'est pourquoi il est essentiel de travailler autant sur l'espérance et le désir que sur la lucidité et l'alerte.

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Biocarburant

Street_children_of_butareLa crise alimentaire qui touche brutalement les pays les plus fragiles remet au premier plan l’intérêt d’une montée en puissance des biocarburants et leur réel intérêt pour les problèmes à venir de notre petite planète.

Certes les biocarburants sont des produits de substitution au pétrole que l’on pourrait qualifier de « renouvelables » puisqu’il est possible de les reproduire à notre échelle de temps. Certes, les biocarburants produisent dans leur combustion moins de produits nocifs que les produits pétroliers. Pour autant, les biocarburants ont encore deux points faibles de tailles : ils continuent à produire du CO2 et surtout, ils prélèvent l’énergie en question sur les stocks alimentaires mondiaux.

Dans un monde où la démographie va conduire à une augmentation du nombre d’habitants jusqu’à 9 milliards dans le siècle à venir, les biocarburants posent la persistante question du partage des richesses, mais aussi celle du partage des ressources énergétiques en des termes nouveaux.

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Crise énergétique

Terraced_rice_fields_in_tegallalang Concentrés sur nos petits problèmes de pays développés, on l’attendait sur le pétrole pour nourrir nos machines, elle risque d’abord de venir sur les matières premières agricoles, au travers d’une crise alimentaire. En effet, c’est l’apport énergétique journalier humain qui risque de poser problème, à très court terme.

Jacques Diouf, Directeur de la FAO (Agence des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) parlait des « émeutes de la faim » en octobre 2007. C’est aujourd’hui ce qui se produit dans plusieurs pays où l’alimentation est un problème au jour le jour. (Voir interview JJDD du 13.4.08)

Le riz constitue l’aliment de base pour la moitié de la population mondiale et son prix a doublé en un an sur plusieurs marchés mondiaux. Sur la même période, le prix moyen d’un repas a augmenté de 40% dans des pays où la population ne vit qu’avec seulement 1 $ par jour. L’armée a été déployée au Pakistan pour éviter les pillages sur le riz et ce même riz conduit directement en prison, en cas de vol aux Philippines. Les pays exportateurs resserrent drastiquement leur politique d’exportation pour assurer la nourriture de leur population, mais quid des pays aujourd’hui importateurs comme sur le continent africain ?

A l’image du travail du GIEC sur le climat, récemment reconnu par un prix Nobel de la paix, s’est monté en 2004 l’IAASTD (International Assessment of Agricultural Science & Technology for Development) qui réuni plus de 400 experts internationaux afin d’analyser les enjeux en terme alimentaire et afin de définir des stratégies pour l’agriculture dans le monde dans les prochaines décennies. Comme pour le climat, la prise de conscience remet particulièrement en question nos modes de développement antérieurs qui ont pu produire des résultats, mais qui ne seront plus possible pour 9 milliards d’habitants.

Il est grand temps de repenser l’agriculture de façon globale et à des fins alimentaires pour les populations … et non spéculatives pour les marchés financiers. Comme pour le climat et l’énergie, il faut repositionner une réflexion sur des enjeux collectifs (dans l’espace et dans le temps) et non laisser faire la main invisible économique qui sert des intérêts particuliers dans certains cas et nous mène tout droit à la catastrophe, dans d’autres. Sur le long terme, l’équilibre n’est jamais le fruit du hasard mais toujours le produit d’ajustement et d’intelligences combinées. C’est cette voie là qu’il nous faut trouver ensemble.

Dans le monde, les inégalités entre pays sont déjà criantes et provoquent des tensions très importantes. La faim risque d’être un mal encore plus grave et une motivation encore plus puissante pour ce qui est des migrations et des violences. Cette crise alimentaire doit être regardée de très près si on ne veut pas qu’elle devienne une poudrière mondiale.

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Pour l’anecdote, cinq jours après s’être fait poser un stimulateur cardiaque, notre ancien Président Jacques Chirac a lancé cette semaine un appel à la communauté internationale pour trouver des solutions de sorties sur la crise alimentaire. Même si on connaît l’affection pour l’agriculture de notre ancien Président, je trouve ce retournement de situation quelque peu abracadabrantesque de la part d’un homme qui a fait sa carrière politique bien à droite et qui a prôné le laisser faire économique comme seule solution possible au développement … mais finalement, il est toujours temps de bien faire !

(Ci-après l’appel en question)

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Bêtise urbaine

Excroissance_urbaine_3Albert Einstein a dit : « Il n’existe que deux choses infinies, l’univers et la bêtise humaine … mais pour l’univers, je n’ai pas de certitude absolue. » L’actualité nous permet encore une fois de vérifier les théories de ce grand scientifique ... malheureusement, pas en ce qui concerne l’univers !

Beethoven s’est immiscé dans le débat public français au travers de cet éclair de génie qu’est le système répulsif anti-jeunes, mis au point par un ancien ingénieur britannique qui souhaitait mettre fin au harcèlement de sa fille par d’autres jeunes. Quelques commerciaux ont du sentir là un marché potentiel et le tour était joué. Evidemment, ce dispositif fait grand débat en frappant sélectivement une population donnée, quand bien même elle ne produirait pas les nuisances dont on l’accuse. Nous sommes ici dans le règne la frappe chirurgicale préventive !

Si Beethoven a loupé son coup commercial en France (quoi que …), la philosophie même du produit n’est pas à son balbutiement : comment fragmenter l’espace public pour que les honnêtes gens ne soit plus importunés par certaines nuisances … humaines ?

Dans le même esprit, j’ai trouvé ces quelques images sur Fickr qui offrent une galerie impressionnante sur les excroissances urbaines anti-SDF. En se promenant dans les rues, on n’imagine pas que telle forme ou telle autre, peuvent avoir été pensées dans un but bien précis. Ces quelques images donnent à réfléchir sur certains mouvements architecturaux que l’on peut trouver esthétiques, mais qui ont d’abord vocation à l’exclusion.

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Sport : le grand écart

240431974_603afdd99d_bAvec l’affaire de la banderole du PSG au stade de France et celle des Jeux Olympiques en Chine, le sport réapparait sous sa forme la plus sombre.

Dans l’imaginaire collectif, le sport reste encore synonyme de valeurs très positives. En plus d’être un signe extérieur de bonne santé, le sport est souvent combiné avec l’idée d’esprit d’équipe, du dépassement de soi, du respect de son adversaire et dans le cas des JO, l’idée que la participation est plus importante que la victoire.

Il est clair que la désillusion est brutale par les temps qui courent : lancement des JO dans un pays où la répression fait rage … où la communauté internationale préfère tourner la tête par peur des représailles économiques et propos violents et xénophobes dans les stades. Mais cela ne s’arrête pas là et la liste serait bien longue : dopage et atteinte à la santé des sportifs, pouvoir de l’argent et achat des joueurs, règne de la compétition jusqu’à l’absurde, quasi acceptation d’une violence gratuite dans les gradins et sur le terrain (coup de boule de zizou), etc …

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Crise financière : la chute des dogmes

287387997_39ea9e4939_oLa finance mondiale plonge. Aujourd’hui, même si les signes n’ont pas encore atteint de plein fouet nos économies, il est clair que le caractère psychotimique des analystes financiers, pris entre le « jusqu’ici tout va bien » et le « ça va mal finir » trahit l’amorce d’une vraie crise. Quand la confiance est perdue, tel un avion perdant son dernier réacteur, le système financier plonge. Après ce n’est plus qu’une question de temps …

Est-ce une surprise ? Non.

La gauche a depuis longtemps développé une approche critique sur l’excès du monde financier. Mais tout le monde en profitant, d’une façon ou d’une autre, les regards préféraient se tourner ailleurs. De plus, la complexité des mécanismes financiers rend aussi la critique plus difficile à comprendre, sans tomber dans l’écueil d’une simplification simpliste. Mais si l’on regarde très globalement, il est une évidence qui ne trompe pas : ce système montre des symptômes flagrants d’instabilité et nous avons fait monter ce niveau d’instabilité de plus en plus haut, d’années en années, sans jamais oser le remettre profondément en cause.

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Paradoxe d’Easterlin

240941261_6f1bda2552_oLe paradoxe d’Easterlin tient son nom de l’économiste qui l’a mis en évidence en 1974 : une hausse du PIB ne se traduit pas nécessairement par une hausse du niveau de bien-être ressenti par les individus.

Cette théorie met en lumière la fragilité de nos modèles de pensée : « travailler plus pour gagner plus » … Pourquoi ? On se pose rarement la question du pourquoi dans nos choix de société qui sont souvent inspirés par des intérêts particuliers.

Ma vision du rôle du politique dans une société est justement de se poser ce genre de question et si besoin, de corriger les dérives poussées par des intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général.

La fièvre consumériste, attisée par des spécialistes des sciences du marketing et de la publicité, ou encore le contenu de nos programmes télévisuels devraient nous donner l’alerte.

On peut se demander d’ailleurs si la réponse à la quête du bien-être n’est pas tout simplement dans la question : être.


L'évaluation, miroir aux alouettes, par Charles Hadji

Voici un point de vue que je trouve intéressant sur la nouvelle politique d'évaluation du président.

Charles Hadji est agrégé de philosophie, professeur émérite de l'université Grenoble-II.


Quelle heureuse idée ! Enfin, semble-t-il, une réforme utile, et promptement mise en oeuvre. Après des décennies d'évaluation sauvage ("Tous des incapables !"), il était temps de faire bénéficier l'action gouvernementale d'une évaluation instituée et instrumentée. La réforme tient en deux points : substituer aux jugements fondés sur des critères subjectifs, flous et implicites, des jugements fondés sur des critères objectifs, précis et explicites ; donner une suite concrète et immédiate aux jugements formulés.

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La stratégie de l’illisibilité

485432060_37c277f507Nous sommes dans une société où la transparence n’a jamais été autant revendiquée par les entreprises et les marques qui les représentent, lorsqu’elles parlent à leurs clients. Mais aujourd’hui, la transparence n’est plus réellement une vertu, travaillée et recherchée par ceux qui s’en revendiquent. Au contraire, c’est une nouvelle contrainte qui s’impose.

L’émergence de l’informatique, puis des réseaux ont permis une liberté de circulation de l’information. On peut savoir tout à n’importe quel moment, on peut comparer les prix, on peut regarder ce qui se passe à l’autre bout du monde, d’un clic, sans se déplacer ... c’est l’information qui vient à nous.

On est paradoxalement dans une vision libérale dont on pourrait se réjouir, puisque chaque acteur deviendrait autonome dans sa décision et est en capacité à aller chercher lui-même l’information nécessaire pour instruire ses choix. Malheureusement, la liberté d’action de l’individu n’est pas réellement recherchée … la parade à la transparence est trouvée : c'est la stratégie de l’illisibilité.

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Développement durable

6805221_d1acd1c82bJe ne sais pas pourquoi et comment j’ai croché dans le DD (développement durable). Ce que je sais, c’est qu’aujourd’hui, l’approche que proposent les théories qui gravitent autour de ce sujet me semble à même de transformer en profondeur la société et de faire prendre conscience des problèmes que notre développement engendre.

Le DD, c’est une méthode de travail fondée sur la prise de conscience que l’on avance de façon non durable, si on ne prend pas en compte les différents paramètres rentrant en ligne de compte dans une action : tant les paramètres recherchés (le but de l’action en question) que les paramètres non recherchés (les réactions, les conséquences, les externalités). Les méthodes de travail qui sont liés au DD vont donc chercher avant tout à poser des questions, pour véritablement peser si une action est globalement positive ou globalement négative.

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Violence

114351595_3f884d1857_2J’entends autour de moi, à droite bien sûr, mais aussi parfois à gauche, des voix qui condamnent les violences urbaines, sans aucune réserve.

Il y a dans ce courant de pensée dominant (issu de la droite dure) comme un retour à une forme de pensée unique, d’un monde sur un autre. Comme si l’acte de violence pouvait structurer la société entre les bons et les méchants … comme pour faire oublier nos responsabilités collectives.

Loin de moi l’idée de légitimer ici la violence, bien au contraire. La violence est d’abord l’expression de l’échec d’une société, d’un modèle éducatif, d’un modèle social, d’un modèle politique. C’est l’expression individuelle d’une frustration à laquelle la société ne donne, ni réponse, ni espoir. La violence, c’est une réponse immature face au sentiment d'impuissance.

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Justices et territoires

394747833_d01644d8a0 Il y a un parallèle dans le traitement de l’affaire de l’Arche de Zoé et le traitement de l’accident intervenu à Villiers-le-Bel et qui a donné lieu à quelques jours de violence : c’est la considération portée sur l’exercice de la Justice.

Quand le Président de la république française, Nicolas Sarkozy, va s’occuper de la libération de personnes qui sont inculpées d’enlèvement d’enfants et que l’on fait comprendre au Tchad que la justice française sera bien mieux pour rendre LA Justice, c’est une façon de considérer qu’il y a deux poids et deux mesures : qu’il y a deux territoires et deux type d'Hommes. Certes, le Tchad n’est pas un modèle démocratique, mais l’enlèvement d’enfant, aux yeux d’une population européenne ou africaine, n’est pas une affaire banale non plus.

Ce qui vient de se passer à Villiers-le-Bel, relève de la même vision de la justice : une vision prédéterminée des bons et des méchants, mais aussi de deux territoire quand à l’application de la justice. La tentative désinformation du gouvernement au travers d’un rapport (faux) de l’IGPN sur les dégradations qui auraient été faites à la voiture de police, par des individus du quartier, avec des barres de fer est l'exemple même de ce qu'il ne faudrait jamais faire.

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