Economie

Lip Dub à Brest

Le Centre des Jeunes Dirigeants de Brest (CJD Brest) fêtera ses 60 ans le 25 juin prochain. A cette occasion ils nous ont concoctés une petite promo sympa sous la forme d'un lip dub.

Ha, si tous les dirigeants du monde pouvaient faire cela … on rigolerait sûrement plus en entreprise … et on serait sûrement tous plus créatifs aussi ! !

 


Heures supplémentaires : il faut arrêter les frais

Pétition Comme moi, je vous invite à signer la pétition : "Heures supplémentaires : il faut arrêter les frais"

Cette pétition, initiée par le magazine Alternatives Economiques et soutenue aussi par Marianne, recueille déjà 1440 signatures en 24h, il ne manque plus que vous !

- Signer ici -

Texte de la pétiton ci-dessous ...

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Croissance : drogue ou produit masquant pour l’économie ?

économie réelle Dans les médias, les économistes de tous bords font front commun pour défendre un retour de la croissance. A la façon d'un toxicomane en manque, les économistes hurlent à la croissance. Est-ce une dépendance clinique ou cela cache-t-il bien autre chose ?

Nos modèles économiques revendiquent une justice sociale fondée sur l'idée que la croissance des uns, aussi démesurée soit-elle, finie par profiter aux autres. C'est cette théorie qui justifie les salaires ou les capitaux mirobolants d'une minorité s'affichant comme des locomotives pour tout le système.

Mais voilà, la mécanique s'est grippée. Officiellement, certains auraient abusés de jeux financiers trop complexes et il y aurait eu création de produits toxiques ! Mais la réalité est sûrement finalement plus simple, mais risque de mettre quelques années a être acceptée : c'est la promesse d'une croissance à 5% par an qui est une promesse toxique !

Tout système ne peut croître que de ce qu'il prend ou reçoit. Aujourd'hui, nous semblons découvrir que les matières premières vont venir à s'épuiser et que le soleil est la seule ressource durable sur terre, qui se transforme de diverses façons. Il va donc bien falloir négocier avec cela. La croissance globale va devoir s'équilibrer à hauteur du flux d'énergie solaire que l'on reçoit et transforme. Quand à la « croissance matérielle », elle n'a d'avenir que dans le cadre d'une réflexion de type « écosystèmique » à l'échelle des usages humains.

Pour résumer, il va falloir s'habituer à une croissance globale proche de zéro, car c'est finalement la seule dont nous disposions durablement. Cela ne signifie pas qu'individuellement la croissance sera nécessairement nulle, un effet de noria entre générations, entre pays peut générer des « croissances relatives », mais certainement plus raisonnées et mesurées que l'hyperconsommation actuelle.

Donc, s'il n'y a plus de croissance à l'avenir, la règle fondant la justice sociale du système d'hier tombe elle aussi. Une fois la promesse d'une croissance perpétuelle tombée, une question va se poser, celle de la répartition des richesses, celle des inégalités frappantes entre pays, mais aussi dans les pays. Le voile va tomber sur le modèle économique et les peuples risquent de demander des comptes à tous ceux qui ont fait vivre ces modèles. Voilà ce qui perturbe la sphère économique ces derniers jours, simplement la peur d'avoir à rendre des comptes ... pas forcément financiers d'ailleurs.

Non, la croissance n'est pas un produit addictif pour les économistes, c'est simplement un produit masquant pour les modèles qu'ils ont défendus depuis des années et qui ont justifié tant d'inégalités sociales, ici et partout dans le monde. Un produit masquant comme en utilisent certains sportifs, pour cacher ce qui leur permet de faire des performances hors du commun.


babyloan

Babyloan Non, ce n’est pas un nouveau mot en breton ! Babyloan est un site internet qui innove sur l’aide vers les pays en développement. C’est une plate forme qui permet de mettre en relation des personnes, comme vous et moi, avec des micros projets portés par des habitants de ces pays.

L’idée est innovante parce qu’inexistante jusqu’à maintenant. Le microcrédit n’était pas réellement disponible auparavant. Vous pouviez faire un don auprès d’un organisme de prêt travaillant sur du microcrédit, mais vous ne pouviez pas prêter vous-même. Aujourd’hui, c’est possible grâce à Babyloan. Vous pouvez investir 20, 50 ou 200€ sur un des projets présentés sur le site et voir, au fils des mois, comment ce projet avance. A l'issue, soit vous ré-investissez, soit vous vous faites rembourser.

Le site est bien fait. Il est assez pédagogique en ce qui concerne la réalité économique du microcrédit dans le monde et les effets de cercles vertueux qu’il produit sur les économies locales.

Je vous conseille d’aller y faire un tour et si le cœur vous en dit, de jouer un peu au banquier en ces période de crise … mais cette fois, sur de l’économie bien réelle !


Equilibre impossible ou mensonge d’état ?

équilibre « La majorité se résout à laisser filer les déficits ». Tel est le titre d’un article (ici) du Monde de ce jour.

Jusqu’à quand le politique français tournera-t-il le dos à ses responsabilités ? Jusqu’où peut-on mentir à la population en repoussant toujours à demain la mise en équilibre des budgets de l’état.

Gauche et droite sont passées au pouvoir. Dans les deux cas des efforts ont été faits pour assainir les comptes, réduire les dépenses et ajuster au mieux les budgets, face à l’attente croissante des français en terme qualité et de quantité de services rendus à la population. Dans les deux cas (et même si la gauche a réussi un temps sous Jospin à équilibrer les comptes de l’état), la dette s’est creusées. Combien de temps faudra-t-il au politique pour avouer aux français qu’ils vivent au-dessus de leur moyen ?

Chacun rejette la balle sur l’autre quand il est dans l’opposition ou au pouvoir. Chacun promet de faire mieux en terme de productivité des services publics pour faire des économies partout, mais chacun échoue à faire décroitre la dette.

Si la dépense semble à ce point incompressible à court ou moyen terme, c’est évidemment sur les recettes que le politique doit agir. Qui aura enfin le courage d’avouer aux français qu’il faut payer globalement plus d’impôt au regard de notre niveau de vie ?

Arrêtons les promesses électorales qui rejettent sur les générations futures les soins de se substituer à notre irresponsabilité collective présente et acceptons une politique qui parle d’impôt, pour peu que celui-ci soit juste.


La politique de la Task Force

Money_burn_2 La crise qui arrive est le moyen pour Nicolas Sarkozy de laisser libre cours à une de ses pratiques favorites : l’usage de Task Force. Face à un problème, il met le paquet et c’est cette forme de choc qui donne l'illusion d'une résolution du problème.

Sarkozy utilise déjà ce mode de gestion de crise pour sa communication : il en fait des tonnes pour n’accoucher bien souvent que d’une souris (mais les caméras sont rarement encore là pour filmer le modeste rongeur). Il utilise aussi ce mode d’intervention face à la violence : grand déploiement de force qui bloque temporairement l’adversaire, mais ne règle aucun des problèmes de fond. Les banlieues en sont malheureusement l’éloquent exemple, elles deviennent de jour en jour une poudrière que nous ne pourrons bientôt plus contenir. C’est par cette même méthode qu’il tente aujourd’hui d’endiguer la crise, par de vastes plans pour l’économie aux budgets pharaoniques.

Le problème avec les task force est double : elles masquent souvent la globalité du problème puisqu’elles ne s’attachent à n’en traiter qu’un et elles sont par nature extrêmement couteuses : le ratio résultats sur dépenses est souvent bien plus faible que lorsque les dépenses sont pesées et raisonnées.

Aveuglé par un besoin de laisser paraître une maitrise sur une crise qui nous dépasse, notre président claque l’argent des français à tous vents. Le réveil risque d’être bien difficile car en contrepartie de l’argent dépensé, aucune action n’est engagée pour régler le problème de fond de la crise actuelle.

Dans le même esprit, je vous invite à lire l'analyse du Monde de lundi : L'horreur économique de M. Sarkozy.


Patrick Viveret à Brest

Les_rendez_vous_de_ess__2 Le 3 octobre dernier a eu lieu la première conférence des Rendez-vous de l’économie Sociale et Solidaire, à Brest. Patrick Viveret y était invité pour y parler d’un de ses sujets de prédilection : la richesse.

J’avais déjà eu l’occasion d’écouter Patrick Viveret il y a trois ans et son propos m’avait déjà interpellé. J’ai plus récemment lu avec intérêt son dernier livre : « Pourquoi cela ne va pas plus mal ? » qui est sorti en 2005. Aussi, c’est avec un peu d’impatience que j’attendais sa venue sur Brest.

C’est un drôle de personnage, à la fois capable de partir dans une vision profondément pessimiste de la société dans laquelle nous vivons, mais aussi, de rebondir juste après sur une vision très optimiste des potentielles pistes qu’il nous faudrait creuser ensemble, pour sortir de cette noirceur ...

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L’onde choc du 11 septembre

Tom_molloy_2L’onde de choc du 11 septembre 2001 aura mis 7 ans, quasiment jour pour jour, pour atteindre les profondeurs du système néocapitaliste. A entendre les analystes financiers, la chute de Lehman Brothers à mi-septembre est apparue aussi inimaginable et inattendue que celle des WTC, 7 ans plus tôt.

Cette crise financière prend racine dans les attaques du 11 septembre, quand l’administration Bush décide de baisser les taux pour montrer l’inoxydabilité de son système économique, face à une attaque exogène. La croyance voulant que le moral des ménages soit intimement lié à leur niveau de consommation, le maintien artificiel par l’emprunt d’un pouvoir d’achat à haut niveau aura donné le change à la face du monde … temporairement.

La suite est une succession de prises de risques et de fuites en avant des banques, des assureurs et des politiques néocapitalistes, à la façon de la fable des moutons de Panurge. Aucune réflexion de fond n’est venue remettre en cause le système. Le soleil brillait à la lueur des profits, ce n’était pas le moment de parler des risques que l’on faisait courir à la société tout entière. Chaque début d'année, les golden-boys accumulaient les primes et des bonus astronomiques qui faisaient rêver le monde en ces périodes de fêtes !

Sept ans plus tard, c’est la valse des milliards qui sonnent le glas de cette escalade folle des prises de risques, sur la base d’un système centré sur le mirage d’une croissance ininterrompue, des pays DEJA développés. Ces milliards qui viendront un peu plus encore endetter les générations qui naissent, sans régler un seul des problèmes actuels.

Le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) avait estimé en 1998, dans son rapport mondial sur le développement humain, qu’il fallait 40 milliards de dollars pour s’attaquer dans le monde à la famine, l’accès à l’eau potable et le traitement des maladies que l’on sait aujourd’hui traiter à coût réduits. A l’époque, ce chiffre avait du sembler insurmontable aux citoyens que nous sommes, ou en tout cas, assez inaccessible pour justifier que nos grandes nations développés ne fassent rien.

Mais aujourd’hui, il n’a fallu que deux ou trois semaines aux puissances des nations développés pour lever plus de 1000 milliards, afin d’éviter le crash des structures qui étaient initialement sensées « sécuriser notre argent face aux méchants voleurs » (et aussi l’axe du mal !) Sans parler du fait que la notion de « banque » vole en éclat, c'est plus de 25 fois la somme demandée par le PNUD pour aider d'autres êtres humains qui vient d’être dilapidée, pour des fins que personne ne comprend réellement.

Je pense depuis longtemps que les tensions du monde viennent d’abord des inégalités et du système qui les maintient en place, voire les creuse. Aujourd’hui, je ne suis pas loin de penser que cette succession d’évènements, depuis le 11 septembre jusqu’à aujourd’hui, est le produit de notre aveuglement individualiste et de notre fainéantise intellectuelle collective, face à une minorité de puissants qui traiteront toujours d’abord leurs intérêts propres.

Si nous n’apportons pas des réponses rapidement, en terme de projet collectif d’un développement humain à l’échelle de notre planète, cet aveuglement et cet immobilisme vont servir ici et ailleurs un seul type de politique : les extrêmes.

Comme à chaque onde de choc, il y a plusieurs rebonds … méfions-nous des suivants.