Et si on autorisait des espaces d'expérimentations sur Brest ?

Design_3aEn matière de d’éducation, de déchet, d’énergie, d’habitat, de déplacement, de solidarité, de santé, etc … la ville et la métropole de Brest portent des actions qui tendent à apporter des améliorations et à pousser des politiques publiques dans lesquelles l’équipe en place croit.

Parce que l’action publique se doit d’être la même partout, le service public s’organise de façon globale partout sur Brest, en essayant d’apporter une réponse homogène à tous. Cela étant, parfois, certains habitants sont aussi des militants, des experts, des expérimentateurs qui ont envie d’aller plus loin que ce que la collectivité est en capacité à apporter comme réponse collective à tous.

Ces personnes ne sont pas ne déphasage avec les objectifs politiques portés par les élus, ils sont juste en avance et veulent aller plus loin et plus vite que ce que nous sommes collectivement capable de proposer.

Bien souvent, ces habitants s’investissent de façon très volontariste justement sur des politiques que nous voulons faire avancer, simplement parce qu’ils y croient. Pourquoi nos collectivités agissent trop souvent comme des freins à leur égard ?

Comment offrons-nous un espace d’action qui leur permettent d’être peut-être les initiateurs des politiques publiques de demain ? Comment autorisons-nous le droit à l’expérimentation, le droit à l’erreur qui va avec ? Comment les soutenons-nous dans leur démarche ?

Osons créer des espaces d'expérimentations qui permettent à ces citoyens « défricheurs urbains » de laisser libre leur volonté d’agir plus loin, plus vite et pour un intérêt partagé bien compris. Regardons comment les accompagner ponctuellement pour pouvoir bénéficier de ces expériences volontaires dont certaines profiteront ensuite à tous.

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Et si on donnait des budgets aux mairies de quartier de Brest ?

4799054044_689c1fdd1d_cLa France dispose d’un peu moins de 35 000 communes pour 67 millions d’habitants. En moyenne en France, une commune représente donc un groupe d’un peu moins de 2 000 habitants. Vu ce ratio, on comprend l’intérêt de l’intercommunalité et de la création des « surcouches de coopérations communales » que sont les EPCI (la métropole pour Brest).

Toutefois, si ces grands agglomérats de populations ont du sens en termes de visibilité et d’attractivité des territoires, de coopération économique entre acteurs, de réflexion sur des infrastructures lourdes, d’efficacité de l’ingénierie publique sur de larges bassins de vie, ils ont aussi des externalités négatives fortes vu de leur population. Ils éloignent toujours plus le citoyen de la décision publique et deviennent des paquebots institutionnels qui peinent face à l’agilité demandée par la population sur certaines politiques.

Comment retrouver cette qualité de service attendue par les citoyens ? Comment remettre de l’agilité dans la décision publique et les réalisations qui vont avec sur le champ de la proximité, de la quotidienneté et sur des aspects qui ne relèvent pas de la cohérence d’infrastructures lourdes.

Donner un budget et une gouvernance propre de ce budget à chaque mairie de quartiers pourrait permettre de redonner cette capacité d’action attendue, plus proche des habitants. Il faudrait commencer par expérimenter sur certaines politiques et développer au fil du temps et des attentes exprimées.

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Et si on créait des « design centers » urbains pour les citoyens à Brest

Canalbrest-capucinsphotos-201709Y-a-t-il des lieux ou la création, l'innovation, la coopération, le croisement des expériences fonctionnent mieux qu’ailleurs ? L’environnement dans lequel on se trouve et l’organisation de l’espace est-il un enjeu dans ce que l’on produit ? Probablement et de nombreuses entreprises y ont répondu en créant des espaces dédiées à la création et des méthodes de travail différentes, plus tournés vers l'innovation et la coopération.

Des lieux publics de ce type existent déjà mais ils sont souvent très orientés autour de la culture du numériques : Cantine numérique, Fab Lab, etc … mais existe-t-il des lieux pour la création associative ou simplement pour la création entre citoyens qui ont juste envie de faire émerger un projet ensemble ?

Les mairies ou les associations de quartier ont souvent des belles salles qui pourraient facilement être adaptées à cette fin. Il s’agirait de mettre à disposition des outils et des méthodes facilitant le travail de groupes afin de faire émerger des dynamiques de quartier.

Faire émerger le pouvoir d’agir, l’empowerment ou tout autre nom qui donne aux citoyen la capacité à auto entreprendre par lui-même l’espace public, l’intérêt général et le collectif est un enjeu auquel nous devons apporter des propositions. Mettre à disposition des espaces dédiés dans la proximité des quartiers pourrait être une bonne idée.

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Et si on donnait la possibilité aux habitants de se créer des tiers lieux citoyens de quartier ?

Ardèche  reportage au cœur d’un tiers lieu en milieu ruralRecréer des dynamiques sociales sur un quartier n’est pas chose facile dans la société d’aujourd’hui, où l’individualisme a peu à peu remplacé le collectif. On le voit au travers certains projets, l’existence d’un lieu dédié peut y aider.

Pourquoi ne mettrions-nous pas en place des lieux autogérés, dédiés aux développements des dynamiques sociales et relationnelles sur un quartier. Un local, un bas d’immeuble, une maison, une ancienne boutique ou lieu industriel abandonné pourrait facilement être investi par des habitants, remis en état et au gout du jour à coup d’huile de coude et d’imagination fertile.

Lieu focal de la vie de quartier, il pourrait permettre de dessiner les contours des projets portés par les habitants volontaires du quartier : des fêtes de rue, des kermesses, des rencontres, des pauses café ou salon de thé, des lieux d’offre ou de demande de services, des lieux de prêt ou d’échange, des lieux pour les paniers bio ou les achats groupés de bouteilles de vin, des lieux ressource et des lieux de production d’une vie de quartier bien remplie et plus solidaire.

Pour fonctionner, ces tiers lieux devraient être des espaces construits ensemble et où il fait bon vivre. Ils devraient être aussi des espaces de démocratie avec une gouvernance dédiée, discutée et décidée ensemble. Lieux de convivialité et d’apprentissage de la coopération à tous les âges pour récréer des vraies vies de quartier.

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Et si on pensait la proximité en fonction du vécu des quartiers ?

PSA-ERCS_Pictogrammes - Engagement_ProximitéLe lieu où l’on vit, son quartier est à la fois une source d’identité, un espace de services et une sphère de rencontre au quotidien. L’émergence des mobilités puis des communications modernes ont eu tendance à effacer les logiques de proximité au profit de logiques de réseaux ou d’intérêts. Des relations inscrites dans un espace toujours plus large, voire aujourd’hui mondial.

Pourtant, cet espace de proximité est un facteur de bien-vivre dans la ville. Comment reconstituer cet espace de proximité aujourd’hui pour demain ?

La proximité a surtout été prise par le prisme des services administratifs que l’on devait produire pour les habitants. C’est sur cette logique qu’ont été mises en place des mairies de quartier. Mais cette façon de voir dessine des territoires de plus ou moins 20 000 habitants sur Brest, ce qui ne correspond clairement pas à un vécu de proximité.

La proximité vécue est plutôt celle à l’échelle d’une école, d’une boulangerie, d’un jardin public, d’un bureau de tabac. Elle est là l’échelle du quotidien des habitants, où des jeunes jouent ensemble, où des mêmes personnes se croisent régulièrement et se disent bonjour, se rencontrent et tape la discute, partagent des intérêts communs de la vie de tous les jours. Elle se joue probablement à une échelle de 6 000 à 8 000 habitants, peut-être moins parfois.

Pourquoi cette échelle est importante. Parce que c’est aussi celle de la compréhension, de l’action, de l’engagement, de la solidarité, de l’entraide, de la coopération et de la rupture de l’isolement.

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Et si on faisait de Brest une capitale de la lutte contre les inégalités ?

InégalitéLe mois dernier, on apprenait que le plus riche milliardaire du monde était … français ! Bernard Arnault dépassait Jeff Bezos, le patron d’Amazon et était à la tête d’une fortune estimée à près de 110 milliards de dollars (100 milliards d’euros).

Millier, million, milliard, au bout d’un moment, on perd la notion de grandeur, tout cela ne veut plus rien dire et le cerveau humain n’arrive plus à imaginer ce que cela représente en terme de richesse. Le mieux est de « s’amuser » à transcrire cela en grandeurs palpables.

Le billet de 500 € (qui n’est plus fabriqué) est la plus forte concentration de richesse dans une monnaie de la planète. Être millionnaire, c’est posséder une pile de 20 cm de billets de 500€ [1].

Question : qu’elle est la hauteur de la pile de Bernard Arnault ?

  1. La hauteur de la tour Tanguy ?
  2. La hauteur de la mairie de Brest ?
  3. La hauteur de la tour Eiffel ?
  4. La hauteur du mont Blanc ?
  5. La hauteur de l’Everest ? (soyons fou !)

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Et si on faisait une nuit des solidarités à Brest ?

Solidarité_Parce que nos sociétés segmentent naturellement la population en groupe qui vivent et travaillent dans des milieux socialement homogènes, la mixité sociale ne se fait jamais toute seule. Se créent alors des incompréhensions, du rejet et de la peur pour ceux qui sont différents et souvent invisibles aux yeux des uns et des autres.

Organisée une à deux fois par an (l’une en début d’hiver, l’autre en tout début d’été), cette nuit des solidarités serait un appel aux citoyens, pour que chaque brestois.e qui le souhaite puisse s’associer aux professionnels de l’exclusion, aux associations de solidarité, le temps d’une soirée et d’une nuit.

Conférences pour comprendre, échanges pour se connaitre et rencontres avec les invisibles dans les espaces publics, dans les gares, les ports, les parcs, les salles d’attente des hôpitaux et certains squats connus.

Par petits groupes de professionnels et de bénévoles, il serait possible de partir à la rencontre de ces personnes pour recueillir leur parole aider d’un questionnaire garantissant l’anonymat à ceux qui acceptent de répondre, pour mieux connaître la réalité de ce qu’ils vivent et attendent.

Mobilisation citoyenne dotée d’une charte éthique écrite et validées par les associations participantes pour encadrer cet engagement citoyen le temps d’une nuit : accepter la non-réponse, garantir le non-usage de la géolocalisation, des clichés et des réseaux sociaux.

Ce recueil d’informations servira à mieux piloter la politique municipale des solidarités, suivre sur plusieurs années l’évolution des paroles recueillies et aussi d’appréhender les nouveaux besoins et les publics moins connus.

Une nuit pour ensemble, professionnels, bénévoles associatifs et citoyens, recueillir la parole et les besoins de ceux à qui on ne demande que trop rarement leurs avis et qui trop souvent ne peuvent prendre la parole. Une nuit de rencontres. Une nuit des solidarités.


Et si on formait des Jeunes ambassadeurs de santé à Brest ?

JeuneLa question de la santé est autant une question de bien-être, que de bien-vivre ensemble. On l’a prend surtout sous une forme curative, délégué à un corps médical de soignants sachants, mais trop peu au travers du prisme de la compréhension et de la prévention. Une prévention trop souvent vécue comme une limitation que comme une façon d’aller mieux.

Bien connaitre les éléments nécessaires à son corps et sa santé sont des besoins qui devrait-être enseigné dès la phase d’autonomie de l’enfant devenant adulte autonome et responsable. La meilleure façon d’atteindre ces adultes en devenir est souvent de les mobiliser eux-mêmes.

Jeunes citoyens volontaires, lycéens, collégiens, étudiants, apprentis, bénévoles associatifs, pourraient-ils devenir nos ambassadeurs de la santé à Brest ?

Après avoir reçu une formation dispensée par des professionnels de santé, ils pourraient informer, conseiller et mener des actions porteuses de promotion de la santé auprès d’autres jeunes, mais aussi d’habitants en allant à leur rencontre.

Penser les espaces sans tabac, réinventer la fête en les associant au plan alcool, dessiner avec eux des parcours pédestres dans la ville pour promouvoir la marche, parler d’alimentation, réfléchir à l’aménagement de collecteurs de mégots dans l’espace public ou même travailler avec eux la façon d’en parler aux autres jeunes sans juger, sans dramatiser, sans limiter. Autant de sujets de santé publique auxquels ils pourraient prendre part en leurs qualités de jeunes citoyens éclairés.

Dès la classe de sixième, des jeunes devraient pouvoir s’engager dans un conseil de jeunes ambassadeurs de santé où ils leur serait proposé de réfléchir sur des thèmes tels que l’activité physique et le sport, l’équilibre alimentaire au travers des 3M (Manger moins sucré, Manger moins gras, Manger moins transformé), mais aussi de s’impliquer dans la question des addictions ( tabac, alcool, écran), ou de la santé sexuelle et affective.

Ainsi, il pourrait leur être proposé de contribuer à une toute première réflexion sur les premières consommations d’alcool, de tabac ou de cannabis.

Et pourquoi pas, (rêvons un peu !) un nouveau défi brestois liant l’activité physique et l’absence d’écran : « et si on posait son smartphone et sa console pour faire du sport, chaque week-end ? » … avec les adultes bien-sûr !


Et si on imaginait une maison des aînés et des aidants à Brest ?

AidantsRester chez soi le plus longtemps possible à l’approche du grand âge, s’y sentir en sécurité et pouvoir être accompagné dans ce choix est une attente de plus en plus exprimée par les aîné.e.s.

Dans une société où bien-être et vieillissement doivent se conjuguer, il est important d’imaginer et de soutenir un nouveau modèle de vivre ensemble qui prendrait plus en compte les attentes des aîné.e.s.

Pour ce faire, nous pourrions créer une maison des aîné.e.s et des aidant.e.s, pour co-construire avec les aîné.e.s et leur famille les modalités d’un fonctionnement autour de leurs besoins.

Lieu d’information autour du CLIC (Centre Local d’Informations et de Coordinations), il permettrait de renseigner et d’accompagner tout.e habitant.e de plus de 65 ans. Guichet unique pour les huit communes de la métropole, il serait possible d’y trouver informations, conseils et accompagnements des démarches liées à toutes les problématiques du vieillissement.

Cette maison pourrait aussi se penser comme un lieu de suivi des situations complexes du grand âge, autour d’une équipe pluridisciplinaire (professionnels de médico-social, professionnels du grand âge, psychologues, etc…).

Cette maison pourrait s’enrichir d’un grand espace pour les aidant.e.s et les associations en lien avec le vieillissement. Elle pourrait s’organiser comme un lieu ressource pour les aidant.e.s. Elle permettrait d’identifier l’aidant.e référent.e et surtout d’apporter du soutien aux aidant.e.s en difficulté.

Véritable lieu de répit, d’informations, de formations mais aussi lieu de santé pour les aidant.e.s, elle serait pour eux un lieu de partage et d’écoutes.

En lien très étroit avec toutes les associations œuvrant pour les aîné.e.s, cette maison pourrait s’imaginer comme un tiers lieu pour organiser des temps associatifs dédiés (cafés mémoires, conférences, rencontres culturelles, etc..), mais aussi être un espace d’exposition très concret où chacun pourrait découvrir les équipements disponibles pour adapter son logement ou améliorer son organisation avec l’aide de professionnels du secteur et de la santé.


Et si on créait un lieu refuge pour les femmes victimes de violence à Brest ?

Victime violenceLa violence faite aux femmes à la particularité d’enfermer la victime face à son agresseur, du fait d’une société encore peu préparée à accueillir leur parole et à prévenir le danger imminent par une mise à l’abri. Ces femmes sont trop souvent dans une dépendance qui ne leur permet pas de poser les limites et d’arrêter une relation tant qu’il en est encore temps.

Imaginé en étroit partenariat avec les associations et les instituions brestoises œuvrant auprès des femmes, ce lieu pourrait se décliner comme un espace refuge pour les femmes subissant des violences physiques, sexuelles et psychologiques, tant dans la sphère privée que sur le lieu de travail ou l’espace public.

Pensé comme un centre post-traumatique pour celles qui en ont désespérément besoin, ce lieu serait accessible sans rendez-vous, pour y trouver sécurité, attention et écoute. Lieu de répit, il serait aussi un lieu adapté pour recevoir les femmes victimes de violences et leurs enfants, quels que soient leurs âges.

Les femmes pourraient y rencontrer une équipe pluridisciplinaire (psychologues, professionnels de santé, professionnels de médico-social, etc..) ayant reçu une formation spécifique pour n’avoir à raconter qu’une seule fois leurs histoires.

Parce que la plainte et le signalement ne constituent que le début d’un long parcours, il serait aussi le lieu de la parole de celles qui subissent le harcèlement de rue.

Ce lieu d’accueil permettrait de caractériser la réalité des situations de violences envers les femmes, mais aussi d’en témoigner et d’en parler dès le collège ou le lycée pour accompagner une nouvelle génération à se construire autrement.