François Hollande

Déchéance nationale ou déchéance de la gauche ?

Identité nationaleDepuis quelques jours, j’écoute, j’observe ce débat sur l’inscription dans la constitution de la déchéance nationale pour les personnes ayant la double nationalité et condamnées pour actes de terrorisme.

Je ne peux pas dire que la proposition m’emballe plus que cela, mais je ne peux pas dire non plus que le sort de quelques fanatiques dont l’objectif est de tuer d’autres personnes en se sacrifiant eux-mêmes soit mon premier soucis du moment. Lorsque je vois la gauche se diviser et s'étriper sur cette question, probablement de principe, mais extrêmement mineure dans son application, cela me questionne plus sur ce qu’est devenue la gauche aujourd’hui en France que sur le devenir des potentiels binationaux déchus.

La gauche en France est-elle devenue une telle poudrière qu’elle soit en incapacité à exercer le pouvoir ? J’entends bien que la politique c’est le débat, mais là on ne débat plus, on se combat soi-même, en prenant à témoin les français dans la presse. N’est-on pas assez critiqué dans les médias, mis en accusation par la droite, calomnié par l’extrême droite pour qu’il nous faille en plus que, sur l'échiquier politique de la gauche, la dame, les chevaliers et les fous se retournent contre leur propre roi en essayant d'entraîner le maximum de pions ? On croit rêver en entendant certains responsables à gauche vouloir faire la peau au Président qu’ils ont fait élire et à son Premier ministre.

Pour ma part, mon engagement à gauche n’est pas tant pour défendre des valeurs universelles que pour changer dans les faits la réalité d’un monde qui marche sur la tête et laisse sur le bord de la route toute une partie de la population. L’égalité, très bien, parlons-en. Mais ne commençons pas à nous entre-tuer sur la question de la nationalité de terroristes, mais plutôt sur celle des jeunes qui veulent avoir le droit à la réussite dans nos banlieues, par exemple. Croyons-nous une seconde que d’autres que nous ferons avancer ces sujets et, qu’une fois avoir affaibli ce Président que la gauche a réussi à mettre au pouvoir, la droite ou l’extrême droite fassent meilleur job à notre place ?

Par ailleurs, je soumets juste une réflexion sur le comportement de la gauche aux yeux des français. On observe depuis des années une droitisation de la France et de son électorat. Entre deux extrêmes, droite ou gauche, qui alternent entre anarchie et autoritarisme, il y a la droite républicaine qui a pour habitude de se serrer les coudes derrière son leader (notamment dans les moments forts) et une gauche qui part dans tous les sens et n’arrive pas à se mettre d’accord lorsqu’il s’agit de gouverner. Je conçois facilement que pour la direction de son pays, l’électeur ait de plus en plus de mal à aller voter pour une gauche qui a fait du mouvement brownien son principe de réalité, que pour une droite ou une extrême droite qui semblent savoir où elles vont. A défaut d’être le bon sens, c’est plus rassurant.

Un Président peut faire des erreurs, autant que tous les autres. Il n’y a pas de vérité absolue. La politique n’est pas une science exacte, mais une succession d’arbitrages ancrés dans un présent où se jouent de nombreux équilibres et fondées sur une croyance dans des actes ou des valeurs qui engagent le futur. Le sens de la démocratie représentative est d’élire des personnes à des fonctions, justement parce que nous portons en elles une confiance sur leurs qualités à conduire le pays et répondre aux enjeux, à la place qui sera la leur et qu’ils ne partageront avec personne d’autre. Si nous ne respectons pas à minima cela dans la durée d’un mandat, alors nous nions la capacité de la gauche à gouverner.

Ce qui est sur, c’est que pour gouverner, il y a besoin d’être au pouvoir. La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si la gauche souhaite et se donne les moyens pour y rester. Clairement, il y a une gauche qui préfère le confort de l’opposition aux responsabilités du pouvoir. Mais assurément, ce n’est pas celle qui changera le monde demain !


Quand celle qui se sent répudiée écrit un livre répugnant

Valerie-TrierweilerValérie Trierweiler a réussi son coup. Se venger de son amant, en vendant publiquement sa vie privée. Sauf que ce livre n’est pas le produit de l’innocence et d’une naïveté sentimentale. En commettant un tel ouvrage, la cible est touchée, mais les dégâts collatéraux dépassent largement l’objectif visé.

Sortir des petites phrases de leurs contextes, d’une vie privée, d’une sphère privée est un exercice de trahison et de voyeurisme qui conduit à prendre à témoin le lecteur sur des mots qui le dépassent. On ne fait pas de procès d’intention aux médecins sur leur volonté de soigner les malades, malgré les différents rites plus ou moins glorieux des internes. On n’en fait pas non plus à ceux qui côtoient la mort ou le risque et qui font de l’humour noir. On n’en fait pas aux éducateurs qui se moquent de leurs élèves. Chaque profession a ses façons d’exprimer, d’extérioriser les choses plus ou moins difficiles à accepter. Ce n’est pas pour autant que le travail, la vocation est absente. Ce sont des mots nécessaires, mais qui relèvent d’une sphère particulière, à même de les comprendre, de les analyser, parce que les vécus sont partagés.

Dans ce temps où les français se questionnent, se divisent, se radicalisent et ont du mal à déterminer une voix de sortie de la crise dans laquelle nous sommes, ce livre est le fait d’irresponsables. Fragiliser une fois de plus le pouvoir à qui l’on demande de répondre aux enjeux, c’est comme se tirer une balle dans le pied et s’étonner de ne plus pouvoir marcher. Ce livre amusera ceux que la politique n’intéresse pas, mais il ne fera pas rire au-delà. Madame Valérie Trierweiler récupéra surement un bon cachet de son « œuvre ». Elle portera aussi la responsabilité de quelques voix FN supplémentaires, pour avoir brouillé encore un peu plus la lecture d'une situation politique déjà complexe.

La politique n’est pas un jeu amoureux, c’est ce qui conduit un pays et qui impacte de nombreuses familles, de nombreuses personnes en France, mais aussi au-delà. Jouer avec son pouvoir de nuisance pour atteindre le pouvoir de faire d’un pays est grave.

L’histoire humaine entre Valérie Trierweiler et François Hollande est d’une grande banalité. C’est le feu des projecteurs qui rend cette histoire particulière, mais on a peine à imaginer que la dame ait découvert les ambitions de son homme sur le tard. Je n’ai jamais jugé l’un ou l’autre. Derrière toute histoire de séparation se jouent des drames. Par contre, de la part d’une personne qui connait bien tous les rouages du politique et des média, je trouve ce travail répugnant.


La gauche paradoxale

4476736_6_798e_francois-hollande-le-25-aout-2014-a-l-ile_77b277738a4f6e4a3b0bafa280e5782eIl est un constat que l’on peut faire : lorsque la droite est au pouvoir, elle vénère son chef ; lorsque la gauche est au pouvoir, elle est vénère contre son chef !

C’est probablement un des grands clivages comportementaux entre les deux bords. La droite adore le leadership et éprouve une admiration pour tous ceux qui ont le pouvoir, qu’ils soient politiques ou entrepreneurs. La réussite est à droite un marqueur qui semble effacer tout le reste, y compris le plus absurde (Cf. Sarkozy qui malgré ses nombreuses casseroles en tous genres, continue à être en haut des sondages à droite comme présidentiable). A gauche, c’est l’opposé : avoir du pouvoir reste suspect, quand bien même vous avez contribué à mettre la personne en place. La confiance n’existe pas dans une relation au pouvoir.

On peut constater que cette dissymétrie entre gauche et droite conduit finalement à une forme d'équilibre : quand la droite est au pouvoir, elle est forte mais a face à elle une gauche ravigotée, unie et prête à en découdre. Quand la gauche est au pouvoir, la droite est en crise et, force est de constater, que la gauche aussi !

Cet état de fait conduit irrémédiablement la droite à revenir au pouvoir plus facilement que la gauche. Mais nous pourrions faire le constat inverse : si la gauche se soignait de cette défiance naturelle vis-à-vis du pouvoir, peut-être qu’elle y resterait et qu’à terme, nous pourrions faire infléchir réellement la politique française vers la gauche, sur la durée. Mais non, il y a comme une forme d’envie suicidaire à gauche !

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La question du barreur

Differentes_alluresDans mes plus jeunes années, j’ai eu la chance de faire pas mal fait de voile, sur différents types de supports.

La voile est une source d’apprentissage à bien des égards. C’est aussi une belle façon de se déplacer, à l’interface entre deux fluides, en jouant sur les réglages et le plus souvent en équipe. J’ai pris la mauvaise habitude de rechercher les similitudes avec la société qui m’entoure et j’avoue que parfois, cela peut s’avérer riche d’enseignements, y compris lorsque l’on fait de la politique !

Par exemple, le maniement de la barre lorsque l’on va dans le sens du vent, ou que l’on cherche à remonter contre le vent, surtout par fort vent et mer formée.

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Appel à une République apaisée

Je suis un défenseur du mariage et de l’adoption pour tous, tout comme je fus un défenseur du PACS, en son temps. Je ne vois pas ce que cela retire aux autres que d’élargir le droit et la reconnaissance du mariage ou de l’adoption à des couples du même sexe. Cela étant dit, ce que je lis et entends aujourd’hui me questionne.

Après l’appel au sang ou à la guerre civile de « responsables irresponsables », nombre de personnes souhaitant voire aboutir cette loi s’offusquent ? Sauf que l’histoire de cette loi est depuis le début un champ de bataille entre pro et anti. Aucun des deux camps n’a tenté d’apaiser le débat, bien au contraire, chacun à fait monter la tension, pour en arriver aujourd’hui à des prises de positions tout à fait inacceptables, dépassant largement le sujet initial.

Je pourrais faire comme de nombreux camarades et m’offusquer contre les propos déplacés des antis. Vu le délire de certains, tout nous est finalement servi sur un plateau. Mais ce serait la facilité. Nous oublions un peu vite que nous sommes aux responsabilités et faire preuve de responsabilité, c’est aussi d’abord savoir balayer devant sa porte.

Alors que nous sommes arrivés au pouvoir il y a 11 mois, nous avons proposé cette loi sur le mariage et l'adoption pour tous qui était clairement une des propositions du programme de notre candidat. Où était l’enjeu ? On peut comprendre que les opposants à cette loi descendent dans la rue pour manifester leur désaccord. L’histoire et le vote des français leur donnent tort, mais ils ont le droit à une expression. Ne l’a-t-on pas fait en notre temps contre Sarkozy ? Mais j’avoue avoir eu beaucoup plus de mal à saisir la logique des manifs de soutien à la loi, la première, puis la seconde. J’avoue aussi avoir eu du mal à comprendre la logique visant à accélérer le calendrier sur la PMA, en allant à l’encontre de toutes les annonces précédemment faites et en tentant de faire passer cela par le débat parlementaire, au lieu de rester dans le cadre des lois sur la bioéthique comme annoncé initialement.

Ce comportement, venant de responsables politiques, m’interpelle sur le fond comme sur la méthode.

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Rassemblement contre le mariage et l’adoption pour tous

Manif contre mariage pour tousIls étaient entre 340 000 et 800 000 à se rassembler ce dimanche à Paris pour manifester contre le mariage et l’adoption pour tous. Cela fait du monde dans la rue, venu de partout en France puisqu’environ 1 000 cars semblent avoir été affrétés pour l’occasion. Une population rassemblée, mais très hétéroclite aussi dans leurs philosophies et leurs motivations.

Mobilisation de rue, certes, mais c’est un peu l’arbre qui cache la forêt.

Les Français sont majoritairement favorables à cette mesure qui est directement issue du programme de François Hollande, présenté il y a un an durant la campagne (point de surprise là-dessus). D’après le magazine Pèlerin, 60% des français adhèrent à la mise en place du mariage pour tous.

Pour l’adoption, la tendance est inversée puisque 54% des français n’y sont pas favorables. Mais ce chiffre, plus qu’une opinion, cache un doute puisqu’ils n’étaient que 42% contre cette mesure, en juin 2011. Le matraquage médiatique et politique des opposants a donc fait son effet. On observe sur 7 mois une baisse de 12 points dans l'opinion, toutes tendances politiques confondues.

D’après les études, le clivage sur ces deux questions est porté par 3 critères : le sexe, l’âge et l’opinion politique.

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Engagement 31 : Mariage et adoption pour tous

Arton679Bon ce soir, j’aborde un sujet que je ne trouve pas simple, plus par la forme qu’il prend dans la société que pour le fond de la proposition d’ailleurs.

Etant élu, je marie en mairie et je ne vois aucun problème à pratiquer des mariages de personnes du même sexe. Je préfèrerai d’ailleurs la sincérité de cette nouvelle situation, à l’entre-deux qu’autorisait le PACS et qui ne me satisfaisait qu’à moitié. Il y avait là comme un gout d’inachevé, sachant que des couples n’avaient pas accès au « vrai mariage », comme ils auraient pu le souhaiter.

Sur la question de l’adoption, on est évidemment sur un problème plus engageant pour la puissance publique. Il ne s’agit plus seulement de l’engagement entre deux adultes consentants, mais d’un engagement qui intègre un enfant, avec tout ce que cela implique. Je ne résumerais pas ma pensée en deux lignes, mais mon sentiment est que la nature du sexe des parents est un élément secondaire, tout comme la race, la condition sociale, la croyance ou l'âge … au regard de l’amour et de l’attention qu’ils ont envie de donner à leur enfant.

Cela étant, et même si cela ne me pose donc pas vraiment de questions personnellement, je reconnais aussi le droit à d’autres à pouvoir s’en poser sans pour autant devoir leur jeter l’anathème (si je puis dire). La question n’est pas nécessairement si simple, pour au moins trois raisons.

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Lettre aux riches qui croient être la classe moyenne

TirelireAmis “riches de la classe moyenne”, vous peinez à comprendre l’action de ce Président enclin à vouloir ponctionner votre argent … que vous avez gagné grâce à vos nombreux talents. Ainsi, la dernière innovation fiscale : tranche d’imposition à 45% pour les revenus dépassant 150 000 € par an et par part, vous fait-elle vous répandre dans la presse contre l’injustice caractérisée qu’elle ferait peser sur vos modestes épaules.

D’abord et en toute sympathie, laissez-moi vous rappeler que d’après les statistiques nationales disponibles sur le site de l’INSEE, le revenu médian français par ménage se situe aux alentours de 30 000 €/an et que 90% des revenus en France sont inférieurs à 60 000 €/an, toujours par ménage. Disposé d’un revenu (par part) 5 fois supérieur au revenu médian par ménage et près de 3 fois supérieur aux revenus de 90% des ménages français commence à donner de sérieuses indications chiffrées sur la caractérisation du terme « riche », au regard de l’appellation très convoitée de « classe moyenne ».

Cela étant, à votre décharge, il est fort probable que impression d’appartenir aux classes moyennes vous vienne d’une forme de tropisme sociologique : les membres de votre entourage et vos proches ayant les mêmes moyens et les mêmes habitudes que les vôtres, vous en déduisez être dans la moyenne et donc faire partie de cette fameuse classe moyenne. Mais, il n’est est malheureusement rien.

Face à cette myopie sociologique, je ne peux que vous conseiller de vous ressaisir et de sortir de cette paranoïa qui pourrait, si vous n’y faites attention, vous conduire vers la dépression !

(Sources : Fiches thématiques - Revenus - Les revenus et le patrimoine des ménages - Insee Références - Édition 2012)


La gauche unie derrière Jean-Luc Bleunven

Jean-Luc BleunvenAprès un premier tour qui aura pris l’allure d’une primaire à gauche, Jean-Luc Bleunven passe en tête la première étape de la sélection, dans la 3ème circonscription du Finistère.

Pour un candidat qui n’aura pas bénéficié de la notoriété de l’étiquette d’un parti politique, la performance est tout de même à remarquer. Remercions au passage la candidate écologiste Magali Deval pour la réactivité de son fair-play, dès l’annonce des résultats, une bonne dynamique de report se joue aussi sur ces petits gestes-là.

Il ne reste plus que quatre jours pour transformer l’essai et battre la candidate de l’UMP qui aura plus marqué la campagne par des petites promesses de voisinage que par l’ambition d’un nouveau souffle pour la France. De son coté, Jean-Luc Bleunven porte l’ambition de conforter la majorité présidentielle. Une majorité que nous souhaitons forte pour pouvoir conduire les projets que la France à besoin. La gauche à trop longtemps connue des séquences de cohabitation ne permettant pas de mener à bien des projets de fond. L’opportunité est aujourd’hui donnée de ne plus gouverner, entravé par cette contrainte.

Jean-Luc Bleunven a montré sa capacité à convaincre dans cette campagne de premier tour. A nous de le porter jusqu’à la victoire au second, par un rassemblement le plus large possible à gauche.

Retrouver toutes les informations sur Jean-Luc Bleunven et sa suppléante Elyane Pallier sur le site :

www.jeanlucbleunven2012.fr


A Vincennes, l'appel aux Français de François Hollande

Meeting Francois Hollande Chateau VincennesA maintenant une semaine du premier tour, nous étions quelques 100 000 personnes réunies devant le château de Vincennes cet après-midi (peut-être plus, peut-être moins), pour un des plus gros meetings de la campagne. Voir autant de personnes autour du projet socialiste, autour de notre candidat et surtout autour de l’espoir à cette alternance que nous appelons de nos vœux fut évidemment un temps très fort.

Face à un public probablement conquis au vote pour François Hollande, celui-ci a appelé l’ensemble des français à la mobilisation finale au travers de cette liberté d’expression qu’offre l’élection. Cette liberté de sanctionner le président sortant pour sa politique de division, de peur et de préférence nationale pour l’argent. Cette liberté de croire en la justice, l’équité et l’égalité qui seront les piliers des arbitrages à venir, dans une période qui ne promet rien de plus que d’être difficile. Enfin, il a rappelé une évidence que le monde de l’argent tente de nous faire oublier : lorsque l’espoir, l’envie et la détermination sont partagés par la majorité, alors tout devient possible.

Ce rassemblement populaire lance la dernière ligne droite d’une mobilisation qui aura commencé bien en amont. L’objectif n’est pas moins que de changer cette politique de droite que nous subissons depuis plus de 10 ans et qui n’a rien résolu. L’objectif est de faire de cette élection un des grands temps forts pour le peuple de gauche, pour les progressistes, comme nous avons pu en connaitre au siècle dernier. Des temps forts qui auront apporté aux citoyens de vraies conquêtes et de vrais changements.

L’option est simple, soit poursuivre le conservatisme de ceux qui se sont aujourd’hui réunis là où jadis on guillotinait les gens publiquement, soit le choix de vraies réformes en profondeur, avec bienveillance pour tous les français.

Le changement, c’est maintenant, à la condition que nous le décidions tous ensemble, dès dimanche prochain.


Une drôle de campagne

Sondage présidentielle 2012La campagne présidentielle semble inquiéter les commentateurs, elle n’intéresserait pas assez les citoyens, avec donc des risques de surprises dans les urnes.

D’abord, il faut probablement relativiser l’inquiétude, simplement du fait de la nature de l’émetteur du message, qui est partie prenante dans l’évènement. Les commentateurs politiques vivent de la politique, presque plus que les politiques eux-mêmes. Il y a dans leurs regards et leurs commentaires circonspects une forme de mise en scène de l’échéance. A quoi serviraient-ils si tout un chacun était capable de deviner la fin de l’histoire avant eux ?

C’est probablement ce qui explique d’ailleurs la teneur d’un discours très axé sur le premier tour dans le duel Hollande-Sarkozy. A bien regarder le second tour, les jeux sont faits dans les sondages sur lesquels s’appuient les commentateurs, nul besoin d’expertise. Pour créer du suspense, il faut regarder le premier tour, là où les électeurs de gauche comme de droite se dispersent entre les candidatures, là où les favoris vacillent, en fonction des voix qui s’écartent momentanément de leur bulletin.

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Sarkozy, l'illusionniste des riches

Euro SarkozyOn sait que le président sortant voue une admiration sans limite pour les riches, il est le président des riches. Ce que l’on imagine moins, c’est qu’il se sert des autres classes pour défendre les riches.

Dans une excellente chronique de Philippe Askenazy dans le Monde, nous apprenons que la réalité de la France, n’est pas tout à fait celle que nous dépeint l’UMP.

A coup de pression fiscal, de social ou d’assistanat, nous découragerions la création de richesse, la France serait un repoussoir pour les riches … ce qui couterait fort cher aux classes moyennes et aux pauvres. Que nenni mes amis ! La France compte près de 9% des millionnaires de la planète, bien plus que l’Allemagne ou l’Italie.

Embourbé dans notre dette et nos déficits, nous serions en grande difficulté financière. C’est sans compter sur ce que l’auteur de la chronique appelle le « patrimoine liquide net » du pays (le patrimoine net de la population, moins la dette net du pays en question). La France culmine encore une fois, avec un patrimoine liquide net de 510 % du PIB !  De quoi voir venir un peu, non ?

Enfin, sur la pression fiscal sur les très riches (les pauvres très riches, comme on dit maintenant), elle serait confiscatoire. Je vous conseille le rapport sur la fiscalité et la redistribution en France entre 2007 et 2012 [ici] et notamment ces deux tableaux [ici & ]. D’abord, nous constatons que les 0,1% les plus riches disposent d’une décote par rapport aux autres revenues et ensuite, que l’imposition globale sur cette tranche extrême a continué à descendre durant le dernier mandat.

Alors que dire, si ce n’est que tout le discours de Nicolas Sarkozy est faux sur ces hyper riches. Ils étaient là avant son mandat (malgré tous les défauts de la France) et son action politique aura été de leur faire des cadeaux fiscaux, tout en dressant un tableau très sombre de la situation, pour faire croire au reste de la population que c’était à eux de se serrer la ceinture.

Il est temps d’inverser cette tendance. Il ne s’agit pas de faire la guerre aux riches ou de les stigmatiser (c’est en leur mettant un régime de faveur qu’on finit par les stigmatiser), mais il s’agit bien de redonner du sens à tout cela : une justice entre les citoyens, un effort équitablement réparti et enfin une vraie cohésion sociale et non plus, une exclusion fiscale par le haut.

Le programme de François Hollande répond bien à ces impératifs [ici], notamment en ce qui concerne la taxation des revenus les plus hauts, au-dessus de un million d’euro.


Quand Sarkozy invente la rétro-solidarité territoriale

Affiche-sarkozyDans son "programme", le candidat sortant propose de baisser les dotations de l’Etat pour les collectivités territoriales qui refuseraient de baisser leurs effectifs et leurs dépenses de fonctionnement. Belle promesse ! Mais que cache-t-elle, si l’on excepte le fait d’une ingérence totalement anti-démocratique d’un échelon du pouvoir sur un autre.

Prenons une commune qui aurait les moyens de baisser ses dépenses, probablement parce que certaines ne seraient pas justifiée … une commune à haut potentiel fiscal, par exemple. Elle continuerait à toucher les mêmes dotations de l’Etat. La baisse de dépense irait donc mécaniquement vers une baisse de la fiscalité locale.

A l’opposé, une commune qui n’aurait pas la possibilité de baisser ses dépenses, parce que sur un territoire difficile, nécessitant certains moyens et déjà à l’étale financièrement du fait d’un potentiel fiscal faible, se verrait diminuer les dotations de l’Etat. Cela conduirait donc mécaniquement à une hausse de la fiscalité locale !

Résumons la proposition : baisse de la fiscalité locale pour les riches et hausse pour les communes en difficultés. Ensemble, tout devient possible, même le renversement de la solidarité nationale.

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Sur Brest en 2012, près d’un tiers du budget de la ville vient d’une dotation de l’Etat (DGF) pour plus de 35 million d’euros et pour la communauté urbaine, c’est 15.5%, pour plus de 45 M€.


Les résignés de l’ère Sarkozy

One Way C-TownerUn des plus grands maux produits par le président sortant aura été sa capacité à déconstruire les perspectives et à affaiblir le fait Politique. Tout le discours de la droite, de l’UMP et de son porte étendard président fut de faire passer leur politique comme la seule alternative possible aux situations auxquels nous devions faire face, tuant l’idée même de politique.

Combien de fois avons-nous entendu : « Nous devons dire la vérité aux Français » … « Le courage politique nous oblige à » … « La situation actuelle nous contraint à » … etc. La façon d’aborder les solutions aux difficultés, dans le discours de la droite, est de les amener comme une évidence, comme une option sans alternative possible, en un mot, comme une fatalité. Dans ce discours, toute résistance serait vaine, puisque contre-productive. Ainsi fait-on passer les opposants pour des arriérés. Ainsi casse-t-on peu à peu tout espoir. Ainsi forge-t-on, un peu plus tous les jours, la résignation à l’injustice qui s’est installée pendant ce mandat, sous les yeux de tous.

Cette persistance dans l’approche du discours vers les français aura fini par casser toute espérance sur le pouvoir réel du politique, de la Politique. Pourquoi passer du temps à réfléchir, à s’investir, à s’engager ou même simplement à aller voter, si la solution s’impose, est de toutes façons déjà tracée d’avance ou est unique.

Mais tout cela est un mensonge. Croyons bien que dans les hautes sphères économiques ou politiques, personne n’y croit. Notre société se façonne chaque jour aux grés des rapports de force, aux grés des ambitions, des volontés, des projets portés par des individus qui veulent changer le monde. Cette résignation aura bien servi le dessein de certains, d’une minorité sur une majorité. Tout ce discours est faux, il y a bien des alternatives politiques, il y a bien d’autres personnes pour les porter. C’est un discours de domination sur le peuple.

Dans cette campagne, au contact des citoyens, nous devons faire face à cette résignation qui s’est profondément implantée, à force d’avoir été méthodiquement cultivée.

Il est faux de dire que le Politique ne peut pas, ne peut plus. Ensemble, nous pouvons tout. Nos seules limites sont celles que nous nous mettons collectivement en tête. Les horizons du possible seront ceux que nous saurons porter collectivement. L’histoire a montré que toutes les limites pouvaient un jour être repoussées. Alors arrêtons de croire ceux qui nous disent l’inverse.


Le Pen au second tour

France-de-sarkozyL’UMP nous fait le grand show sur la soi-disant traque de Nicolas Sarkozy, soit par une gauche irresponsable, soit par une presse de gaucho ! Le président sortant serait la victime d’affreux conspirateurs qui voudraient sa peau et ce, malgré le soutien inaliénable de milliers de militants de l’UMP venus l’acclamer à Villepinte.

Hier matin, un édito du Wall Street Journal (journal conservateur du Groupe de Rupert Murdoch, bien connu pour ses positions de gauche !!) appelait notre président sortant, “Nicolas Le Pen”, pour son cynisme lorsqu'il fait appel aux propensions xénophobes des électeurs [ici]. Au bout d’un mandat, Sarko l’américain se fait critiquer pour ses « sales pensées » (ugly thought) et son « analphabétisme économique » (economic illiteracy) par la presse de droite américaine.

La semaine dernière, dans le Figaro (toujours la presse de gauche !), nous apprenions que le couple Sarko-Merkel rejouait la belle et la bête aux yeux des citoyens européens puisque, si les deux personnages sont bien identifiés en Europe, l’une est appréciée et l’autre pas du tout [ici]. On peut alors mieux comprendre que le président sortant tente depuis le début de sa campagne de gagner un baiser d’outre-Rhin, probablement dans l’espoir de se transformer en prince charmant !

Non, ce n’est ni la gauche, ni la presse qui ont fait que Nicolas Sarkozy est critiqué de toute part, il est lui-même l’acteur principal de ce rejet massif. Après un mandat à avoir bridé la presse française, il est probable que les langues se libèrent un peu plus pendant la campagne, mais ce qui apparait aujourd’hui n’est rien d’autre que la réalité du personnage et de ses acolytes.

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Discours de François Hollande au meeting du Bourget

FH2012_BourgetDevant plus de 25 000 personnes, François Hollande a donné, le 22 janvier au Bourget, le coup d’envoi de la dernière ligne droite de sa campagne présidentielle. Un beau discours qui apporte du sens à sa candidature. A lire ou regarder ...

Trois jours plus tard, le non-encore-candidat UMP envisage une défaite, il fallait le faire ce coup-là !

Le texte du discours

Les vidéos ci-après ...

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La primaire citoyenne, une indiscutable réussite avant tout

FHQuelques lignes avant de clore cet évènement nouveau dans le paysage politique français et passer à autre chose.

D’abord, disons-le avec fierté, cette primaire est une réussite. Avec environ 3 millions de votants, soit au premier tour, soit au second, soit aux deux, cette primaire aura largement mobilisé au-delà des militants du parti socialiste (dix fois plus). Malgré les doutes émis par la droite, malgré sa stratégie de l’épouvantail sur le fichage, malgré les vociférations de ses ténors, elle n’aura pu entraver réellement cette dynamique d’engagement contre elle. Aux yeux de la population, cette primaire marquera au contraire les esprits comme une forme de courage des politiques de gauche, afin de laisser le choix de trancher aux français.

La seconde leçon est sur l’intérêt d’un scrutin à deux tours. La primaire n’est pas une élection, mais une sélection. Le second tour n’a pas autant de nécessité que dans un vote où il existe une bi-polarité politique historique. Dans une primaire, nous sommes par nature sur des options politiques très proches. Le premier tour suffit à lui-même pour compter les expressions de la population. Par ailleurs, l’entre-deux tours aura fait monter les tensions entre deux camps, sans que cela ne change le résultat. Il est en effet rare dans ce type d’élection que l’électeur ne choisisse pas celui arrivé en tête au premier tour, celui qui a le plus fort potentiel pour la suite. Enfin, par le jeu du report des voix, le second tour fait courir le risque d’un résultat peu tranché et donc d’un affaiblissement du candidat qui en ressortirait, en vue de la vraie élection à suivre. L’intérêt d’un second tour est donc, de mon point de vue, largement discutable.

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Arrêtons la caricature et faisons de la politique

Fr Hollande

Depuis plusieurs jours, on entend à droite comme dans une certaine gauche des propos sur une soi-disant « mollesse » du candidat à la primaire, François Hollande. On entend parler dans la presse ou dans les réseaux sociaux de « gauche molle » ou de « balladurisation », comme pour faire prendre pour une évidence ce qui ne l’est en fait pas du tout.

Je n’associe pas la notion de mollesse à la détermination. Quand un candidat se lance dans un combat électoral avec 5% de votes favorables dans les sondages, face à un autre prétendant qui est affiché comme quasiment élu dans les médias (DSK), je n’appelle pas cela de la mollesse, mais de la détermination et du courage, probablement d’ailleurs alimenté par une vraie vision personnelle du pouvoir et non seulement du programme d’un parti.

Je n’associe pas la mollesse au respect de ses adversaires. Quand un candidat donne comme consigne à ses équipes de ne pas faire de campagne de terrain pour lui, mais seulement pour la primaire, je considère aussi que c’est un choix courageux et qui témoigne d’une réelle confiance en soi et en ses idées. Que d’autres camarades aient fait d’autres choix, cela les regarde, mais aux yeux des citoyens (et probablement de la droite) il n’y aurait rien eu de pire que des équipes de campagne en train de s’écharper sur chaque marché, sur le jeu du porte-à-porte, des collages d’affiches ou des diffusions de tracts. Si chaque candidat avait fait le choix d’un marketing agressif, nous serions aujourd’hui dans une foire d’empoigne et donc, un message complètement différent du débat apaisé qui transparait, grâce aux différents débats télévisés. Dans une société harcelé par la compétition et la communication, je trouve qu’avoir fait le choix d’une campagne de candidat aux primaires à minima, en faisant confiance à l’intelligence des électeurs, est un choix ambitieux et porteur de sens.

Enfin, je n’associe pas la mollesse à l’écoute et au respect d’avis différents. Il y aurait d’un coté ceux qui font les choix et de l’autre, ceux qui n’en feraient pas. Non, bien-sur ! Par contre, il peut y avoir deux méthodes : une plus orientée vers des décisions unilatérales du pouvoir et encadrées par la loi et de l’autre, une autre plus orientée vers la recherche de consensus et vers des applications par la négociations entre acteurs. Faire croire que l’on peut tout diriger et trouver les bonnes solutions d’en haut est une hérésie. Il n’y a plus que les grands patrons du CAC 40 (et Sarko) à croire cela ! Les décisions doivent pouvoir s’adapter aux situations, aux contextes, aux groupes. Ce qui est vrai ici peut être faux et improductif-là. Les choses ne sont pas complexe en soi, mais c’est le respect de la diversité qui leur donnent toute leur complexité. L’exercice du pouvoir nécessite de l’écoute, de la nuance et une grande capacité à faire confiance aux citoyens, pas seulement aux lois !

Nous sommes à une époque où les médias et les réseaux sociaux, manipulés par des cabinets de communication, sont en capacité à dézinguer un candidat en fabriquant des procès d’intention axés sur des lieux communs et des caricatures complètement extérieures au débat. Méfions-nous de cela, car ceux qui utilisent ces outils sont souvent ceux qui n’aiment pas que nous pensions pas nous-mêmes.


Une rentrée politique sous le signe des primaires

Fr Hollande La rentrée 2011 se fait sous le signe de la préparation des primaires à gauche. L’élection présidentielle approche lentement mais surement. La politique du gouvernement a marqué le pas depuis maintenant de nombreux mois autour de leur candidat unique. Europe Ecologie Les Verts ont fait leur primaire interne avant l’été. Voici le tour des partis de gauche : PS et Radicaux de gauche.

Les primaires d’octobre prochain seront un temps où tous les citoyens qui se sentent de gauche pourront aller s’exprimer par le vote. L’objectif est d’abord la liberté de l’expression pour désigner le candidat de la gauche.

Lors de la précédente élection présidentielle, seuls les militants encartés au PS avaient pu voter pour les trois candidats (Royal, DSK e Fabius). Des voix hors du PS s’étaient élevées pour dire que les militants du PS n’étaient pas forcément les plus représentatifs pour choisir LE candidat de la gauche, ayant la plus forte probabilité de faire face à la droite au second tour. C’était en effet une critique entendable, même si elle pouvait être discutée. Les primaires les 2011 répondent sur ce point, en ouvrant au maximum la possibilité de participer. Chaque citoyen se reconnaissant de gauche pourra voter.

On connaît la liste des candidats à cette primaire. Il y a des hommes et des femmes, des jeunes et moins jeunes, des expérimentés et des moins expérimentés et il y a bien sur, des postures politiques un peu différentes entre chaque candidats. Il y a le choix et on ne peut pas dire qu’il n’y ait pas là des personnes de grandes qualités.

Une primaire n’est pas une élection entre un candidat d’extrême droite face à un candidat d’extrême gauche ! Les différences se font dans les nuances, dans les perceptions individuelles, dans les ressentis et dans les façons d’être, les façons de se comporter ou d’être candidat, en vu de devenir Président. Le choix n’est pas simple, mais c’est aussi cela la politique, il n’y a pas toujours d’un coté le blanc et de l’autre le noir, heureusement !

Pour ma part, j’ai fait mon choix avant les vacances après avoir lu et écouter les déclarations, les articles et échangé avec quelques proches amis. Je soutiendrai François Hollande dans cette primaire et si les électeurs de gauche le souhaitent, pour la présidentielle.