Pol'Ethique

Politique : penser et panser la société

Pansement Faire de la politique nécessite par définition de faire des arbitrages et aucun n’est facile [lire note sur les conflits d’usages]. On dit d’ailleurs de façon imagée : trancher sur un dossier ou sur un sujet. Le premier rôle du politique est donc de réfléchir à la meilleure organisation de la société, de l’espace, de l’économie, de la justice, etc… et de décider en fonction de ce qui lui semble être le meilleur respect de l’intérêt général. Mais cela ne s’arrête pas là.

Trancher, c’est aussi nécessairement faire des déçus, faire mal, au sens où ces arbitrages peuvent être accueillis douloureusement par certains. Même si la décision nous aura semblé plus juste, qu’elle aura été prise sous la contrainte financière ou simplement parce que la société ne semblait pas prête du fait de son histoire, chaque arbitrage possède une contrepartie négative. Des personnes ne se reconnaîtront pas dans cette décision et potentiellement la subiront, voire en pâtiront. Chaque choix ou décisions politiques créent ainsi des lignes de fractures, des lignes de tensions dans la société qui, souvent d’ailleurs, se rajoutent à celles héritées de l’histoire.

Le second rôle du politique n’est pas du second ordre. S’il doit penser la société, la réfléchir en terme prospectif, il doit aussi panser les lignes de fractures de celle-ci. Il doit faire en sorte d’apaiser ce qui fait tension et doit porter une attention toute particulière à ne pas attiser, par son discours ou ces actes, les foyers de tension qui coexistent forcément.

Il n’est pas nouveau que des politiques jouent de ces divisions pour en tirer un profit personnel (souvent court terme d’ailleurs). « Diviser pour mieux régner » reste une vieille règle de stratégie qui n’a pas pris une ride, dans le monde politique et bien au-delà ! Pour autant, ce ne doit pas être une règle de conduite et les électeurs devraient sanctionner ceux qui en usent, car ce ne sont jamais ceux-là qui amènent à construire l’intérêt général.


Le journalisme bisounours du Télégramme !

Marine Aubry Samedi, je suis tombé par hasard sur l’éditorial d’Hubert Coudurier : « Le projet bisounours d’Aubry ». Ayant lu l’interview de martine Aubry dans le Monde quelques jours auparavant, j’ai été un peu étonné du propos de ce Point de vue, pour le moins caricatural. Etant abonné du Télégramme, je me suis donc fendu d’un commentaire un peu critique sur le site du dit journal. A aujourd’hui, le commentaire en question n’a pas été affiché, bien qu’il ne relevait en rien de caractères injurieux. Par contre, figurent en bonnes places quatre autres commentaires qui vont dans le sens du propos de l’édito.

Je pense que je n’aurai pas fait de commentaire si, ce weekend, je n’avais pas été choqué (comme beaucoup d’autres) par l’annonce du sondage sur le FN, arrivant en tête au premier tour des élections présidentielles. Mais les faits sont là (conforté ce soir ici), nos concitoyens finissent par adhérer, doucement mais surement, aux appels du FN. Certains diront que c’est de la faute du politique et de la médiocrité des propositions et ils n’auront pas tout à fait tord là-dessus, je crois à l’exigence vis-à-vis du politique. Mais le pouvoir politique n’est surement pas que le seul maillon dans ce système, le quatrième pouvoir, les médias, jouent un rôle déterminant dans le fonctionnement politique d’un pays.

Deux points me semblent choquants dans l’édito en question qui sont aussi symptomatiques d’un journalisme actuel.

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2011 : Ethique, justice et équilibre durable

Stéphane Hessel J’ai mis à profit les vacances pour lire les 20 pages du livre de Stéphane Hessel : « Indignez-vous ! » [ici] C’est court, mais c’est dense et instructif.

J’aime beaucoup sa façon de raconter comment notre société repose sur les acquis sociaux construits juste après la seconde guerre mondiale, après le pire de l’histoire de ce XXème siècle. Comment des hommes qui avaient survécu au pire, construisirent les fondations de ce qui leur semblait être la voie d’un meilleur avenir pour leur enfant. Cet héritage institutionnel protecteur que nous laissons déconstruire aujourd’hui, lentement mais surement, par le monde du pouvoir et de l’argent.

J’aime beaucoup sa façon de raconter comment l’espoir d’un vivre ensemble apaisé est né à l’issue de l’holocauste, au travers de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Cette déclaration que nous avons encore tant de mal à faire vivre, quand nous ne l’ignorons pas tout simplement.

J’aime sa façon de rappeler que l’indifférence est la pire des attitudes, car elle nous soustrait à notre humanité.

J’adhère à sa lecture des dix premières années de ce XXIème siècle qui ont été marquées par le recul de la civilisation et l’émergence de risques très graves pour l’aventure humaine.

Enfin, j’aime sa notion d’insurrection pacifique. Au détour d’une phrase, il nous en donne le sens : « Il est grand temps que le souci d’éthique, de justice, d’équilibre durable devienne prévalent. »

La première note de l’année est pour souhaiter mes vœux. Alors pour 2011, j’accompagne ce vœu d’une plus grande recherche d’éthique, de justice et d’équilibre durable dans nos sociétés.

Bonne année 2011 à toutes et à tous.


Abstention et confiance politique

AAJ'anime au sein du parti socialiste de Brest un groupe de réflexion sur l'abstention. Grande inconnue que l'on reconnait quelques semaines avant les élections, elle n'en demeure pas moins un des marqueurs les plus pertinents de la performance globale du politique et des partis.

Pour ceux qui douteraient encore de l'étendue du décrochage duquel témoigne l’abstention, la lecture du Baromètre de la confiance politique (CEVIPOF) sorti en décembre dernier donne quelques pistes.

En synthèse : les français n’ont plus confiance dans les partis politiques qui arrivent bons derniers de la confiance dans les institutions, avec seulement 23% qui leur font confiances. Cette défiance n’est pas idéologiquement marquée puisque 67% n’ont ni confiance dans la droite, ni dans la gauche pour gouverner le pays. Cette défiance s’accompagne aussi surement d’un désintérêt pour le vote car les français ne se sentent ni représenté, ni même défendu par les hommes politiques actuels.

La cassure est profonde entre les français et les partis puisqu'à la question : "J'ai confiance dans la gauche pour gouverner ce pays", seulement 49% des apparentés PS répondent favorablement et c'est guère mieux en ce qui concerne la confiance des électeurs UMP, vis-à-vis de la droite pour gouverner. Même au sein d'un même courant de pensée, la confiance dans le politique n'est plus.

L'abstention soulève donc inévitablement des questions de fond : pour qui gouvernent les politiques ? Comment un tel décrochage entre représentants et représentés est-il possible ?

Certains se laisseront aller à la facilité en pensant que c'est seulement un désintérêt, pour ne pas dire une inculture politique. Mais il n'en est rien : le baromètre montre que les français s'intéressent à la politique et s'informent. Il montre aussi qu'ils sont inquiets, voire assez pessimistes vis-à-vis de du futur. Qu'ils souhaiteraient des changements, mais hésitent quand à l'ampleur de ces changements : ajustements ou changements profonds. Personne ne semble leur offrir réellement de perspective ou d’alternative en dehors du système capitaliste.

Défiance à l'égard de ceux qui gouvernent et manque de perspectives de rebond, tels sont les maux de notre temps, tels sont les raisons profondes de l'abstention. Il est urgent que les partis politiques se mettent au boulot, tant pour refonder un autre modèle que pour aspirer à représenter ceux qui les élisent.

Petit coin de ciel bleu dans cette étude, il semble que les élus de proximité soient aussi ceux en qui les français ont le plus confiance. Je garde donc encore un peu une raison d'être !

Lien vers groupe de réflexion sur l'abstention sur la Coopol


L’indécence des chiffres, l’indécence des faits

Picasso Nu au plateau de sculpteur Il y a trois jours, sur la même feuille de journal, figuraient deux chiffres sans grands rapport, aux premiers abords.

Le premier article traitait du record mondial de la vente aux enchères d’un tableau de Picasso : « Nu au plateau de sculpteur », adjugé à un peu moins de 110 millions de dollars (82 million d’euros). Le second article traitait de la situation grecque et des violences de rue, face aux efforts demandés (plan d’austérité) pour avoir les 110 milliards d’euros d’aides afin de sauver de la faillite un pays criblé de dettes publiques.

Un Picasso reste un bout de tissu, aussi beau soit-il, cela ne reste qu’une peinture. Comment des sommes aussi importantes peuvent encore s’échanger quand des pays finissent par faire faillite et leur peuple devoir rembourser des dettes pour lesquelles ils n’ont, le plus souvent, aucune responsabilité. Comment ses peuples peuvent comprendre ce décalage sans sombrer dans la violence.

Il fut un temps où la rigueur, l’austérité s’entendaient car elles avaient un sens, une perspective et qu’elles soutenaient un projet. Aujourd’hui ses termes n’ont plus de sens et n’ambitionnent aucun projet dans l’esprit de peuples qui croyaient s’émanciper et progresser et qui se retrouvent aujourd’hui trompés et redevables au reste du monde.

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Déficit publics, l’UMP pris dans le rouge

453556513_52b1b12fb3_m Dans sa liste de bonnes résolutions pour 2010, Nicolas Sarkozy a du inscrire : « Montrer que je me préoccupe de l’accroissement de la dette de la dépense publique. »

Avant-hier, il réunissait les principaux acteurs sur cette question, tout en pointant fortement du doigt les dépenses venant des collectivités territoriales (communes, départements et régions) qui seraient selon lui, les plus grandes sources de dépenses aujourd’hui.

Malheureusement pour lui, la nature de la dépense publique et de la dette qu’elle constitue pour la France et pour l’ensemble des français n’est pas à l’image de ce qu’il aimerait montrer. L’état est responsable de 87% de la dette publique française, quand les collectivités territoriales n’en portent que 9.7% et la sécurité sociale 3.3% [Article du Monde ici].

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Bonne année 2010 … de la biodiversité !

2200326606_d66f5902a1_m L’année 2010 sera l’année de la biodiversité dans le monde et Brest sera la capitale de la biodiversité marine en France.

Etant moi-même président du comité de pilotage Natura 2000 Elorn et membre de celui sur la rade de Brest, je suis directement intéressé par ce sujet qui reste un concept flou pour la majorité de la population, me semble-t-il.

Comme je l’ai écrit dans une précédente note [ici], les liens qui unissent le vivant sont plus importants que les êtres vivants eux-mêmes. C’est bien cette notion-là qui est au cœur de la notion de biodiversité. Cette façon de considérer notre environnement nous oblige à changer notre vision sur la place de l’homme, non pas par pure modestie, mais tous simplement pour notre survie. 

L’homme n’est plus le centre avec pour objectif de maitriser la nature, de la contrôler, de la modeler de la façon la plus profitable qui soit. L’humain devient un des éléments de l’ensemble, un élément qui peut interagir (en bien ou en mal), mais aussi un élément qui est dépendant du reste.

Comme le dit très bien Hubert Reeves : « la biodiversité constitue le moteur du vivant », pour qualifier le rôle centrale de cette question sur tout ce qui vit et se développe sur cette planète depuis plus de 3 milliards d’années.

Cette prise de conscience nous amène à nous préoccuper de ce que les scientifiques appellent la 6ème grande extinction des espèces sur terre. Les comportements humains, volontaires ou involontaires amènent une destruction massive de la biodiversité terrestre, plus rapide et brutale que les cinq premières grandes extensions que la terre a connu. Les grands mammifères en danger sont connus et sont souvent les portes étendards d’associations de défense de la nature, mais ce ne sont que la partie émergée de l’iceberg au regard de la multitude d’espèces qui disparaissent avant même que nous les ayons connues.

Espérons que l’année de la biodiversité sera l’année où les populations prendront conscience non pas seulement de la grande richesse du vivant, mais simplement de leur dépendance. A Brest, nous œuvrerons dans ce sens.


Le sommet de Copenhague sera-t-il l’anti-Rio ?

4165269655_0d006a10bf_m Le sommet de la terre de 1992 à Rio marque clairement un jalon important de la prise de conscience internationale, sur le développement durable et les enjeux associés. Pour autant, si les historiens du DD en font un événement fondateur, il faut reconnaître qu’il fut surtout un événement pour ceux qui y étaient. Pour le reste de la planète, ce fut un événement parmi d’autres, dans un monde sortant de la chute du mur de Berlin et rentrant dans un utra-capitalisme dont on mesure aujourd’hui les dérives. Si beaucoup d’idées ont été formulées au sommet de Rio, le citoyen moyen n’aura pas beaucoup évolué dans les 10 années qui ont suivies.

A l’opposé, le sommet de Copenhague risque d’être avant tout un événement populaire. La couverture médiatique de l’événement, les reportages scientifiques, le portage associatif et citoyen en font un événement mondial, avant même le démarrage du sommet. Là où il aura fallu plus de 10 ans au sommet de Rio pour externaliser son contenu, la mobilisation pour Copenhague réussi à faire passer un message fort en avant-première du sommet.

Certains qualifient déjà Copenhague d’échec, je crois qu’ils se trompent, parce qu’ils ont une mauvaise lecture de l’évènement. Copenhague est déjà une réussite en soi. Certes, les chefs d’Etats vont avoir du mal à se mettre d’accord, certes ils risquent d’être arc-boutés sur leurs intérêts nationaux respectifs, mais ce ne sera que le reflet du mandat que NOUS leur avons donnés, historiquement.

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Brest se met à l'heure de Copenhague

Collectif ARGOS Au mois d’octobre, trois événements se déroulent à Brest concernant les enjeux du dérèglement climatique : une action de sensibilisation, une action scientifique et une rencontre internationale.

  • Du 19 au 31 octobre, au centre commercial Coat-ar-Guéven, une exposition réalisé par le collectif ARGOS qui expose les effets déjà visibles du réchauffement climatique, ailleurs sur notre terre. Une rencontre avec un journaliste du collectif ARGOS aura lieu le lundi 19 octobre à Dialogues de 18 à 19h.
  • Les 15 et 16 octobre, à Océanopolis, les entretiens Sciences et Ethiques 2009 vous invite à « l’heure bleue : le changement climatique et les énergies de la mer ». Des débats de haut niveau sur ce sujet complexe et ses enjeux.
  • Les 21 et 22 octobre, au Quartz, la rencontre internationale Brest-FAO-PNUD : « Territoires, agricultures, pèches et forêts face aux changements climatiques : mieux comprendre pour mieux anticiper. »

Trois rendez-vous et trois niveaux d’action pour converger vers la prochaine conférence des Nations Unies sur le changement climatique du 7 au 18 décembre prochain à Copenhague.


Commencer à réfléchir, par nous-même

Yes Men Hier soir fut une soirée décalée et décapante. J’ai d’abord écouté une émission radio que j’avais « podcasté » la semaine dernière : terre à terre, sur France culture. L’émission du 5 septembre était un hommage à Teddy Goldsmith, mort le 21 août dernier. Ecoutant cette émission pour la première fois et ne connaissant pas le cher disparu, je ne fus pas déçu du voyage !

A 20h45, j’avais décidé de me faire une pose devant le petit écran pour regarder ce qui apparaît comme un phénomène de société : le reportage des Yes Men sur ARTE. Je ne fus pas déçu du voyage non plus, même si ces seconds ont l’avantage d’avoir un sens de l’humour un peu plus décapant que le premier.

Pour autant, les deux revendiquaient sur le fond la même chose, une lecture et une attitude différente de notre monde et la prise de conscience que nous séjournons tous dans un énorme mensonge colectif. En déconstruisant, intellectuellement pour l’un et par l’humour pour les deux autres, les mécanismes de nos systèmes économiques et politiques, ils en démontrent l’aberration, mais aussi la simplicité de l’issue de sortie … pour autant que NOUS le voulions.

Depuis longtemps, j’ai le sentiment que la complexité apparente des choses n’est qu’un voile pour justifier le laisser faire et semer la défiance sur des propositions pourtant très simples. Certaines solutions peuvent être simples, mais il est beaucoup plus confortable de ne pas les voir, de conclure que c’est trop complexe et finalement, de ne pas bouger.

Certains traiteront mon propos de populiste, mais l’exemple du film, sur le cas de Bhopal est éclairant. Qu’est ce qui a empêché le groupe chimique de réparer les préjudices faits ? Rien, sinon que son action en bourse aurait perdu de la valeur et leurs bénéfices moindre ! Est-ce le monde que le citoyen souhaite ? Je suis persuadé que non. Pour autant, c’est celui-là que nous avons construit et qui continue à se construire aujourd’hui. Un monde où l’argent a pris une place démesurée dans le fonctionnement collectif, au détriments de valeurs évidentes et d’un vivre ensemble que chacun de nous prend grand soins d’inculquer à ses enfants.

Il est grand temps d’arrêter de nous mentir sur ce que nous produisons ensemble et de regarder les problèmes en face. Nombre de réponses viendront alors comme des évidences toutes bêtes, mais remettant en cause des principes que l’on nous a fait croire comme essentiels.

Mais pour cela, il va falloir commencer à réfléchir par nous-même !


La maison ne brûle pas, mais elle est vermoulue de dettes

3381181981_b3ed514aba_m Bien que toussotant ces derniers temps, notre machine économique tourne. Nos entreprises continuent à produire et nos citoyens à consommer. Pourtant, même si notre système laisse apparaître la façade d’une économie sans faille, à la façon d’une maison attaquée par des termites, la structure de l’ensemble est en passe de s’effondrer.

Comme les termites, l’humain est en train de consommer, de se nourrir de ce qui l’entoure. Niant cette vérité inscrite dans les chiffres, il continue un développement qui se fait au détriment d’autres. Il ne fait plus l’effort de construire le monde en cohérence et de faire avancer l’ensemble : il préfère avancer vite, confortablement et accumuler des dettes.

Les dettes des nations sont depuis longtemps des mécanismes bien rodés. Dettes des pays pauvres aux pays riches, dettes des pays riches entre eux, dettes des pays riches aux pays en développement. Tous les politiques en critiquent les aspects négatifs, aucun ne propose de politique à court terme pour y remédier. Avec la crise financière, c’est encore par la dette que l’on tente d’amortir le « choc » provoqué par des déviances économiques passées.

Les subprimes sont l’emblème même de ce modèle à crédit en déclin. Véritables mèches de cette crise mondiale, ils ont volontairement rendu possible la consommation de foyers peu solvables, au travers d’un endettement voulu à risque pour eux. La logique n’étant pas l’accès pour tous à la consommation, mais bien la nécessité de la consommation de tous, pour soutenir le modèle économique. Après le 11 septembre, la machine économique devait se nourrir de tous bois pour ne pas s’effondrer … y compris des moins performants, des plus à risque … mais à la fin, quand tout fut mobilisé, badaboum !

Les dettes financières ne sont pas nos seules dettes. Nos pays développés nourrissent aussi leur développement rapide par de la dette écologique et de la dette sociale.

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HOME de Yann Arthus-Bertrand

Arton1234-a9496Ayant été sollicité par la FNAC et le cinéma multiplexe Liberté de Brest pour répondre aux questions de la salle suite à la projection du film HOME de Yann Arthus-Bertrand demain soir, j’ai eu la chance de pouvoir le voir en avant première mondiale cet après-midi !

Le 5 juin étant la journée mondiale de l’environnement, ce film sera diffusé aussi largement que possible demain, tant dans sur les grands écrans de cinéma que sur les petits écrans puisqu’il sera aussi diffusé à 20H30 sur France 2 et ensuite sur Youtube.

On s’attend seulement à de belles images de la part de YAB, mais elles sont ici là pour imager le propos et donner du sens aux mots. On ne refait pas le monde en deux heures, mais il arrive à en donner une lecture globale qui j’espère réveillera les esprits et donnera la nature et la hauteur des enjeux auxquels nous avons à répondre ensemble dans ce tout début de siècle.

Demain, regardez ce film, car c’est aussi un miroir sur ce que nous sommes.

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Article : Terra Eco

Site de HOME

 


Jean-Louis Borloo aurait-il compris ?

JL Borloo Dans un entretien donné au magazine Terra eco, Jean-Louis Borloo tient des propos qui m’ont scié ! Je n’y ai rien appris, mais c’est la première fois que j’entends une personne à son niveau de responsabilité tenir de tels propos et le dire avec des mots qui ne laissent pas d’ambiguïté sur le fond du discours.

« Ce que je veux dire, c’est que ce changement de paradigme est tel qu’il ne peut se concrétiser qu’avec la société toute entière. Avec les scientifiques bien sûr, mais aussi avec les syndicats, les fédérations professionnelles, les villes, les agriculteurs et les pêcheurs, les consommateurs. Soit vous mettez toute la société en mouvement et vous réconciliez le progrès et le futur, soit vous échouez. Ou bien vous faites bouger tout le monde en même temps et vous pouvez aller à une vitesse folle, ou vous n’y parvenez pas et tout cela se terminera mal pour la planète. »

Jean-Louis Borloo, dans un entretien croisé, le 27/04/2009.

Il met bien en avant la nécessité d’un changement rapide et global de la société, avec pour risque un « cela se terminera mal pour la planète », qui laisse assez peu de doute sur la gravité de l’enjeu.

Je crains qu’il soit encore assez isolé sur cette position, surtout à droite, mais il faut bien un début à tout.

Lire l’entretien ici. Je ne suis pas d’accord sur tout le propos de Jean-Louis Borloo dans l’article, notamment sur l’ambition du plan de relance, mais le propos cité ainsi que le début de l’entretien valait bien un petit coup de chapeau.


Nous sommes tous des Madoff !

J’ai envoyé hier une « chronique de controverse » sur le site du Monde : Nous sommes tous des Madoff ! Les commentaires qu’elle a reçus témoignent d’ailleurs de la difficulté qu’il peut y avoir à parler de ce sujet ...

Il y a déjà plusieurs années, je m’étais essayé à décortiquer le principe du « système  pyramidale ». L’exercice m’avait paru instructif et après analyse, je n’étais pas loin de penser que ce modèle était finalement largement applicable à l’organisation du monde réel.

Après une arnaque de 50 milliards ayant dupé des investisseurs avertis et des cabinets d’audit, il nous faut oser questionner ce modèle et peut-être entrevoir une réalité qui fait mal : ce modèle pyramidale, tant critiqué dans l’affaire Madoff, n’est-il pas aussi installé au cœur de notre système économique libéral mondialisé ? Si les malversations de Bernard Madoff ne sont pas apparues clairement sur nos indicateurs comme une fraude générale, n’est-ce pas parce que ce principe est déjà extrêmement intériorisé dans nos usages économiques ?

Alors, article dérangé ou article dérangeant ? Je vous laisse vous faire votre propre opinion sur le sujet car si nous sommes tous devenus des Madoff contre notre plein gré, nous ne sommes pas obligés de le rester !

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Hier soir, j’écoutais DSK sur France 2 expliquer la crise mondiale, vue du FMI et trois éléments peuvent être mis en perspective sur ce même thème :

Les subprimes, éléments déclenchant de cette crise, ne sont-ils pas structurellement sur le modèle d’une fraude pyramidale : entrainer des personnes trop faiblement solvables à investir dans un logement, pour faire tourner la machine financière et économique. Certains leur ont fait miroiter l’acquisition d’un logement (attente légitime et sécurisante des ménages), mais en leur faisant prendre tous les risques. Tout le monde ne fut pas perdant, vers qui sont remontés les profits de ces opérations ? Le modèle libéral nous dira que les perdants des subprimes n’avaient qu’à faire attention … les floués de Madoff aussi !

Sur la gouvernance de nos grands groupes mondialisés qui aujourd’hui concentrent énormément de pouvoirs économiques (leurs chiffres d’affaires dépassent largement ceux de certaines nations), DSK a évoqué le problème de la consanguinité des conseils d’administration qui les dirigent. Ne sommes-nous pas là aussi sur un modèle pyramidale, avec une privatisation des pouvoirs par un petit nombre d’individus qui s’octroient des droits au-delà de tout débat démocratique ?

Enfin, l’intervention de Monsieur Boutros Boutros-Ghali, ancien secrétaire général de l’ONU et ministre égyptien, clos le tableau. Parlant du G8 et du G20, il a clairement dit que ce type de réunion, des pays les plus riches, pour discuter de sorties des crises qui leur seraient favorables économiquement étaient un déni de démocratie mondiale, et à ce titre, très mal perçues par le monde en développement. Pyramide ou gestion démocratique transversale ?


Nous sommes tous des Madoff !

Prahalad & Stuart 2002 Il y a déjà plusieurs années, je m’étais essayé à décortiquer mathématiquement le système de « l’arnaque pyramidale ». L’exercice m’avait paru instructif et après analyse, je n’étais pas loin de penser que ce modèle était finalement plus proche du monde réel qu’il n’y paraissait.

Avec une arnaque de 50 milliards ayant dupée des investisseurs avertis et des cabinets d’audit, il nous faut oser questionner ce modèle et peut-être entrevoir une réalité qui fait mal : si rien n'a été vu, n'est-ce pas simplement parce que le modèle pyramidale est le cœur stratégique de notre système économique libéral mondialisé ?

Je vous laisse lire l’article que j’ai envoyé sur le site du Monde (ici) et qui tente de faire le lien entre l’affaire Madoff et les raisons profondes de la crise dans laquelle nous sombrons.

 

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Principe 22

Les populations et communautés autochtones et les autres collectivités locales ont un rôle vital à jouer dans la gestion de l'environnement et le développement du fait de leurs connaissances du milieu et de leurs pratiques traditionnelles. Les Etats devraient reconnaître leur identité, leur culture et leurs intérêts, leur accorder tout l'appui nécessaire et leur permettre de participer efficacement à la réalisation d'un développement durable.


Croissance : drogue ou produit masquant pour l’économie ?

économie réelle Dans les médias, les économistes de tous bords font front commun pour défendre un retour de la croissance. A la façon d'un toxicomane en manque, les économistes hurlent à la croissance. Est-ce une dépendance clinique ou cela cache-t-il bien autre chose ?

Nos modèles économiques revendiquent une justice sociale fondée sur l'idée que la croissance des uns, aussi démesurée soit-elle, finie par profiter aux autres. C'est cette théorie qui justifie les salaires ou les capitaux mirobolants d'une minorité s'affichant comme des locomotives pour tout le système.

Mais voilà, la mécanique s'est grippée. Officiellement, certains auraient abusés de jeux financiers trop complexes et il y aurait eu création de produits toxiques ! Mais la réalité est sûrement finalement plus simple, mais risque de mettre quelques années a être acceptée : c'est la promesse d'une croissance à 5% par an qui est une promesse toxique !

Tout système ne peut croître que de ce qu'il prend ou reçoit. Aujourd'hui, nous semblons découvrir que les matières premières vont venir à s'épuiser et que le soleil est la seule ressource durable sur terre, qui se transforme de diverses façons. Il va donc bien falloir négocier avec cela. La croissance globale va devoir s'équilibrer à hauteur du flux d'énergie solaire que l'on reçoit et transforme. Quand à la « croissance matérielle », elle n'a d'avenir que dans le cadre d'une réflexion de type « écosystèmique » à l'échelle des usages humains.

Pour résumer, il va falloir s'habituer à une croissance globale proche de zéro, car c'est finalement la seule dont nous disposions durablement. Cela ne signifie pas qu'individuellement la croissance sera nécessairement nulle, un effet de noria entre générations, entre pays peut générer des « croissances relatives », mais certainement plus raisonnées et mesurées que l'hyperconsommation actuelle.

Donc, s'il n'y a plus de croissance à l'avenir, la règle fondant la justice sociale du système d'hier tombe elle aussi. Une fois la promesse d'une croissance perpétuelle tombée, une question va se poser, celle de la répartition des richesses, celle des inégalités frappantes entre pays, mais aussi dans les pays. Le voile va tomber sur le modèle économique et les peuples risquent de demander des comptes à tous ceux qui ont fait vivre ces modèles. Voilà ce qui perturbe la sphère économique ces derniers jours, simplement la peur d'avoir à rendre des comptes ... pas forcément financiers d'ailleurs.

Non, la croissance n'est pas un produit addictif pour les économistes, c'est simplement un produit masquant pour les modèles qu'ils ont défendus depuis des années et qui ont justifié tant d'inégalités sociales, ici et partout dans le monde. Un produit masquant comme en utilisent certains sportifs, pour cacher ce qui leur permet de faire des performances hors du commun.


Congé paternité : un grand pas vers l’égalité entre femmes et hommes

Bébé Le congé paternité n’est pas une anecdote dans la vie de son enfant, c’est un acte qui permet de prendre pleinement sa place de père, à égalité avec la mère.

Me voilà en congés paternité pour la troisième fois. Grace à mes fonctions syndicales, j’ai souvent participé à des discussions sur l’égalité professionnelle, soit dans le cadre de signatures d’accords avec la direction de mon entreprise, soit simplement entre collègues ou amis.

J’ai toujours pensé et défendu que le congé paternité était une grande avancée mal reconnue vers une meilleure répartition des taches concernant les soins à l’enfant. Certains y voit un acte symbolique pour sa durée : 11 jours, je pense au contraire que c’est un temps qui permet au père de prendre la place qui est la sienne dans le rapport à son enfant.

C’est dans les premiers jours après la naissance que se créent les rôles, simplement parce que la maman, présente 24h/24 prend peu à peu plus d’assurance que le père face au jeune enfant. Le père, contraint à tenir les rythmes de son emploi, tant pour les absences le jour que pour la difficulté des premières nuits, quand il faut se lever le matin, n’a pas la disponibilité pour construire sa confiance en soi vis-à-vis de son rapport au tout jeune enfant.

On aurait tort de croire que tout cela tient de l’évidence. L’arrivée d’un nourrisson est une expérience nouvelle (notamment le premier). On a beau avoir fait tout pleins d’études, on ne s’en retrouve pas moins démuni lors des premiers pleures, des premiers bains ou des premiers habillages. S’il s’installe dès le départ un décalage dans la confiance en soi vis-à-vis des soins au nourrisson, ce décalage s’installera sur la durée et chacun, sans le réfléchir ou le vouloir, prendra la place qu’il croit être la sienne pour l’enfant et l’inégalité sera ainsi créée.

Avec le recul de trois enfants, je me rends compte à quel point le premier congé paternité est important pour faire ses premiers pas avec la mère, à pied d’égalité. Après, le reste suit … simplement parce qu’être père, c’est aussi bien que d’être mère !


Assises Nationales du Développement Durable

Lundi, mardi et mercredi dernier, j’étais aux 5ème Assises Nationales du Développement Durable (ici). Cette cinquième édition était organisée par la région Rhône-Alpes à Lyon.

Contrairement à certains grands rassemblements dont on se demande parfois quelle bénéfice tirer au regard du temps mobilisé, il faut reconnaître que ces trois jours furent d’une grande richesse. Trois jours consacrés à une réflexion sur les enjeux qui fondent aujourd’hui le développement durable, trois jours à regarder comment transformer intention en action, trois jours à chercher des issues politiques à toutes ces questions.

Le développement durable n’est ni une mode ni une labellisation en vue de gagner des « parts de marché ». Le développement durable doit être un outil, un levier pour basculer d’un monde à l’autre, pour passer d’un millénaire à l’autre, pour passer d’un Homme à l’autre.

Le travail est énorme, mais les enjeux et les risques le sont tout autant. La fin du 20ème siècle aura été marquée par un bond technologique de 1er ordre. Le début du 21ème doit l’être par une élévation de la maturité de l’humanité.

Lester Brown était le parrain de cette 5ème édition des Assises Nationales du Développement Durable. Voici la vidéo de son discours inaugural.

D’autres interventions intéressantes ici.


Vœu pour 2009

Mirroir Ha, l’époque des vœux !

Je renonce à vous souhaiter à tous plein de bonnes choses pour 2009 … pour ceux que je connais, je ne manquerais de le faire de vive voie (et j’espère qu’ils savent déjà que je ne leur veux que du bien, en 2009, mais pour les années qui suivent aussi !), pour les autres, je laisse le soin à leur proche de le faire avec ce qu’il faut de sympathie ou de tendresse et de contact pour ce genre d’exercice.

Non, pour 2009, pas de vœux ici, mais juste un vœu.

Dans la série sur les défricheurs du Monde de la semaine dernière, un article présentait Susan Solomon (je vous laisse lire le portrait ici pour savoir de qui je parle). Les recherches de Susan Solomon portant sur le trou de la couche d’ozone et le changement climatique, l'article concluait ainsi :

« Réduire les émissions, prendra des décennies. Car, ni vous ni moi ne sommes prêts à renoncer à notre voiture demain : si le problème du changement climatique est si singulier c'est, conclut-elle, qu'il impose de se regarder dans le miroir. »

J’adhère pleinement à cette remarque. Aussi, pour 2009, je fais le vœu que nous apprenions tous un peu plus à nous regarder dans le miroir !


Equilibre impossible ou mensonge d’état ?

équilibre « La majorité se résout à laisser filer les déficits ». Tel est le titre d’un article (ici) du Monde de ce jour.

Jusqu’à quand le politique français tournera-t-il le dos à ses responsabilités ? Jusqu’où peut-on mentir à la population en repoussant toujours à demain la mise en équilibre des budgets de l’état.

Gauche et droite sont passées au pouvoir. Dans les deux cas des efforts ont été faits pour assainir les comptes, réduire les dépenses et ajuster au mieux les budgets, face à l’attente croissante des français en terme qualité et de quantité de services rendus à la population. Dans les deux cas (et même si la gauche a réussi un temps sous Jospin à équilibrer les comptes de l’état), la dette s’est creusées. Combien de temps faudra-t-il au politique pour avouer aux français qu’ils vivent au-dessus de leur moyen ?

Chacun rejette la balle sur l’autre quand il est dans l’opposition ou au pouvoir. Chacun promet de faire mieux en terme de productivité des services publics pour faire des économies partout, mais chacun échoue à faire décroitre la dette.

Si la dépense semble à ce point incompressible à court ou moyen terme, c’est évidemment sur les recettes que le politique doit agir. Qui aura enfin le courage d’avouer aux français qu’il faut payer globalement plus d’impôt au regard de notre niveau de vie ?

Arrêtons les promesses électorales qui rejettent sur les générations futures les soins de se substituer à notre irresponsabilité collective présente et acceptons une politique qui parle d’impôt, pour peu que celui-ci soit juste.


Ecosystèmes

1011990343_b4ab9211aa_b « L’écologie, c’est comprendre que les liens qui unissent les êtres vivants entre eux sont plus essentiels que les êtres humains eux-mêmes. Tout est lié. En mettant en danger l’un, on met en danger tous. »

  Laurent Ballesta (biologiste, plongeur et photographe)

Cette citation est issue du film « Au royaume du nautile » qui passe en ce moment à Océanopolis. Le film est très beau et vaut le détour, mais cette phrase, issue des propos du personnage central du film, va beaucoup plus loin.

Au-delà du simple point de vue d’un défenseur de l’écologie et de la biodiversité, elle traduit dans une approche biologique que l’important ne se trouve pas dans les individus, mais dans les relations qui les unissent et les organisent.

J’ai toujours été passionné par les approches systémiques sur des domaines croisés. Je crois que ce qui est vrai pour le vivant, l’est aussi en ce qui concerne d’autres domaines, comme l’économie ou la politique, par exemple. Le vivant à mis des milliers d’années pour trouver des équilibres stables (en tout cas à notre échelle des temps). Son observation est une source d’enrichissement sur le plan organisationnel et comportemental.

Nous serions sages de prendre bonne note de la citation ci-dessus. Dans une société qui se tourne désespérément vers un individualisme stérile, des comportements d’accaparement mégalomaniaques et qui développe de plus en plus de crises dangereuses pour elle-même, il serait judicieux de revenir aux fondamentaux de ce qui marche … depuis des milliers d’années !


Patrick Viveret à Brest

Les_rendez_vous_de_ess__2 Le 3 octobre dernier a eu lieu la première conférence des Rendez-vous de l’économie Sociale et Solidaire, à Brest. Patrick Viveret y était invité pour y parler d’un de ses sujets de prédilection : la richesse.

J’avais déjà eu l’occasion d’écouter Patrick Viveret il y a trois ans et son propos m’avait déjà interpellé. J’ai plus récemment lu avec intérêt son dernier livre : « Pourquoi cela ne va pas plus mal ? » qui est sorti en 2005. Aussi, c’est avec un peu d’impatience que j’attendais sa venue sur Brest.

C’est un drôle de personnage, à la fois capable de partir dans une vision profondément pessimiste de la société dans laquelle nous vivons, mais aussi, de rebondir juste après sur une vision très optimiste des potentielles pistes qu’il nous faudrait creuser ensemble, pour sortir de cette noirceur ...

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Retour au politique

People_of_the_railway_2 Il y a deux jours, je suis tombé sur l’édito du monde : « Retour au politique » (lire ici) qui traite de la débâcle financière de ces derniers jours. J’ai trouvé la phrase de conclusion pleine de sens.

« Il est donc urgent de revenir au politique et à sa question centrale : à quoi sert, à quoi doit servir la richesse des nations ? A améliorer le sort des peuples, ce qui s'est produit encore trop marginalement depuis deux décennies ? Ou à enrichir de minuscules aristocraties, hier de la naissance, aujourd'hui de l'argent ? La réponse s'impose. »


L’onde choc du 11 septembre

Tom_molloy_2L’onde de choc du 11 septembre 2001 aura mis 7 ans, quasiment jour pour jour, pour atteindre les profondeurs du système néocapitaliste. A entendre les analystes financiers, la chute de Lehman Brothers à mi-septembre est apparue aussi inimaginable et inattendue que celle des WTC, 7 ans plus tôt.

Cette crise financière prend racine dans les attaques du 11 septembre, quand l’administration Bush décide de baisser les taux pour montrer l’inoxydabilité de son système économique, face à une attaque exogène. La croyance voulant que le moral des ménages soit intimement lié à leur niveau de consommation, le maintien artificiel par l’emprunt d’un pouvoir d’achat à haut niveau aura donné le change à la face du monde … temporairement.

La suite est une succession de prises de risques et de fuites en avant des banques, des assureurs et des politiques néocapitalistes, à la façon de la fable des moutons de Panurge. Aucune réflexion de fond n’est venue remettre en cause le système. Le soleil brillait à la lueur des profits, ce n’était pas le moment de parler des risques que l’on faisait courir à la société tout entière. Chaque début d'année, les golden-boys accumulaient les primes et des bonus astronomiques qui faisaient rêver le monde en ces périodes de fêtes !

Sept ans plus tard, c’est la valse des milliards qui sonnent le glas de cette escalade folle des prises de risques, sur la base d’un système centré sur le mirage d’une croissance ininterrompue, des pays DEJA développés. Ces milliards qui viendront un peu plus encore endetter les générations qui naissent, sans régler un seul des problèmes actuels.

Le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) avait estimé en 1998, dans son rapport mondial sur le développement humain, qu’il fallait 40 milliards de dollars pour s’attaquer dans le monde à la famine, l’accès à l’eau potable et le traitement des maladies que l’on sait aujourd’hui traiter à coût réduits. A l’époque, ce chiffre avait du sembler insurmontable aux citoyens que nous sommes, ou en tout cas, assez inaccessible pour justifier que nos grandes nations développés ne fassent rien.

Mais aujourd’hui, il n’a fallu que deux ou trois semaines aux puissances des nations développés pour lever plus de 1000 milliards, afin d’éviter le crash des structures qui étaient initialement sensées « sécuriser notre argent face aux méchants voleurs » (et aussi l’axe du mal !) Sans parler du fait que la notion de « banque » vole en éclat, c'est plus de 25 fois la somme demandée par le PNUD pour aider d'autres êtres humains qui vient d’être dilapidée, pour des fins que personne ne comprend réellement.

Je pense depuis longtemps que les tensions du monde viennent d’abord des inégalités et du système qui les maintient en place, voire les creuse. Aujourd’hui, je ne suis pas loin de penser que cette succession d’évènements, depuis le 11 septembre jusqu’à aujourd’hui, est le produit de notre aveuglement individualiste et de notre fainéantise intellectuelle collective, face à une minorité de puissants qui traiteront toujours d’abord leurs intérêts propres.

Si nous n’apportons pas des réponses rapidement, en terme de projet collectif d’un développement humain à l’échelle de notre planète, cet aveuglement et cet immobilisme vont servir ici et ailleurs un seul type de politique : les extrêmes.

Comme à chaque onde de choc, il y a plusieurs rebonds … méfions-nous des suivants.


Contribution pour Reims : le bilan avant les motions

492736860_9facb5b30bJe m’étais donné comme objectif de participer, à ma façon, suivant mes possibilités et mes disponibilités au congrès de Reims. Pour ma part, l’objectif est atteint avec la contribution « Une seconde voie pour le XXIème siècle » que j’ai écrite et travaillée avec quelques camarades. C’est un texte qui va peut-être trop loin sur certaines idées, mais qui traduit une volonté d’avancer et de changer les choses, d’oser de nouveaux points de vue.

Si cette contribution fut publiée au niveau fédéral (et j’en remercie le conseil fédéral du Finistère), mon grand regret restera la forme d’autisme dans lequel s’est plongé le PS au niveau national, durant cette période de contributions. Alors que j’avais envoyé une copie de la contribution, dûment accompagnée d’un courrier d’explication, à 25 membres imminents de notre Conseil national, je n’ai pas réussi à décrocher la première signature d’un de ces membres qui m’aurait permis une modeste participation au titre des contributions thématiques … publiées sur internet !

Au-delà de mon égo froissé qui n’intéresse personne J, je trouve vraiment dommage que le PS se soit fermé aux idées, simplement venues de sa base, dans un temps de congrès (notre contribution de section a aussi subit le même sort). Aurais-je du passer plus de temps à chercher des potentiels signataires du CN, avec déjà dans l’idée un geste en retour pour une motion particulière ? Comme ce n’était pas l’objet de ma démarche initiale qui était avant tout de « faire avancer le schmilblick », je n’ai pas souhaité rentrer dans ce jeu-là … de plus, je n’en aurai objectivement pas eu le temps, vu les délais pour sotir une contribution.

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Qualités humaines

EducationLa France, comme bien d’autre pays, a construit son système éducatif sur l’apprentissage des savoirs : scientifiques, techniques ou littéraires. Si les premières années d’apprentissages sont tournées vers les apprentissages de base qui ne sont pas le propos de cette note, il est clair que la seconde partie de la scolarité (depuis la 6ème, jusqu’à bac +X) est tournée vers des apprentissages que l’on pourrait qualifier d’encyclopédistes.

Je ne nie pas le fait que nous ayons en effet besoin de personnes de savoir et d’une élite pour faire avancer l’état du savoir global, grâce à la recherche par exemple. Pour autant, ce pays n’est-il composé que de chercheurs ? Non, bien sur. Pour aller même plus loin, 90% de l’activité, des métiers qui emploieront ces fameux formés n’auront nullement besoin de toute cette science ! Tous ces ingénieurs qui feront du management, tous ces médecins qui soigneront des grippes, tous ces professeurs qui tenteront d’instruire des ados dormants, etc … finalement, des professions où la sélection passera par un diplôme, quand 90% de leurs usages vienndront des expériences professionnelles acquises après.

Notre système éducatif est un système tourné vers l’élitisme, à la façon du système sportif chinois quand il veut sortir des athlètes de premier niveau pour figurer en bonne place au tableau d’honneur des JO. La comparaison est dure, mais au regard de toutes les personnes de valeur qui restent sur le bord de la route de notre système éducatif, c’est la moindre des choses !

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Tour de France

2648190251_a413301301En début de mois, le Tour de France était à Brest pour le démarrage de la grande boucle, qui n’en n’est plus une au premier sens du terme, d’ailleurs !

Il faut reconnaître que cette manifestation sportive est un évènement populaire au bon sens du terme : cela fait toujours du bien de voir tous ces spectateurs de tous âges, joyeux et enthousiastes au passage de la caravane, avant d’attendre en trépignant d’impatience le passage des coureurs. Dans l’esprit de tout un chacun, c’est clairement une fête qui rappelle autant le carnaval avec sa caravane du Tour, qui sait créer de l’exploit sportif et humain avec ces hommes qui se lancent dans des étapes aux kilométrages insensés et aussi qui évoque la vie légendaire des cirques lorsque l’on voit le nombre de personnes qui gravitent autour du Tour, en se déplaçant d’étapes en étapes avec lui.

Pour autant, je crois qu’il faut rester très critique à l’égard du Tour car, ce qu’il pourrait être, sans renier à ce que nous aimons en lui, est bien loin de ce qu’il est devenu. Parce que nous aimons tous cette fête locale et nationale, nous tournons la tête face aux dérives qu’elle sous-tend.

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Premiers signataires

Voici les premiers signataires de la contribution : « Une seconde voie pour le XXIème siècle. »

Marc Sawicki (Brest), Gérard Foricher (Brest), Gwenael Luneau (Nanterre), Magali Jacopin (Nanterre), Jean Claude Lardic (Brest), Pierre Karleskind (secrétaire de section Brest rive droite), Franck Respriget (secrétaire de section Brest Lambé-Bellevue),

Merci à eux.


Sortir du mode de l'avoir

Viveret_3Voici un texte de Patrick Viveret que je trouve riche en réflexion. A vous de juger …


Nous vivons une croissance insoutenable : pour des raisons écologiques, mais aussi sociales et culturelles. Socialement, parce qu'elle s'accompagne d'un excès de richesse d'un côté, et d'une misère artificiellement provoquée de l'autre. Et culturellement, parce que, quand on propose comme seul projet de vie une croissance de l'ordre de l'avoir et qu'on interdit un développement de l'ordre de l'être, on crée une crise spirituelle, une crise de civilisation.

Notre mode de croissance est de nature toxicomane, il vient compenser des éléments de mal-être dans la société. Mais on ne peut se contenter de dire que, pour des raisons de nécessité écologique, il faut organiser un sevrage. Si l'on ne propose pas de solutions positives, notre société sera comme un toxicomane qui préférera garder sa toxicomanie, quitte à en crever, plutôt que d'accepter la cure. C'est pourquoi il est essentiel de travailler autant sur l'espérance et le désir que sur la lucidité et l'alerte.

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Biocarburant

Street_children_of_butareLa crise alimentaire qui touche brutalement les pays les plus fragiles remet au premier plan l’intérêt d’une montée en puissance des biocarburants et leur réel intérêt pour les problèmes à venir de notre petite planète.

Certes les biocarburants sont des produits de substitution au pétrole que l’on pourrait qualifier de « renouvelables » puisqu’il est possible de les reproduire à notre échelle de temps. Certes, les biocarburants produisent dans leur combustion moins de produits nocifs que les produits pétroliers. Pour autant, les biocarburants ont encore deux points faibles de tailles : ils continuent à produire du CO2 et surtout, ils prélèvent l’énergie en question sur les stocks alimentaires mondiaux.

Dans un monde où la démographie va conduire à une augmentation du nombre d’habitants jusqu’à 9 milliards dans le siècle à venir, les biocarburants posent la persistante question du partage des richesses, mais aussi celle du partage des ressources énergétiques en des termes nouveaux.

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Crise énergétique

Terraced_rice_fields_in_tegallalang Concentrés sur nos petits problèmes de pays développés, on l’attendait sur le pétrole pour nourrir nos machines, elle risque d’abord de venir sur les matières premières agricoles, au travers d’une crise alimentaire. En effet, c’est l’apport énergétique journalier humain qui risque de poser problème, à très court terme.

Jacques Diouf, Directeur de la FAO (Agence des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) parlait des « émeutes de la faim » en octobre 2007. C’est aujourd’hui ce qui se produit dans plusieurs pays où l’alimentation est un problème au jour le jour. (Voir interview JJDD du 13.4.08)

Le riz constitue l’aliment de base pour la moitié de la population mondiale et son prix a doublé en un an sur plusieurs marchés mondiaux. Sur la même période, le prix moyen d’un repas a augmenté de 40% dans des pays où la population ne vit qu’avec seulement 1 $ par jour. L’armée a été déployée au Pakistan pour éviter les pillages sur le riz et ce même riz conduit directement en prison, en cas de vol aux Philippines. Les pays exportateurs resserrent drastiquement leur politique d’exportation pour assurer la nourriture de leur population, mais quid des pays aujourd’hui importateurs comme sur le continent africain ?

A l’image du travail du GIEC sur le climat, récemment reconnu par un prix Nobel de la paix, s’est monté en 2004 l’IAASTD (International Assessment of Agricultural Science & Technology for Development) qui réuni plus de 400 experts internationaux afin d’analyser les enjeux en terme alimentaire et afin de définir des stratégies pour l’agriculture dans le monde dans les prochaines décennies. Comme pour le climat, la prise de conscience remet particulièrement en question nos modes de développement antérieurs qui ont pu produire des résultats, mais qui ne seront plus possible pour 9 milliards d’habitants.

Il est grand temps de repenser l’agriculture de façon globale et à des fins alimentaires pour les populations … et non spéculatives pour les marchés financiers. Comme pour le climat et l’énergie, il faut repositionner une réflexion sur des enjeux collectifs (dans l’espace et dans le temps) et non laisser faire la main invisible économique qui sert des intérêts particuliers dans certains cas et nous mène tout droit à la catastrophe, dans d’autres. Sur le long terme, l’équilibre n’est jamais le fruit du hasard mais toujours le produit d’ajustement et d’intelligences combinées. C’est cette voie là qu’il nous faut trouver ensemble.

Dans le monde, les inégalités entre pays sont déjà criantes et provoquent des tensions très importantes. La faim risque d’être un mal encore plus grave et une motivation encore plus puissante pour ce qui est des migrations et des violences. Cette crise alimentaire doit être regardée de très près si on ne veut pas qu’elle devienne une poudrière mondiale.

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Pour l’anecdote, cinq jours après s’être fait poser un stimulateur cardiaque, notre ancien Président Jacques Chirac a lancé cette semaine un appel à la communauté internationale pour trouver des solutions de sorties sur la crise alimentaire. Même si on connaît l’affection pour l’agriculture de notre ancien Président, je trouve ce retournement de situation quelque peu abracadabrantesque de la part d’un homme qui a fait sa carrière politique bien à droite et qui a prôné le laisser faire économique comme seule solution possible au développement … mais finalement, il est toujours temps de bien faire !

(Ci-après l’appel en question)

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Bêtise urbaine

Excroissance_urbaine_3Albert Einstein a dit : « Il n’existe que deux choses infinies, l’univers et la bêtise humaine … mais pour l’univers, je n’ai pas de certitude absolue. » L’actualité nous permet encore une fois de vérifier les théories de ce grand scientifique ... malheureusement, pas en ce qui concerne l’univers !

Beethoven s’est immiscé dans le débat public français au travers de cet éclair de génie qu’est le système répulsif anti-jeunes, mis au point par un ancien ingénieur britannique qui souhaitait mettre fin au harcèlement de sa fille par d’autres jeunes. Quelques commerciaux ont du sentir là un marché potentiel et le tour était joué. Evidemment, ce dispositif fait grand débat en frappant sélectivement une population donnée, quand bien même elle ne produirait pas les nuisances dont on l’accuse. Nous sommes ici dans le règne la frappe chirurgicale préventive !

Si Beethoven a loupé son coup commercial en France (quoi que …), la philosophie même du produit n’est pas à son balbutiement : comment fragmenter l’espace public pour que les honnêtes gens ne soit plus importunés par certaines nuisances … humaines ?

Dans le même esprit, j’ai trouvé ces quelques images sur Fickr qui offrent une galerie impressionnante sur les excroissances urbaines anti-SDF. En se promenant dans les rues, on n’imagine pas que telle forme ou telle autre, peuvent avoir été pensées dans un but bien précis. Ces quelques images donnent à réfléchir sur certains mouvements architecturaux que l’on peut trouver esthétiques, mais qui ont d’abord vocation à l’exclusion.

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Sport : le grand écart

240431974_603afdd99d_bAvec l’affaire de la banderole du PSG au stade de France et celle des Jeux Olympiques en Chine, le sport réapparait sous sa forme la plus sombre.

Dans l’imaginaire collectif, le sport reste encore synonyme de valeurs très positives. En plus d’être un signe extérieur de bonne santé, le sport est souvent combiné avec l’idée d’esprit d’équipe, du dépassement de soi, du respect de son adversaire et dans le cas des JO, l’idée que la participation est plus importante que la victoire.

Il est clair que la désillusion est brutale par les temps qui courent : lancement des JO dans un pays où la répression fait rage … où la communauté internationale préfère tourner la tête par peur des représailles économiques et propos violents et xénophobes dans les stades. Mais cela ne s’arrête pas là et la liste serait bien longue : dopage et atteinte à la santé des sportifs, pouvoir de l’argent et achat des joueurs, règne de la compétition jusqu’à l’absurde, quasi acceptation d’une violence gratuite dans les gradins et sur le terrain (coup de boule de zizou), etc …

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Crise financière : la chute des dogmes

287387997_39ea9e4939_oLa finance mondiale plonge. Aujourd’hui, même si les signes n’ont pas encore atteint de plein fouet nos économies, il est clair que le caractère psychotimique des analystes financiers, pris entre le « jusqu’ici tout va bien » et le « ça va mal finir » trahit l’amorce d’une vraie crise. Quand la confiance est perdue, tel un avion perdant son dernier réacteur, le système financier plonge. Après ce n’est plus qu’une question de temps …

Est-ce une surprise ? Non.

La gauche a depuis longtemps développé une approche critique sur l’excès du monde financier. Mais tout le monde en profitant, d’une façon ou d’une autre, les regards préféraient se tourner ailleurs. De plus, la complexité des mécanismes financiers rend aussi la critique plus difficile à comprendre, sans tomber dans l’écueil d’une simplification simpliste. Mais si l’on regarde très globalement, il est une évidence qui ne trompe pas : ce système montre des symptômes flagrants d’instabilité et nous avons fait monter ce niveau d’instabilité de plus en plus haut, d’années en années, sans jamais oser le remettre profondément en cause.

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Paradoxe d’Easterlin

240941261_6f1bda2552_oLe paradoxe d’Easterlin tient son nom de l’économiste qui l’a mis en évidence en 1974 : une hausse du PIB ne se traduit pas nécessairement par une hausse du niveau de bien-être ressenti par les individus.

Cette théorie met en lumière la fragilité de nos modèles de pensée : « travailler plus pour gagner plus » … Pourquoi ? On se pose rarement la question du pourquoi dans nos choix de société qui sont souvent inspirés par des intérêts particuliers.

Ma vision du rôle du politique dans une société est justement de se poser ce genre de question et si besoin, de corriger les dérives poussées par des intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général.

La fièvre consumériste, attisée par des spécialistes des sciences du marketing et de la publicité, ou encore le contenu de nos programmes télévisuels devraient nous donner l’alerte.

On peut se demander d’ailleurs si la réponse à la quête du bien-être n’est pas tout simplement dans la question : être.


L'évaluation, miroir aux alouettes, par Charles Hadji

Voici un point de vue que je trouve intéressant sur la nouvelle politique d'évaluation du président.

Charles Hadji est agrégé de philosophie, professeur émérite de l'université Grenoble-II.


Quelle heureuse idée ! Enfin, semble-t-il, une réforme utile, et promptement mise en oeuvre. Après des décennies d'évaluation sauvage ("Tous des incapables !"), il était temps de faire bénéficier l'action gouvernementale d'une évaluation instituée et instrumentée. La réforme tient en deux points : substituer aux jugements fondés sur des critères subjectifs, flous et implicites, des jugements fondés sur des critères objectifs, précis et explicites ; donner une suite concrète et immédiate aux jugements formulés.

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La stratégie de l’illisibilité

485432060_37c277f507Nous sommes dans une société où la transparence n’a jamais été autant revendiquée par les entreprises et les marques qui les représentent, lorsqu’elles parlent à leurs clients. Mais aujourd’hui, la transparence n’est plus réellement une vertu, travaillée et recherchée par ceux qui s’en revendiquent. Au contraire, c’est une nouvelle contrainte qui s’impose.

L’émergence de l’informatique, puis des réseaux ont permis une liberté de circulation de l’information. On peut savoir tout à n’importe quel moment, on peut comparer les prix, on peut regarder ce qui se passe à l’autre bout du monde, d’un clic, sans se déplacer ... c’est l’information qui vient à nous.

On est paradoxalement dans une vision libérale dont on pourrait se réjouir, puisque chaque acteur deviendrait autonome dans sa décision et est en capacité à aller chercher lui-même l’information nécessaire pour instruire ses choix. Malheureusement, la liberté d’action de l’individu n’est pas réellement recherchée … la parade à la transparence est trouvée : c'est la stratégie de l’illisibilité.

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Développement durable

6805221_d1acd1c82bJe ne sais pas pourquoi et comment j’ai croché dans le DD (développement durable). Ce que je sais, c’est qu’aujourd’hui, l’approche que proposent les théories qui gravitent autour de ce sujet me semble à même de transformer en profondeur la société et de faire prendre conscience des problèmes que notre développement engendre.

Le DD, c’est une méthode de travail fondée sur la prise de conscience que l’on avance de façon non durable, si on ne prend pas en compte les différents paramètres rentrant en ligne de compte dans une action : tant les paramètres recherchés (le but de l’action en question) que les paramètres non recherchés (les réactions, les conséquences, les externalités). Les méthodes de travail qui sont liés au DD vont donc chercher avant tout à poser des questions, pour véritablement peser si une action est globalement positive ou globalement négative.

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Violence

114351595_3f884d1857_2J’entends autour de moi, à droite bien sûr, mais aussi parfois à gauche, des voix qui condamnent les violences urbaines, sans aucune réserve.

Il y a dans ce courant de pensée dominant (issu de la droite dure) comme un retour à une forme de pensée unique, d’un monde sur un autre. Comme si l’acte de violence pouvait structurer la société entre les bons et les méchants … comme pour faire oublier nos responsabilités collectives.

Loin de moi l’idée de légitimer ici la violence, bien au contraire. La violence est d’abord l’expression de l’échec d’une société, d’un modèle éducatif, d’un modèle social, d’un modèle politique. C’est l’expression individuelle d’une frustration à laquelle la société ne donne, ni réponse, ni espoir. La violence, c’est une réponse immature face au sentiment d'impuissance.

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