Labo des Conseils citoyens sur la #Participation

XIMG_4561J’intervenais samedi matin sur la question de la participation auprès des Conseillers citoyens des quartiers prioritaires de la ville de Brest. Il s’agissait de répondre à la question : « Depuis la place que vous occupez, comment appréhendez-vous la participation des habitants ? »

J’aurai pu répondre en exposant les différentes expériences de participation que mène la ville de Brest, mais j’ai préféré répondre par le sens que la participation a pour moi.

D’abord, mon appétence pour la participation ne vient pas de ma fonction d’élu, mais de mon expérience syndicale, en tant que simple salarié d’une l’entreprise. L’observation des dysfonctionnements vécus par les salariés et une réflexion sur les améliorations à apporter m’ont conduit vers la participation comme un besoin, une nécessité évidente. C’est ensuite que j’ai compris que ce qui était bon dans l’entreprise, l’était aussi nécessairement dans la société toute entière.

Lire la suite "Labo des Conseils citoyens sur la #Participation" »


Des réponses simples pour un monde complexe

190519_Env Inég Part BV PolétiqueComment répondre à des crises multiples, dont les échéances sont de plus en plus proches ?

Comment gagner la confiance, dans un monde de défiance ?

Comment construire ensemble, à partir d'une société fondée sur l'individu et non plus le collectif ?

Telles sont quelques unes des grandes questions de notre époque, auxquels nous avons le plus grand mal a trouver des réponses collectivement. Des questions sur lesquels les gouvernements nationaux se fracassent les uns à la suite des autres. Les réponses acceptables ne peuvent être des juxtapositions de recettes incomplètes qui rapiècent par morceau, une toile déjà très dégradée.

Pour mobiliser, il faut donner du sens : une direction, une signification, une incarnation à ces changements, et ce sens doit prendre en considération l'ensemble des défis sociétaux, les liens qui les relient, tout en sachant les prioriser. Les politiques l'ont tous compris à des degrés divers, réponses environnementales et sociales ne peuvent plus être décorrélées, mais ce sont loin d'être les seules pour arriver à mobiliser.

Tentons de décrire les 5 pôles (et leurs liens) qui doivent être travaillés ensemble, pour transformer en profondeur et durablement notre société.

Lire la suite "Des réponses simples pour un monde complexe" »


Tourner une page … pour une autre

190512_Blog ancienne mouture NEWAprès plus de 10 ans d’écriture sur ce blog (lire ici), j’ai décidé de tourner une page. J’ai toujours eu plaisir à écrire pour expliquer, pour faire comprendre et développer des sujets qui me semblaient utiles pour le débat public. De nombreux lecteurs m’en ont remercié à l’occasion de rencontres fortuites. Ce choix éditorial exigeant m’a conduit à des notes plus longues, simplement parce que nous vivons dans un monde complexe et que l’explication de cette complexité demande du temps et des mots.

Nouveau design, nouveau format, nouvelles perspectives !

Je vous propose de passer à un autre format, plus orienté sur le débat et les propositions que les explications. Un format plus simple, plus court, plus fluide, qui me sera pas moins transparent. Il ne s’agit pas de tomber dans la facilité ou le populisme, mais de rendre plus accessible et de faciliter les échanges.

Alors, rendez-vous lundi prochain pour la prochaine note !


500 notes - Retour sur 11 années d’écriture

500 Brest Envies 4Voilà plus de 11 ans que j’ai commencé ce blog. Cette longévité en fait probablement le plus ancien blog d’élu ouvert sur Brest. Des mots ont été apposés sur ces pages depuis ce 22 novembre 2007 et me voici rendu à ma 500ème note. Petite rétrospective sur toutes ces textes retraçant une part importante de mon parcours et de ces dernières années de mandats, mais aussi des réflexions et des envies que j’ai pu avoir au fils du temps.

Genèse

Ce blog fut d’abord une envie personnelle empruntée à mon expérience syndicale, où les panneaux syndicaux furent longtemps pour moi de beaux espaces d’expression libre dans l’entreprise. L’écriture « publique » est un exercice exigeant vis-à-vis de soi-même et engageant vis-à-vis des autres. J’aime prendre ce temps-là, plus lent, plus apaisé, plus réfléchi. En politique, il me manquait cela : un espace d’expression libre, un espace de réflexions partagées, un espace aussi pour rendre compte de l’action publique (c'est important dans un engagement). Le blog « Brest EnVies » fut et reste cet espace-là pour moi.

On retrouve sur le côté gauche du blog, via les nombreuses catégories des notes, les sujets qui m’ont le plus inspirés. Feuilletons-en quelques-unes !

Lire la suite "500 notes - Retour sur 11 années d’écriture" »


Budget Participatif de Brest – Saison #2

Visuel_afficheA3La saison #2 du budget participatif démarre lundi. Pour cette nouvelle cuvée, encore 500 000 € à répartir entre les projets les plus plébiscités par les brestoises et les brestois.

En 2019, l’objectif est de faciliter l’accès à tous au budget participatif. Ainsi, nous avons investi dans une plateforme numérique qui devrait faciliter l’accès (c’était un point d’amélioration demandé sur l’évaluation de la saison #1). Mais nous sommes aussi vigilants à proposer à toutes les phases des votes papiers en de multiples lieux de tous les quartiers de Brest.

Autre nouveauté de la saison #2, le comité de suivi du budget participatif (instance de gouvernance) laisse beaucoup plus la place aux habitants. Seulement 4 élus en font partie, 7 membres des CCQ et 10 habitants tirés aux sort. Deux réunions ont déjà eu lieux pour valider le règlement et le déroulé de la saison #2.

Dernier point d’évolution, après discussion en conseil de suivi, le montant maximal des projets est revu à la baisse : maxi à 100 000 € par projet. Par contre, ce sont 3 projets de plus de 75 000 € qui pourront intégrer le classement final dans le vote des habitants. C’était une demande de certains participants que faire une plus grande place au projets de moyennes taille.

Alors dès lundi, c’est parti pour la saison #2 … A vous de jouer maintenant !

Je participe


De quoi la notoriété est-elle le nom ?

PopulismeLa journée fut joliment égayée par un sondage, commandé par Monsieur Prunier (himself !), sur la notoriété de quelques personnalités politiques brestoises. S’il semble avoir repris des études, Monsieur Prunier ne semble pas avoir suivi de module en sciences politiques !

La notoriété est-elle un bon indicateur pour juger de personnalités politiques ? La notoriété est liée au talent de « se mettre en scène ». Adieu idées, programmes politiques, bonne gestion ou même intérêt pour autrui, nous sommes dans la capacité à se montrer et à être vu et reconnu. Pas certain que cela soit le critère le plus attendu des citoyens vis-à-vis des politiques dans le moment …

Faire de la politique, ce n’est pas chercher la « notoriété », mais l’intérêt général au service des habitants. Il est dommage que notre brillant ex-élu d’opposition brestois n’ait pas encore compris cela et ait préféré comme indicateur pour son joli classement une notion qui n’offre pas de sens.

Finalement, ce classement me va bien. Quand nous en viendrons au bilan, il démontrera qu’il n’est nul besoin de se mettre tout le temps en scène pour produire dans les faits de belles politiques publiques au service des citoyens.

Croire que la politique se joue sur de la notoriété, c’est probablement le degré zéro de la politique. C’est peut-être même la porte d’entrée dans le populisme : ce mal dont la seule ambition est de dépolitiser le peuple !


L'achat public – Une ressource pour le territoire de Brest

Commande publicLa semaine dernière, Michel Gourtay (vice-président au développement économique) et moi-même (pour les finances publiques) intervenions à la CCI sur la question de la « Commande publique ». Nous présentions à une salle bien remplie la planification 2019* des projets d’achats de la ville et la métropole de Brest.

La commande publique de nos deux collectivités représente à elle seule un montant de plus de 85 millions d’euro. Ce serait encore bien plus si nous additionnions les montants de nos SEM et SPL … et encre bien plus si nous intégrions celles des autres donneurs d’ordre publics du territoire : Etat décentralisé, Hôpital, Université, Conseil départemental, etc … La commande publique est clairement un enjeu pour l’ensemble des acteurs économiques locaux.

Lire la suite "L'achat public – Une ressource pour le territoire de Brest" »


A l’interface entre les habitants et la mairie de Brest

Accueil-mairie D’un côté, plus de 140 000 habitants en attente de services publics, de l’autre 3 500 fonctionnaires à donner le meilleur d’eux-mêmes pour produire le service public. Telle est l’équation tout à la fois simple dans son expression, mais complexe dans sa mise en œuvre à laquelle nous devons travailler en tant qu’élus !

Une part de cette réponse tient dans l’interface de cette relation : comment la parole, le besoins ou la demande des habitants sont accueillis et dispatchés dans les différents services, les différents métiers de la collectivité pour trouver la meilleure réponse.

Depuis 2016 et sous la houlette de Bernadette Abiven un groupe de travail dessine les contours de la future « gestion de la relation usagers » aussi appelé : Accueil multicanal.

Lire la suite "A l’interface entre les habitants et la mairie de Brest" »


Présentation du Budget Primitif 2019 en Conseil municipal de Brest

BP v 2019Ci-dessous l'intervention que j'ai faite en Conseil municipal de Brest pour présenter le Budget Primitif 2019.

Vous pouvez aussi retrouver la note synthétique jointe à la délibération ici.

_________________

Les grands éléments de contexte budgétaire ont été abordés lors du Débat d’Orientations Budgétaires de décembre dernier. Je ne les reprends pas ici sauf pour rappeler, qu’au plan local, la situation des finances de la ville est saine.

Lire la suite "Présentation du Budget Primitif 2019 en Conseil municipal de Brest" »


Présentation du Budget Primitif 2019 en Conseil de métropole

2019-02-01_09h45_38 BP2019Ci-dessous l'intervention que j'ai faite en Conseil de métropole pour présenter le Budget Primitif 2019.

Vous pouvez aussi retrouver la note synthétique jointe à la délibération ici

_______________

Les grands éléments de contexte budgétaire ont été abordés lors du Débat d’Orientations Budgétaires de décembre dernier. Je ne les reprends pas ici sauf pour rappeler, qu’au plan local, la situation des finances de la métropole est saine.

Lire la suite "Présentation du Budget Primitif 2019 en Conseil de métropole" »


Ma p’tite contribution au grand débat !

2019-01-27_18h46_18Si je ne suis pas fan des QCM des fiches du Grand débat, je trouve que sur la fiche « Fiscalité et dépenses publiques », il y a un tableau factuel et très pédagogique. Celui qui détaille ce que financent 1000 € de dépenses publiques en France (ici).

Ce tableau montre que près de 60% des dépenses publiques sont en fait des redistributions de la protection sociale : notamment retraites et assurance maladie qui représentent 80% de ces seules dépenses.

Lire la suite "Ma p’tite contribution au grand débat !" »


Eléments de compréhension de « l'affaire Alain Masson »

La dernière semaine fut particulièrement éprouvante pour les élus socialistes de la ville de Brest, mais aussi ceux de la majorité municipale. Des mises en cause sont parues dans la presse locale. Nous devons quelques explications.

Une part de celles-ci ont été données par le Maire de Brest dans une conférence de presse lundi. Voici quelques autres éléments qui permettent de faire œuvre de transparence sur ce qui était et sur ce qui s’est passé.

Lire la suite "Eléments de compréhension de « l'affaire Alain Masson »" »


Gilets Jaunes, ou les révoltés de la nouvelle taxe d'habitation

Arbitre-carton-jauneLes Français commencent à découvrir que derrière les belles promesses électorales du candidat Macron, il va falloir payer l'addition. Le montant global ne va pas baisser, mais ce ne sont clairement plus les mêmes qui vont payer les dépenses de l’Etat. Et le critère de justice sociale n’est clairement pas celui qui mène la politique nationale.

Face au poujadisme dénoncé hier par le Président, nous pourrions facilement opposer la démagogie, voire la tromperie de la mesure phare du candidat Macron sur la suppression de la Taxe d’habitation qui aurait rapporté près de 20 milliards en 2020. Aujourd’hui, le Président élu a bien annoncé la suppression totale, mais a juste oublié de dire comment cela allait se refinancer. D’une façon non dite, la hausse du prix de l’énergie est une des formes de prélèvements compensatoires parmi d’autres.

Lire la suite "Gilets Jaunes, ou les révoltés de la nouvelle taxe d'habitation" »


Budget participatif : A vous de sélectionner !

Csm_affiche-budget-partSoutien_032178d4dcDepuis le mois de juin, le budget participatif de Brest était ouvert au dépôt des idées, des projets pour leur ville, par les habitants. Plus de 200 projets ont été déposés sur la plateforme du budget participatif dont près de 170 respectaient le règlement et ont donc pu être validés. A partir d’octobre, nous entrons dans la phase 2 qui permet de présélectionner les 30 à 50 projets qui participeront au vote final en janvier.

Que retenir de cette première phase ?

Globalement, les projets déposés suivent une forme d’aspiration à l’apaisement, à la facilitation ou même l’embellissement de l’espace public. Cela peut prendre la forme d’aménagements ponctuels ou plus globaux pour des déplacements dans la ville, des jardins, des plages, des airs de jeux par exemple. Mais ce sont aussi des propositions d’équipements qui semblent manquer sur l’espace public aujourd’hui, comme des fontaines à eau potable, des garages ou des pompes à vélo, des ruches, des boites à dons ou des ports publics de recharge USB. Enfin, cela peut aussi être des propositions d’embellissement de la ville par des fresques, de la coloration, du fleurissement ou des illuminations.

Un dernier groupe apparaît aussi avec la question du patrimoine et de la mémoire, soit sur des espaces existants à préserver et valoriser, soit sur de la mémoire à reconstruire.

Tout cela témoigne d’un vrai attachement des brestoises et des brestois à leur ville, à l’amélioration des espaces, à la facilitation des usages tout en ayant un regard attentif à la préservation de l’histoire existante dans nos quartiers.

Dernier point de satisfaction, tous les quartiers de Brest sont bien représentés dans l’ensemble des projets déposés.

A partir de début octobre, les « like » sont ouverts. A vous d’aller dire les projets que vous préférez, ceux que vous aimeriez voir se réaliser, car c’est sur cette base que seront choisis les 30 projets (extensible à 50 par le conseil de suivi) qui seront ensuite travaillés et chiffrés par les services et les porteurs du projet, en vue du vote final de fin janvier.

A vous de jouer ! …… ici


Pontaniou, quelques explications loin des polémiques

PontaniouLes réseaux sociaux se sont émus cette semaine de la vente de l’ancienne prison de Pontaniou à un promoteur privé qui se propose d’en faire une rénovation.

Alors qu’un article du Télégramme avait (il me semble) assez clairement donné toutes les informations de ce dossier (ici), certains ont cru bon de spéculer sur de possibles petits arrangements entre la ville de Brest et un promoteur, sur le dos d’un sacrifice de notre patrimoine historique. Qu’en est-il vraiment …?

Reprenons le fil de l’histoire… qui commence il y a plus de 20 ans.

En 1997, la prison de Pontaniou a été acquise par la Communauté Urbaine de Brest auprès de l’Etat, au prix de 30 500 €, avec une clause de révision de prix à 152 500 € en cas de modification de zonage du POS (clause jamais activée et échue depuis 2007). L’objectif de cette acquisition par la ville était d’en avoir la maitrise foncière afin de décider plus tard de sa destination. Sans notre achat, il est probable que l’Etat l’aurait ensuite mis sur le marché privé d’ailleurs. Seul un entretien courant, adapté à des locaux inoccupés, a été effectué dans les lieux depuis cette date.

La prison est restée un non sujet pendant de nombreuses années et c’est bien la rénovation des Capucins (par la Collectivité) et du Bâtiment aux Lions (par l’Etat) qui a conduit à rendre visible la prison, par contraste entre ces deux très belles rénovations et ce bâtiment chargé d’histoire, mais délaissé.

Lire la suite "Pontaniou, quelques explications loin des polémiques" »


Budget participatif : Focus sur les projets non retenus

BpartLa période de dépôt des projets se termine à la fin du mois de septembre. Place ensuite aux « Like » des habitants pour leurs projets préférés durant tout le mois d’octobre. Mais avant de clôturer la liste officielle des projets en lice avec le Conseil de suivi*, je vous propose un petit regard et éclairage sur les projets qui n’ont pu être retenus.

Les projets hors budget investissement

Bien que très intéressants, une partie des projets non retenus ne proposent pas ou très peu d’investissement, mais surtout des coûts de fonctionnement (c’est-à-dire qui reviennent tous les ans). Or, la règle des budgets participatifs est de ne financer que des projets d’investissement (dont le coût d’investissement est sur une année).

On y trouve ainsi des projets d’entretiens de l’espace public ; de l’accueil ou du conseil pour les personnes sans domicile ; l’ouverture d’un lieu éthique permettant la réinsertion ; la mise en place d’un bus maritime ; des informations sur l’actualité de la ville, tant culturelle que touristique ; l’organisation de manifestations, de spectacles, de festivals culturels ou sportifs ; et enfin la mise en place de services d’auto-partage ou de vélo-partage.

Les projets « hors champ »

Des projets ne rentrent pas les logiques de localisation comme des aménagements sur la plage du Moulin Blanc par exemple, dont les brestois oublient facilement qu’elle se situe pour une très large part sur les communes de Guipavas et du Relecq-Kerhuon. Des projets d’entreprises pour valoriser un de leurs produits. Des projets (parfois même assez détaillés) qui présentent du sens, voire du bon sens sur des comportements, mais pas de réalisation. Des projets ne relevant pas des compétences de la ville comme l’enfouissement de lignes électriques ou des aménagements sur les espaces appartenant à la Marine.

Les projets déjà faits ou en cours

Des projets proposent de mettre en place des actions de rénovations thermiques des logements alors que le programme Tinergie permet déjà de bénéficier d’aides en la matière ; la mise en place d’un service « E-Cantine » qui est en cours de réalisation ; tout comme des aménagements de la Place de la Liberté dont les travaux ont commencé et s’étalent sur plusieurs années.

Les projets hors budget

Viennent enfin les projets dont l’ambition des porteurs dépasse largement les limites de ce budget participatif, comme un gratte-ciel à vocation de tour d’observation de Brest ; Une patinoire/piscine en plein air, « avec un tarif préférentiel pour les brestois(es) » ; une réhabilitation de la prison de Pontaniou ; L’implantation d’un port de départ de croisières ; Un péage urbain pour limiter la présence de la voiture à Brest ; ou enfin une passerelle à piétons/vélos en encorbellement du pont de l’Harteloire.

On le voit, l’imagination des brestois et des brestoises est riche d’envies et d’idées nouvelles. C’est clairement le but d’un budget participatif que de les faire s’exprimer.

Ces idées qui ne sont pas retenues ne sont pour autant pas perdues. Elles irrigueront les réflexions des élus, des habitants membres des Conseils Consultatifs de Quartiers et aussi des services de la collectivité.

-

*Conseil de suivi : instance de validation des projets et du déroulé du budget participatif composé à parité d’élus et d’habitants de Brest.


L’étonnant classement de Brest !

BrestLe magazine l’Express vient de classer pour la seconde fois la ville de Brest dans le « TOP FIVE » des villes où il fait bon vivre. Cette année, Brest est même classée troisième sur les 100 plus grandes villes de France. Le plus marrant dans tout cela, c’est que les brestoises et les brestois n’y ont pas cru, à commencer par le Télégramme de Brest qui titrait : « L’étonnante troisième place de Brest ! », sous-entendant une légitimité toute relative du score !

On ne leur en voudra pas trop, car c’est un regard assez classique des brestois sur leur ville. Une ville détruite par les alliés et reconstruite sur ses propres ruines qui a encore du mal à s’accepter telle qu’elle est. Une ville à la culture ouvrière corrosive, dont l’autodérision est devenue une culture locale partagée qui crée une identité singulière et permet de garder les pieds sur terre. Une ville ancrée sur son territoire, où le Sud commence à Châteaulin et finit aux Glénans !

Pour autant, ce classement offre un regard extérieur sur notre ville qui nous questionne et nous ouvre les yeux sur ce que nous avons fini par considérer comme normal, habituel. Pourtant, dès que l’on prend du recul (comme en témoigne quelques arrivants sur Brest ou des brestois partis vivre ailleurs), Brest accumule bien les traits d’une ville où il fait bon vivre.

Alors allons-y, regardons objectivement les atouts de Brest … nos atouts du bien-vivre à Brest ! 

Lire la suite "L’étonnant classement de Brest !" »


Gratuité des transports publics, quelques réflexions partagées

Free or not freeA l’occasion des journées de Dunkerque sur la gratuité de transports publics, les élus LREM de Brest nous font encore croire au refus du débat sur le sujet par la majorité (ici). Il n’en est rien. Ci-dessous l’échange intéressant que j’avais eu avec un internaute sur les réseaux sociaux début juin, auquel je rajoute un petit complément. Par contre, on attend toujours leurs arguments ... à eux !

Question posée par un internaute : Sur la gratuité des transports publics, y a-t-il un lieu, physique ou en ligne, où c'est discuté ? Je serais curieux de connaître les arguments pour et les arguments contre dans le cas de Brest. Et plus généralement, tout le débat sur les mobilités à Brest (ville centre, métropole, pays).

Ci-dessous la réponse que j'avais faite :

« Je ne crois pas qu’il y ait un espace de débat sur Brest sur la question de la gratuité des transports (pas à ma connaissance en tous cas). Pas plus que sur l’ensemble des déplacements. Mon impression est qu’en dehors de la collectivité (qui a nécessité à avoir une vision globale) les analyses/débats autour des déplacements restent très segmentés entre piétons, vélos, automobilistes, transports en commun. Les relations peuvent même parfois être conflictuelles dans l’usage respectif de l’espace public. Il y a des assos ou des collectifs autour de ces différents thèmes, mais il ne me semble pas qu’une asso développe une lecture complète de la question des déplacements sur le territoire. Mais je me trompe peut-être !

Pourtant, tu as raison, c’est la bonne distance qu’il faut avoir sur cette question. Aucun des modes de transport ne se satisfait à lui-même. Nous sommes sur des complémentarités de modes de déplacements. S’il faut bouger les choses, c’est sur certaines proportions d’usages en fonction d’objectifs donnés. Vu de ma fenêtre, le premier objectif est la question de la maîtrise des dépenses énergétiques non renouvelables et du dérèglement climatique. Environ un tiers des émissions de gaz à effet de serre (GES) viennent des déplacements et la part de la voiture à un seul conducteur sur des petits trajets est forte. L’objectif n’est pas tant de supprimer les déplacements en voiture que de les remplir lorsqu’elles se déplacent !

Sur la gratuité des transports en commun, il n’y a pas eu vraiment de débat à Brest car personne ne l’a jamais vraiment porté « sérieusement ». Notamment parce que le premier obstacle, c’est le coût de cette mesure, comme je l’explique dans une précédente note ici (il faut trouver à financer 12 M€ !) Tant que l’on n’a pas dit comment on financerait ce coût, ou quelle baisse de dépenses on ferait ailleurs, cela reste des paroles en l’air. Pour donner un ordre de grandeur de ce que représente ces 12 M€ à financer, c’est de l’ordre de 8 à 10% qu’il faudrait trouver sur le budget principal de la métropole (hors budgets annexes déchets, eau et déplacements). C’est beaucoup !!

La bonne question serait de savoir pourquoi il faudrait mettre la gratuité ?

Lire la suite "Gratuité des transports publics, quelques réflexions partagées" »


Nicolas Hulot, retour sur un échec programmé

1151037-hulotDrôle d’oiseau que ce Nicolas Hulot ! A défaut d’avoir impulsé de réelles actions de fond pour l’environnement au sein de ce gouvernement, il aura réussi à marquer les esprits par sa sortie. Une semaine après l’annonce de sa démission en direct sur France Inter, il est intéressant de regarder pourquoi son action n’a pas fonctionné et d’en tirer aussi quelques enseignements.

Je ne me permettrais pas de critiquer la sincérité de l’engagement de Nicolas Hulot. C’est une personnalité engagée qui a ses travers, mais que j’apprécie. Je l’avais dit au début de ce gouvernement, c’était le seul ministre sur lequel quelques espoirs étaient permis. Dans son intervention sur France Inter, je partage une large part de ses inquiétudes et de ses indignations. Mais on a aussi pu sentir l’isolement dont il a souffert et l’incompréhension qu’il a affronté au regard de l’indépassable feuille de route jupitérienne. Je ne crois pas que Nicolas Hulot ait manqué de sincérité dans son engagement, mais de lucidité, certainement.

Une part de son échec tient dans la croyance qu’il a eu de sa capacité à créer un mouvement autour d’une question, certes centrale et essentielle pour notre espèce, mais clairement pas placée au bon niveau des agendas politiques autant qu’individuels. Quand il dit qu’il n’avait personne derrière lui, il n’a pas tort. Est-ce pour autant que le sujet ne concerne pas ? Je ne le crois pas. Mais il a sous-estimé trois conditions de réussites fondamentales. 

Lire la suite "Nicolas Hulot, retour sur un échec programmé" »


Dans les coulisses du premier budget participatif de Brest

FranceEn mars dernier, j'ai été contacté par l'Observatoire de l’expérimentation et de l'innovation locale de la Fondation Jean Jaurès, afin d'écrire les raisons qui avaient amené la ville de Brest à proposer un budget participatif à ses habitants.

Au-delà des textes déjà écrits sur ce blog et dont l'objectif est plutôt de pousser à devenir acteur du budget participatif ... en y participant, ce texte a vocation à faire mieux comprendre tant les intérêts que les limites d'une démarche de budget participatif, ainsi que le cadre d'action politique dans lequel il s'inscrit.

A ceux que cela intéresserait, bonne lecture !

 Dans les coulisses du premier budget participatif de Brest


Intervention en conseil de Métropole - Contactualisation Macron

2018-06-22_18h38_40Ce soir en Conseil de métropole, nous avons voté sur la contractualisation entre l'Etat et la Métropole de Brest sur des objectifs financiers fixés unilatéralement par l'Etat central. Cette camisole financière n'a rien à envier aux précédentes mesures de restrictions budgétaires ayant permis à l'état de faire baisser le déficit public de 11,5 milliards d'euro. Le dispositif actuel prévoit quant à lui de contraindre les collectivités à hauteur de 13 milliards.

Ce contrat est en fait un marché de dupes puisqu'il ne s'agit aucunement d'une négociation, bien que l'on y fasse croire par une signature forcée des collectivités. Dans les faits, ne pas signer reviendrait à amplifier les sanctions contre nous. Comme je l'ai rappelé en Conseil, "tant qu'à se faire taper sur les doigts, mieux vaut choisir une petite règle qu'une grande règle !" Il n'y a donc pas vraiment de choix, sauf à souhaiter afficher une posture purement politique, mais en faire payer le prix aux habitants de la métropole par une baisse des dotations de l'Etat pour notre territoire.

Ce soi-disant " contrat de confiance " comme l'appelle ses instigateurs est bel et bien une re-centralisation des pouvoirs par le gouvernement actuel. C'est non seulement contre-productif puisque cela laisse croire que l'Etat redresse ses comptes alors qu'il n'en est rien, mais surtout, cela freine l'initiative locale.

 

Lire la suite "Intervention en conseil de Métropole - Contactualisation Macron" »


Un premier budget participatif pour #Brest

Csm_csm_01_60_budget_P_84b808f328_86313170a7Voilà une semaine qu’est lancé notre premier budget participatif sur Brest.

Une belle façon pour laisser une place aux nouvelles idées, une bonne façon pour donner envie de construire sa ville, une façon motivante aussi de faire émerger des manques, une façon sympa de participer et de coopérer entre habitants.

A chacun maintenant de se saisir de cette opportunité !

Tous les documents sont accessibles sur le site jeparticipe.brest.fr.

_

A vous de jouer …

étonnez-nous …

étonnez-vous !

_

Quelques liens utiles :

-

 

Lire la suite "Un premier budget participatif pour #Brest" »


Suppression de la taxe d’habitation, une mesure de justice fiscale ?

Image 245875695475De nombreux marcheurs crient haut et fort que la suppression de la taxe d’habitation est une mesure de justice fiscale.

Mais est-ce vraiment le cas ?

La taxe d’habitation est considérée depuis des années comme une taxe injuste. En effet, le calcul de cet impôt se base sur des valeurs locatives fixées en 1970. Depuis 50 ans, des quartiers entiers ont muté. Aujourd’hui, des habitants d'immeubles défraîchis des années 1960 payent davantage d’impôts que ceux des centres-villes rénovés. Une réforme juste serait de revoir les bases de cet impôt.

Le Président Macron vient d’annoncer la suppression de la taxe d’habitation à l’horizon de la fin du quinquennat, sous prétexte qu’elle n’était pas juste. Afin de calmer les collectivités, il leur propose un remboursement par l’Etat des recettes non-perçues de l’impôt supprimé.

La réforme du gouvernement est-elle une réforme juste pour autant ?

Non, et pour au moins trois raisons.

  1. C’est une réforme qui grave dans le marbre les inégalités fiscales entre communes. Les communes comme Brest avec un potentiel fiscal faible auront une compensation plus faible (ramenée au nombre d’habitants) que les communes riches.
  2. C’est une réforme qui récompense les collectivités les moins vertueuses en matière de maîtrise de leur fiscalité (et donc de leurs dépenses publiques, cela va souvent avec). Comme Brest, les communes qui n’ont pas augmenté leurs impôts depuis des années percevront moins que celles qui ont fortement augmenté leurs impôts ces dernières années.
  3. C’est une réforme qui réduit une fois de plus l’autonomie des collectivités territoriales puisqu’elles ne disposeront plus d’une recette directe, mais d’une dotation supplémentaire. Ces dotation que les gouvernements successifs considèrent comme des charges et qu’ils rognent année après année pour faire baisser les déficits publics nationaux.

Enfin, le Président assure que cette mesure de son programme sera sans impact sur les budgets des collectivités publiques puisqu’il propose de la compenser. On peut voir cela très différemment.

La loi de finances 2018 exigent des budgets des 340 plus grandes collectivités de faire baisser de 13 milliards d’euros le déficit public national sur le mandat. Or la suppression de la taxe d’habitation devrait coûter plus de 10 milliards d’euro à l’Etat en compensation vers les collectivités.

Une autre lecture possible pourrait être que l’Etat compense de 10 milliards d’euro d’un coté, en demandant de réduire les dépenses de 13 milliard d’euro de l’autre. Finalement, les collectivités font plus que se payer cette suppression de la taxe d’habitation.

Loin d’être une réforme juste comme martelé par les élus marcheurs, la suppression de la taxe d’habitation proposée par le candidat Macron dans son programme fut d’abord une mesure populiste électoraliste. Elle devient aujourd’hui une mesure injuste, consolidant les inégalités entre les territoires et limitant encore un peu plus leur autonomie vis-à-vis d’un pouvoir toujours plus centralisé.


Les marcheurs seraient-ils des farceurs à Brest !

Csm_24._Keolis_adc003ae16Fin mars avaient lieu les conseils de la ville et de la métropole de Brest. Dans le flot des échanges, les deux marcheurs brestois se sont distingués en demandant à réfléchir à une baisse des taux de fiscalité, puis à une étude sur la gratuité des transports publiques (ici et ). Deux propositions remarquées qui, à l’image de la suppression de la taxe d’habitation, ne peuvent qu'être applaudies des deux mains par les personnes peu informées de la réalité des conséquences.

Si la gratuité des transports en commun est un sujet à la mode en ce moment dans le débat public, je ne pense pas qu’il y ait besoin d’une longue étude pour débattre du sujet. Il suffit juste d’aller lire le rapport de notre délégataire (qu’ils ont aussi voté en juin) pour comprendre les grands enjeux posés.

On lit page 13 de ce rapport (disponible ici) les recettes d’exploitation de Kéolis (Bibus) pour l’année 2016 :

  • 24 291 000 € : Subvention Forfaitaire d’Exploitation, qui est la prise en charge par la métropole du financement du transport public.
  • 11 884 000 € : Recettes des tickets et des abonnements vendus par Bibus.
  • 2 897 000 € : Compensations tarifaires, sur les tarifs sociaux demandés par la métropole.
  • 214 000 € : Recettes faites sur les contrôles et la fraude.

Ces 4 postes représentent plus de 99% des recettes qui permettent de financer le transport public sur notre métropole. On notera que 69% provient déjà de subventions de la métropole, quand le reste relève de la vente de Bibus. Pour 2016, la part payée par les usagers du transport public se chiffre donc à plus de 12 millions d’euro. 

L’étude s’arrête donc là ! 

Si ce ne sont plus les usagers qui payent du fait de l’instauration d’une gratuité, il n’y a pas de miracle en finances publics, ce seront les contribuables qui payeront au travers de leurs impôts.

Lire la suite "Les marcheurs seraient-ils des farceurs à Brest !" »


Contractualisation financière : un discours en trompe l’œil

Capture 36Jeudi 5 avril dernier avaient lieu à Dijon les journées de France Urbaine. Un grand nombre de collectivités étaient présentes pour échanger sur les enjeux qui se posent à elles.

Lors de la plénière d’ouverture, le Premier Ministre est intervenu pour parler d’un sujet qui lui tient à cœur : la contractualisation financière des collectivités. Il est intéressant de décrypter ce qui a été dit et de constater comment le discours tenu est totalement en trompe-l’œil, par rapport à la réalité des faits.

Ce que le premier Ministre Edouard Philippe a dit lors de ces rencontres s’est articulé autour de trois points :

  1. Les gouvernements Sarkozy et Hollande ont réduit les déficits publics en ponctionnant autoritairement les dotations aux collectivités.
  2. Le nouveau gouvernement maintiendra les dotations des collectivités.
  3. Une contractualisation sera négociée entre l’Etat (au travers des Préfets) et les collectivités, pour maintenir une hausse des budgets de fonctionnement en dessous de +1,2 %, sous peine de sanctions sur leurs dotations.

Conclusion à comprendre : le gouvernement n’impose rien, il maintient les moyens des collectivités et négocie avec elles.

Pourquoi est-ce un beau tour de passe-passe ?

Lire la suite "Contractualisation financière : un discours en trompe l’œil " »


Présentation en conseil du budget 2018 de la métropole

180328_Métropole de Brest_Budget Primitif 2018Je ne reviendrais pas sur les éléments de contexte qui ont été largement présentés dans le DOB et qui décrivent une situation économique globalement saine, qui s’articule avec un cadre contraint par la dernière loi de finances, notamment au travers des exigences de contractualisation qui laisse encore planer beaucoup d’incertitudes sur les collectivités locales.

Avant de rentrer dans la présentation de ce budget 2018, il me semble important de rappeler les 4 objectifs qui guident notre politique budgétaires sur ce mandat :

  1. Une volonté forte de stabiliser la fiscalité locale, et nous verrons dans les délibérations suivantes que ce n’est pas qu’une intention puisque tous les taux seront proposés stables en 2018,
  2. Une volonté de maitriser les dépenses de fonctionnement, comme ce fut le cas sur tout ce mandat,
  3. Une volonté de maintenir une bonne capacité d’autofinancement à même de nous permettre de réaliser les projets d’investissements que nous souhaitons,
  4. Enfin, et c’est la conséquence des premiers points, de maintenir notre collectivité dans un endettement soutenables qui nous assure un avenir maîtrisé.

_____________________________

Sur le plan macroscopique du budget qui est présenté, on notera que :

  • Les recettes sont en légère hausse de 1,7% à 320 M€
  • Les dépenses de fonctionnement sont aussi en légère hausse aussi de 1% à 275 M€
  • Cet équilibre nous permet de dégager une épargne brut de plus de 46 M€ qui représente presque 20% des recettes réelles de fonctionnement de la métropole (hors mutualisation) et ce qui nous permettra d’autofinancer 1/3 de nos investissements, à plus de 65 M€, tout en poursuivant aussi notre désendettement.
  • Enfin, notre encourt de dette se chiffre à 360 M€ ce qui nous situe au bon niveau de 7,7 années sur l’indicateur de taux d’endettement au regard de notre capacité d’épargne brut.
  • A noter pour finir que l’excèdent net de 2017 qui se chiffre à 3,7 M€ se répartira pour 1 M€ en fonctionnement et le reste en investissement.

D’un point de vue global, ce budget respecte donc bien les objectifs politiques que nous nous sommes fixés et que j’ai rappelés en préalable.

Lire la suite "Présentation en conseil du budget 2018 de la métropole" »


Un Budget Participatif à Brest

Img019

Intervention faite en conseil municipal en préalable au vote à l'unanimité de la mise en place d'un premier budget participatif sur la ville de Brest.

_

Avec le temps, la participation des habitants est devenue un enjeu fort dans la mise en place des politiques publiques. A la fois source d’une expertise citoyenne qui permet de mieux comprendre les attentes au plus près des besoins, la participation permet aussi une meilleure compréhension des politiques publiques que nous portons. Enfin, elle doit permettre, dans une société de plus en plus individualisée, de mieux partager la place de la délibération collective sur l’intérêt général, dans un cadre budgétaire donné, afin d’arbitrer des projets.

La ville de Brest a depuis de nombreuses années organisée des espaces permettant de faire vivre cette participation des citoyens au débat et à la décision publique. Que cela soit au travers des CCQ dans chacun de nos quartiers, des concertations préalables aux grands projets urbains sur Brest (Pontanézen hier, Bellevue et Recouvrance aujourd’hui), mais aussi sur des sujets plus ponctuels comme la réorganisation d’espaces et de services, ou même la couleur dans la ville par exemple, nous portons la conviction que la participation est un préalable à une bonne compréhension et une adhésion aux politiques que nous menons.

Aujourd’hui, avec cette délibération donnant les lignes d’intentions d’un budget participatif, il s’agit de proposer un cadre supplémentaire à la participation des citoyens sur Brest.

L’idée des budgets participatifs n’est pas né d’hier, mais dès 1989 à Porto Alegre au Brésil. Depuis, cette idée a cheminé et a été largement reprise en se déclinant dans de nombreuses villes au travers le monde. En France, une cinquantaine de villes se sont déjà saisies en 2017 de cette initiative.

Le premier budget participatif de Brest

L’idée est simple. Il s’agit de proposer un cadre pour la réalisation de projets d’investissements, afin que les citoyens puissent proposer leurs projets et que cela soit les habitants eux-mêmes qui décident des projets qui seront réalisés, dans l’enveloppe des 500 000 € que nous allouerons à la mise en œuvre des projets retenus, en 2019.

Ce travail de proposition puis de choix des projets les plus plébiscités par les habitants commencera un peu avant l’été et se terminera par un vote final en janvier 2019, pour réalisation dans l’année. Les projets proposés par les habitants devront être réalisés sur le territoire de la ville de Brest, être d’intérêt général, avoir un coût inférieur à 150 000 € et devront pouvoir être réalisés sur l’année 2019.

Afin que le plus grand nombre d’habitants puisse proposer des projets et donner leur avis, la participation sera ouverte à toutes les brestoises et les brestois, sans critère d’âge ou de nationalité.

Un règlement détaillant les phases du processus de dépôts de projets et des votes sera diffusé avant le démarrage. Le suivi de ce règlement sera fait dans au sein d’un conseil qui intégrera 9 élus et 9 habitants.

Voilà en quelques mots les grands principes de ce premier budget participatif de la ville de Brest.


Présentation en conseil du budget 2018 de la ville de Brest

180328_Ville de Brest_Budget Primitif 2018Je ne reviendrais pas sur les éléments de contexte qui ont été largement présentés dans le DOB et qui décrivent une situation globalement saine sur le contexte économique, avec des taux faibles et une activité économique stable, qui s’articule avec un cadre contraint par la dernière loi de finances, notamment au travers des exigences de contractualisation qui laisse encore planer beaucoup d’incertitudes sur les collectivités locales.

Avant de rentrer dans la présentation de ce budget 2018, il me semble important de rappeler les 4 objectifs qui guident notre politique budgétaires sur ce mandat :

  1. Une volonté forte de stabiliser la fiscalité locale, et nous verrons dans les délibérations suivantes que ce n’est pas qu’une intention puisque tous les taux seront proposés stables en 2018,
  2. Une volonté de maitriser les dépenses de fonctionnement, comme ce fut le cas sur tout ce mandat,
  3. Une volonté de maintenir une bonne capacité d’autofinancement à même de nous permettre de réaliser les projets d’investissements que nous souhaitons,
  4. Enfin, et c’est la conséquence des premiers points, de maintenir notre collectivité dans un endettement soutenables qui nous assure un avenir maîtrisé.

---------------------------------------

Sur le plan macroscopique du budget qui est présenté, on notera que :

  • Les recettes sont en très légère hausse de 0,6 % à 143 M€
  • Les dépenses de fonctionnement sont stables à 132 M€
  • Cet équilibre nous permet de dégager une épargne brut de plus de 11.3 M€ qui représente presque 8 % des recettes réelles de fonctionnement de la commune et ce qui nous permettra d’autofinancer 30 % de nos investissements, à près de 19 M€.
  • Enfin, notre encourt de dette se chiffre à moins de 40 M€, ce qui nous situe au bon niveau de 3,5 années sur l’indicateur de taux d’endettement au regard de notre capacité d’épargne brut.
  • A noter pour finir que l’excèdent net de 2017 qui se chiffre à 4,2 M€ se reportera en totalité sur la section d’investissement sur 2018.

D’un point de vue global, ce budget respecte donc bien les objectifs politiques que nous nous sommes fixés et que j’ai rappelés en préalable.

Lire la suite "Présentation en conseil du budget 2018 de la ville de Brest" »


Elargissement de la Métropole : pourquoi, pour qui et comment ?

Pays de Brest 2018Suite à l’interview de François Cuillandre dans Ouest France le 28 février dernier où il expliquait sa vision de l’élargissement de la Métropole, j’ai été interpellé sur les réseaux sociaux par une personne cherchant à comprendre l’intérêt d’une telle opération. Voici en quelques mots ce que j’en pense.

On aurait tort de croire que l’idée de l’élargissement de notre Métropole est avant tout une histoire d’égo et de personnalité politique. Sur le plan politique (au sens des logiques partisanes), l’élargissement de la Métropole est plutôt une inconnue qui apporte de fortes incertitudes, voire des risques de basculement de majorité. Brest et la métropole sont à gauche, quand le reste des EPCI et des communes du territoire du Pays de Brest sont plutôt ce que l’on appellerait des « divers droits » (majorités de droite, non affiliés à un parti). Si on élargissait aujourd’hui d’un coup la Métropole au Pays de Brest, elle passerait probablement à droite. Ce n’est donc pas l’intérêt direct des élus politiques qui tire ce projet puisque les élus de gauche de Brest et de la Métropole sont pour cet élargissement, mais pourraient risquer d’être politiquement perdants lors de prochains scrutins.

Ce qui motive aujourd’hui ce projet, c’est bien une vision du territoire sur le long terme et notre capacité à continuer à exister à la pointe bretonne. Explications.

Lire la suite "Elargissement de la Métropole : pourquoi, pour qui et comment ?" »


Association d’élus ou association de malfaiteurs !?

Hier, le Télégramme publiait une page entière sur un « système » mis en place depuis 30 ans par les élus socialistes de Brest, sous la forme d'une association mutualisant nos indemnités. On y lit l'avis de juristes qualifiant d'illégal un fonctionnement qu'ils n'ont même pas pris eux-mêmes la peine d'étudier ou d'en questionner les responsables.

Derrière ces mots résonne une autre chansonnette : système opaque, association de malfaiteurs, argent sale, combines, etc ... Cet article a de quoi questionner le citoyen (à juste titre) sur ce que font leurs élus de l'argent public. Alors de quoi nous accuse-t-on ? De quoi suis-je accusé, moi qui suis un des membres de cette association ?

Je n’ai pas le sentiment d’avoir commis un acte illégal. Je n’ai pas non plus le sentiment d’avoir commis une faute moral. En début de mandat, j'ai autorisé la ville de Brest à verser mes indemnités d'élus sur le compte bancaire d'une association dirigée par des collègues élus, plutôt que sur mon propre compte. Cela ne s'est pas fait contre mon accord. J'ai signé en toute connaissance de cause un document autorisant ce principe, tout comme je l'avais fait lors de mes deux mandats précédents. Est-ce illégale ? J'en doute, ou il faudra le prouver un peu mieux qu'avec des bouts de phrases de juristes que l'on a été chercher à l'autre bout de la France. A-t-on manqué à une quelconque éthique ? Probablement à une éthique libérale qui considérerait la solidarité comme le renoncement à toute liberté individuelle, mais c'est assez loin de l'éthique qui est la mienne ! Je revendique d'ailleurs ma liberté individuelle à utiliser mon indemnité (qui est de l’argent privé une fois versée), comme je le veux. Je vais même choquer encore plus en vous livrant un nouveau scoop, les élus socialistes de la ville de Brest et du Finistère versent aussi (librement) un mois de leurs indemnités annuelle (8%) à un parti politique ! Délirant non ?

Cet article tente de faire du sensationnel avec du banal. Ainsi dit-t-il révéler le niveau d'indemnisation des élus qui est non seulement public parce que voté dans des délibérations du conseil, mais aussi que l'on retrouve très facilement sur internet (ici, ou encore ) puisqu'il s'agit de grilles fixées nationalement par la loi. Et oui, cela fait des grosses sommes quand on les multiplie par douze mois et par le nombre d'élus de la ville de Brest (qui plus est sur 30 ans, comme le fait sans aucune démagogie la droite brestoise ce matin dans la presse). Mais il s'agit d'indemnités que touchent tous les élus de France et l'article aurait pu d'ailleurs justement mentionner que les élus de la ville de Brest n'ont pas voté les taux maximums d'indemnités pour les élus, les adjoints ou même le maire, comme le font d'autres villes et comme l'autorise la loi.

Lire la suite "Association d’élus ou association de malfaiteurs !?" »


Fin de mandat à Brest métropole aménagement

IMG_2652Aujourd’hui avait lieu les deux Conseils d’administrations de la SEM et de la SPL Bma qui me permettait de passer le témoin de la présidence à Tifenn Quiguer.

Ces près de quatre années à la présidence de Bma furent pour moi très formatrices. A la fois BMa est une très belle SEM qui porte les grands projets structurants du territoire, tant sur la dimension économique que sur celle de l’habitat. Mais c’est aussi un pôle de compétences très professionnelles pour mener à bien ces grands projets d’investissements, avec les acteurs locaux. C’est enfin un Conseil d’administration très attentif au développement de notre territoire.

Ces quatre années nous auront permises de fusionner Bma avec la « SEM Tram », de cheminer vers la terminaison du merveilleux projet des Capucins, de poursuivre le développement des ZAC, et enfin de structurer un projet stratégique d’entreprise. Ainsi, la création récente de la SPL permet aujourd’hui d’orienter de futurs développements vers la question centrale de la rénovation énergétique du patrimoine public.

La notoriété de Bma n’est pas très grande et ce n’est pas là sa principale fonction. Néanmoins, nous disposons-là d’un outil très sérieux au service du développement et de l’amélioration des infrastructures de notre agglomération. C’est une chance sur laquelle nous pouvons nous appuyer.

Merci à tous ceux avec lesquels j’ai eu beaucoup de plaisir à travailler au sein de Bma et bon vent à Tifenn Quiguer pour la suite de cette aventure au pays des entreprises locales d’aménagement !

Lire la suite "Fin de mandat à Brest métropole aménagement" »


De Brest'Aim aux récits héroïques des océans

2018-02-13_21h29_04Cet après-midi avait lieu de conseil d’administration de Brest’Aim qui votait la participation au capital de la future société organisatrice de la course des « Ultim ». Cette prochaine course de maxi-trimarans qui partiront de Brest fin décembre 2019.

L’occasion de remonter le temps de cette fascination pour la voile et la course en solitaire que j’avais déjà étant jeune. Une profonde admiration pour ces défricheurs d’océans que furent Moitessier, Jeantot, Kersauson ou Lamazou.

J’avais adoré La longue route et rêvé avec les récits des victoires de Jeantot ou Lamazou et aux exploits de Kersauson. Alors bien loin de Brest, mon horizon était dans un imaginaire sublimé? de la solitude des océans du Sud. Les yeux rivés sur l’affiche d’un Crédit Agricole 1 trionphant, punaisée en bonne place sur un mur de ma chambre.

Aujourd’hui je suis bien loin des quais si longtemps parcourus en rêvant. Me voici dans cette nouvelle histoire qui s’écrit à la suite du Golden Globe Challenge, du BOC Challenge et du Vendée Globe. Ces courses qui m’ont tant fait rêver, vers cette course de l’extrême des Ultim qui nourrira assurément encore beaucoup d’imaginaires, de terriens en soif de grand large.

Avant d’être des courses, ces tours du monde sont des aventures humaines hors du commun, hors du temps, dans l’espace authentique des océans. La puissance symbolique de ces exploits solitaires est encore créatrice de récits héroïques, d’un appel à se dépasser dans ce monde souvent trop blasé.

Nous avons encore besoin de cela. Ces exploits nous relient à nous-même autant qu'aux autres. Ils nous relient aussi à notre planète océane qui parait d’autant plus petite et fragile, que le temps d’en faire le tour se raccourci.

Avec la course des Ultim, une belle nouvelle aventure commence, dans cette grande aventure autour des océans qui se poursuit.


Et si on faisait un budget participatif à Brest ?

BPBLes attentes de citoyens évoluent. De besoins à disposer de services, nous sommes aujourd’hui à l’heure où de plus en plus d’habitants souhaitent aussi disposer d’espaces de partage de la décision publique, de faire vivre ce que l’on appelle parfois le pouvoir d’agir ou l’empowerment.

Cette attente exige de faire évoluer nos façons de produire les politiques publiques. A la fois proposer plus de concertations vers les citoyens, mais aussi proposer de la codécision quand cela est possible. La dernière étape est de laisser aux citoyens volontaires la possibilité de décider par eux-mêmes. C’est ce que propose la mise en place d’un budget participatif dont l’idée est née à Porto Alegre en 1989.

Le mode opératoire est simple. Le conseil définit un cadre général d’appel à projets citoyens. Les habitants qui le souhaitent proposent des projets. Les services de la collectivité évaluent la faisabilité et les coûts des projets proposés. Les projets faisables sont ensuite portés au vote de l’ensemble des habitants. Ceux ayant reçu le plus de soutien sont enfin mis en œuvre sur un budget dédié de la collectivité.

Les budgets participatifs sont une belle opportunité de faire monter en maturité nos démocraties. D’une certaine façon, la participation des habitants est la forme la plus proche des citoyens de décentralisation du pouvoir. C’est celle qui va permettre de faire certains choix, au plus près des besoins, des réalités exprimées et tranchées par les habitants. C’est une belle mise en œuvre du principe de subsidiarité, cher à la gauche, qui s’est joué depuis des années aux différents échelons territoriaux de la démocratie représentative. Il convient aujourd’hui de poursuivre dans ce sens : développer la capacité des citoyens à pouvoir décider par et pour eux-mêmes, au-delà des échéances électorales.

Cette nouvelle façon de faire ne doit pas faire oublier qu’elle présente aussi une complexité supplémentaire qui aura un coût en terme de process et de durée de mise en œuvre. Nous devons aussi garder à l’esprit les travers de ce type de démarches déjà relevés dans certains projets d’autres territoires. Si nous voulons installer des projets participatifs dans la durée, il faudra aussi savoir y aller par étape et évaluer ce qui sera fait.

Voilà quelques temps que nous regardions avec intérêt et envie ce qui se passait sur les quelques territoires français ayant déjà lancé des budgets participatifs (il n’y en a pas encore tant que cela : 47 villes en 2017). En 2018, il est temps de passer de l’envie aux actes, alors allons-y !


Le budget 2018 de la métropole en chiffres … simples !

Budget Brest MetropoleVendredi avait lieu un Conseil de métropole dans lequel était présenté le DOB (Débat d’Orientation Budgétaire). L’occasion de regarder l’exercice budgétaire passé, mais aussi celui à venir.

Mais un budget, c’est compliqué. Alors, si on essayait de le décortiquer à l’aide de quelques chiffres simples.

Le budget de notre métropole, c’est d’abord un gros chiffre : 365 millions d’euro (M€) environ. Mais derrière ce gros chiffre se cachent des choux et des carottes. Il faut donc d’abord faire un peu faire du tri pour y voir clair.

Budget 2018 Brest MetropoleAvant de commencer, il faut retirer ce qui ne relève pas de l’action réelle de la métropole. En effet, la métropole gère aussi les personnels de la Ville de Brest et ceux du CCAS de Brest. Ces postes, gérées en commun de façon à faire des économies d’échelle, sont refacturés aux institutions respectives. Ce sont donc environ 65 M€ qui sortent du budget global de la métropole.

Les 300 M€ restants sont utilisés dans le budget de la métropole de trois façons différentes.

Lire la suite "Le budget 2018 de la métropole en chiffres … simples !" »


Pour moi, ce sera Olivier Faure !

Bf5a59689c979fa65542a98b0023cDepuis le début des échanges sur notre prochain congrès, j’écoute, je lis et je cherche à décrypter les besoins et les envies pour ce qui sera une phase de reconstruction de notre parti.

Je crois dans le besoin de renouvellement, mais aussi dans la nécessité de travail sur les idées et notre capacité à intégrer les enjeux de ce nouveau siècle dans un socialisme modernisé, plus en phase avec notre époque. Ainsi, je suis heureux de voir que tous les candidats adhèrent aujourd’hui à la nécessité de prise en compte de l’écologie, autant qu’aux inégalités puisqu’au final, les deux sont liés.

Je suis aussi content de lire la nécessité d’un travail d’ouverture de notre parti vers les citoyens, non plus seulement pour faire des adhésions et se compter, mais bien pour jouer notre rôle de facilitation des initiatives, de partage des idées et de la compréhension du monde. Ce n’est qu’en travaillant nos idées avec et pour les citoyens que nous retrouverons le chemin de la réussite aux élections. Notre chemin ne sera pas celui du populisme, de droite, de gauche ou du centre, mais de l’émergence d’une nouvelle alternative transformatrice, vraiment en phase avec les attentes de la population.

Tout cela, on le retrouve dans les candidatures des quatre candidats au prochain congrès, mais je crois aussi, comme je l’ai souvent dit ici, que la méthode compte autant que le fond. C’est aussi ce qui me fait pencher aujourd’hui vers la candidature d’Olivier Faure pour le poste de premier secrétaire.

J’aime sa capacité à ne pas s’arrêter aux clans et aux idées. Les bonnes idées n’ont souvent pas de courant. Il faut les saisir et savoir les travailler d’où qu’elles viennent. J’apprécie qu’il se définisse lui-même comme « l'unique enfant de François Hollande et Martine Aubry », pour avoir longuement travaillé avec chacun de ceux que l'on affichait encore il y a peu, comme les tenants de deux gauches irréconciliables.

J’aime sa capacité à faire travailler ensemble. Boris Vallaud disait de lui : « C'est un bon président de groupe qui crée du collectif, de la discussion, de la cohésion. Il fait confiance. On est un groupe où les gens ont plaisir à être ensemble. » Jean Marc Ayrault soulignait son côté « loyal et sincère, […] à l'écoute avec le sourire, mais avec de la fermeté et du caractère. » Il me semble que ces qualités sont des prérequis pour créer du commun et de l'adhésion.

Il l’exprime d’ailleurs lui-même récemment dans la presse (ici) : « Depuis que je suis président [de groupe à l’Assemblée depuis un an], la délibération est collective, tous les talents peuvent s’exprimer, toutes les compétences sont valorisées. Il n’est plus question d’écarter les meilleurs parce qu’ils font de l’ombre. Voilà ma méthode, c’est celle que j’appliquerai au Parti socialiste. […] Le PS doit devenir un parti plateforme ouvert à tous sans limitation, militants, citoyens, intellectuels et acteurs du mouvement social. Je veux construire un laboratoire collectif, un incubateur d’idées, une fabrique d’expérimentations. »

Enfin, j’apprécie qu’il ne se soit pas précipité à se porter candidat et qu’il ait eu l’intention en premier lieu de soutenir la candidature de Najat Vallaud-Belkacem, avant qu’elle refuse elle-même de se présenter. J’apprécie depuis les soutiens qu’il a pu recevoir qui me semblent aussi porteur d’espoir dans la reconstruction de notre formation politique : de Martine Aubry à Nathalie Appéré, en passant par Johanna Rolland, Valérie Rabault ou même Isabelle This Saint Jean, dont j’avais beaucoup apprécié les échanges lors de son passage à Brest.

Pour ces multiples raisons qui font sens à mes yeux, je choisis aujourd’hui de soutenir la candidature d’Olivier Faure pour prendre la tête de notre parti, à l’issue de notre prochain congrès à Aubervilliers.

-

Plus d'info à retrouver sur le Blog d'Olivier Faure ou sa page Facebook


Règlement intérieur des Conseils : tripatouillage ou clarification ?

RICette semaine ne fut pas de tout repos pour le Règlement intérieur du Conseil de métropole. Une délibération est prévue au prochain conseil pour préciser la notion de Groupe politique, avec pour objectif initial de maintenir les équilibres existants. Suite à une erreur d’écriture de la délibération et malgré la proposition de revenir dessus, l’opposition s’en est largement offusquée. Quelques explications s‘imposent, car si l’angle choisit est de faire croire à un tripatouillage politique, on peut tout aussi prendre celui de la bonne gestion de l’argent public.

Contrairement à d’autres villes ou agglos qui ont déjà arbitrées cette question à des regroupements de 5 à 10 élus, notre règlement intérieur ne dit rien aujourd’hui de ce qu’est un « Groupe politique » dans nos conseils, Ville et Métropole de Brest. Historiquement, nous étions plutôt habitués à des oppositions structurées. Il y avait donc deux blocs, entre le Groupe de la majorité et celui de l’opposition. Il n’y avait pas de débat sur cette question et le règlement intérieur suffisait en l’état.

Force est de constater que si le Groupe de la majorité reste unitaire, l’opposition s’émiette. Alors qu’elle était partie sur une seule liste, la droite brestoise s’est rapidement divisée après les élections. Nous avons ensuite vu partir Mme Le Goïc dans l’opposition. Puis plus récemment, est venu le tour de deux élus Marcheurs de passer dans l’opposition. Cette situation pour le moins inattendue et nouvelle lors de ce mandat pose alors une question : devons-nous considérer tout binôme d’élus qui se scinde d’un Groupe constitué comme un nouveau Groupe politique ? Ou alors faut-il, comme dans d’autres assemblées, avoir atteint une taille donnée pour être qualifié comme un Groupe politique ?

Lire la suite "Règlement intérieur des Conseils : tripatouillage ou clarification ?" »


D’une délégation à l’autre !

Thierry Fayret_Questionhabitat_Franck BeterminVoilà près de quatre ans que j’étais sur la délégation « Urbanisme, Habitat et Plan climat ». Une délégation aussi passionnante que prenante, avec de nombreux enjeux pour notre territoire que j’ai eu l’occasion d’évoquer ici dans la rubrique Urbanisme.

L’urbanisme est assurément une politique attachante en tant qu’élu, car elle touche à tout l’écosystème qui constitue la ville. Cet enjeu a été compris très tôt sur Brest et la mise en place de notre « PLU(i) facteur 4 » en est la meilleure preuve. Associer planification urbaine, habitat, déplacement et plan climat dans une même cohérence est assurément le sens de l’histoire dans la construction de la ville intelligente, performante et soutenable. D’autres territoires s’en inspirent aujourd’hui, mais nous restons parmi les seuls à l’avoir fait et surtout à le faire vivre.

Cela aura été aussi captivant de voir sortir les projets immobiliers et de travailler avec les professionnels du secteur, que cela soit sur des permis de construire simple, sur des collectifs, sur des ZAC ou sur les projets économiques qui irriguent notre territoire. On dit que la ville se régénère tous les 100 ans, il s’agit donc de penser le temps long et d’accompagner tous les acteurs qui font la ville, à produire ce qui est le mieux pour nous tous.

Lire la suite "D’une délégation à l’autre !" »


Démographie, une brève histoire du temps et des territoires

DemographieLes chiffres du recensement de la population arrivent chaque année entre le sapin de noël et le réveillon du nouvel an. Le traitement qui en est fait se résume souvent à une classification des communes, entre celles qui perdent et celles qui gagnent, sans vraiment chercher à comprendre les mécanismes en jeux et surtout les dynamiques à l’œuvre. C’est dommage, parce que l’analyse de la démographie nous apprend beaucoup sur notre territoire, notre histoire et notre société. Encore faut-il prendre la bonne distance et un peu de temps pour décrypter ces chiffres qui tombent chaque année. Alors, allons-y ! Regardons ensemble ce que nous racontent ces chiffres, à la fois sur notre passé, notre présent et notre avenir.

Pour comprendre, il faut d’abord prendre conscience que les chiffres de la démographie, à Brest comme ailleurs, doivent se lire à l’horizon de deux fractures majeures de notre histoire : la première et la seconde guerre mondiale. Dans notre monde qui avance à toute vitesse, nous oublions souvent que notre société reste encore très fortement impactée par ces deux guerres. L’analyse structurelle de la démographie doit donc encore se lire au travers de l’onde de choc que furent ces deux conflits du XXème siècle.

Lire la suite "Démographie, une brève histoire du temps et des territoires" »


20 ans de syndicalisme !

2017-11-27_22h00_38Le 25 novembre 1997, je fus élu pour la première fois comme élu titulaire au CE. J’étais alors le seul élu de mon syndicat de l’entreprise, le SNEPIE. Vingt années ont passée et j’ai beaucoup appris grâce au syndicalisme. Il y a 12 ans, je suis devenu Délégué syndical central (DSC) alors que l’entreprise engageait un plan social. Puis, pour la 4ème fois l’année passée, j’ai été élu Secrétaire de mon CE.

Le syndicalisme et la politique sont deux mondes séparés et c’est mieux ainsi. Bien que pratiquant les deux en même temps depuis le début, j’ai toujours fait attention à ne jamais mélanger ces deux fonctions qui agissent dans des sphères d’influences différentes. Pour autant, j’ai toujours considéré que le syndicalisme était une forme de « politique appliquée » au monde de l’entreprise. Comme la société, l’entreprise est un lieu où se jouent des relations individuelles, avec des règles particulières et une économie globale. Après toutes ces années, je peux assurer que le syndicalisme est assurément une très bonne école de la politique !

Lire la suite "20 ans de syndicalisme !" »


SPL Bma : une nouvelle ambition pour la rénovation énergétique des bâtiment publics

SPL BMACette semaine a lieux le premier Conseil d’Administration de la nouvelle Société Publique Locale Bma (SPL Bma). La vocation de ce nouvel outil au service de la métropole et de la ville de Brest est de disposer d’un opérateur pour accélérer la rénovation énergétique de notre patrimoine public. L’objectif est aussi de mutualiser les compétences humaines déjà présentes dans la Société d’Economie Mixte Brest métropole aménagement (SEM Bma) et éviter ainsi de se disperser.

Quelques explications pour mieux comprendre ...

Lire la suite "SPL Bma : une nouvelle ambition pour la rénovation énergétique des bâtiment publics" »


Liberté, Egalité, Fraternité, un nouveau cap pour la gauche

Img_0648Notre devise républicaine est inscrite partout dans la cité, mais fait-elle partie de notre pensée politique comme elle le devrait ? Ces trois mots continuent à nous questionner, car ils recèlent encore bien des réponses aux maux d’aujourd’hui.

DE LA REVOLUTION FRANÇAISE …

Issue de la pensée des Lumières au moment de la révolution française, notre devise est probablement à replacer dans son contexte. Loin d’être un programme politique, elle est le socle de ce qui est apparu à nos ancêtres (révolutionnaires) comme les valeurs nécessaires pour sortir d’une domination politique. La révolution française de la fin du XVIIIème siècle est l’expression de la contestation du pouvoir royal, d’une « monarchie absolue de droit divin » ayant institué une hiérarchie du pouvoir sur le peuple, par le biais de la noblesse et du clergé. Notre devise républicaine est à reprendre dans ce contexte et à lire comme une boussole pour s’extraire de toute forme de domination dans l’exercice d’un pouvoir.

Les termes de liberté, d’égalité et de fraternité peuvent aussi être lus de deux façons différentes. Ils sont tout à la fois l’expression de trois valeurs essentielles prises séparément, mais aussi un chemin, un cap pour fonder une société en dehors d’un pouvoir autoritaire et arbitraire.

On a eu tendance à cliver ces trois termes dans des débats politiques, comme s’ils abritaient en leur cœur une forme d’incompatibilité. Liberté et égalité devenant en quelque sorte chacun les portes étendards des deux bords politiques. La droite affirmant plutôt la primauté de la Liberté, quand la gauche s’attachait à revendiquer l’impératif d’Egalité. La Fraternité, moins facilement discernable dans les débats, apparait comme plus abstraite et moins objectivable. La connotation chrétienne du terme Fraternité l’aura aussi probablement desservi dans les temps de tension entre pouvoir religieux et pouvoir politique.

Près de 230 ans après la prise de la Bastille, que peuvent nous dire encore ces trois mots sur le chemin d’une meilleure gouvernance politique ? Sommes-nous encore sur la route fixée par nos ancêtres, où avons-nous déviée ? Avons-nous bien pris toute la mesure du message de ces trois valeurs signifient aujourd’hui ?

Lire la suite "Liberté, Egalité, Fraternité, un nouveau cap pour la gauche" »


Quelques explications pour un Conseil

Hier, avec quelques camarades ayant des responsabilités au Parti socialiste, nous avons pris l’initiative d’inviter les membres de notre Conseil fédéral à se réunir lundi soir prochain, lors d’un Conseil fédéral extraordinaire. Cette initiative qui relève normalement de notre Premier secrétaire ne manquera pas de susciter quelques questions, voire l’accusation de prise de pouvoir par la force. Il n’en est rien. Mais quelques explications s’imposent.

Tout d’abord, il faut couper cours à toute volonté de prise de pouvoir. Pour ma part, je ne suis candidat à rien en dehors des responsabilités que j’ai déjà au Parti. Je crois les autres signataires de cet appel sont dans le même état d’esprit. L’interpellation que nous faisons est une question de méthode avant d’être une question de personne.

La motivation de cette invitation est clairement une réponse aux demandes formulées par nos camarades militants de pouvoir se réunir et échanger sur une échéance importante qui est l’élection d’un nouveau Premier secrétaire pour notre fédération. En tant que responsables, nous partageons aussi cette attente et ce besoin de discussion, de dialogue entre nous, avant de relancer des échéances électorales. Tout cela est assez logique dans un parti, discuter, débattre, converger, cela prend du temps, mais c’est un temps nécessaire qui permet ensuite que cela se passe mieux.

Mais c’est la forme de notre action qui risque d’être critiquée. Puisque qu’il y a désaccord de méthode, c’est bien la méthode qu’il faut interroger.

Lorsqu’il y a désaccord et difficulté à converger, je crois qu’il faut toujours s’en remettre aux fondements qui font sens dans toute organisation. En l’occurrence, dans un parti comme dans une association, il s’agit des statuts. Ils sont écrits à des moments où la tension est moindre. Ils ne manquent pas d’être longuement discutés lors des congrès. Ils rappellent le cadre de notre action et de nos fonctionnements. Allons donc voir ce que disent nos statuts, qu’ils soient nationaux ou fédéraux d’ailleurs.

Les deux premiers principes fondamentaux que l’on va y retrouver et qui font écho à la situation d’aujourd’hui sont les principes de la liberté d’expression des militants et aussi de la loyauté au parti. Un parti est avant tout un lieu d’expression, il est normal que chaque adhérents ait la possibilité de s’exprimer, puisse faire entendre et partager son avis. Nos instances sont là pour cela. Il ne s’agit pas de les réunir quand il n’y a rien à dire et de ne pas le faire lors d’événements importants et structurants. Par ailleurs, il est bon de rappeler que notre parti pose clairement la non-appartenance à d’autres partis ou mouvements politiques. Dans cette période un peu confuse, il est bon de le rappeler. Chacun est libre de rester ou de partir, mais il doit exister une forme de loyauté qui est le socle de la confiance entre nous, minimum essentiel au travail ensemble. Pour discuter avec intelligence de sujets complexes et souvent avec de nombreuses divergences, il faut un cadre apaisé où les personnes se respectent et font preuve de bienveillance. Quand on est dans un parti, on réfléchit et travaille dans le parti auquel on appartient, pas pour celui d’à coté. Que mon propos ne soit pas interprété comme du sectarisme primaire, c’est exactement pareil dans une équipe de foot ! Dans les activités qui se ponctuent par des compétitions, qu’elles soient sportives ou électives, le jeu d’équipe veut que l’on respecte certaines règles. Cela ne nuit ni à la qualité de l’équipe, ni au jeu de celle-ci, bien au contraire.

Sur notre fonctionnement en fédérations, le principe statutaire important est la primauté du Conseil dans la direction du parti au niveau départemental. C’est le Conseil fédéral qui assure la direction du parti. Entre deux réunions du Conseil, c’est le bureau Fédéral qui gère les urgences dans la direction du parti. Ces deux instances de direction sont présidées par un Premier secrétaire. Ces deux instances ont le pouvoir de direction car elles sont des émanations démocratiques des résultats du congrès précédents. Les rapports de force entre courants de pensée y sont représentés à l’image du vote des militants. Par contre, le Secrétariat fédéral (que l’on confond souvent avec le Bureau) est quant à lui établit sur une liste proposée par le Premier secrétaire. Il correspond à ce que l’on appelle l’exécutif de la fédération : il exécute les décisions prises par le Conseil ou le Bureau. Il n’a de pouvoir autre que celui qui lui est délégué par le Conseil.

Dans le cas d’école qui nous concerne aujourd’hui, la démission du premier secrétaire, comme les modalités d’élection d’un nouveau secrétaire ont été décidées à huis-clos en Secrétariat fédéral. Les membres du Conseil, comme les militants, ont découvert dans la presse la démission, la date très proche de fin de dépôt des candidatures et celle de l’élection, sans parler d’un déjà potentiel nom pour la succession. Ce n’est pas banal ! Si nous étions dans un comité d’entreprise, nous nommerions cela un « délit d’entrave ».

Ce que disent les statuts est très clair. En cas de vacance du poste de Premier secrétaire, ce qui sera le cas fin septembre d’après le courrier reçu de notre Premier secrétaire en place, il faut élire un successeur dans un délai de trois mois. On voit donc mal l’intérêt d’un empressement. Statutairement, il existe déjà une collégialité élargie pour la direction : le Conseil fédéral et une collégialité resserrée : le Bureau fédéral.

Pour finir, malgré de nombreuses relances, la demande répétée de plusieurs camarades de mise en place d’un Conseil fédéral avant l’élection est restée lettre morte auprès du Premier secrétaire actuel. De nombreux articles ont fuité dans la presse, donnant une image désolante du fonctionnement de notre parti. L’absence de l’ouverture d’une instance de débat en est la principale cause. Il nous a semblé nécessaire de prendre les devants et d’y remédier.

En la matière, nos statuts ne donnent pas la prérogative unique au Premier fédéral pour convoquer un Conseil fédéral. Rien ne vient contredire le fait que plusieurs membres puissent organiser la mise en place d’un Conseil, pour peu qu’il y ait un ordre du jour. C’est ce que nous avons fait et rien de plus. Libre maintenant aux membres du Conseil de prendre acte de la démission du Premier fédéral, puis de partager pour définir ensemble la direction que nous souhaitons pour notre parti en matière de réélection d’un premier fédéral. Je ne doute pas qu’il y aura des débats, mais c’est bien ce qui fait la richesse de notre parti.

Voilà, j’ai pour habitude d’expliquer les choix que je fais et ce qui me conduit à les faire. Ce texte n’engage que moi et chacun des autres signataires est libre de s’en affranchir. Mais loin des caricatures qui ne manqueront pas d’être faites, je souhaitais que le sens de cette démarche soit celui qui fasse débat, s’il y a.

Ci-dessous l’analyse mise dans l'invitation en Conseil fédéral extraordinaire sur l’analyse des statuts, et qui reprend plus formellement ce qui est au-dessus.

Lire la suite "Quelques explications pour un Conseil" »


Sept nuances de gauches

170724_Dessin 7 nuances de gauchesSuite aux dernières élections, il devient complexe de comprendre la gauche ou plus exactement, les gauches. Il est cependant possible de définir une grille de lecture sur ce qui fonde ces gauches aujourd’hui. Cette grille de lecture peut aussi donner un axe de réflexion sur la place du parti socialiste dans cette nouvelle géographie.

Jean-Baptiste de Foucauld apporte une première clé de lecture sur les moteurs de la gauche : « les trois cultures politiques qui permettent le développement humain : la résistance, la régulation et l’utopie. »

LES TROIS CULTURES POLITIQUES HISTORIQUES DE LA GAUCHE

Ces trois cultures ont structurés la gauche depuis fort longtemps. Elles se retrouvent d’ailleurs assez lisiblement lors des motions de nos congrès. La culture de la résistance est la culture historique de la gauche. Fondée sur les luttes, le syndicalisme, la gauche de combat, elle est celle dans laquelle se retrouve encore « la gauche de la gauche » et dans laquelle le mouvement des frondeurs puise ses racines et sa légitimité. La culture de la régulation est celle de la gauche au pouvoir. Une gauche qui négocie, qui adapte, qui arbitre. C’est la gauche des compromis, mais c’est aussi la gauche qui travaille le réel. La culture de l’utopie est ancienne à gauche, ainsi parle-t-on du « socialisme utopique » au début du XIXème. C’est la culture de l’imaginaire attendu, de l’idéal, mais aussi des visons réformatrices profondes de la société. Ces dernières années, elle a plutôt été soutenue par les mouvements écologistes de la gauche, mais aussi par des mouvements s’affirmant comme tels, à l’image d’Utopia.

Ces trois cultures se conjuguent et s’associent plus ou moins en fonction des sujets et des personnalités. Ce mélange des gauches est parfaitement exprimé par la citation bien connue de Jean Jaurès : « Le courage, c’est d’aller de l’idéal et de comprendre le réel. » Plus récemment, la dimension utopique de l’écologie est ainsi passée dans les deux autres cultures avec plus ou moins de succès. Bien intégrée dans les éléments de langage, l’écologie fut malgré tout relayée au second plan dans les pratiques réelles. En France, l’existence d’une « écologie politique » ayant préempté le sujet dès le départ a probablement un lien avec l’appropriation plus lente des autres partis.

Ces trois axes permettent de comprendre les trois couleurs primaires de la gauche ainsi que les compositions qui en découlent. Cependant, ce prisme semble avoir explosé lors de la dernière séquence électorale. Il n’en est rien. Mais pour comprendre, il faut amener une nouvelle dimension à cette lecture de la gauche, celle du modèle de gouvernance.

Lire la suite "Sept nuances de gauches" »


Loi d'habilitation : un travail bâclé

ImageDès le début de son mandat, Emmanuel Macron met en place la mesure phare du programme de JF Copé en réformant par ordonnances pendant l’été suivant son élection. Au travers de la loi d’habilitation nous ne pouvons qu'observer avec impuissance les contours de la réforme du travail que le gouvernement déroulera pendant la période de repos estival.

La méthode n'est pas sans rappeler les plans de licenciements fait durant l'été et pour lesquels les salariés se retrouvent bloqués devant les portes en revenant de leur repos annuel. Bien qu'autorisé par la loi, cette méthode et la période choisie est en soi une faute lourde de la part du gouvernement. Nous pouvions l'attendre des plus réac de Les Républicains, c'est finalement de Les Républicains En Marche que cela vient. Comme je le lis dans la nombreuse littérature syndicale que je reçois ces derniers jours sur ce sujet, la rentrée risque bien d'être caniculaire sur le plan social !

En tant que délégué syndical central et secrétaire d’un CE de mon entreprise, c’est aussi avec une grande vigilance que je regarde cette loi qui mélange des avancées positives, des modifications mineures, mais aussi des modifications majeures qui affaiblissent fortement le rapport de force entre les Représentants des salariés et leur Direction.

Il me semble qu'un point majeur concerne la fusion des instances de représentation du personnel. Des espaces de dialogue social qui sont le cœur opérationnel de l'expression des salariés dans l’entreprise.

« Le projet d’habilitation prévoit la fusion en une seule instance des délégués du personnel, du comité d’entreprise et du CHSCT. Cette instance pourrait en outre, sous conditions, négocier des conventions et accords d’entreprise ou d’établissement. […] Le projet prévoit la possibilité de limiter le nombre maximal de mandats électifs successifs. » Extrait Social Pratique du 10/7/17

La volonté initial de ces trois instances est justement de séparer les sujets pour éviter aux élus de tout faire … et donc de ne rien faire à la fin.

Lire la suite "Loi d'habilitation : un travail bâclé" »


Le Parti Socialiste est mort. Vive le Parti Socialiste !

D'après les analystes, les commentateurs ou même certains responsables de notre parti un peu déroutés par les évènements, le Parti Socialisme serait mort. C'est probablement aller un peu vite en besogne. La victoire d'En Marche est une victoire en trompe l'œil, pour au moins trois raisons.

La première est que le parti En Marche a bénéficié d'une OPA médiatique du fait de sa nouveauté et de la personnalité d'Emmanuel Macron, décrite comme la seule alternative aux « vieux partis » et dans un second temps, au Front National. Dans les faits, ce discours seulement porté par de la nouveauté à venir est assez peu ancré sur des propositions concrètes dans l'esprit des électeurs. Il s'évaporera très rapidement avec le temps et l'exercice réel du pouvoir.

La seconde raison est qu'il s'agit d'un vote majoritaire qui concentre mécaniquement le pouvoir dans le parti arrivé en premier. La réalité des votes ne témoigne pas d’une adhésion, mais plutôt d'une fragmentation de l'électorat ayant voté et surtout une large abstention. Cette dernière traduit un manque de confiance vis-à-vis de toutes les propositions, y compris celles d'En Marche.

La dernière raison est que le parti En Marche s'est construit pour une large part sur de la croissance externe, prise sur les partis existants (plus de 45%). Pour gagner, près de la moitié des candidats En Marche ont été pris sur les effectifs des « vieux partis ». Un nombre significatifs des futurs élus de la majorité présidentielle sont donc bien des ex-membres du Parti Socialiste (33% des candidats ayant déjà été élus viennent des rangs du PS1). Preuve que le Parti Socialiste est bien encore une machine productive en matière de renouvellement !

Ces trois constats pour exprimer que l’avenir du Parti Socialiste n’est pas joué, et qu’il ne faut pas le caricaturer aux seules postures parisiennes. Par ailleurs, il ne faut pas continuer à surjouer la réalité du parti En Marche, dont il faut sonder objectivement la nature, quelques mois seulement après sa formation.

 

Lire la suite "Le Parti Socialiste est mort. Vive le Parti Socialiste !" »