Politique

Rebondir en 2016

Voeux 2016 UNICEFL’exercice des vœux n’est pas simple en ce début d’année 2016. L’année 2015 fut clairement une année difficile. A cette même période, nous étions frappés par la première vague d’attentats. La fin de l’année fut aussi lourdement endeuillée par des actes encore plus meurtriers.

En ce début d’année, nous vivons tous avec une certaine appréhension de ce que sera 2016. Pour autant, cette année est une année sans élections (sans congrès !), elle doit donc être mise à profit pour réfléchir, pour travailler sur nos valeurs, sur nos projets, pour sortir de nos murs et aller à la rencontre des citoyens.

La presse voudrait maintenir les partis politiques dans le seul espace du quotidien, dans la politique spectacle, dans la « peopleisation » (reconnaissons pour sa défense que certains des notre s’y prêtent de bon cœur !) Mais c’est un piège mortifère qui est autant source de conflits que de divisions et qui ne porte quasiment aucune plus-value en réponse aux enjeux qui nous font face.

En réponse à la peur que produisent les terroristes, en réponse à la radicalisation qui arrive dans nos quartiers, en réponse à l’enfermement et le rejet que proposent les extrêmes, en réponse à la crise qui dure et à la précarisation des plus faibles de notre population, nous devons porter fièrement nos valeurs de gauche. Ces valeurs qui fondent la République doivent devenir notre boussole pour donner le cap et le sens à notre action : Liberté, Egalité, Fraternité, Laïcité, Justice, Solidarité et enfin volonté de changer pour améliorer le monde.

Nous devons incarner ces valeurs à la fois par l’exemplarité qui doit être la notre, mais aussi pour donner un sens dans les changements que nous portons et qui sont nécessairement source de désorientations.

Pour cette nouvelle année, je fais donc le vœu de rebondir en 2016 vers un horizon qui portera ces valeurs dans lesquels nous croyons.

Très bonne année 2016 à toutes et à tous.

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[Carte de vœux : 2016 origami - UNICEF]


Déchéance nationale ou déchéance de la gauche ?

Identité nationaleDepuis quelques jours, j’écoute, j’observe ce débat sur l’inscription dans la constitution de la déchéance nationale pour les personnes ayant la double nationalité et condamnées pour actes de terrorisme.

Je ne peux pas dire que la proposition m’emballe plus que cela, mais je ne peux pas dire non plus que le sort de quelques fanatiques dont l’objectif est de tuer d’autres personnes en se sacrifiant eux-mêmes soit mon premier soucis du moment. Lorsque je vois la gauche se diviser et s'étriper sur cette question, probablement de principe, mais extrêmement mineure dans son application, cela me questionne plus sur ce qu’est devenue la gauche aujourd’hui en France que sur le devenir des potentiels binationaux déchus.

La gauche en France est-elle devenue une telle poudrière qu’elle soit en incapacité à exercer le pouvoir ? J’entends bien que la politique c’est le débat, mais là on ne débat plus, on se combat soi-même, en prenant à témoin les français dans la presse. N’est-on pas assez critiqué dans les médias, mis en accusation par la droite, calomnié par l’extrême droite pour qu’il nous faille en plus que, sur l'échiquier politique de la gauche, la dame, les chevaliers et les fous se retournent contre leur propre roi en essayant d'entraîner le maximum de pions ? On croit rêver en entendant certains responsables à gauche vouloir faire la peau au Président qu’ils ont fait élire et à son Premier ministre.

Pour ma part, mon engagement à gauche n’est pas tant pour défendre des valeurs universelles que pour changer dans les faits la réalité d’un monde qui marche sur la tête et laisse sur le bord de la route toute une partie de la population. L’égalité, très bien, parlons-en. Mais ne commençons pas à nous entre-tuer sur la question de la nationalité de terroristes, mais plutôt sur celle des jeunes qui veulent avoir le droit à la réussite dans nos banlieues, par exemple. Croyons-nous une seconde que d’autres que nous ferons avancer ces sujets et, qu’une fois avoir affaibli ce Président que la gauche a réussi à mettre au pouvoir, la droite ou l’extrême droite fassent meilleur job à notre place ?

Par ailleurs, je soumets juste une réflexion sur le comportement de la gauche aux yeux des français. On observe depuis des années une droitisation de la France et de son électorat. Entre deux extrêmes, droite ou gauche, qui alternent entre anarchie et autoritarisme, il y a la droite républicaine qui a pour habitude de se serrer les coudes derrière son leader (notamment dans les moments forts) et une gauche qui part dans tous les sens et n’arrive pas à se mettre d’accord lorsqu’il s’agit de gouverner. Je conçois facilement que pour la direction de son pays, l’électeur ait de plus en plus de mal à aller voter pour une gauche qui a fait du mouvement brownien son principe de réalité, que pour une droite ou une extrême droite qui semblent savoir où elles vont. A défaut d’être le bon sens, c’est plus rassurant.

Un Président peut faire des erreurs, autant que tous les autres. Il n’y a pas de vérité absolue. La politique n’est pas une science exacte, mais une succession d’arbitrages ancrés dans un présent où se jouent de nombreux équilibres et fondées sur une croyance dans des actes ou des valeurs qui engagent le futur. Le sens de la démocratie représentative est d’élire des personnes à des fonctions, justement parce que nous portons en elles une confiance sur leurs qualités à conduire le pays et répondre aux enjeux, à la place qui sera la leur et qu’ils ne partageront avec personne d’autre. Si nous ne respectons pas à minima cela dans la durée d’un mandat, alors nous nions la capacité de la gauche à gouverner.

Ce qui est sur, c’est que pour gouverner, il y a besoin d’être au pouvoir. La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si la gauche souhaite et se donne les moyens pour y rester. Clairement, il y a une gauche qui préfère le confort de l’opposition aux responsabilités du pouvoir. Mais assurément, ce n’est pas celle qui changera le monde demain !


La République est la seule réponse au FN

Carte régional 2015Les lendemains d’élections sont toujours des temps d’atterrissage et de réflexion, où la réalité rattrape les croyances, les attentes ou les espoirs. Si en Bretagne le résultat de Jean-Yves Le Drian est à la hauteur des projections que nous attendions, il est difficile de se réjouir lorsque l’on regarde cette carte de France.

Le score de Jean-Yves Le Drian est clairement en ligne avec les attentes d’un territoire qui aime à la fois son identité, ses valeurs et son unité. La Bretagne se nourrie de ces trois fondamentaux qui en font un territoire d’exception, envié ailleurs. Les bretons ne se sont pas trompés en soutenant largement une personnalité qui puisse représenter ces trois facettes.

Mais comme ailleurs en France, la montée de l’extrême-droite doit nous questionner. Comme le disent de nombreux intellectuels, le temps n’est plus à diaboliser ou à rejeter la faute sur les électeurs. Il est temps de questionner ce qui constituent le pouvoir, les pouvoirs. Tout ce qui endosse autant la responsabilité de notre fonctionnement démocratique, que la montée du score du FN depuis ces dernières années.

Comme le dit la fameuse citation d’Albert Einstein, « on ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré.» C’est de là qu’il nous faut partir.

Le FN gagne du terrain. Mais surtout la croyance dans ses idées comme une justification aux problèmes, puis comme une alternative en termes de politiques. Mais, soyons en sûr, le FN ne grandit pas tout seul. Si la crise, l’isolement et les difficultés sociales constituent probablement un terreau fertile, c’est bien nous, les démocrates qui irriguons le sol qui le voit prospérer.

Le FN se définit lui-même comme « ni de gauche, ni de droite ». En cela, il qualifie lui-même son antithèse : la gauche et la droite républicaine. Mais aujourd’hui, il n’y a aucune lisibilité à cette entité républicaine, ni au travers des partis qui se font une guerre féroce et trop souvent stérile, ni dans les médias républicains qui refusent de prendre parti, déconstruisent systématiquement tous propos politiques et traitent chacun à la même enseigne (ce que se gardent bien de faire les médias d’extrêmes droite qui prolifèrent sur internet).

La question qui se pose donc aux différents pouvoirs est de partager ce qu’est la République et ce qui fonde notre pacte, entre nous qui nous reconnaissons dans les valeurs républicaines. Cet héritage fondé sur trois mots : Liberté, Egalité, Fraternité qui doivent redevenir notre boussole de lecture de notre société et non plus seulement une décoration aux frontons des mairies ou des écoles. Nous devons aussi y associer le principe de Laïcité comme 4ème pilier.

Même s’il partage de son ADN, le FN n’est pas le parti fasciste historique dans ce que l’on peut en lire aujourd’hui. Mais il est clairement une alternative non républicaine sur l’échiquier politique.

Liberté de la presse et liberté d’expression, liberté de son corps, liberté de la justice et des juges, égalité des chances, égalité des droits, unité du peuple français et fraternité dans la nation, ouverture sur les autres et au monde, … tous ces axes sont clairement en recul dans les programmes politiques du FN.

En face, clairement la proposition d’un pouvoir plus verticalisé et autoritaire, plus enfermé derrière des frontières, et même aujourd’hui, allant jusqu'à revendiquer une religion nationale.

Et dans l’ombre, avançant masqué comme tous les régimes non républicains, donc moins transparents et moins contrôlés, une vision clairement plus libérale vis-à-vis de l’accaparement du pouvoir et de la richesse.

Voilà ce qu’est réellement le FN.

Si nous pensons que cela répondra aux vrais problèmes qui nous font face, et bien allons-y ! Mais personnellement, je pense que cela n’en résoudra pas un. Le seul problème qui sera résolu avec le FN sera de renverser la table et de déstabiliser tous les autres partis. Mais ce n’est pas l’ombre du début d’une solution, c’est plutôt le début de nouveaux maux, qui prendrons probablement le pas sur les autres, mais ralentiront assurément la guérison globale.

Pour les républicains de droite et de gauche que nous sommes, la menace du FN ne doit pas être une menace de parti, mais une menace contre la République. Pour faire baisser le FN, il faudra que nous apprenions à réfléchir et travailler ensemble aux réponses, de gauche comme de droite à proposer à nos concitoyens.

Pour la France, le FN peut être un mal qui nous ramènera plusieurs décennies en arrière, ou alors restera seulement le symptôme d’un besoin de redonner du sens à une République trop endormie à l’égard de ceux qui en ont besoin.

Vouloir y répondre en repoussant la faute sur les autres n’est pas faire mieux que ce que propose le FN. Vouloir y répondre ensemble est la seule alternative.


Les deux réponses à la peur

Paris 13 NovC’est au réveil ce matin que j’ai appris les événements terroristes de Paris de cette soirée du 13 novembre. Effroi, tristesse et choc furent comme beaucoup d’entre nous les émotions qui me traversèrent. Comme en janvier, plus que le nombre de morts, c’est le mode opératoire et l’absence d’humanité qui me blesse le plus profondément. Parce que ceux qui perpétuent cela, ce sont aussi des Hommes, des individus d’une même espèce que leurs victimes et que cela ne les arrêtent pas.

Les commentateurs dessineront des monstres. Ils sont probablement des personnes fragiles, facilement influençables et manipulables par d’autres qui agissent dans l’ombre et qui, quant à eux, ne porteront jamais de ceintures explosives. Ils n’en demeurent pas moins humains comme nous tous.

Le projet des commanditaires de ces attentats n’est autre que de poursuivre cette manipulation à une plus grande échelle. Ces groupes terroristes agissent comme des Chevaux de Troie contre notre société. Leur projet n’est autre qu’une radicalisation des populations, des nations vers un ordre autoritaire, un régime où ils régneraient en maître sur les autres. Les postures politiques ou les religions revendiquées ne sont que les véhicules d’un vison extrémiste, axée sur une domination des populations et des plus faibles.

L’extrémisme dans l’histoire est et a toujours été multiforme, mais il partage toujours l’ambition d’une accaparation du pouvoir et des richesses et aussi le sang de victimes innocentes, comme pour mieux asservir les esprits par la peur. L’objet du terrorisme, c’est l’instauration de la peur, de la terreur. Une peur face à laquelle notre société doit trouver une réponse si elle veut rester en accord avec ses propres valeurs.

Comme le dit très bien Mireille Delmas-Marty dans son entretien au Monde (ici), il existe deux réponses à la peur. La première favorise la haine et l’exclusion. C’est clairement l’arme des extrêmes (droites, gauches comme religieuses) qui manipulent les faits, pointent des coupables et appel à un repli sur soi des individus comme des nations. Elles ne sont pas moins sur des logiques de domination par la peur. La seconde réponse à la peur est celle de la solidarité. C’est celle des manifestations pour Charlie. C’est aujourd’hui celle qui se manifeste spontanément avec un afflux de donneurs de sang, comme pour mieux combattre l’inhumanité de ceux qui l’on fait couler.

La peur est un risque et une opportunité face à notre propre humanité intérieure. Qu’est ce qui nous habite ? Quelle vision du monde désirons-nous ? Qu’est-ce que nous sommes prêts à donner pour cet idéal hérité que nous pouvons transmettre ?

Ces actes terroristes sont comme un tremblement de terre qui découvre nos réalités enfouies. C’est à chacun de trouver ses réponses. Je fais juste le vœu que celles-ci nous éloignent le plus possible de ces terroristes et nous rapprochent le plus des Lumières et de cette solidarité qui constitue clairement le socle de la nation que nous aimons.


Accueil des réfugiés politiques par la France

Accueil-des-refugies-l-EuropeA la suite des images parues dans les médias, une forte prise de conscience est née chez une partie de la population française, accompagnée d’un besoin exprimé de venir en aide aux personnes bloquées aux frontières de l’UE.

Cette prise de conscience est salutaire car elle témoigne de l’humanité et de l’esprit d’accueil qui existe en France.

Durant l’été, la France s’était engagée à accueillir 6000 personnes. A la rentrée, l’objectif a été augmenté de 24000 réfugiés politiques supplémentaires sur deux ans, afin de contribuer à l’objectif européen en cours de discussion.

On a largement entendu les partis d’extrême-droite et de droite surfer sur la peur de la difficulté d’intégration de ces populations. Il n’en est rien. Un total de 31000 réfugiés sur nos 36 000 communes que composent le France ne représente pas une difficulté. Cela représente l’accueil d’une famille de 5 réfugiés pour 10 000 français !

La vraie question de l’accueil, ce n’est pas la quantité, mais la qualité de l’accueil. Il s’agit de réfugiés politiques qui ont souvent vécus des faits de guerre et dont les pays sont encore en conflit. Cet accueil ne peut se faire à la va-vite. L’accueil doit se faire dans les meilleures conditions pour permettre une bonne intégration des adultes et des enfants.

L’État est mobilisé pour coordonner les conditions d’accueil sur les territoires. Les réfugiés qui arrivent ne seront pas laissés livrés à eux-mêmes, dans un environnement institutionnel qu’ils ne maitrisent pas et qui conduirait immanquablement à les jeter immédiatement dans une situation de précarité inextricable.

Chaque arrivée de familles de réfugiés politiques est préparée sur le plan du logement, de l’éducation, de l’accès aux soins et des droits fondamentaux. L’objectif affiché par l’Etat est de rendre les conditions du meilleur accueil possible afin d’éviter les situations temporaires qui dégénèreraient dans une précarité sociale encore plus complexe à démêler par la suite.

Pour nous, français mobilisés par ce drame, les actions ne manquent pas, notamment tout simplement l’envoie d’argent auprès des organismes internationaux qui tentent de gérer la crise aux frontières où séjournent encore plusieurs millions de réfugiés en attente de solutions (don au UNHCR). Sur le terrain, il est aussi possible de se rapprocher des associations qui accompagnent l’accueil des personnes en difficulté. Elles seront mobilisées sur ce sujet comme sur tous les autres qu'elles accompagnent déjà. Près de chez nous, pour ceux qui côtoieront ces familles, l’accueil sera sous le signe d’humanité, de bienveillance et d’entraide et il sera au moins aussi important que tout le reste.


Une rentrée sous le signe de l'accueil

150906_PS Brest_L_acceuil pour moi c_est ouiDéclaration faite durant le barbecue de rentrée du PS Brestois.

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La nouvelle année 2015 fut largement marquée par l’horreur des attentats contre Charlie Hebdo. Cette rentrée 2015 ne le sera pas moins avec l’afflux de réfugiés aux frontières de l’Europe et l’immense tristesse que provoquent ces images de morts sur les cotes européennes.

Depuis des mois, nous avons tous vu le nombre de demandeurs d’asile grimper et nous avons tous pu compter le nombre de mort sur nos côtes. A Brest plus qu’ailleurs, la mer est un symbole d’ouverture sur le monde, de lien, de commerce et de richesse. Aujourd’hui, à l’autre bout de l’Europe, elle est à l’image de la mort.

Cette rentrée témoigne de l’inhumanité qui sévit aux frontières de l’Europe et qui pousse des individus, des familles, à tout quitter pour rejoindre un espace où une vie sans peur est possible. L’Europe fut pensée pour ne plus répéter la barbarie du début du siècle dernier. Elle tient encore cette promesse-là, mais il ne faudrait pas qu’elle se transforme en une « gated community » de nations, prêtent à s’isoler du reste du monde pour préserver ses privilèges.

L’Europe doit tenir son rang et ses responsabilités dans le monde. C’est le rôle des pays qui se disent plus riches et plus développés que d’être au rendez-vous de l’histoire.

Nos dirigeants politiques européens semblent tétanisés face à ces grands mouvements de population qu’ils ne peuvent contrôler. Leur absence de réponse n’est pas tant due aux réfugiés eux-mêmes, qu’au mal politique qui ronge nos sociétés modernes et riches : la montée des peurs, des égoïsmes, du repli sur soi et de la xénophobie. Cet état de fait vient percuter un second enjeu de nos sociétés. La difficulté dans la lutte contre les inégalités. La compréhension d’une assistance à des personnes étrangères est rendue d’autant plus difficile quand, au sein même du pays, certains concitoyens souffrent aussi eux-mêmes de l’exclusion et de la pauvreté.

Aussi, la réponse doit être apportée sur deux axes qu’il nous faut mettre au clair, deux combats qu’il nous faut mener.

Le premier axe est celui de la lutte contre les idées d’extrême-droite et le replie sur soi. C’est une illusion de croire que dans ce monde du XXème siècle, la violence, l’injustice et la misère peuvent être contenues par des frontières. On ne vainc pas la violence en tournant la tête et en dressant des murs. Tôt ou tard, ils finissent par tomber et laisser place au chao. On combat la violence et l’injustice en travaillant sur plus de justice, de bienveillance et sur les équilibres politiques qui mènent à l’apaisement et la pacification.

Le second axe essentiel est celui de la lutte contre les inégalités au sein de nos pays riches. On le voit aujourd’hui, nos démocraties sont fragilisées par les fractures qui existent en leur sein. Pour aider les autres, il faut d’abord être au clair dans son propre pays, sinon le sentiment d’injustice rendra toute action impossible.

Ces deux combats sont ceux de la gauche. Une gauche ouverte sur le monde. Une gauche soucieuse de ses concitoyens. Une gauche bienveillante à l’égard de tous les peuples.

Il est dans l’air du temps de critiquer le politique, de fuir les partis et le débat politique, de regarder l’actualité politique comme un verre à moitié vide et de se concentrer sur ce qui ne va pas, ce que l’on n’a pas. Cette actualité récente nous montre ce qui ne se voit plus, le prix de vivre dans un pays en paix, dans un pays où règne des institutions et où le débat permet à toutes ces choses d’exister et de perdurer. L’action politique, c’est le socle de cette société qui est de nos jours soumise à tant de critique. L’action politique, ce n’est pas l’affaire de quelques uns, mais ce devrait être l’affaire de tous. Faire de la politique, c’est œuvrer à défendre ces valeurs, c’est combattre ce qui nous éloignent et nous divisent, c’est construire ensemble la société de demain.

Ces événements doivent aussi nous rappeler ce que nous avons ne sera jamais acquis, mais un héritage que l’on peut perdre rapidement. Chacun de nous doit être fier de faire de la politique.

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Le PS de Brest appelle tous ses militants et sympathisants à faire un don* de soutien au Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) qui s’occupe de protéger et de trouver des solutions durables pour les réfugiés, en accord avec la Convention de Genève de 1951.

*Vous pouvez nous envoyez vos chèques libellés au nom de l’UNHCR, nous ferons un envoie groupé en votre nom à tous.


Agression à Brest. La sécurité est d’abord l’affaire de tous.

PoliceCe matin dans le Télégramme, un article fait écho à l’agression d’une jeune fille, accompagnée de son petit frère, place Guérin en début de mois (ici). Les parents, éprouvés par l’agression subie par leurs enfants, en ont fait état sur leur page Facebook. De nombreux brestois ont alors témoigné leur soutien et leur inquiétude face aux problèmes d’insécurité et de violence qui existent à Brest.

L’article relate les faits, mais pointe aussi sur l’interpellation qui est faite au Maire et aux élus de la ville. Une pétition a d’ailleurs été ouverte pour demander de « tout mettre en œuvre pour assurer la tranquillité des brestois ».

En tant que parent de jeunes enfants, je partage totalement l’indignation et l’inquiétude des parents d’Amandine. Le bonheur et la sécurité de nos enfants sont notre priorité. Nous aspirons plus que tout à les protéger et à les voir grandir dans un monde où la violence à leur encontre n’aurait pas sa place.

En tant qu’élu, je suis choqué par le fond de l’article. Je comprends que, sous le coup de l’émotion, les victimes se retournent vers leurs élus et souvent les plus proches d’eux, leurs élus locaux. C’est une attente qui est légitime. Par contre, j’avoue moins bien comprendre la logique de fond de l’article qui se résume pour partie par les commentaires qui l’accompagnent : « les élus sont payés, et bien … qu’ils fassent leur travail. » La pétition, créée pour l’occasion, ne dit d’ailleurs rien d’autre. Il s’agit d’une sorte d’ultimatum envoyé à la municipalité de régler les problèmes.

Ce type d’article, comme souvent le traitement médiatique de la question de la sécurité à Brest, m’interpelle à plus d’un titre sur la santé de notre démocratie. Sur un sujet comme la sécurité, ce n’est pas le rôle des élus d’être dans la réaction face à un évènement émotionnellement fort. Aucun problème ne se résout ainsi. Il s’agit avant tout de bien poser le problème et d'y répondre collectivement.

L’objet de mon propos n’est pas dans l’affirmation d’une absence ou d’une minimisation de problèmes bien réels à notre société. Mon propos est politique et interroge sur la façon dont une société comprend et décide de résoudre (ou pas) les problèmes auxquelles elle fait face.

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Réponse à RPB sur la question de l'habitat

Communiqué de presse transmis au Télégramme (et paru aujourd'hui ici) suite à l'article de vendredi, de l'opposition de droite brestoise, sur la politique de l'habitat [ici].

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Dans votre édition de ce jour, Rassemblement pour Brest (RPB), par la voix de Bernadette Malgorn, analyse subjectivement une enquête indépendante qui étudie les chiffres de l’habitat sur Brest métropole depuis dix ans. Elle dénonce le décalage entre les logements construits entre 2012 et 2014 (650 par an), avec l’objectif de production de logements du PLU Facteur 4, afin de maintenir notre population (1300 logements/par an). Sur la période mentionnée, RPB ne peut ignorer que la faiblesse du nombre de logements produit s’explique autant par l’annulation du précédent PLU et donc de l’incertitude juridique pour les opérateurs, que par la crise qui frappe durement tout le secteur de l’immobilier.

RPB propose maintenant de geler la création de nouvelles zones d’habitat, notamment aux Capucins où 560 logements sont attendus, au moment même où une reprise de fait sentir. Les professionnels et les salariés du BTP, qui comptent sur ces projets en ces temps difficiles, apprécieront surement.  

Autre idée lumineuse de la droite brestoise : donner la priorité à la rénovation urbaine. Merci,  mais c’est ce que nous réalisons ici depuis plus de dix ans : les quartiers de l’Europe, de Saint-Martin et de Recouvrance font ou ont fait l’objet de refontes urbaines qui changent la ville en profondeur, avec un investissement d’environ 150 millions d’euros sur ces dix dernières années. Le quartier de Bellevue vient d’ailleurs d’être retenu dans le NPNRU (Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain) pour la qualité de notre projet.

Une bonne politique de l’habitat ne se décline pas à grands coups de barre, mais en gérant les équilibres des différentes offres sur la durée. Critiquer sans rien proposer de crédible et s’auto proclamer visionnaire sur des actions déjà engagées, tout en votant contre tous les projets qui dessinent le Brest de demain ne feront pas avancer notre ville. Les électeurs brestois l’ont bien compris en rejetant par deux fois en un an ce qu’il est désormais convenu d’appeler la vision décliniste de la droite brestoise.

Thierry Fayret

Vice-président chargé de l’urbanisme, de l’habitat et du plan climat.


Bernadette Malgorn : Incantation n’est pas action

Bernadette MalgornDans son interview de campagne au Télégramme du 11 mars dernier, Bernadette Malgorn ne fait pas mentir son surnom en s’en prenant à la majorité socialiste.

Fort peu de propositions concrètes dans son propos uniquement accusateur. On sait tout sur ce qu’elle supprimera, mais on peine à comprendre ce qu’elle fera sur les compétences propres du futur conseil départemental.

Ainsi, à l’instar de la droite historique au Conseil général qui négligeait Brest dans ses politiques, elle s’engage à défaire le Contrat de territoire avec la métropole brestoise qui nous fait bénéficier de financements sur nos projets métropolitains. On regrette un peu qu’elle ne s’en soit pas rendue compte, mais ces projets sont déjà largement engagés. L’absence des ces financements pèsera donc directement sur les contribuables de la métropole. Est-ce cela son ambition, supprimer les contributions du département pour augmenter l’impôt sur Brest ?

Elle accuse aussi la gauche d'avoir augmenté les effectifs du Conseil général, en comparant à celui de 1998. La gauche aurait embauché 600 personnes (sans que cela ne se voit, semble-t-il !) Mauvaise foi, inculture politique, perte de mémoire précoce ou simplement une ancienne préfète qui prend les brestois pour des imbéciles ? Rappelons que c’est Jean-Pierre Raffarin (gauchiste bien connu) qui transféra en 2005 une partie des compétences détenus par l’Etat vers les collectivités territoriales lors de ce que l’on a appelé l’Acte II de la décentralisation. Ce ne sont pas des embauches que les Conseils généraux ont faites partout en France, mais surtout l’intégration de fonctionnaires de l’Etat en charge des compétences politiques transférés (avec une partie des recettes d’ailleurs).

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Pierre Rosanvallon dans l'émission A voix nue

Images05R9UG5YJe suis tombé par hasard sur cette émission que j’apprécie de France culture : A voix nue. La journaliste recevait Pierre Rosanvallon. Je trouve que son propos (retranscrit ci-dessous) fait significativement écho à celui développé dans la contribution dans ma précédente note.

A écouter en entier ici !

« Les tensions concernant l’univers démocratique restent toujours en place. Il y a une contradiction par exemple dans le principe représentatif, entre la représentation comme ce qui donne de la présence, la « représentation-figuration » du monde social et la représentation simplement comme mandat. Entre le mandat et la figuration, il y a un écart. Parce que l’on peut dire que l’élection est capable de produire du mandat, parce que l’élection nomme des personnes qui peuvent agir pour autrui. Alors que l’élection produit, on le voit aujourd’hui, de moins en moins de la figuration. Donc l’historien peut montrer pourquoi dans l’histoire, alors qu’au moment de la révolution française, ces deux dimensions de figuration et de mandat étaient très séparées, pourquoi peu à peu, elles ont été agglomérées, avec le développement des grands partis politique de masse et de classe et pourquoi aujourd’hui, il y a cette dissociation qui est devenue croissante. Cette dissociation croissante produit des effets explosifs dans l’ordre politique.[…]

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Contribution : Pour un parti socialiste hors les murs

Congrès de poitier 20152015 est une année de congrès pour le Parti Socialiste. Et qui dit congrès, dit contributions !

Depuis le congrès de Reims, j’essaie de me plier à cet exercice : produire une contribution, sur la base des réflexions que j’ai pu avoir depuis le dernier congrès, personnellement ou avec d’autres camarades. En 2008 pour le congrès de Reims, j’avais écrit la contribution Une seconde voie pour le 21ème siècle. J’avais récidivé en 2012, lors du congrès de Toulouse, avec une autre contribution Un parti en changement.

C’est un exercice que j’apprécie car il permet de se poser, d’analyser et de produire quelques propositions concrètes. Cela me semble être un bon exercice militant, dans un parti où en tant que responsable, on se situe plus souvent dans l’opérationnel que dans la construction d’idées nouvelles.

Cette année pour le congrès de Poitier, j’ai écrit la contribution :

Pour un parti socialiste hors les murs

L’objet de cette contribution est une réflexion que je partage depuis un certain temps avec d’autres camarades. Elle part du constat qu’un fossé se crée entre la population et les partis républicains. Les partis ne se renouvellent plus et les citoyens témoignent une grande méfiance à leur égard. Tout cela semble profiter aux partis aux accents moins démocratiques, voire autoritaires. Il y a donc urgence à se questionner.

Il s’agit d’analyser le mécanisme qui pousse vers ce décrochage et de proposer une piste d’évolution qui permettrait de reconnecter la Politique avec les citoyens. Je propose de construire un espace de médiation entre la population et le parti, dont j'esquisse la forme et les règles qu'il reste probablement encore à finaliser en avançant. La proposition va volontairement assez loin, mais elle pose des enjeux bien réels en face desquels nous devons tenter d'apporter nos réponses.

A débattre donc … !


Sidération et colère

10906284_10153035128377590_2697482977264888442_nSidération et colère, tels sont les sentiments qui viennent après l’attentat meurtrier contre les journalistes de Charlie Hebdo ce midi. Cet attentat est d’autant plus choquant qu’il est à l’opposé des valeurs qui fondent notre engagement politique.

En cette période de vœux, je crois qu’il est essentiel de réaffirmer notre attachement à la liberté d’expression ; notre attachement à la lutte contre les fanatismes, les extrémismes, contre tous les extrémismes ; notre attachement à travailler encore et toujours sur le vivre ensemble dans le respect de nos différences, de nos opinions et de nos croyances.

Cet acte de barbarie sera dans les semaines à venir le fruit tombé de l’arbre que certains essayeront de récupérer pour opposer et diviser. Je crois qu’un tel acte n’engage que ceux qui l’ont commis et qu’en aucune façon, il doit servir à stigmatiser un groupe ou un autre. Il ne doit pas changer notre regard ou nos habitudes. Au contraire, cet acte doit nous rassembler et au-delà de nos différences ou désaccords, faire prendre conscience de la chance que nous avons de vivre dans un pays pacifié ou ce genre d’acte ne peut être toléré.

Lors du grand rassemblement place de la Liberté à Brest ce soir, la Ligue des droits de l’Homme a dénoncé cette attaque contre notre République laïque et je crois aussi que c’est bien de cela qu’il s’agit.

On ne répond tout simplement pas à des mots avec des armes et aucun Dieu, aucune croyance n’appelle à tuer d’autres hommes. Ces croyances-là sont celles de fous.


Le quatrième pouvoir en question

France-24-journalNous vivons une période complexe à décrypter. Une façon facile de faire serait de choisir un bouc émissaire et tirer dessus, en espérant que les problèmes partiront avec. C’est le principe du « Holland Bashing », une lecture simpliste de ceux qui n’ont pas grand chose d’autre à proposer. Penser que l'on règlera un seul problème ainsi est une croyance qui rejoint celle de l'autruche, quand elle se met la tête sous terre !

Nous vivons une crise politique systémique, c'est-à-dire que le problème ne s’incarne pas dans un homme, mais dans des institutions et des fonctionnements institutionnels.

On parle souvent de l’impuissance de l'exécutif et de son Président, pensé comme un homme providentiel qu’il ne sera jamais. On parle de la médiocrité des législateurs, trop souvent jalousement décrits par le prisme de leurs avantages ou de ceux qui fraudes et baignent dans les affaires, sans jamais vraiment montrer la réalité de leur fonction et de leur engagement. Mais on ne s'autorise guère à porter une analyse sur le 4ème pouvoir : la presse les médias.

Pourtant, dans le contexte actuel, on pourrait se demander à quel jeu ils s’affairent. S'ils sont ce 4ème pouvoir (politique), c'est bien que leur fonction est reconnue dans le système démocratique. C'est bien que leur influence, leur rôle social est central dans la stabilité du pays et l'activation des politiques publiques.

La question n’est pas de remettre en cause la liberté de la presse ou la qualité du travail des journalistes. La question est de s’autoriser à chercher à comprendre ce que le 4ème pouvoir produit par ses choix éditoriaux, dans l’équilibre des sujets traités et aussi l’angle qui est pris pour le faire.

 

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Repenser la gauche - Décentraliser, jusqu’au bout !

On a coutume de parler de décentralisation dans un seul rapport Etat / Collectivités locales. C’est un regard réducteur. La décentralisation ne devrait pas avoir de limite et peut être appliquée à toutes les échelles, y compris les plus petites.

Aujourd’hui, notre structuration politique s’articule autour de l’élection. Un arbitrage collectif (de moins en moins collectif d’ailleurs) qui donne le pouvoir à certains, pour agir au nom des autres. C’est le modèle représentatif : une forme de délégation, à durée déterminée.

Ce mode de fonctionnement était plus facilement accepté dans un monde où les connaissances et l’information circulaient lentement et n’étaient pas réparties de façon homogène dans la société. Si le pouvoir tenait en partie sur la capacité à détenir l’information que les autres n’avaient pas, ce temps est révolu. Aujourd’hui, nous sommes passés à « l’ère de l’omniscience ». Les citoyens sont plus formés et mieux informés. L’accès aux savoirs est en libre-service, les grands journaux médiatisent les guerres comme les faits divers quasiment en temps réel, et même les intrigues internes aux appareils politiques finissent dans l’heure sur Twitter !

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Les propos révélateurs de madame B. Malgorn

Bernadette malgornAbsente ce matin du temps fort pour Brest que fut l’inauguration de la salle Brest Aréna, c’est dans le télégramme que madame Malgorn fait sa rentrée politique [ici]. Peu de propos s’avèrent intéressants puisqu’elle y fait surtout sa précampagne comme candidate à la tête de liste à droite pour les régionales. Pour se donner bonne figure, elle tente néanmoins de rendre visible son "activisme" (surtout épistolaire) sur des dossiers déjà suivis de très près par les exécutifs des conseils, dans lesquels elle siège dans l’opposition.

Toutefois, une citation de son propos sort du lot, car elle est vraiment à l’image de l’action menée par cette opposition : « Contrairement à ce que certains, mais pas nous, espéraient, la reprise de l’activité commerciale ne s’est pas produite après la mise en service du tramway. » Ainsi madame Malgorn affirme qu’elle n’espérait pas la reprise de l’activité commerciale à Brest. Propos renforcé juste après par un défaitisme affiché sur le dossier de l’implantation de Leroy Merlin au Froutven. Un dossier sur lequel nous travaillons, qui est pour l’instant en bonne voie et qui générerait une centaine d’emploi.

Ce propos est à l’image de la droite brestoise depuis « l’arrivée » de madame Malgorn à Brest : une lecture défaitiste, décliniste de Brest, une opposition systématique et un dénigrement permanent de ce qui s’y fait. Nous sommes vraiment à nous poser la question : madame Malgorn aime-t-elle réellement Brest et mise-t-elle sur la réussite de notre territoire, ou considère-t-elle juste notre cité comme un tremplin pour les régionales à venir ?


Quand celle qui se sent répudiée écrit un livre répugnant

Valerie-TrierweilerValérie Trierweiler a réussi son coup. Se venger de son amant, en vendant publiquement sa vie privée. Sauf que ce livre n’est pas le produit de l’innocence et d’une naïveté sentimentale. En commettant un tel ouvrage, la cible est touchée, mais les dégâts collatéraux dépassent largement l’objectif visé.

Sortir des petites phrases de leurs contextes, d’une vie privée, d’une sphère privée est un exercice de trahison et de voyeurisme qui conduit à prendre à témoin le lecteur sur des mots qui le dépassent. On ne fait pas de procès d’intention aux médecins sur leur volonté de soigner les malades, malgré les différents rites plus ou moins glorieux des internes. On n’en fait pas non plus à ceux qui côtoient la mort ou le risque et qui font de l’humour noir. On n’en fait pas aux éducateurs qui se moquent de leurs élèves. Chaque profession a ses façons d’exprimer, d’extérioriser les choses plus ou moins difficiles à accepter. Ce n’est pas pour autant que le travail, la vocation est absente. Ce sont des mots nécessaires, mais qui relèvent d’une sphère particulière, à même de les comprendre, de les analyser, parce que les vécus sont partagés.

Dans ce temps où les français se questionnent, se divisent, se radicalisent et ont du mal à déterminer une voix de sortie de la crise dans laquelle nous sommes, ce livre est le fait d’irresponsables. Fragiliser une fois de plus le pouvoir à qui l’on demande de répondre aux enjeux, c’est comme se tirer une balle dans le pied et s’étonner de ne plus pouvoir marcher. Ce livre amusera ceux que la politique n’intéresse pas, mais il ne fera pas rire au-delà. Madame Valérie Trierweiler récupéra surement un bon cachet de son « œuvre ». Elle portera aussi la responsabilité de quelques voix FN supplémentaires, pour avoir brouillé encore un peu plus la lecture d'une situation politique déjà complexe.

La politique n’est pas un jeu amoureux, c’est ce qui conduit un pays et qui impacte de nombreuses familles, de nombreuses personnes en France, mais aussi au-delà. Jouer avec son pouvoir de nuisance pour atteindre le pouvoir de faire d’un pays est grave.

L’histoire humaine entre Valérie Trierweiler et François Hollande est d’une grande banalité. C’est le feu des projecteurs qui rend cette histoire particulière, mais on a peine à imaginer que la dame ait découvert les ambitions de son homme sur le tard. Je n’ai jamais jugé l’un ou l’autre. Derrière toute histoire de séparation se jouent des drames. Par contre, de la part d’une personne qui connait bien tous les rouages du politique et des média, je trouve ce travail répugnant.


La gauche paradoxale

4476736_6_798e_francois-hollande-le-25-aout-2014-a-l-ile_77b277738a4f6e4a3b0bafa280e5782eIl est un constat que l’on peut faire : lorsque la droite est au pouvoir, elle vénère son chef ; lorsque la gauche est au pouvoir, elle est vénère contre son chef !

C’est probablement un des grands clivages comportementaux entre les deux bords. La droite adore le leadership et éprouve une admiration pour tous ceux qui ont le pouvoir, qu’ils soient politiques ou entrepreneurs. La réussite est à droite un marqueur qui semble effacer tout le reste, y compris le plus absurde (Cf. Sarkozy qui malgré ses nombreuses casseroles en tous genres, continue à être en haut des sondages à droite comme présidentiable). A gauche, c’est l’opposé : avoir du pouvoir reste suspect, quand bien même vous avez contribué à mettre la personne en place. La confiance n’existe pas dans une relation au pouvoir.

On peut constater que cette dissymétrie entre gauche et droite conduit finalement à une forme d'équilibre : quand la droite est au pouvoir, elle est forte mais a face à elle une gauche ravigotée, unie et prête à en découdre. Quand la gauche est au pouvoir, la droite est en crise et, force est de constater, que la gauche aussi !

Cet état de fait conduit irrémédiablement la droite à revenir au pouvoir plus facilement que la gauche. Mais nous pourrions faire le constat inverse : si la gauche se soignait de cette défiance naturelle vis-à-vis du pouvoir, peut-être qu’elle y resterait et qu’à terme, nous pourrions faire infléchir réellement la politique française vers la gauche, sur la durée. Mais non, il y a comme une forme d’envie suicidaire à gauche !

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C’est la rentrée !

La rentréeAprès quelques semaines de repos (bien mérité), nous voici sur le bord du précipice, prêt à se lancer dans le vide d’une nouvelle année qui commence, à se lancer dans l’écriture d’une page encore blanche !

L’année passée aura été très monopolisée par les enjeux électoraux du mois de mars, coté politique avec les municipales, comme coté boulot avec les élections professionnelles. Pour l’année à venir, pas d’élection en vue (hormis les sénatoriales bien-sûr, mais ce n’est pas tout à fait pareil). Nous voici donc sur une période de calme, ce qui n’est pas un luxe pour construire un peu.

Pour cette année 2014-2015, plusieurs chantiers me tiennent à cœur.

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Repenser la gauche et sécuriser les parcours politiques

Ce que l’on découvre lorsque l’on fait de la politique en tant qu’élu, c’est la brutalité du processus électoral. Les élections sont le cœur du fonctionnement de la démocratie. C’est le temps pendant lequel le peuple reprend le pouvoir sur ces élus et tranche entre les propositions individuelles ou collectives qui lui sont faites. Rien à redire sur la finalité. Par contre, il convient de peser le coût de ce processus compétitif et les limites que celui-ci imposent.

Une élection est à la fois un processus de sélection, de désignation, mais c’est aussi un processus d’élimination. Il s’agit bien d’une confrontation au cours de laquelle plusieurs personnes ou plusieurs équipes vont s’affronter avec souvent comme règle : « il ne peut en rester qu’un ». C’est par ailleurs une compétition qui a lieu en public et c’est de plus en plus vrai du fait de la place prise par la presse dans notre société moderne.

Individuellement, ou collectivement quand il s’agit d’une équipe (même si la tête de liste endosse naturellement plus la responsabilité que les autres), c’est un processus violent psychologiquement. Pour bien connaitre aussi le monde de l’entreprise, je m’étais essayé à comparer des deux statuts en termes de « sélection » et « d’élimination ». Bien qu’un licenciement professionnel, collectif ou individuel, soit évidemment douloureux pour le salarié, il faut reconnaitre qu’il dispose de recours par la loi pour se défendre et de l’appuie de syndicats ou d’avocats pour l’accompagner. Le processus électoral est pour le coup plus rapide, sans recours et aussi public. 

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Repenser la gauche, et son unité

Lors des dernières élections européennes tout comme lors du 21 avril 2002, la gauche s’est faite éclipsée par l’extrême droite, moins pour son score que du fait de son propre éparpillement. Alors que la droite s’est rassemblée au sein de l’UMP, la gauche n’a cessé de se diviser. Y compris en interne au Parti Socialiste, la lutte des courants développe les tensions et donne une lecture complexe de notre fonctionnement. Certains voient dans cette diversité une richesse. Il est clair que dans le fonctionnement démocratique qui arbitre par élections, il s’agit en premier lieu d’une faiblesse.

Dans son livre, « Les formes élémentaires de l’engagement », le sociologue Olivier Bobineau donne une lecture intéressante de l’émancipation humaine, qui colle parfaitement à ce que l’on retrouve à gauche. S’appuyant sur le travail de Jean-Baptiste de Foucauld, il décrit « les trois cultures politiques qui permettent le développement humain : la résistance, la régulation et l’utopie. »1

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Repenser la gauche, face aux deux droites

Nous assistons à une tripolarisation de la sphère politique. A la droite et la gauche républicaines vient aujourd’hui s’ajouter le FN. Ce virage est clairement en lien avec la crise. La droite comme le FN ont choisi leur doctrine d’action, on ne peut pas en dire autant de la gauche. A nous de retrouver nos fondamentaux.

Difficile de dire ce que ferait exactement le FN s’il arrivait au pouvoir. Toutefois, le discours du FN est bien ancré dans deux schémas : la stigmatisation de groupes sociaux en réponse à des peurs existantes ou développés, mais aussi un repli sur soi comme réponse à un environnement local ou international vécu comme dangereux. C’est évidemment un discours qui colle particulièrement bien aux temps de crise, où les plus faibles n’ont plus d’horizon et subissent plus que les autres la dureté d’un monde qui ne s’est pas organisé pour anticiper cela.

De son côté, la droite républicaine1 a fait rapidement sa mue en début de crise. Elle a trouvé ses propres réponses durant le mandat de Nicolas Sarkozy. En 2008, d’une doctrine très libérale (le rêve américain montré en modèle, souvenons-nous : Sarko l’américain !), la droite française a fait un virage fort vers une doctrine conservatrice. Ponctuellement, la droite s’est même osée à critiquer le libéralisme qui avait conduit à cette crise financière, tout en continuant à soutenir largement le pouvoir économique en place. En complément et de façon à tenter de garder le contrôle sur la population, elle a emprunté du bout des lèvres puis de façon décomplexée le discours du FN, sur la stigmatisation et la fragmentation du corps social. C’est tous les discours sur les étrangers, les Roms, mais c’est aussi tous ceux sur l’assistanat et la fraude aux droits sociaux (oubliant bien volontairement la fraude fiscale, alors que celle-ci est plus de 10 fois plus importante). C’est la grande escroquerie de Patrick Buisson qui finalement, portera plus de fruits au FN qu’à la droite.

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Repenser la gauche

Au lendemain de l’élection européenne, on voudrait nous faire croire que le résultat de dimanche en France est une révolution du FN. Il n’en est rien et au lieu de se focaliser sur l’extrême droite, nous ferions mieux de nous lancer dans une introspection plus profonde des causes de notre décrochage.

A Brest par exemple, malgré des pourcentages historiquement haut pour le FN à cette dernière élection, le FN n’a pas obtenu plus de voix qu’à la présidentielle, loin s’en faut(1). Il est d’ailleurs très loin derrière la gauche consolidée(2), qui devrait être la base de l’analyse dans une élection à la proportionnelle, ou par nature, chaque parti se présente.

Au-delà de son socle idéologique, le FN n’est pas un parti comme les autres. Ce n’est pas un parti aux responsabilités, il ne déçoit pas par son action puisqu’il ne se situe que dans la critique du pouvoir en place, une critique populiste qui plus est. A l’inverse on le voit, les autres partis tanguent du fait de leur exercice du pouvoir dans un contexte difficile au niveau national. Le FN dispose donc d’un socle de voix plus stable dans le temps, l’abstention travaille moins sur leurs résultats électoraux. Le score du FN joue donc au yoyo pas tant de son fait, que de celui des partis de gouvernement.

 

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www.choisirnotreeurope.fr

Un million de message pour choisir notre europePour la première fois, le prochain président de la Commission européenne sera l’émanation directe de la majorité au Parlement européen issue du scrutin du 25 mai.

Ce changement est une occasion historique de tourner la page d’une décennie perdue qui a vu les droites européennes abîmer l’Europe et précariser les Européens.

www.choisirnotreeurope.fr   

Proposition après proposition, cette plate-forme citoyenne est l’occasion pour chacun d’entre nous de prendre position, d’interpeller Martin Schulz et les candidats du Parti socialiste européen.

C’est le moment de dire notre Europe, de choisir l’Europe que nous voulons, sans délai, mais aussi celle dont vous ne voulons plus, l’Europe des conservateurs, et celle dont vous ne voulons surtout pas, l’Europe des nationaux populistes.

Faites entendre votre voix, soutenez les propositions et relayez-les auprès de vos amis !

Le 25 mai prochain, chaque voix comptera pour obtenir une majorité de gauche au Parlement européen.

Le 25 mai, en un seul jour et un seul tour, donnons un nouveau sens à l’Europe !


Analyse du vote au premier tour : La carte n’est pas le territoire !

Machine-a-voterA entendre les analyses, on aurait l’impression que la grande gagnante de l’élection du premier tour à Brest serait madame Malgorn. Voilà une analyse pour le moins déformée et trompeuse de la réalité.

A gauche, il y aura eu 21 968 voix. Brest ne déroge pas au reste de la France. Le mécontentement sur la politique nationale a clairement joué sur ce scrutin. Pour autant, cette baisse n’est pas un basculement. A abstention constante, ce sont un peu moins de 2 000 voix qui manquent à la gauche, par rapport à la présidentielle de 2012. Soit une baisse de 8.2%.

A droite (hors FN), il y aura eu 15 715 voix. La mobilisation a été plus forte. A abstention constante, la droite récupère près de 1 300 voix en plus, soit en valeur relative, un vote supérieur de 9% à 2012.

En plus de bénéficier de l’effet « gauche au pouvoir », la droite a choisi de transformer ce premier tour en primaire pour départager l’impossible choix de l’UMP, entre monsieur Prunier et madame Malgorn. Cela explique pour partie la forte mobilisation à droite. Une mobilisation qui aura beaucoup joué sur les peurs et les haines entre camps adverses, mais aussi sur des méthodes de campagne que l’on ne connaissait pas jusqu’ici à Brest. Dans ce duel à droite, la notoriété de l’ex Préfète de région aura sans conteste joué plein pot face au sortant de droite.

Coté FN, il y aura eu 4 093 voix. On s’étonne du score du FN à Brest, mais c’est finalement lui qui perd le plus. A regard du score du FN aux présidentielles de 2012, le FN est plus touché par l’abstention (ou le report des voix) que le reste des listes. A abstention constante, il aurait dû cumuler près de 1 000 voix de plus du fait de la variation de la participation. Ces 1000 voix sont-elles allées sur la liste Malgorn qui a fait une campagne volontairement sur certains thèmes du FN ? Difficile de le dire. Corrigé de l’abstention, le FN fait une baisse significative de -18.8% à Brest, par rapport à 2012.

Le report au second tour des voix du FN reste très incertain compte tenu du discours sur un front anti UMPS. Il est probable que l’abstention soit forte de ce côté-là, malgré les appels du pied répété de l'équipe Malgorn aux idées du FN.

Au final, la gauche sort majoritaire avec 52.6% des voix. A droite comme à gauche, les reports de voix étant difficiles à prédire, il serait prétentieux de présumer d’un résultat sur un second tour qui reste une seconde élection à part entière, entre les mains des électeurs.

Pour autant et contrairement à ce que l’on entend, la dynamique du premier tour a été largement soutenue par la gauche, face à une droite divisée qui certes mobilise son électorat dans sa « primaire de premier tour », mais ne parvient pas à susciter un réel engouement du côté de la population.

Cette dynamique à gauche est à l’image des programmes, où la gauche unie a porté un travail de fond, intégrant plus de 60 propositions concrètes, quand la droite s’est satisfaite des trois slogans dans le vent : fiscalité, sécurité, emploi, en passant plus de temps à donner à Brest une image déclinante, au lieu de tenter de dessiner l’avenir que notre ville mérite.


Pourquoi tant de haine ? - Réponse à Monsieur Brussieux

Au fil des tweet politiques qui défilent tous les soirs, il en vient parfois un qui vous interpelle. Hier soir, c’est celui de Monsieur Brussieux, colistier de Madame Malgorn, qui me questionnait en disant : « Pourquoi tant de haine ce soir ? »

En voilà une vraie bonne question et politique qui plus est, puisque « la forme, c’est le fond qui remonte à la surface » disait Victor Hugo. Pourquoi tant de haine dans cette campagne ?

Mon cher monsieur Brussieux, la teneur des propos qu’a pris la campagne n’est pas en effet dans les habitudes brestoises (du moins pour les dernières campagnes). Certes, il est d’usage de ne pas se faire de cadeaux entre droite et gauche, mais là, il faut reconnaitre que le niveau de violence verbale dans les échanges a franchi un cap nouveau pour Brest.

Cette violence a commencé bien avant que nous ne rentrions en campagne, quand déjà dans les meetings de Madame Malgorn on proposait de « chasser les socialistes de la ville », on nous accusait de « cadenasser le milieu associatif » et de « faire du clientélisme ». Elle-même se lançait ainsi dans sa campagne : « Nous allons disqualifier les socialistes pour gérer la ville de Brest ».

Déjà les fondamentaux d’une campagne s’appuyant sur une outrance verbale semblaient bien posés. Nous n’étions que fin octobre 2013 ! [ici et ]

Depuis les échanges n’ont fait que monter en violence, teintée d’une mauvaise foi caractérisée et de désinformation. Je ne vais pas vous faire l’énumération des attaques dans la presse. Récemment, l’une des plus violentes fut le discours du 13 février dernier, au Mac Orlan [ici].

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Les dessous de la couronne à Brest !

Galette des roisL’an dernier, « l’affaire de la couronne » comme on pourrait l’appeler, à fait parler d’elle à Brest. En effet, les petits chanceux et les petites chanceuses ayant trouvé une fève dans leur part de galette n’auront pas eu droit à une couronne. Crime de lèse-majesté, ils n’auront pas pu être consacrés roi ou reine !

Bon, même si nous ne sommes pas là dans un événement majeur sur le plan scolaire, l’affaire ayant fait un buzz national, il est peut-être temps de dire deux mots de cette fameuse couronne qui fit couler beaucoup d’encre par son absence.

Comme les années passées, il y avait bien une couronne de prévue. Sauf qu’en 2013, l’entreprise qui gère la délégation de service public de restauration scolaire (le fermier) avait décidé de se faire un peu de pub au passage, sans en avertir personne. Ils avaient apposé leur beau logo et souhaitaient « une bonne épiphanie » aux enfants. Ce faisant, ils contrevenaient à deux principes de leur contrat avec la collectivité : ne pas faire apparaître son nom sur de la publicité vis-à-vis des enfants et, ce que l’histoire a surtout retenue, le caractère religieux du terne « épiphanie ».

Il a donc été décidé de demander à notre fermier de reprendre sa couronne, eu égard aux deux libertés qu’il s’était permis, sans même en avertir auparavant les services de la ville. Nous étions mis devant le fait accompli, alors qu’ils ne pouvaient pas ignorer ces deux règles. 

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Quand Stéphane Roudaut se fait juriste ... en mauvaise foi

Vote-par-internet-francais-etranger-image-clef-carte-electoraleM. Stéphane Roudaut, nous gratifie d’une bien piètre attaque sur son profil Facebook. Il s’y insurge contre le travail fait par le Parti Socialiste pour faciliter l’inscription des habitants sur les listes électorales.

Il dénonce avec grandiloquence l’infamie de militants (avec même des élus dedans !) qui iraient à la rencontre des citoyens pour aider à remplir le CERFA consacré et recueillir les justificatifs devant l’accompagner. Pour preuve de son propos et de la légitimité de son émoi, il cite un extrait d’un texte mentionnant un jugement du Conseil d’Etat interdisant l’inscription à domicile. Tout cela fait froid dans le dos. La démocratie serait mise en danger et le Facebook de M. Roudaut serait le seul bouclier pour la protéger !

Décryptage

L’extrait que cite M. Stéphane Roudaut est en fait tiré d’un document qui est utilisé par toutes les mairies pour les inscriptions sur les listes électorales : une circulaire ministérielle datant de juillet dernier (ici). L’extrait en question (page 16) ne parle pas du tout de ce que fait le Parti Socialiste. Il mentionne qu’il est interdit, pour les employés communaux, d’aller faire du démarchage en dehors des mairies, pour procéder à des inscriptions sur les listes électorales. C’est cela qui fait l’objet du jugement du Conseil d’Etat mentionné par notre « apprenti juriste ».

Mais ça, nous le savions déjà. Les stands tenus par la mairie de Brest pour l’inscription sur les listes électorales dans les différents centres commerciaux, par exemple, n’inscrivent pas les personnes, mais leur donnent les documents pour aller le faire en mairie ou pour les renvoyer par courrier.

M. Stéphane Roudaut a donc la lecture sélective, car deux lignes plus bas du même document, il est clairement mentionné que les citoyens peuvent aussi renvoyer les documents remplis par courrier, ou se faire représenter par un tiers dûment mandaté, afin de déposer en mairie les documents à fournir, à sa place. Et c’est bien cela que les militants bénévoles du Parti Socialiste proposent aux habitants lors des portes à portes pour l’inscription sur les listes électorales. Rien de plus.

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#ASSEZ !

Drapeau-Bleu-Blanc-RougeOui assez, parce que nous somme lassés d’entendre depuis quelques temps toujours la même rengaine, ce tir au pigeon politique, cette même haine qui tire la France vers le bas, qui tire sur nos valeurs et nous entraine chaque jour un peu plus vers l’irréparable.

Assez de ces politiques qui se servent des courants médiatiques et populistes pour exister. Assez de cette critique perpétuelle stérile, de ce harcèlement continu, la veille comme le lendemain, quelque que soit la proposition faite. Assez de cette façon de s’opposer qui n’a d’autres objectifs que de tenter d’exister, de casser et souvent de faire oublier l'héritage des 10 années passées.

Assez aussi de ce journalisme qui voit la politique comme un jeu, une scène, un stade ou un guignol, afin de distraire un public de plus en plus passif. Les médias jouent un rôle central dans le fonctionnement de nos démocraties. Ils l’ont revendiqué et l’ont gagné. A eux maintenant de porter la responsabilité qui est la leur, dans cette construction d’une lecture du monde accessible à tous les citoyens, afin qu’ils fondent librement leur jugement.

Alors oui, il nous faut un sursaut républicain, une envie retrouvée de construire ensemble un destin. Une envie de croire que nous pouvons passer cette période difficile en se serrant les coudes, en reconstruisant des solidarités auxquelles tous contribuent à hauteur de ses moyens et où chacun fait l’effort, avant de regarder dans l’assiette du voisin. Le vrai patriotisme, ce n'est rien d'autre que cela. A nous de l'exprimer aux nouvelles échelles qui construisent le monde d'aujourd'hui.

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La question du barreur

Differentes_alluresDans mes plus jeunes années, j’ai eu la chance de faire pas mal fait de voile, sur différents types de supports.

La voile est une source d’apprentissage à bien des égards. C’est aussi une belle façon de se déplacer, à l’interface entre deux fluides, en jouant sur les réglages et le plus souvent en équipe. J’ai pris la mauvaise habitude de rechercher les similitudes avec la société qui m’entoure et j’avoue que parfois, cela peut s’avérer riche d’enseignements, y compris lorsque l’on fait de la politique !

Par exemple, le maniement de la barre lorsque l’on va dans le sens du vent, ou que l’on cherche à remonter contre le vent, surtout par fort vent et mer formée.

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Quand madame Malgorn fait feu de tout bois et prend les brestois pour des imbéciles

B Malgorn UMPLa semaine dernière, une des candidates de la droite brestoise a fait une réunion publique devant un parterre de convaincus semble-t-il. On ne reviendra pas sur les propos de soutien de certains présents, qui appellent tout de même quelques interrogations légitimes de notre part (ici). Mais puisque la candidate nous fait la Grâce de nous donner à lire son « discours intégral », il nous semble important d’y apporter quelques réponses, nous qui sommes accusés d’imposer une chape de plomb sur la gestion de la ville !

Une attaque aussi ridicule que le bandeau noir mis par madame Malgorn sur son site concernant des associations brestoises qui n’auraient « pas souhaité qu’il soit fait état publiquement de leur rencontre avec Bernadette Malgorn », sous-entendant une pression de la mairie. Il est triste de constater que la candidate travestit la vérité : la seule association qui a demandé à ce que l’on retire les photos l’a fait car la rencontre s’est faite à son insu et sans son consentement. La candidate est donc, non-seulement peu courtoise avec les partenaires de la ville, mais en plus, elle se permet de se poser en victime de ses propres manœuvres !

Passons sur la première partie - une critique régionale - qui n’apporte pas grand-chose au débat sur les municipales, sauf à ce que la candidate aux municipales ne soit en fait déjà en campagne pour les futures régionales, montrant l’intérêt tout politicien qu’elle a pour notre commune.

Concentrons-nous donc sur ses « trois pistes de réflexion : la sécurité, la fiscalité et l’emploi ».

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Acheter français, c’est 50% moins cher !

ImagesCAZ65BY1Aller, aujourd’hui je réveille mon coté Montebourg … pourquoi acheter des productions françaises devrait être une évidence, pour la puissance publique, mais aussi pour tous les citoyens ?

On nous a tout dit sur les bienfaits de la libre concurrence et des vertus du commerce international. Tout n’est pas faux et il est en effet pertinent qu’il y ait des échanges entre les pays. Mais en temps de chômage important, notre raison devrait nous inciter individuellement à acheter français. C’est tout aussi logique que de diminuer ses dépenses lorsque ses revenus baissent, par exemple. Ce n’est pas une question de nationalisme stérile, mais simplement de bon sens : c’est 50 % moins cher !

En valeur comparative, acheter un produit fabriqué en France, c’est réinjecter son argent dans les salaires directs, mais aussi indirects.

L’équation est évidement bien plus complexe que cela puisque qu’un produit est l’assemblage de valeurs ajoutées, dans l’ensemble de sa production, depuis les matières premières jusqu’au produit final. Mais si l’on simplifie à l’extrême, lorsque l’on investit dans un bien produit à 100% en France, on finance pour 60 % des salaires et pour 40% des cotisations sociales qui alimentent des caisses collectives à l’ensemble des français. Si l’on admet que les 60% en salaire retombent dans la poche d’un autre, il nous faut aussi admettre que 40% de notre achat finance aussi notre sécu, notre assurance chômage ou notre retraite, ce qui ne sera jamais le cas pour un autre achat. Et dans le cas d’un système en déséquilibre, c’est autant de moins que l’on me demandera d’équilibrer sur mon propre salaire brut.

Enfin, faire travailler un français, quand le chômage est au plus haut, c’est aussi éviter un chômeur, donc une dépense de l’assurance chômage (une perte aussi pour les deux autres caisses) et donc une pression moindre sur mes cotisations sociales.

Pour la puissance publique que l’on pourrait considérer comme une seule et même caisse, comparer un achat sur le seul critère du prix affiché devient une aberration au regard des “marges arrière sociales” qu’une production française génère mécaniquement.

On le voit, en achetant des productions françaises, ce n’est pas seulement une logique de solidarité pour faire travailler mes compatriotes qui se joue, j’ai aussi un retour sur investissement indirect d’environ 50%.

Alors, quand on voit des consommateurs courir après des bons de réduction de 5%, ce serait bien bête de ne pas en profiter !


Mort de n’avoir pas été d’accord

Clement-mericL’actualité vient nous rappeler avec brutalité la nature des extrêmes. Ces extrêmes qui se cachent derrière des partis politiques de façade. Ces extrêmes que certains politiques aux abois finissent par accepter, quand ce n’est pas légitimer en singeant leurs idées.

L‘histoire n’a pas changé, les extrêmes mènent à la violence, à l’intolérance et à la destruction de toute société civilisée et humaniste.

La marque de fabrique de ces extrêmes est son incapacité à comprendre l’altérité, la différence. C’est aussi le rejet du débat, de l’échange, au profit de la force, d’un rapport de force par la violence physique. C’est enfin une incapacité à concevoir l’évolution, l’amélioration, sans passer par l’élimination.

La liberté de penser, la liberté d’opinion est un droit fondamental à notre société. Rien ni personne ne doit altérer ce droit et il est de la responsabilité de notre République de combattre et de chasser sans cesse tous ceux qui remettent en cause cela.

Hier, dans les rue de Paris, Clément Méric est mort, sous les coups de lâches, venus en nombre, qui croyaient que la force leur donnerait raison. Hier, dans les rue de Paris, un petit zef est mort, de n’avoir pas été d’accord.


La vérité n'est pas le sujet !

Je ne pensais pas si bien dire dans ma précédente note, en parlant de « mensonge organisé ». Un article du Nouvel Obs paru quatre jours plus tard, donne un éclairant témoignage sur ce monde paradoxalement obscur de la communication.

L’article [ici] traite d’Anne Hommel, la nouvelle communicante de Cahuzac (qui est aussi celle de DSK), après que celui-ci ait été lâché par Stéphane Fouks, patron de Havas Worldwilde (ex-Euro RSCG). Mais les méthodes sont exactement les mêmes. Anne Hommel est d’ailleurs une ancienne de l’agence de communication Euro RSCG, qui a fondé sa « propre petite entreprise » : Majorelle.

Dans son entretient, elle a cette phrase qui en dis long, surtout pour une communicante experte en éléments de langage : « La vérité n’est pas mon sujet ».

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La pol'éthique, une boussole pour la politique de demain

 BoussoleIl y a un ou deux ans, j’ai créé une nouvelle catégorie pour ce blog nommée « Pol’éthique ». L’ambition était alors plus orientée sur les thématiques du développement durable, sur la volonté de prise de conscience des enjeux, des crises qui nous font face, mais que nous n’arrivons toujours pas à regarder en face.

Le concept de pol’éthique traduisait la nécessité d’une sincérité dans le propos en politique, le fait d’arrêter de mentir aux citoyens sous prétexte de les caresser dans le sens du poil, de leur dire ce qu’ils voulaient entendre. Certains politiques finissent ainsi par devenir les paravents d’une société qui ne veut pas changer et qui attend qu’on lui renvoie une image rassurante d’elle-même afin d’éviter la remise en cause. Certes, le mensonge a quelques vertus sur le court terme, mais il est toujours désastreux sur le long terme.

La question de l’éthique en politique fait son grand retour avec l’affaire Cahuzac, sous une forme différente. Mais sur le fond, rien ne change. C’est la question de la sincérité de la parole politique qui est en question, avec son pendant, la confiance des citoyens dans la politique. Avec l’affaire Cahuzac, c’est tout le système qui est ébranlé, parce que le mal est plus profond que l’on ne le croit et qu’il a fini par fragiliser la société.

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Appel à une République apaisée

Je suis un défenseur du mariage et de l’adoption pour tous, tout comme je fus un défenseur du PACS, en son temps. Je ne vois pas ce que cela retire aux autres que d’élargir le droit et la reconnaissance du mariage ou de l’adoption à des couples du même sexe. Cela étant dit, ce que je lis et entends aujourd’hui me questionne.

Après l’appel au sang ou à la guerre civile de « responsables irresponsables », nombre de personnes souhaitant voire aboutir cette loi s’offusquent ? Sauf que l’histoire de cette loi est depuis le début un champ de bataille entre pro et anti. Aucun des deux camps n’a tenté d’apaiser le débat, bien au contraire, chacun à fait monter la tension, pour en arriver aujourd’hui à des prises de positions tout à fait inacceptables, dépassant largement le sujet initial.

Je pourrais faire comme de nombreux camarades et m’offusquer contre les propos déplacés des antis. Vu le délire de certains, tout nous est finalement servi sur un plateau. Mais ce serait la facilité. Nous oublions un peu vite que nous sommes aux responsabilités et faire preuve de responsabilité, c’est aussi d’abord savoir balayer devant sa porte.

Alors que nous sommes arrivés au pouvoir il y a 11 mois, nous avons proposé cette loi sur le mariage et l'adoption pour tous qui était clairement une des propositions du programme de notre candidat. Où était l’enjeu ? On peut comprendre que les opposants à cette loi descendent dans la rue pour manifester leur désaccord. L’histoire et le vote des français leur donnent tort, mais ils ont le droit à une expression. Ne l’a-t-on pas fait en notre temps contre Sarkozy ? Mais j’avoue avoir eu beaucoup plus de mal à saisir la logique des manifs de soutien à la loi, la première, puis la seconde. J’avoue aussi avoir eu du mal à comprendre la logique visant à accélérer le calendrier sur la PMA, en allant à l’encontre de toutes les annonces précédemment faites et en tentant de faire passer cela par le débat parlementaire, au lieu de rester dans le cadre des lois sur la bioéthique comme annoncé initialement.

Ce comportement, venant de responsables politiques, m’interpelle sur le fond comme sur la méthode.

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Bonheur et identité

IdentitéAprès nos deux auteurs, venons-en aux quatre conditions du bonheur.

La première qui me semble une sorte d’évidence est un socle pour tout le reste. L’identité, c’est un peu comme les fondations du bonheur et de l’estime de soi.

On peut voir cette identité de deux façons. La première est une façon de s’affirmer, d’être connu et donc reconnu : « je suis », « j’existe ». Elle affirme le caractère unique de la personne et sa reconnaissance en tant que telle.

La seconde est une façon de s’inscrire dans un collectif, d’appartenir à quelque chose de plus grand, quelque chose qui nous dépasse et nous intègre. Cela peut être l’identité par un groupe (famille, amis, pairs, etc …), par un territoire (quartier, ville, région, pays, etc …) ou simplement par une activité, une passion (sport, musique, art, habit, culte, etc …)

L’identité est probablement la première étape dans notre capacité à être heureux et les personnes qui ont conscience de leur identité sont probablement plus facilement exposées au bonheur : elles sont plus fortes, plus solides, plus résilientes. En cas de soucis, d’accidents de la vie, l’identité est probablement une position de repli qui aide à repartir.

La force de l’identité est un peu une évidence pour moi, le parisien d’origine (et fier de l’être !), venu habité en Bretagne (et fier d’y être !) La culture Bretonne est une force de ce territoire, cela saute aux yeux lorsque l’on y arrive : drapeau, histoire, festnoz, langue, luttes, etc …La culture commune, l’identité, c’est un formidable vecteur de cohésion qui se vit au présent en Bretagne.

Au sein de l’entreprise, l’identité est importante aussi : on est fier (ou pas) d’appartenir à son entreprise. On peut aussi se reconnaître dans sa position dans l’entreprise, en fonction de son rôle social dans celle-ci (notion de pairs).

Pour en prendre toute la mesure, la question de l’identité peut être aussi observée en creux. Quid des personnes en recherche de leurs origines, que cela soient familiales (personnes nées sous X, enfants abandonnés) ou territoriales et culturels (immigration).

Enfin, les lutes politiques ont été et sont encore parfois des luttes pour l’identité, pour être reconnu. De façon contemporaine, on pourrait parler du mouvement historique féministe et plus récemment du mouvement LGBT. Les Pride portent bien leur nom. La reconnaissance du vote des personnes résidentes, mais non française, aux élections locales, pourrait être encore un autre exemple.

L’identité est clairement une des conditions à l’équilibre et au bonheur.


Bonheur Intérieur Brut – Deux auteurs qui donnent du sens

Smileys - 2Les origines du Bonheur Intérieur Brut (BIB) sont assez bien documentées sur Internet, depuis son émergence avec le roi du Bouthan (ici), jusqu’à sa déclinaison plus récente en France, avec la commission Stiglitz (). Je préfère ne pas revenir là-dessus, en prenant le risque de paraphraser ce qui a été déjà bien écrit par ailleurs.

Par contre, il me semble intéressant de citer deux auteurs que je considère comme tout à fait pertinents sur le sujet. Il s’agit du philosophe Patrick Viveret et de l’économiste Jean Gadrey.

Patrick Viveret (bio ici) est l’auteur de nombreux textes ou conférences sur la critique d’une société lue par le seul prisme du PIB. Il s’inscrit aussi dans un regard critique de notre société moderne, proche de celle donnée par Gandhi dans sa citation : « Earth provides enaugh to satisfy every man’s need, but not every man’s greed » (La terre produit assez pour satisfaire aux besoins de tous les hommes, mais pas assez pour l’avidité de chacun d’eux). Il pose ainsi notre difficulté au bonheur au travers d’une société ayant fini par répondre à la question de ses besoins (eau, nourriture, etc …), mais s’étant perdue dans celle de désirs sans limite, provocant ainsi accaparation et accumulation de la part de certains et donc, augmentation des inégalités sur l’ensemble.

Il existe beaucoup de textes ou de vidéos de lui sur Internet, j’ai trouvé cette interview qui me semble bien refléter le personnage et sa philosophie (ici).

Jean Gadrey (bio ici) est pour sa part un économiste spécialisé dans les indicateurs de richesse, les indicateurs de bien-être. Il anime un blog riche en contributions et réflexions sur le site d’Alternatives Economiques (ici) et est l’auteur d’un livre qui fait référence sur le sujet, avec sa consœur Florence Jany-Catrice : « Les nouveaux indicateurs de richesses ». Il fut, au nom du collectif FAIR, un des membres de la commission Stiglitz.

Sur la question du BIB, je conseille de regarder l’interview qu’il a donnée au CESE en 2012 sur la question de la mesure du bien-être dans une société (ici). Il y définit, de façon intéressante, quatre façons de mesurer le bien-être, mais aussi appelle à une expertise citoyenne pour définir ces indicateurs-là.

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Journée mondiale du Bonheur et BIB

Bonheur intérieur brutAujourd’hui, nous sommes le 20 mars, c’est donc la journée mondiale du Bonheur (décrété par l’ONU en 2012). Alors parlons-en un peu !

Il y a un mois presque jour pour jour, le Centre des Jeunes Dirigeants d’entreprises de Brest m’a sollicité pour intervenir sur la question du BIB : le Bonheur Intérieur Brut. Sujet pas commun, mais tout à fait digne d’intérêt !

Qu’est-ce que le bonheur ? Une société est-elle encline au bonheur ou l’inverse, et cela se mesure-t-il ? Tout plein de questions viennent à l’esprit, dont une centrale pour moi : suis-je compétent pour parler du bonheur et à quel titre ?

Contrairement à la philosophie, la politique parle assez peu de la question du bonheur, pourtant n’est-ce pas une question centrale que l’on oublie tout simplement de traiter, pris dans nos contingences techniques ou administratives ?

Du coup, je me suis un peu creusé les méninges pour tenter d’expliquer le concept de BIB et sortir quelques fragments de réflexions personnelles sur le sujet du bonheur. J'y ai trouvé un vrai intérêt, autant pour moi-même que pour la façon de faire ou de produire de la politique.

Lors de mon intervention, j’avais découpé mon propos en deux parties.

Dans la première partie, j’ai plutôt cherché à exposer les fondamentaux du concept de BIB (ici), ainsi que ce qui faisait référence pour moi sur le sujet (je n’ai pas vraiment eu le temps de développer cela d’ailleurs, mais la partie historique était déjà bien décrite sur par le précédent intervenant).

Dans la seconde partie, n’étant pas philosophe, je ne me suis pas attaqué à la question du bonheur en lui-même, mais plutôt à la façon d’y accéder, à la façon de trouver le bonheur en société (ou en entreprise, puisque je m’adressais à des jeunes dirigeants d’entreprises). Certaines choses sont plutôt favorables au bonheur, quand d’autres le sont peut-être moins.

J’ai choisi de développer ce qui m’ont semblé être « quatre conditions au bonheur » :

Ces quatre conditions sont évidemment une approche très personnelle et donc sujettes à controverses. Mais au final, elles m’apparaissent pertinentes (point de vue qui semble avoir été partagé par certaines personnes dans la salle, lors de mon intervention), mêmes si elles sont évidemment probablement incomplètes.

A suivre donc … !


Public / Privé : antinomiques ou complémentaires ?

5434634287_c3347d20a3_nIl y a quelques semaines, j’entendais un commentateur dire que le poids du secteur public était une charge pour la France et qu’il entravait le fonctionnement du secteur privé, ce dernier étant le vrai moteur de l’économie. J’avoue avoir été quelque peu perturbé par la simplicité de ce raisonnement économique, légèrement teinté politiquement.

Rien n’est jamais tout blanc ou tout noir en économie, comme ailleurs (Cf. la Caisse des dépôts qui détient 95% de l’entreprise Quick, par exemple !) Cela étant, une clé de lecture possible entre le privé et le public est sur la notion de rentabilité et de retour sur investissement.

Une entreprise privée ne s’engagera jamais sur un investissement qui ne possède pas potentiellement une certaine rentabilité et quand c’est le cas, un retour sur investissement forcément à plus ou moins court terme. Si ces deux critères ne sont pas présents, le secteur privé ne s’engagera pas. Non pas par manque d’envie ou d’ambition, mais tout simplement parce que les règles d’engagement de l’argent par les banques ne le lui permettront pas.

Ainsi toutes actions ou production qui ne possèderaient pas une espérance de rentabilité minimale de plus de 2 à 3% par an, sous une durée maximale d’une ou deux décennies, sont condamnées à appartenir au public … ou à ne jamais voir le jour. J’écarte ici toute l’économie en lien avec le don (fondations, associations, etc) qui fonctionnent sur un modèle qui s’apparentent plus au fonctionnement public qu’au privé dans le modèle économique.

On comprend alors vite que le modèle économique du privé est par nature restreint par ces contraintes. Il ira sur la santé ou l’éducation si les personnes sont solvables, mais n’aura aucune ambition sur la généralisation de ces services (sauf sous contrat public, donc financé par l’argent public). Idem pour la recherche, la sécurité (intérieur et extérieur), la culture, la politique, etc. Pareil pour les grands chantiers dont les financements reposent sur des retours sur investissement de 50 à 80 ans, comme c’est le cas de nombreux réseaux structurants (transports, énergie, information, etc), on ne trouvera pas d’acteur privé pour commencer à investir sur un déploiement rapide.

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Les Ateliers du changement

Les ateliers du changementA l’initiative d’Harlem Désir, premier secrétaire du parti socialiste, Brest accueillera le premier Atelier du changement de France. Loin des communications top-down auxquelles les citoyens sont habitués, ces ateliers se veulent sous un format nouveau, plus participatif, permettant un vrai échange de qualité avec tous les citoyens.

Depuis début janvier, une équipe spécialisée dans l’animation de ce genre de débat s’affaire pour questionner, rencontrer, écouter les brestois et les finistériens sur les attentes qu’ils ont pour la France. Ce travail en amont sera retranscrit dans un film, projeté au début des ateliers. Il permettra de lancer les sujets qui émergent, les attentes, les craintes qui pourront ensuite être exprimés par les participants dans la première partie.

Dans la seconde partie de la soirée, des ateliers de contributions seront organisés, afin de produire, individuellement ou collectivement, des recommandations ou des propositions pour la France. Toutes cette production politique sera collectée lors des 6 ou 7 Ateliers du changement qui se dérouleront sur le premier semestre 2013, à Brest comme dans d’autres villes de France. Une restitution sera enfin faite à l’occasion de l’université d’été du PS de La Rochelle, devant tous nos responsables politiques.

Le Parti socialiste avait innové en proposant les Primaires citoyennes, fin 2011. Les Ateliers du changement poursuivent cette volonté de partager et de travailler avec tous les français qui le souhaitent et portent en eux un projet pour la France.

Chacun aura la parole et pourra faire sa proposition sous la forme d’une contribution écrite. Il est important que ces ateliers mobilisent l’ensemble des citoyens afin de représenter au mieux ce qu’est la France aujourd’hui, hommes et femmes, jeunes ou moins jeunes, ouvriers ou chefs d’entreprises, relais d’opinion ou individus. Chaque opinion nous intéresse parce que chacune d’elle constitue un morceau de France. Chaque proposition nous intéresse, parce que chacune d’elle est un pas en avant vers le changement.

Venez nombreux le jeudi 7 février,

à 18h30 à l’Atelier (salle du Stade Brestois 29)

16, rue de Quimper à Brest

Il y aura une traduction en langue des signes et un espace enfants gratuit.

Plus d’informations :


Rassemblement contre le mariage et l’adoption pour tous

Manif contre mariage pour tousIls étaient entre 340 000 et 800 000 à se rassembler ce dimanche à Paris pour manifester contre le mariage et l’adoption pour tous. Cela fait du monde dans la rue, venu de partout en France puisqu’environ 1 000 cars semblent avoir été affrétés pour l’occasion. Une population rassemblée, mais très hétéroclite aussi dans leurs philosophies et leurs motivations.

Mobilisation de rue, certes, mais c’est un peu l’arbre qui cache la forêt.

Les Français sont majoritairement favorables à cette mesure qui est directement issue du programme de François Hollande, présenté il y a un an durant la campagne (point de surprise là-dessus). D’après le magazine Pèlerin, 60% des français adhèrent à la mise en place du mariage pour tous.

Pour l’adoption, la tendance est inversée puisque 54% des français n’y sont pas favorables. Mais ce chiffre, plus qu’une opinion, cache un doute puisqu’ils n’étaient que 42% contre cette mesure, en juin 2011. Le matraquage médiatique et politique des opposants a donc fait son effet. On observe sur 7 mois une baisse de 12 points dans l'opinion, toutes tendances politiques confondues.

D’après les études, le clivage sur ces deux questions est porté par 3 critères : le sexe, l’âge et l’opinion politique.

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Tinergie, on en parle

Tinergie BrestVoici bientôt une année que le portail Tinergie a été lancé dans le cadre du Plan climat de Brest métropole. Cette semaine, nous avions droit à une petite reconnaissance nationale dans la revue Le Moniteur [ici].

C’est une bonne chose, car il est clair que nous avons un peu de mal à faire connaitre cet outil qui est pourtant, comme le dit l’article, assez innovant en France.

La rénovation thermique du bâti est un des enjeux majeurs sur la question climatique. Le bon accompagnement des particuliers dans leur démarche est donc primordiale, tant pour déclencher le passage à l’acte que pour produire des résultats de qualité.

Avec Tinergie, nous disposons d’un bon outil pour cette politique. Si son lancement se fait en douceur, il est certain que c’est une action qui a de l’avenir et que l’on risque de nous copier.


Brest, la bien gérée !

Mairie de Brest-001Allez, dernier petit post de l’année pour faire état, une fois n’est pas coutume, d’une analyse diffusée par le Figaro magazine et réalisée par une agence de notation des collectivités territoriales : Public Evaluation System [ici].

Cette étude calcule différentes dépenses pour des villes de plus de 100 000 habitants, en intégrant bien-sur l’intercommunalité dans les calculs ramenés à l’habitant.

Que découvre-t-on dans cette étude pour Brest :

  • Charges de personnel : 306 €/hab     (moyenne : 639 €/hab)
  • Dépenses d’équipement : 131 €/hab  (moyenne : 301 €/hab)
  • Dettes : 507 €/hab                           (moyenne : 1058 €/hab)
  • Frais de communication : 2.7 €/hab   (moyenne : 11.4 €/hab)
  • Frais de mission par élu : 787 €/élu   (moyenne : 688 €/élu)

Brest n’est pas une ile dans un monde vide, il est donc intéressant de comparer à la moyenne des 35 plus grandes villes de France (c.à.d celles ayant plus de 100 000 habitants).

Alors que l’opposition brestoise critique notre gestion et revient régulièrement sur l’augmentation de l’impôt, les chiffres de l’étude montrent en valeur comparée que nous sommes plutôt très raisonnable en la matière. Charges de personnel, dépenses d’équipement et dettes sont plus de deux fois inférieures aux moyennes françaises.

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Trophée Eco Actions : Brest à l’honneur !

Trophée des Eco Maires _ BrestMardi soir, de retour d’un déplacement professionnel, j’ai fait un rapide crochet par l’Hôtel Lassay de l’Assemblée Nationale. J’y ai reçu le second prix des Trophées Eco Actions, des mains de Claude Bartolone et de Georges Pernoud, pour le compte de notre collectivité.

Brest métropole avait déposé un dossier de candidature sur une action phare que nous soutenons depuis plus de 10 ans : « Désherber sans polluer, une gestion volontariste des espaces publics ». Face à cent autres dossiers venant de toutes la France et d’Outre-mer, nous avons décroché le second prix pour notre action en faveur de la qualité de l’eau, la santé et la biodiversité.

C’est en 2000 que la collectivité a engagé une réflexion et des actions sur ce sujet. Depuis douze ans, quatre de nos services se sont mobilisés sur le sujet : le service voirie, le service propreté et déchet, le service espaces verts et le service d’écologie urbaine. Transversalité entre les services, mais aussi entre les territoires puisque les 8 communes de Brest métropole ont avancé ensemble sur ce dossier.

Les résultats sont aujourd’hui au rendez-vous. A la fin des années 90, nous utilisions environ 1500 kg de produits phytosanitaires pour l’entretien des espaces publics, avec des incidences mesurées en termes de pollution de l’eau. Aujourd’hui, nous n’en utilisons plus qu’environ 10 kg (moins de 1% des quantités initiales), majoritairement pour la lutte contre les espèces invasives présentes sur certaines parcelles. L’amélioration s’est aussi ressentie sur les analyses d’eau.

Ce prix reconnait le choix des élus sur toute cette période, mais aussi le travail des services à transformer leurs pratiques pour l’entretien de l’espace public. Cette conversion aux techniques alternatives ne fut pas simple et nécessita un engagement de tous pour réussir sur la durée. Nous pouvons nous féliciter collectivement de cette reconnaissance nationale que nous recevons aujourd’hui.


Engagement 31 : Mariage et adoption pour tous

Arton679Bon ce soir, j’aborde un sujet que je ne trouve pas simple, plus par la forme qu’il prend dans la société que pour le fond de la proposition d’ailleurs.

Etant élu, je marie en mairie et je ne vois aucun problème à pratiquer des mariages de personnes du même sexe. Je préfèrerai d’ailleurs la sincérité de cette nouvelle situation, à l’entre-deux qu’autorisait le PACS et qui ne me satisfaisait qu’à moitié. Il y avait là comme un gout d’inachevé, sachant que des couples n’avaient pas accès au « vrai mariage », comme ils auraient pu le souhaiter.

Sur la question de l’adoption, on est évidemment sur un problème plus engageant pour la puissance publique. Il ne s’agit plus seulement de l’engagement entre deux adultes consentants, mais d’un engagement qui intègre un enfant, avec tout ce que cela implique. Je ne résumerais pas ma pensée en deux lignes, mais mon sentiment est que la nature du sexe des parents est un élément secondaire, tout comme la race, la condition sociale, la croyance ou l'âge … au regard de l’amour et de l’attention qu’ils ont envie de donner à leur enfant.

Cela étant, et même si cela ne me pose donc pas vraiment de questions personnellement, je reconnais aussi le droit à d’autres à pouvoir s’en poser sans pour autant devoir leur jeter l’anathème (si je puis dire). La question n’est pas nécessairement si simple, pour au moins trois raisons.

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Lutte contre l’abstention

Abstention-presidentielle-2012-9-677x477Depuis lundi dernier, je suis en charge de la lutte contre l’abstention au sein du conseil fédéral finistérien du PS. Voilà une question qui m’intéresse depuis déjà un certain temps et sur laquelle je ne pars pas tout à fait de zéro [ici]. C’est une question intéressante, car finalement peu travailler par le monde politique.

La meilleure façon de comprendre ce qu’est l’abstention, c’est peut-être tout simplement de la regarder en face, par les chiffres. Depuis quelques années, je me suis construis un graphique [ici] qui montre les courbes d’abstention, en fonction du type de scrutin. La présidentielle, les municipales, les législatives ou les européennes sont révélatrices du phénomène. S’il y a des écarts entre scrutins, les courbes témoignent d’une étonnante régularité, avec des tendances à la hausse très proches, basé sur un ratio de +0,5 point d’abstention par an.

Les cantonales et les régionales sont plus difficilement analysables car elles ont été liées, ou non, à d’autres scrutins, ce qui fausse les résultats. L’élection présidentielle est bien en ligne avec les autres, en dehors du point singulier que fut le 21 avril 2002 et qui induit après un décalage proche de dix points.

L’abstention n’est donc pas un phénomène chaotique. La régularité de son taux de progression tend plutôt à démontrer qu’il s’agit d’un phénomène d’usure et de décrochage lent, mais constant.

Lutter contre l’abstention, c’est d’abord se poser la question de ce décrochage, de ce désintérêt ou de ce manque de confiance d’une partie de plus en plus importante de la population française. C’est peut-être aussi questionner les sens de cette abstention, au regard des nouveaux usages de notre société. C’est enfin tenter de transformer les façons de faire de la politique pour combler aussi bien la défiance que le décalage entre les pratiques politiques et les attentes des citoyens, à l’orée de ce nouveau millénaire.


Affrontement politique

Le-logo-de-l-ump-coupe-en-deuxLa crise de l’UMP nous livre un cas d’école intéressant à observer. Loin d’être un épiphénomène local, elle est probablement le signe d’un fonctionnement que l’on rencontrera régulièrement dans le futur, en lien avec les techniques de communication modernes.

Cette crise qui touche l’UMP aujourd’hui n’est pas unique en son genre. Elle fait écho à l’élection présidentielle américaine de 2000, entre Buch et Al Gore, où le président autoproclamé devint chef de l’état … tout en perdant des élections après recomptage des voix. Plus proche, cette crise fait aussi écho au congrès du PS de Reims en 2008, où Ségolène Royal et Martine Aubry étaient arrivées aussi dans un mouchoir de poche.

Au-delà des recomptages et de quelques fraudes observés qui sont probablement aussi vieilles que l’acte de vote, je ne crois pas non plus que les conflits entre personnes soit un fait nouveau dans l’histoire et le monde politique. Deux faits apparaissent comme plus contemporains : le maelström médiatique entourant ces crises politiques et aussi la réalité d’un score tendant vers une égalité quasi parfaite.

On aurait tendance à penser que ces épisodes quasi romanesques ont avoir avec le seul monde politique, il est probable que l’on se trompe : un des moteurs est clairement à rechercher dans le traitement de l'information qui est fait autour.

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