Le PS est-il devenu une imposture du socialisme ?

Php0HCESj - CopieDécidément, la semaine fut bien remplie. Après le renvoi au tribunal correctionnel du maire de Brest, François Cuillandre, dans l’affaire « Vivre à Brest » pour laquelle je suis partie civile (lire ici), voilà que le Parti socialiste apporte une démonstration éclatante sur l’absence de règles qui règne aujourd’hui en son sein, lors des élections. Etat de fait contre lequel, faute d’avoir été entendu en interne, je me suis élevé en assignant le Parti socialiste en justice (ici).

Dans cette période de manifestations contre la réforme des retraites, je pourrais parler de « convergence des luttes » (de « mes luttes ») contre ce qui s’est déroulé au Parti socialiste, à Brest et en Finistère, et qui semble bien avoir contaminé sévèrement le niveau national.

Les plus hauts responsables à la tête du Parti socialiste dénoncent aujourd’hui des fraudes lors de la désignation du Premier secrétaire. N’est-ce pas une fraude que j'ai moi-même dénoncée ? Une assignation balayée du revers de la main par les responsable locaux et nationaux fin septembre 2022, dans la presse locale (ici).

Malheureusement, toutes ces tricheries mises en lumière dans la presse cette semaine sont parfaitement connues et tolérées depuis longtemps. Ainsi en octobre 2019, lors de la désignation de la tête de liste aux municipales, voici quelques exemples amusants et éclairants de ce que je pus observer :

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Affaire Vivre à Brest : Renvoi en correctionnelle

Télégramme François Cuillandre renvoyé en correctionnelleLa nouvelle est tombée sans prévenir hier soir, à 18h, confirmée par un premier article du Télégramme, à 19h : « Le maire, François Cuillandre, renvoyé en correctionnelle ». Cette annonce était attendue depuis de long mois. Elle est une bonne nouvelle pour la santé de notre démocratie locale. Enfin la vérité sur cette affaire publique va pouvoir s’exprimer dans un cadre où la parole est véritablement questionnée, au regard des faits accumulés par le travail d’enquête de la police judiciaire, puis de la juge d’instruction.

Comme je le rappelle au tout début du livre que j’ai consacré à cette enquête (ici), l’affaire Vivre à Brest, c’est 4 ans de procédures, 57 auditions, 500 pages de procès-verbaux et 35 pages relatant le contenu d’écoutes téléphoniques. Et je ne parle pas de tout le travail fait pour démêler les comptes opaques de l’association. Il est donc très étonnant de lire à la fin de l’article du Télégramme la réponse de l’avocat de Monsieur Cuillandre suite à cette ordonnance de renvoi en correctionnelle :

« La juge a décidé de renvoyer mon client pour un motif finalement limité à une avance de 4 000 €, datant de 2012, et qui a depuis été remboursée […] par ailleurs ces avances étaient « pratique courante au sein de l’association. »

Qui peut encore croire qu’une juge renvoie en correctionnelle un maire/président d’une métropole pour 4 000 € emprunté en 2012 et qui aurait été remboursés ? Personne. Un tel préjudice relève d’un différend mineur, pas d’un renvoi devant une cour correctionnelle. La juge est par ailleurs plus explicite que l'avocat de monsieur Cuillandre dans son ordonnance :

« M. Cuillandre ne pouvait ignorer que Vivre à Brest n'était pas un organisme ayant vocation à distribuer des prêts, ni à consentir des avances alors même qu'il ne participait pas au système de mutualisation ».

Et la juge d'ajouter : « En acceptant ces avances et prêts, il recelait sciemment des fonds qui étaient détournés de leur destination par ceux qui en étaient dépositaires », évoquant un « dévoiement des fonds de l'association à des fins personnelles. »

Article du France Bleu (ici).

Depuis 2001, l’association Vivre à Brest a vécu sur une jolie fable de « mutualisation juste et solidaire, légale et vertueuse » racontée aux élus et aux proches du parti socialiste. Des personnes n’ayant aucune possibilité de vérifier les dires de ces « responsables » publiques, dans lesquels ils plaçaient leur confiance. Il semble clair qu’en 2023, la stratégie n’a pas changé d’un iota. Sans préjuger de ce que le procès délibérera, une jolie fable nous est encore contée aujourd’hui.

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L'affaire Vivre à Brest - Premiers retours de lecteurs

Fayret Thierry Capucins Ecrire le livre « L’affaire Vivre à Brest » fut un exercice solitaire. Après avoir rassemblé de nombreux documents, travaillé ma mémoire sur des évènements issus de différentes époques, réfléchi les situations et les interactions, le travail d’écriture est venu compléter la réflexion.

Au fil des mots, de nouvelles idées viennent, des relations, des liens qui n’étaient pas apparus juste avant. Un plaisir de l'exploration de la découverte digne de Sherlock Holmes : fouiller, poser, relier les faits et les récits contradictoires, dans le brouillard d'une histoire où chaque vérité affirmée peut être questionnée.

Mais au fil des pages, si l'enquête et le sentiment de s'être un peu plus rapproché de la vérité progressent, l’impression de se perdre dans son texte apparait aussi. Au final, il devient compliqué de juger ce que l’on a produit (d'autant plus pour un premier livre). Il devient difficile de prendre de la distance vis-à-vis des mots et des phrases que l’on a posé, modifié puis lu et relu parfois des dizaines de fois.

Rendre public, donner à lire est donc un exercice dont il est difficile de prédire l’issue. Des retours espérés, autant que redoutés. C’est donc avec appétit, mais aussi anxiété que l’avis de ses premiers lecteurs est attendu.

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Diffamation ou intimidation ?

Cuillandre-Francois-IMG_3050-002Lorsqu’un pouvoir en manque de légitimité est critiqué et que de bonnes questions commencent réellement à le déranger, il ne cherche pas à y répondre. Il faint d’abord de les ignorer, puis il réagit en lançant des procédures contre ses opposants. C’est ce que l’on appelle des procédures-bâillons.

Une procédure-bâillon, ou poursuite-bâillon ou poursuite stratégique contre la mobilisation publique est une action en justice visant à intimider et à faire taire un journaliste ou lanceur d'alerte ou à entraver la participation politique et le militantisme.

Il s'agit le plus souvent d’une poursuite civile en diffamation, intentée contre un individu ou un organisme ayant pris parti dans le cadre d’un enjeu public. Le concept inclut les menaces de poursuite. Le succès d'une telle opération n'est pas tant une victoire devant les tribunaux qu'une intimidation suffisante de la partie défenderesse (celle attaquée) et/ou un épuisement financier la réduisant au silence.

Wikipédia : Procédure-bâillon

Je ne fus donc pas très surpris de recevoir, le 1er décembre dernier, un avis de passage du facteur pour venir chercher un « recommandé avec avis de réception ».

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Que penser de l’affaire Vivre à Brest ?

Chap 3aEn bon exercice d'introspection socialiste, le troisième et dernier chapitre du livre (ici) tente de « faire la synthèse ». Au regard de toutes les informations aujourd'hui connues de l'affaire, quel récit crédible transparait de ces 30 années de l’association Vivre à Brest et de l’écosystème qui gravita autour. Quelle fut la genèse des dérives qui apparaitront au grand jour à partir de novembre 2018.

Une première partie s'attache à déconstruire la fragile, voire l'impossible histoire qui fut racontée publiquement dès le départ, lors de la première conférence de presse, et que l’on retrouve encore dans des écrits signés par des élus de Brest, en juin 2021. Une histoire à charge contre un seul homme, coupable de tout, qui sera rapidement chassé, puis discrédité et dont la parole ne fut plus publiquement entendue avant son décès, seulement deux ans plus tard. Un récit public qui associa aussi Jean-Luc Polard, décédé cet été, moins de 4 ans après le début de l’affaire. Un principe d'accusation puis d’exclusion vieux comme le monde, alimenté par ceux cherchant à masquer une vérité plus crue.

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L’affaire Vivre à Brest : Les contrevérités et les non-dits

Chap 2aAvant de tenter une exploration globale de l’affaire Vivre à Brest, le second chapitre du livre (disponible ici) s’attache à éclairer des angles morts, des non-dits du récit qui furent volontairement omis. Parfois même des contrevérités qui furent habilement distillées, pendant près de 20 ans, aux élus qui versèrent leurs indemnités à l’association. Des élus pensant adhérer à « un système juste et solidaire, légal et vertueux », dont je fis partie.

La première contrevérité analysée dans ce chapitre est celle de « la clause des présidents ». Une règle qui fut servie aux élus socialistes pendant 17 ans et qui affranchissait François Cuillandre de tout devoir de mutualisation (dans un esprit assez peu « socialiste ») et de versement volontaire dans l’association, malgré qu’il bénéficiât de certains avantages aussi. Cette clause était censée être un usage hérité de son prédécesseur Pierre Maille et ne pouvait être remise en cause. Toutefois, les livres de comptes de l’association, tenus depuis 1985, témoignent d’une histoire bien différente.

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L’affaire Vivre à Brest : la gouvernance

Chap 1dLe premier chapitre du livre tente de comprendre les liens entre une association, qui fut définit par un magistrat de la Chambre Régional des Comptes comme « un néant institutionnel rarissime » et une réalité bien concrète, qui a structuré l’exécutif municipal de Brest pendant près de 30 ans : un parti politique et un groupe majoritaire municipal.

Dans cette quête de la gouvernance de l’association Vivre à Brest, il convient de débuter par le commencement, c’est-à-dire la façon dont les élus socialistes brestois s’engageaient, avec sincérité, dans une mutualisation de leurs indemnités. Un engagement individuel, dont le caractère réellement volontaire posa de nombreuses questions et qui se prenait au moment du dépôt de sa candidature, dans le processus interne pour faire partie de la liste du Parti socialiste. Un engagement flou, non pas envers une association, mais envers « le groupe des élus socialistes », qui n’exista plus que sous la forme du « groupe des élus de la majorité municipale », à partir des années 2000.

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L'affaire Vivre à Brest

Mairie de BrestIl y a 4 ans presque jour pour jour, le mercredi 21 novembre 2018, éclatait dans le Télégramme l’affaire Vivre à Brest. Le soir même, mis sous la pression médiatique et celle du maire, Alain Masson démissionnait. Dès le lendemain, tous les regards se tournèrent vers Jean-Luc Polard. A l’issue de la plus avilissante et la plus inutile réunion des élus de la majorité à laquelle j’ai participé, Jean-Luc Polard finira par donner sa démission, le vendredi 23 novembre. Au terme de cette semaine tourmentée, le maire de Brest venait de perdre ses deux plus proches adjoints.

Le lundi 26 novembre au soir, dans les bureaux du maire, François Cuillandre s’exprima publiquement pour la première fois sur l’affaire. Dès ses premières paroles, le ton fut donné. Il parla d’entrée de jeu de « l’affaire Alain Masson » et expliqua : « J'interviendrai pour l'essentiel en tant que maire de Brest, d'autant que comme il a été dit devant l'officier de Police judiciaire […] je percevais mon indemnité de maire directement, sans lien avec l'association Vivre à Brest. » Dès son propos introductif, il désigna ostensiblement un coupable et s’affranchit lui-même de potentiels liens avec l’association.

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Déboires à Eau du Ponant : La faiblesse de la gouvernance

Cuillandre-Francois-IMG_3050-002Suite des deux premières notes (ici et ) et de l'article de fin octobre du site Penn-Bazh : Brest, ville d'eaux et d'histoires ...

Comme l’écrit Penn-Bazh, Karine Coz-Elléouet a bien joué un rôle dans la mise à l’écart du premier directeur d’Eau du Ponant. Personnellement, lorsque c’est arrivé, je n’étais plus administrateur de la SPL depuis 2014, mais cette situation m’a attristé. Si Christian Clément n’a pas toutes les qualités du monde, comme il semble lui être reproché (nous avons tous les défauts de nos qualités), il n’y aurait pas Eau du Ponant sans lui. Sans minimiser la dimension de la construction politique, il en fut l’architecte et l’animateur de la création. Il en fut aussi le développeur, jusqu'à son éviction.

Dans la période où je l’ai côtoyé régulièrement, c’était en effet une personne de caractère, avec des idées foisonnantes et une envie d’entreprendre. Il aimait provoquer pour créer des réactions ou faire un pas de coté (parfois pas dans le sens attendu, il est vrai !) Il savait aussi défendre son point de vue face aux élus, ce qui est à mon avis une très bonne chose. Cet état d’esprit peut en effet déranger certains profils d’élus plus administratifs, plus gestionnaires, plus dogmatiques, peu ouverts à la discussion, au débat … et surtout, à court d’arguments ! Pour ma part, j’ai toujours trouvé cela enrichissant et stimulant.

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Déboires à Eau du Ponant : le cas Karine Coz-Elléouet

KCEA la suite de ma première note (ici) et de l'article de fin octobre du site Penn-Bazh : Brest, ville d'eaux et d'histoires ...

Le cas de Karine Coz-Elléouet, salariée d’Eau du Ponant est un bon cas d’école sur la question des conflits d’intérêts, au regard des nouveaux modes de gestion des services publiques par des EPL (Karine Coz-Elléouet est loin d’être la seule dans ce cas, j’imagine).

Durant son premier mandat en 2008, alors qu’Eau du Ponant n’existait pas encore, Karine Coz-Elléouet était la seule élue de Brest ne pouvant pas siéger à la métropole, car elle y était agente, employée de la métropole en tant que responsable du service de l’eau et de l’assainissement [1]. En 2011, elle est devenue salariée de la SPL, comme « Directrice clientèle » ( puis « Directrice des relations usagers »), mais continua à n’être seulement élue qu’à la ville de Brest et non à la métropole. Idem en 2020.

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