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août 2009

Producteur d’électricité, moi aussi !

Roue_DSC06417 Dans ma dernière note sur l’énergie en Finistère, je casse un peu du sucre sur le dos des producteurs d’énergie. J’aurai peut-être du prendre plus de précautions car aujourd’hui, je fais mon coming out sur le sujet : je vais être producteur d’énergie, avant la fin de l’année !

En effet, le syndicat du bassin de l’Elorn, dont je suis l’heureux président, est en train d’installer trois turbines hydrauliques au niveau de la chute d’eau du barrage du Drennec. Dans quelques mois, nous serons producteur de 100 à 150 kW d’électricité renouvelable. Pas de quoi alimenter tout le Finistère … mais quelques foyers tout de même !

Le chantier a commencé avant l’été avec les terrassements et la création des espaces devant recevoir les turbines. Celles-ci ont été installées avec succès il y a 10 jours. Il ne reste plus qu’à remettre tout en ordre, à faire les mises aux points mécaniques et électriques, avant de relier le tout au réseau électrique français (pas forcément le plus simple d’ailleurs !)

Trois turbines ont été nécessaires, non pas à cause du débit, mais plutôt du fait de l’implantation spécifique des sorties d’eau du barrage et notamment l’alimentation de la pisciculture de l’INRA qui se trouve juste en aval du barrage. En effet, nous leur cédons en continu un débit de 200 litre/seconde pour alimenter leurs bassins. Afin de ne pas perdre cette énergie puisqu’elle s’écoule 24/24h toute l’année, nous avons décidé de la turbiner aussi. Deux turbines (type Kaplan) de 100 l/s chacune qui existaient déjà dans le catalogue d’une entreprise Suisse spécialisé dans ce type de petites turbines ont été achetées. Pour le débit principal, celui que l’on voit à la sortie du barrage, une turbine (type Francis) de 700 litre/seconde a été commandée chez un autre fabriquant.

Voilà, tout est dit, dans quelques semaines je rentrerai dans le club très privé des producteurs d’électricités … mais cela ne m’empêchera pas de les égratigner encore un peu tant qu’ils ne se mettront pas à l’eau comme nous !

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Centrales électriques en Bretagne

Elec Par deux fois cet été, les journaux ont parlé de la nécessité de mise en place de nouvelles installations de production d’électricité en Bretagne.

Le 6 juillet : « Faut-il construire une centrale électrique » en Finistère ? [ici]

Le 27 août : « Les trois scénarios bretons » sur le projet de centrale de Ploufragan, issus du B15 Energie. [ici]

Le sujet de l’énergie et de l’alimentation électrique de la Bretagne revient en force à l’ordre du jour. C’est plutôt une bonne chose pour peu que la question soit prise avec sérieux et ambition et non sous la pression des grands groupes qui se partagent et se disputent les programmes énergétiques.

M’intéressant depuis longtemps aux questions énergétiques, j’ai suivi pour BMO la majeure partie des auditions et des débats qui ont eu lieu dans le B15 Energie : la conférence territoriale de la région Bretagne sur l’énergie.

Entre février et mai, le B15 a auditionné 9 acteurs importants sur l'énergie électrique : RTE, EDF, GDF-Suez, Poweo, Direct Energie, Nass et Wind, Syndicat des Energies Renouvelables, ERDF et Voltalis. Après des échanges à huis clos, les collectivités présentes ont tenté d'élaborer une position commune sur la question posée par le ministre JL Borloo. Un document de 22 pages en est sorti, présentant les grandes lignes des ambitions que la Bretagne souhaite porter sur cette question.

Au-delà de la question de Ploufragan qui est en soit une anecdote dans l’histoire de France énergétique, si elle n’était pas devenue un symbole pour deux visions qui s’affrontent sur la façon de percevoir l’avenir en terme énergétique, les auditions du B15 furent pour moi une expérience révélatrice. Alors que j’ai commencé avec une vision « pro-Ploufragan », j’en sors avec une vision « anti-Ploufragan » et une vision du paysage énergétique français quelque peu remodelée !

Cette note est trop courte pour y détailler tous les arguments de ce revirement, mais il me semble amusant d’en révéler la paternité. Ce furent les discours successifs des producteurs d’électricité, leurs grosses ficelles et les incohérences de leurs exposés respectifs qui me firent douter. Comme le doute est un mauvais conseil pour un politique qui doit arbitrer, armé de mes compétences d’ingénieur, d’Internet et d’une bonne calculatrice, j’ai commencé à fouiller et à réfléchir.

Sans idéologie pro ou anti (je crois), j’en arrive à la conclusion personnelle que le projet de Ploufragan n’est pas la réponse adéquate à la question posée, c’est une cote mal taillée entre les deux problématiques auxquelles la Bretagne doit faire face. J’en arrive enfin à la conclusion qu’il y a urgence à ce que les politiques reprennent la main sur les questions énergétiques de façon indépendante car les grands groupes proposent des solutions suivant des stratégies qui leur sont propres et non suivant des politiques qui servent les citoyens.

Ce sujet me semble intéressant à suivre, j’y reviendrai …


Les journées de la mer à Brest

Lors des journées de la mer qui se sont déroulées à Brest début juin, la ville a organisé un voyage de presse afin de rendre visible ce qui se fait en terme d’excellence sur la mer, chez nous, à la pointe Bretagne.

En plus de notre presse locale et régionale, une double page dans le Monde est parue, au début de l’été et 10 interviews radio sont passées sur RFI (Radio France Internationale) dans l’émission d’Arielle Cassim en juillet-août. La diversité et la richesse de ces interviews donnent d’ailleurs assez bien la force du positionnement de notre territoire sur les enjeux maritimes ... et ce n’est qu’un rapide aperçu, bien-sur !


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Principe de précaution

Bombe Hier et aujourd’hui, un quartier de Brest est clos pour raison de déminage. Comme le 2 août dernier, les 15, 16 et 22 août toute une partie de la ville est et sera évacuée afin de procéder à des déminages possibles de bombes laissées suite à la dernière guerre, sur des terrains en cours de « nettoyage pyrotechnique » avant construction.

Le 2 août, 16 000 « personnes potentielles » furent forcées d’évacuer leur logement de 7h à 19h. Je dis potentielles car certaines personnes (comme moi) avaient la chance d’être parties en vacances ce jour-là.

Ces évacuations sont faites au nom du fameux principe de précaution, mais il serait bon de se poser parfois quelques questions sur le rapport risque, désordre, coût de ce type d’opération.

Il ne s’agit pas de dire qu’il ne faut évacuer personne et ne rien faire en terme de gestion des risques, mais l’évacuation de 16 000 personnes n’est pas une anecdote non plus (plus de 10% de la population brestoise). Que dire de procédures d’évacuations différentes entre terrains militaires et terrains civiles quand ces terrains militaires sont au cœur d’une même ville. Par exemple, en site militaire, on évacue sur simple présomption, quand en ville il faut avoir vu la dite bombe pour déclencher la procédure. Que dire des découpages de périmètres d’évacuation où les voisins d’une même barre d’immeuble sont pour certains obligés de partir et pour d’autres autorisés à passer une journée tranquille. Que dire enfin du jeu de patate chaude auquel l’Etat joue avec les factures à payer pour ce type d’opération qu’il supervise.

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