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Un pavé dans la marre !

Mais où sont allés tous les défenseurs de l’écologie, 

Qui l’an passée, en ont tous fait l’apologie.

Depuis une semaine, pas un mot pas un bruit,

On pétarade la rade et tout le monde applaudit.

La biodiversité se prend 800 kg d’explosifs en pleine face

Et chacun y va de son petit cliché en surface.

 

Les chinchards à queue jaune ne défileront pas en gilet jaune.

Les saint Jacques et les saint Pierre ne s’attaqueront pas aux villes côtières.

Les herbiers des zostères n’écriront pas aux ministères.

Les crénilabres de baillon ne demanderont pas audience à Macron,

Pas plus que la roussette, la raie bouclée, la coquette ou la gobie pagadelle ne solliciteront la bienveillance de sa belle.

Tout cela ne sera pas, le monde sous-marin reste sans voix.

 

Qui a compris la richesse intérieure d’une rade que l’on boude,

D’une biodiversité qu’on dessoude.

Hier on a dynamité un patrimoine insensé,

Et parce l’espèce humaine était bien calfeutrée,

Personne ne semble plus y avoir vraiment pensé.

Il est temps de le dire,

Il est temps de l’écrire

Il va falloir penser un peu à changer !

-/-

MjAyMDA5YTA3YjJhZDllNzVhODQzMzJiNmIwMzFiMDAwN2Q2YzIBon, un peu de poésie n’a jamais fait de mal à personne ! Surtout pour parler de la plus belle rade du monde et de la riche biodiversité qu’elle abrite [1].

Plus prosaïquement, suis-je le seul à avoir été profondément choqué par l’énorme gerbe d’eau qui a fracassée son écume mardi dernier ? (ici) Une explosion décrite comme ayant provoqué une onde de choc d’intensité de 2.8 mesurée par le réseau national de surveillance sismique. Ces belles images chocs semblent faire oublier l’essentiel.

Comme beaucoup d’espace fermé, avec ses propres écosystèmes et son histoire, la rade de Brest est un écrin de biodiversité fragile. La reconquête des espèces et des habitats a d’ailleurs été soutenue financièrement par de nombreux plans locaux, comme nationaux, depuis de nombreuses années. Plan bleu, Contrat de baie, puis Contrat de rade se sont succédés pour requalifier les eaux de notre rade et favoriser le développement et la protection de sa biodiversité. Une part non négligeable de la rade de Brest est d’ailleurs classée en zone de protection Natura 2000.

Du fait de la densité du milieu marin, les ondes acoustiques sont 4 fois plus rapides dans l’eau que dans l’air. Si on imagine aisément l'effet dévastateur dans la proximité immédiate de d’explosion, il reste très difficile d'imaginer l’impact et les lésions infligées sur tout un écosystème qui utilise l’acoustique sous-marine comme un de ses principaux sens.

Au mois de juin dernier, le Ministère de la transition écologique et solidaire a sorti un rapport de 200 pages de préconisations pour limiter les impacts acoustiques en mer d’origine anthropique sur la faune marine. On y lit que chez les mammifères marins, les poissons, les mollusques ou les crustacés, l’audition est un sens très développé et que l’activité humaine constitue pour toutes ces espèces un risque important.

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Les dessous des « gouvernements Cuillandre 4.0 »

François Cuillandre 2001 2020Après un long entre deux tours pandémique, l’élection s’est finalement conclue sans réelle surprise fin juin. Plutôt que d’analyser des résultats électoraux interprétables à souhait compte tenu du contexte et d’une très forte abstention, il est plus intéressant de regarder le premier acte du mandat par la constitution des deux « gouvernements Cuillandre 4.0 ». Cette nouvelle organisation des deux exécutifs est probablement la décision court terme la plus signifiante, celle qui préfigure les stratégies politiques à plus long terme.

La grande surprise de ce « remaniement » [1], c’est assurément la nomination de Stéphane Roudaut à la fonction de 1er vice-président de la métropole de Brest. Ce choix du Président juste réélu est lourd de sens. Comme l’a pressenti le Télégramme au lendemain de cette nomination (ici), François Cuillandre a-t-il d’entrée de jeu fait le choix de la transmission de la ville et de la métropole de Brest … à la droite ?! Il est tout à fait possible de le penser et c’est un choix fort singulier pour un Président de métropole de gauche qui bénéficie, d’une majorité en Conseil.

Stéphane Roudaut : prochain maire de Brest ?

Stéphane Roudaut n’est pas un inconnu à Brest puisqu’il y a déjà siégé dans l’opposition entre 2008 et 2014. Ayant peu d’espoir dans le succès de la droite brestoise, il avait alors plutôt préféré jouer une carte sur Gouesnou, en prenant la relève du Maire sortant, Michel Phelep. Il est un maire apprécié, y compris de son opposition qui a parfois du mal à trouver à y redire ! Il a été réélu à plus de 75% des voix en mars dernier.

Stéphane Roudaut n’a jamais vraiment caché ses ambitions d’un retour sur Brest. Il est allé jusqu’à financer un sondage au premier semestre 2019 [2] et avait déjà quelques soutiens affichés, y compris dans les rangs de Bernadette Malgorn et de LREM. Pour la gauche brestoise, l’arrivée de Stéphane Roudaut à Brest représentait probablement le plus grand risque à droite et son renoncement fut accueilli avec soulagement. Sa candidature sur Brest fut bloquée par les stratégies internes à LREM, où Marc Coatanéa était déjà trop bien engagé pour lui laisser un espace, sans tomber dans l’écueil d’une multiplication des listes à droite.

En devenant 1er vice-président de la métropole, Stéphane Roudaut pourra intervenir partout sur le territoire métropolitain, qui intègre en son cœur la ville de Brest. En charge du projet métropolitain, il aura de fait accès au plus haut niveau d’information vis-à-vis des services et la plus grande capacité à faire avancer les dossiers qu’il souhaite pousser. C’est assurément un poste stratégique pour quelqu’un qui voit loin. D’autant qu’il cumule avec un mandat de Conseiller régional, autre strate stratégique du moment.

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