Politique

Une drôle de campagne

Sondage présidentielle 2012La campagne présidentielle semble inquiéter les commentateurs, elle n’intéresserait pas assez les citoyens, avec donc des risques de surprises dans les urnes.

D’abord, il faut probablement relativiser l’inquiétude, simplement du fait de la nature de l’émetteur du message, qui est partie prenante dans l’évènement. Les commentateurs politiques vivent de la politique, presque plus que les politiques eux-mêmes. Il y a dans leurs regards et leurs commentaires circonspects une forme de mise en scène de l’échéance. A quoi serviraient-ils si tout un chacun était capable de deviner la fin de l’histoire avant eux ?

C’est probablement ce qui explique d’ailleurs la teneur d’un discours très axé sur le premier tour dans le duel Hollande-Sarkozy. A bien regarder le second tour, les jeux sont faits dans les sondages sur lesquels s’appuient les commentateurs, nul besoin d’expertise. Pour créer du suspense, il faut regarder le premier tour, là où les électeurs de gauche comme de droite se dispersent entre les candidatures, là où les favoris vacillent, en fonction des voix qui s’écartent momentanément de leur bulletin.

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Sarkozy, l'illusionniste des riches

Euro SarkozyOn sait que le président sortant voue une admiration sans limite pour les riches, il est le président des riches. Ce que l’on imagine moins, c’est qu’il se sert des autres classes pour défendre les riches.

Dans une excellente chronique de Philippe Askenazy dans le Monde, nous apprenons que la réalité de la France, n’est pas tout à fait celle que nous dépeint l’UMP.

A coup de pression fiscal, de social ou d’assistanat, nous découragerions la création de richesse, la France serait un repoussoir pour les riches … ce qui couterait fort cher aux classes moyennes et aux pauvres. Que nenni mes amis ! La France compte près de 9% des millionnaires de la planète, bien plus que l’Allemagne ou l’Italie.

Embourbé dans notre dette et nos déficits, nous serions en grande difficulté financière. C’est sans compter sur ce que l’auteur de la chronique appelle le « patrimoine liquide net » du pays (le patrimoine net de la population, moins la dette net du pays en question). La France culmine encore une fois, avec un patrimoine liquide net de 510 % du PIB !  De quoi voir venir un peu, non ?

Enfin, sur la pression fiscal sur les très riches (les pauvres très riches, comme on dit maintenant), elle serait confiscatoire. Je vous conseille le rapport sur la fiscalité et la redistribution en France entre 2007 et 2012 [ici] et notamment ces deux tableaux [ici & ]. D’abord, nous constatons que les 0,1% les plus riches disposent d’une décote par rapport aux autres revenues et ensuite, que l’imposition globale sur cette tranche extrême a continué à descendre durant le dernier mandat.

Alors que dire, si ce n’est que tout le discours de Nicolas Sarkozy est faux sur ces hyper riches. Ils étaient là avant son mandat (malgré tous les défauts de la France) et son action politique aura été de leur faire des cadeaux fiscaux, tout en dressant un tableau très sombre de la situation, pour faire croire au reste de la population que c’était à eux de se serrer la ceinture.

Il est temps d’inverser cette tendance. Il ne s’agit pas de faire la guerre aux riches ou de les stigmatiser (c’est en leur mettant un régime de faveur qu’on finit par les stigmatiser), mais il s’agit bien de redonner du sens à tout cela : une justice entre les citoyens, un effort équitablement réparti et enfin une vraie cohésion sociale et non plus, une exclusion fiscale par le haut.

Le programme de François Hollande répond bien à ces impératifs [ici], notamment en ce qui concerne la taxation des revenus les plus hauts, au-dessus de un million d’euro.


Quand Sarkozy invente la rétro-solidarité territoriale

Affiche-sarkozyDans son "programme", le candidat sortant propose de baisser les dotations de l’Etat pour les collectivités territoriales qui refuseraient de baisser leurs effectifs et leurs dépenses de fonctionnement. Belle promesse ! Mais que cache-t-elle, si l’on excepte le fait d’une ingérence totalement anti-démocratique d’un échelon du pouvoir sur un autre.

Prenons une commune qui aurait les moyens de baisser ses dépenses, probablement parce que certaines ne seraient pas justifiée … une commune à haut potentiel fiscal, par exemple. Elle continuerait à toucher les mêmes dotations de l’Etat. La baisse de dépense irait donc mécaniquement vers une baisse de la fiscalité locale.

A l’opposé, une commune qui n’aurait pas la possibilité de baisser ses dépenses, parce que sur un territoire difficile, nécessitant certains moyens et déjà à l’étale financièrement du fait d’un potentiel fiscal faible, se verrait diminuer les dotations de l’Etat. Cela conduirait donc mécaniquement à une hausse de la fiscalité locale !

Résumons la proposition : baisse de la fiscalité locale pour les riches et hausse pour les communes en difficultés. Ensemble, tout devient possible, même le renversement de la solidarité nationale.

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Sur Brest en 2012, près d’un tiers du budget de la ville vient d’une dotation de l’Etat (DGF) pour plus de 35 million d’euros et pour la communauté urbaine, c’est 15.5%, pour plus de 45 M€.


Les résignés de l’ère Sarkozy

One Way C-TownerUn des plus grands maux produits par le président sortant aura été sa capacité à déconstruire les perspectives et à affaiblir le fait Politique. Tout le discours de la droite, de l’UMP et de son porte étendard président fut de faire passer leur politique comme la seule alternative possible aux situations auxquels nous devions faire face, tuant l’idée même de politique.

Combien de fois avons-nous entendu : « Nous devons dire la vérité aux Français » … « Le courage politique nous oblige à » … « La situation actuelle nous contraint à » … etc. La façon d’aborder les solutions aux difficultés, dans le discours de la droite, est de les amener comme une évidence, comme une option sans alternative possible, en un mot, comme une fatalité. Dans ce discours, toute résistance serait vaine, puisque contre-productive. Ainsi fait-on passer les opposants pour des arriérés. Ainsi casse-t-on peu à peu tout espoir. Ainsi forge-t-on, un peu plus tous les jours, la résignation à l’injustice qui s’est installée pendant ce mandat, sous les yeux de tous.

Cette persistance dans l’approche du discours vers les français aura fini par casser toute espérance sur le pouvoir réel du politique, de la Politique. Pourquoi passer du temps à réfléchir, à s’investir, à s’engager ou même simplement à aller voter, si la solution s’impose, est de toutes façons déjà tracée d’avance ou est unique.

Mais tout cela est un mensonge. Croyons bien que dans les hautes sphères économiques ou politiques, personne n’y croit. Notre société se façonne chaque jour aux grés des rapports de force, aux grés des ambitions, des volontés, des projets portés par des individus qui veulent changer le monde. Cette résignation aura bien servi le dessein de certains, d’une minorité sur une majorité. Tout ce discours est faux, il y a bien des alternatives politiques, il y a bien d’autres personnes pour les porter. C’est un discours de domination sur le peuple.

Dans cette campagne, au contact des citoyens, nous devons faire face à cette résignation qui s’est profondément implantée, à force d’avoir été méthodiquement cultivée.

Il est faux de dire que le Politique ne peut pas, ne peut plus. Ensemble, nous pouvons tout. Nos seules limites sont celles que nous nous mettons collectivement en tête. Les horizons du possible seront ceux que nous saurons porter collectivement. L’histoire a montré que toutes les limites pouvaient un jour être repoussées. Alors arrêtons de croire ceux qui nous disent l’inverse.


La stratégie de l'outrance

Nicolas-sarkozy_940x705La campagne prend de plus en plus une nouvelle tournure et le meeting d’aujourd’hui à Lyon en est l’exemple même. Cantonné au second role dans les sondages, le président sortant décide de passer à l’offensive, à l’occasion d’un semblant de revirement de tendance. Mais l’offensive n’est pas sur le plan des idées, sur le plan du contenu ou même d’une ambition pour la France et les français. Non, cette offensive est celle de l’agression verbale et de l’accusation orale.

A l’image du sarkozisme de ces 10 dernières années, ces attaques sont parfaitement trompeuses, dans une logique de renversement : « Je passe pour un menteur dans l’opinion publique, je traite mon concurrent de menteur » ; « J’ai traité les français de tous les noms, j’accuse mon concurrent de ne pas respecter les français » ; « L’UMP est au pouvoir depuis 10 ans, mais j’affirme que ce sont les fautes des socialistes qu’il faut rattraper » ; idem sur le cynisme ou la xénophobie.

La stratégie est grossière, c’est l’outrance du propos. Une outrance décomplexée, venue du plus haut responsable de l’Etat, mais qui lui donne aussi sa force en semant le doute. L’outrance ne vient pas seule, elle est mêlée aux propos anxiogènes, à la construction de la peur dans un contexte de peuples meurtris par la crise.

C’est en se comportant ainsi que le président sortant vole l’élection aux français. Car, comment y voir clair dans un déballage d’invectives outrancières et mensongères qui ne travaillent pas le fond. L’élection présidentielle est une rencontre avec les français afin de tenter de dessiner les lignes d’ambitions pour le pays. Nicolas Sarkozy et l’UMP ont décidé de saccager le tableau pour tenter d’empêcher quiconque d’être entendu. C’est à nous de lui donner tord et de travailler le fond, par un programme, avec les français.


Le Pen au second tour

France-de-sarkozyL’UMP nous fait le grand show sur la soi-disant traque de Nicolas Sarkozy, soit par une gauche irresponsable, soit par une presse de gaucho ! Le président sortant serait la victime d’affreux conspirateurs qui voudraient sa peau et ce, malgré le soutien inaliénable de milliers de militants de l’UMP venus l’acclamer à Villepinte.

Hier matin, un édito du Wall Street Journal (journal conservateur du Groupe de Rupert Murdoch, bien connu pour ses positions de gauche !!) appelait notre président sortant, “Nicolas Le Pen”, pour son cynisme lorsqu'il fait appel aux propensions xénophobes des électeurs [ici]. Au bout d’un mandat, Sarko l’américain se fait critiquer pour ses « sales pensées » (ugly thought) et son « analphabétisme économique » (economic illiteracy) par la presse de droite américaine.

La semaine dernière, dans le Figaro (toujours la presse de gauche !), nous apprenions que le couple Sarko-Merkel rejouait la belle et la bête aux yeux des citoyens européens puisque, si les deux personnages sont bien identifiés en Europe, l’une est appréciée et l’autre pas du tout [ici]. On peut alors mieux comprendre que le président sortant tente depuis le début de sa campagne de gagner un baiser d’outre-Rhin, probablement dans l’espoir de se transformer en prince charmant !

Non, ce n’est ni la gauche, ni la presse qui ont fait que Nicolas Sarkozy est critiqué de toute part, il est lui-même l’acteur principal de ce rejet massif. Après un mandat à avoir bridé la presse française, il est probable que les langues se libèrent un peu plus pendant la campagne, mais ce qui apparait aujourd’hui n’est rien d’autre que la réalité du personnage et de ses acolytes.

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Débat sur le nucléaire

Commission SEE_Nucléaire TFMardi dernier au Parti Socialiste de Brest, nous avons monté une réunion sur la question du nucléaire. Pour donner un tour d’horizon de la question, nous avions invité Bruno Rebelle, Directeur de Transitions, qui est plutôt favorable à une sortie rapide et Yann Gouzien, Président du Conseil de développement de l’agglomération et du Pays de Brest, mais aussi retraité de EdF et spécialiste des questions d'énergie.

Le premier constat est que ce n’est pas facile de monter une réunion sur le nucléaire. Il est à la fois pas simple de trouver des intervenants modérés qui sont pour une sortie du nucléaire, mais il n’est pas plus simple non plus de trouver des intervenants qui défendent le modèle actuel ! Le débat reste très technique, avec des chiffres assez interprétables de part et d’autre. Reste donc deux choix qui se défendent l’un comme l’autre, en fonction des priorités que chacun fait prévaloir en premier.

Un consensus a toutefois émergé de la réunion, celui de plus parler de cette question-là, de la mettre au débat. Jusqu’à maintenant, les citoyens ne se sont pas approprié ce sujet, ce choix, cette stratégie qui est toutefois très engageante (Cf. les implications post Fukushima au Japon). Peu de débats, donc peu d’informations pour nourrir les échanges ou même les options alternatives. Nous tombons donc rapidement dans un discours parfois irrationnel et trop souvent enflammé !

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Énergie, inversons les priorités

EnLiensLe second numéro du journal gratuit En Liens est consacré à l'énergie. Ce nouveau journal finistérien propose des articles afin de mieux comprendre les enjeux du développement durable. J'y ai écrit un article, dans la partie culture d'idées, qui tente de mettre en perspective la place de l'énergie dans notre développement moderne, mais aussi d'appréhender ce qu'elle pourrait-être dans notre développement futur.
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Dans les priorités des grandes nations du monde, la quête de la croissance vient en premier, puis vient la réduction de la pauvreté et enfin, aujourd’hui, les enjeux sur le dérèglement climatique. L’énergie est au cœur de ces trois sujets, mais y répondre réellement nous obligera probablement à inverser le sens de nos priorités.

L’impératif de croissance, grande croyance issue des modèles économiques et entrepreneuriaux, s’est imposé comme garant du bien-être et de la paix des peuples. Dans nos pays développés, la croissance fut étroitement liée à notre capacité à maîtriser l’énergie et à en faire baisser le coût.

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Le président sortant

Nicolas Sarkozy se regarde dans un miroir avant le début de émmission dimanche 29 janvier 2012_Lionel_BonaventureImage pathétique que cette droite en fin de règne, à la déroute après 17 ans de présidence de la France. Le capitaine du bateau n’arrive plus à cacher la désorientation qui l’habite et se pose plus la question de sa marque dans l’histoire que de sa capacité à reprendre la main sur un monde qui le dépasse.

Si le candidat Sarkozy avait brillé de mille feux lors de sa campagne, en homme providentiel qui allait sauver et réformer la France, plein d’entrain, de promesses et de formules toutes faites, c’est une sorte d’adolescent immature qui pris les rênes de la France en mai 2007. Dans le reportage Looking for NS, la presse étrangère raconte la levée de rideau sur l’impréparation réelle de l’homme face aux responsabilités qu’il avait mis toute son énergie à conquérir. Le décalage entre le candidat et le président fut grand. Sarkozy s’était vu en président, mais pas en responsable.

Ce mandat fut une succession d’improvisations sur la base de croyances appartenant déjà à un monde du passé. La ligne politique de Nicolas Sarkozy était celle qui explosa en vol durant la crise : admiration pour l’ultra libéralisme de la période Bush, aspiration pour le capitalisme financier, le monde de l’argent et détestation pour la solidarité française, rebaptisée pour l’occasion assistanat. Le paradigme politique qui devait servir d’assise à son trône fut à l’origine de la chute du système, jetant le grand défenseur du management par objectifs dans l’incapacité à tenir ceux qu’il s’était lui-même fixés sur la croissance, l’emploi ou la sécurité.

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Discours de François Hollande au meeting du Bourget

FH2012_BourgetDevant plus de 25 000 personnes, François Hollande a donné, le 22 janvier au Bourget, le coup d’envoi de la dernière ligne droite de sa campagne présidentielle. Un beau discours qui apporte du sens à sa candidature. A lire ou regarder ...

Trois jours plus tard, le non-encore-candidat UMP envisage une défaite, il fallait le faire ce coup-là !

Le texte du discours

Les vidéos ci-après ...

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Mes réponses au questionnaire pour les élu(e)s de Jean Gadrey

Lecteur du blog de Jean Gadrey, je me suis "pris au jeu" du questionnaire qu’il propose à l’attention des candidats et futurs élus pour les échéances de 2012. Je ne suis pas aujourd’hui particulièrement candidat pour la présidentielle, mais les questions m’ont paru intéressantes et tenter d’y répondre permet aussi de forger sa réflexion ... et de donner son avis !

Voici donc ci-dessous l’état de mes réflexions sur les thèmes abordés par le questionnaire. (ici)

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Une société d’experts et d’ignorants

6407162325_4595f539d7_mLa montée et puissance de la connaissance, de l’information et de la communication transforme en profondeur notre société, y compris dans son fonctionnement démocratique.

Aujourd’hui, chacun de nous est en capacité à atteindre une forme omniscience. Nous sommes capables, en quelques clics, d’avoir accès aux dernières informations scientifiques et à l’actualité partout dans le monde, quasiment en temps réel. Notre accès à l’information dépasse très largement notre capacité individuelle à capter cette l’information et à la traiter.

En parallèle, notre société moderne ayant réussi dans une large part à répondre aux besoins essentiels, elle s’est transformée dans une société du désir, avec comme corolaire, une hyper sollicitation individuelle (commerciale ou pas). Affiches, visuels, courriers, vidéo, autant de communications sous forme d’invitations qui saturent notre environnement quotidien.

Face à cette multitude de propositions et d’opportunités qui s’offrent à nous, l’individu va devoir faire des choix. C’est ce processus de choix, de tri, qui structure en profondeur la société.

L’individu va naturellement aller vers ce qui l’intéresse le plus. Mais la connaissance accessible et la capacité de mise en relation avec d’autres individus, aux profils de recherches identiques (mise en réseau réelle ou virtuelle), vont naturellement produire un « appétit » pour l’information et au final, une spécialisation forte. Le temps libre, la curiosité et l’émulation vont conduire tout un chacun à développer une forme expertise, sur un ou des sujets choisis.

Le processus de tri n’est pas raisonné, il se fait dans un état de vigilance passive, dans notre vie quotidienne. D’un coté, nous reconnaissons et captons au passage les informations qui nous intéressent et de l’autre, nous ignorons celles que nous considérons comme ayant peu d’intérêt. Mais à force d’ignorer, ne risque-t-on pas de devenir ignorant ?

 

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La primaire citoyenne, une indiscutable réussite avant tout

FHQuelques lignes avant de clore cet évènement nouveau dans le paysage politique français et passer à autre chose.

D’abord, disons-le avec fierté, cette primaire est une réussite. Avec environ 3 millions de votants, soit au premier tour, soit au second, soit aux deux, cette primaire aura largement mobilisé au-delà des militants du parti socialiste (dix fois plus). Malgré les doutes émis par la droite, malgré sa stratégie de l’épouvantail sur le fichage, malgré les vociférations de ses ténors, elle n’aura pu entraver réellement cette dynamique d’engagement contre elle. Aux yeux de la population, cette primaire marquera au contraire les esprits comme une forme de courage des politiques de gauche, afin de laisser le choix de trancher aux français.

La seconde leçon est sur l’intérêt d’un scrutin à deux tours. La primaire n’est pas une élection, mais une sélection. Le second tour n’a pas autant de nécessité que dans un vote où il existe une bi-polarité politique historique. Dans une primaire, nous sommes par nature sur des options politiques très proches. Le premier tour suffit à lui-même pour compter les expressions de la population. Par ailleurs, l’entre-deux tours aura fait monter les tensions entre deux camps, sans que cela ne change le résultat. Il est en effet rare dans ce type d’élection que l’électeur ne choisisse pas celui arrivé en tête au premier tour, celui qui a le plus fort potentiel pour la suite. Enfin, par le jeu du report des voix, le second tour fait courir le risque d’un résultat peu tranché et donc d’un affaiblissement du candidat qui en ressortirait, en vue de la vraie élection à suivre. L’intérêt d’un second tour est donc, de mon point de vue, largement discutable.

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Arrêtons la caricature et faisons de la politique

Fr Hollande

Depuis plusieurs jours, on entend à droite comme dans une certaine gauche des propos sur une soi-disant « mollesse » du candidat à la primaire, François Hollande. On entend parler dans la presse ou dans les réseaux sociaux de « gauche molle » ou de « balladurisation », comme pour faire prendre pour une évidence ce qui ne l’est en fait pas du tout.

Je n’associe pas la notion de mollesse à la détermination. Quand un candidat se lance dans un combat électoral avec 5% de votes favorables dans les sondages, face à un autre prétendant qui est affiché comme quasiment élu dans les médias (DSK), je n’appelle pas cela de la mollesse, mais de la détermination et du courage, probablement d’ailleurs alimenté par une vraie vision personnelle du pouvoir et non seulement du programme d’un parti.

Je n’associe pas la mollesse au respect de ses adversaires. Quand un candidat donne comme consigne à ses équipes de ne pas faire de campagne de terrain pour lui, mais seulement pour la primaire, je considère aussi que c’est un choix courageux et qui témoigne d’une réelle confiance en soi et en ses idées. Que d’autres camarades aient fait d’autres choix, cela les regarde, mais aux yeux des citoyens (et probablement de la droite) il n’y aurait rien eu de pire que des équipes de campagne en train de s’écharper sur chaque marché, sur le jeu du porte-à-porte, des collages d’affiches ou des diffusions de tracts. Si chaque candidat avait fait le choix d’un marketing agressif, nous serions aujourd’hui dans une foire d’empoigne et donc, un message complètement différent du débat apaisé qui transparait, grâce aux différents débats télévisés. Dans une société harcelé par la compétition et la communication, je trouve qu’avoir fait le choix d’une campagne de candidat aux primaires à minima, en faisant confiance à l’intelligence des électeurs, est un choix ambitieux et porteur de sens.

Enfin, je n’associe pas la mollesse à l’écoute et au respect d’avis différents. Il y aurait d’un coté ceux qui font les choix et de l’autre, ceux qui n’en feraient pas. Non, bien-sur ! Par contre, il peut y avoir deux méthodes : une plus orientée vers des décisions unilatérales du pouvoir et encadrées par la loi et de l’autre, une autre plus orientée vers la recherche de consensus et vers des applications par la négociations entre acteurs. Faire croire que l’on peut tout diriger et trouver les bonnes solutions d’en haut est une hérésie. Il n’y a plus que les grands patrons du CAC 40 (et Sarko) à croire cela ! Les décisions doivent pouvoir s’adapter aux situations, aux contextes, aux groupes. Ce qui est vrai ici peut être faux et improductif-là. Les choses ne sont pas complexe en soi, mais c’est le respect de la diversité qui leur donnent toute leur complexité. L’exercice du pouvoir nécessite de l’écoute, de la nuance et une grande capacité à faire confiance aux citoyens, pas seulement aux lois !

Nous sommes à une époque où les médias et les réseaux sociaux, manipulés par des cabinets de communication, sont en capacité à dézinguer un candidat en fabriquant des procès d’intention axés sur des lieux communs et des caricatures complètement extérieures au débat. Méfions-nous de cela, car ceux qui utilisent ces outils sont souvent ceux qui n’aiment pas que nous pensions pas nous-mêmes.


Pourquoi je soutiens la candidature de François Hollande

5742503725_116b133396_b Comme je l’ai dit dans une précédente note, soutenir un candidat aux primaires citoyennes ne tient pas forcément de l’évidence. En effet, les candidats partagent entre eux un socle commun d’idées important et ce sont toutes des personnalités de haut rang dans le parti. Faire son choix est donc un travail dans les nuances et les différences de perception, plus que sur le fond politique, comme pour toute autre élection. Le choix relève d’abord de l’intuition et il faut parfois un peu creuser pour mettre des mots sur ce qui confirme la volonté de soutenir un candidat plus qu’un autre.

Je fus « strauss kanien » aux primaires de 2006, « aubryiste » au dernier congrès du PS, il n’y avait donc pas d’évidence à soutenir la candidature de François Hollande aujourd’hui ! Mon ralliement tient principalement à trois qualités du candidat : l’envie, la simplicité et le discours.

François Hollande est une personne qui a envie d’être candidat et qui a envie d’être Président. Lors des précédentes échéances, la situation du PS et la candidature de Ségolène Royal ne lui avait pas laissé l’opportunité de l’être , mais on sent que ce « retrait de raison » n’a pas émoussé l’envie d’y aller et de porter haut les ambitions du parti socialiste. Il fut candidat lorsque les sondages ne le donnait qu’à 5% (face à DSK), il poursuit sa route maintenant que ces mêmes sondages lui donnent de réelles chances de l’emporter. Je crois que l’on ne devient pas Président par hasard, c’est une fonction qui demande un engagement personnel fort et mûrement réfléchi. Cela a toujours été vrai dans l'histoire, ce le sera d’autant plus pour le mandat 2012-2017 vu les enjeux qui nous font face. L’envie sera une qualité indispensable pour réussir.

François Hollande est une personne simple. Il y a quelques années, des amis ayant vécues et travaillées en Corrèze m’avaient déjà fait part de leur impression sur le personnage : facile d’accès et attentif aux autres, il était une personnalité largement appréciée. Sa façon de faire campagne aujourd’hui témoigne de cette « méthode Hollande », bien éloignée des « staffs de campagne » auxquelles les politiques nous habituent. Il est un homme de débat et de contact, ce qui rompra avec les années Sarkozy où le peuple a été tenu à distance du pouvoir.

A la simplicité du comportement, s’additionne une simplicité des mots : une lisibilité du propos, une cohérence qui rend plus accessible le discours politique. A une époque où l’on nous vend la complexité des choses que pour mieux excuser le laisser faire libéral, je crois que savoir expliquer et rendre les idées plus simple pour le citoyen (sans tomber dans la démagogie, bien-sur) est une véritable qualité pour faire de la Politique.

François Hollande a un discours politique de candidat face à aux enjeux de ce début de siècle. Comme nous tous, il sait que la période qui s’annonce sera une période difficile : résultat d’une longue période libérale qui aura bercé les illusions des peuples, pour finalement ne faire que concentrer les richesses et le pouvoir sur un très petit nombre d’individus.

Le discours de François Hollande répond à ces défis : pour refonder un modèle français, il nous faudra travailler sur la fiscalité, la jeunesse et la croissance. Il nous faudra retrouver les marges de manœuvre indispensables à un vrai projet collectif, au travers d’une vraie refonte fiscale qui prendra réellement en compte les richesses et répartira plus équitablement l’effort. Il nous faudra remettre au centre du projet notre jeunesse, nos enfants, parce qu’ils sont aujourd’hui les oubliés ou les variables d’ajustement des politiques économiques, alors qu’ils sont le capital réel d’un territoire, un véritable investissement d’avenir pour la prospérité d’un pays. Enfin, il nous faudra retrouver les voix de la croissance, mais plus sous sa forme actuelle qui n’a d’ambition que le profit produit au passage. Non, une croissance vers une meilleure qualité de vie, une croissance au service de l’Homme et non seulement de certains. Ce projet à du sens.

Voilà, pour ces trois raisons principales, je pense que François Hollande fera un excellent candidat pour la présidentielle et un Président juste et intelligent pour la France. Que peut-on rêver de mieux ?


Une rentrée politique sous le signe des primaires

Fr Hollande La rentrée 2011 se fait sous le signe de la préparation des primaires à gauche. L’élection présidentielle approche lentement mais surement. La politique du gouvernement a marqué le pas depuis maintenant de nombreux mois autour de leur candidat unique. Europe Ecologie Les Verts ont fait leur primaire interne avant l’été. Voici le tour des partis de gauche : PS et Radicaux de gauche.

Les primaires d’octobre prochain seront un temps où tous les citoyens qui se sentent de gauche pourront aller s’exprimer par le vote. L’objectif est d’abord la liberté de l’expression pour désigner le candidat de la gauche.

Lors de la précédente élection présidentielle, seuls les militants encartés au PS avaient pu voter pour les trois candidats (Royal, DSK e Fabius). Des voix hors du PS s’étaient élevées pour dire que les militants du PS n’étaient pas forcément les plus représentatifs pour choisir LE candidat de la gauche, ayant la plus forte probabilité de faire face à la droite au second tour. C’était en effet une critique entendable, même si elle pouvait être discutée. Les primaires les 2011 répondent sur ce point, en ouvrant au maximum la possibilité de participer. Chaque citoyen se reconnaissant de gauche pourra voter.

On connaît la liste des candidats à cette primaire. Il y a des hommes et des femmes, des jeunes et moins jeunes, des expérimentés et des moins expérimentés et il y a bien sur, des postures politiques un peu différentes entre chaque candidats. Il y a le choix et on ne peut pas dire qu’il n’y ait pas là des personnes de grandes qualités.

Une primaire n’est pas une élection entre un candidat d’extrême droite face à un candidat d’extrême gauche ! Les différences se font dans les nuances, dans les perceptions individuelles, dans les ressentis et dans les façons d’être, les façons de se comporter ou d’être candidat, en vu de devenir Président. Le choix n’est pas simple, mais c’est aussi cela la politique, il n’y a pas toujours d’un coté le blanc et de l’autre le noir, heureusement !

Pour ma part, j’ai fait mon choix avant les vacances après avoir lu et écouter les déclarations, les articles et échangé avec quelques proches amis. Je soutiendrai François Hollande dans cette primaire et si les électeurs de gauche le souhaitent, pour la présidentielle.


A-t-on le droit de critiquer le défilé du 14 juillet ?

Eva Joly A-t-on le droit de ne pas aimer le défilé du 14 juillet ? A-t-on le droit de penser que de voir toute ces armes, toutes ces forces armées peut faire peur ? A-t-on le droit de vouloir refuser les combats et la guerre ? A-t-on le droit de souhaiter transmettre d’autres valeurs que celles du conflit à nos enfants ? Oui, je crois qu’on a le droit de le penser et même de le dire, si on le pense.

Mais on peut aussi avoir le droit de penser qu’un défilé est un hommage. On a le droit de penser qu’une armée n’est pas faite que d’armes, mais d’hommes et de femmes prêts à défendre nos droits et notre liberté, à l’autre bout de la planète. Une armée d’hommes et de femmes qui se sont largement engagés sur le maintien de la paix ou même la protection de l’environnement ces dernières années (lutte contre les pollutions, par exemple).

Si une armée peut effrayer certains par ce qu’elle est capable de produire, elle peut aussi en rassurer d’autres par la protection qu’elle offre dans un monde en tension et en évolution, ou enfin, en émerveiller d’autres pour le dévouement de ses forces à un idéal commun national. Une armée, c’est évidemment différentes facettes.

Par contre, on oublie qu’une armée est avant tout un outil au service du politique. Dans une république démocratique, ce ne sont pas les forces armées qui partent toutes seules à la bataille, elles agissent sur ordre. C’est d’ailleurs un des principes fondamentaux de l’armée : obéir aux ordres qui viennent d’en haut.

Ces derniers jours, ce ne sont pas nos forces armées qui me posent question, mais les politiques sensés les commander. Chacun a le droit de dire ce qu’évoque pour lui un défilé militaire. Chaque sensibilité est utile et, par conséquence, a le droit de s’exprimer. Ce qui me trouble plus, c’est le monolithisme d’une pensée unique qui voudrait que d’autres avis que le sien ne puissent s’exprimer. Ce qui me fait peur, c’est le déchainement d’agressivité face à un propos simple et personnel … venant ce ceux-là même qui sont aux commandes de nos armées.

La Politique est une chose noble, quand elle est faite par des personnes qui savent prendre de la hauteur et accepter l'expression d'opinions différentes. Le politique devrait éviter de tomber dans la facilité de la petite phrase, sur un faux sujet afin le plus souvent de masquer le manque de fond.

Espérons que cet épisode n’augure pas ce que sera le débat de la campagne présidentielle !


Quelques pas dans le bon sens

Qq pas ds bon sens
Petit conseil de lecture du soir : « Quelques pas dans le bon sens » de Benjamin Grebot [
ici].

Ce petit livre est une invitation à la remise en avant d’une volonté politique portée par le sens … le bon sens en l’occurrence.

Ce livre nous invite à nous extraire d’une myopie qui ne nous mène nulle part, pour nous inciter à regarder un avenir que nous aurions choisi avec des valeurs humanistes. Pour cela, il nous faudrait re-questionner un certain nombre de dogmes modernes (notamment économiques) et surtout nous questionner nous-mêmes sur ce que nous voulons.

Loin de se contenter de grandes déclarations, ce livre donne des pistes très concrètes et à notre portée, pour ce changement de cap.

Sauf information erronée, il ne s’agit pas là d’un programme pour un potentiel candidat à la candidature, mais plutôt d’une envie citoyenne de donner son avis, de porter à connaissance une vision alternative à celle que l’on nous sert tous les jours … et dans une démocratie, c’est un bien public précieux !

Cerise sur le gâteau, Benjamin Grebot est brestois, depuis quelques mois.

Image : Créée sur www.wordle.net avec le texte du livre.

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Reportage Toxic Somalia

M53876 Presqu’une semaine après la fin de Safer Seas, il y avait hier soir une émission d’ARTE consacrée à la Somalie [ici] et notamment à la question de la piraterie en mer. Le reportage « Somalie, pirate ou piratée ? » par Paul Moreira apporte un regard nouveau sur cette question dont il a largement été question lors des journées Safer Seas à Brest.

L’enquête du journaliste met à jour les réseaux mafieux européens qui prospèrent sur l’élimination des déchets toxiques de nos sociétés : chimiques ou nucléaires. Le reportage montre comment des futs ou des containers de déchets hautement toxiques sont arrivés sur les cotes somaliennes, largués par des bateaux en provenance d’Europe [Infographie]. Il montre aussi les dégâts irréversibles de ces produits sur la santé des habitants, avec notamment des naissances avec des malformations particulières. Il montre enfin comment les pêcheurs de Somalie ont fini par prendre les armes, pour devenir de vulgaires pirates, faute de ne pouvoir combattre ceux qui les détruisaient lâchement depuis le large.

Le gouvernement somalien semble impuissant face à cela, pris dans des conflits internes au pays et n’ayant aucun bateau pour contrôler ses cotes. Les navires mafieux importent à la fois déchets toxiques et armes. Cela favorise ainsi les conflits armés internes qui jettent le pays dans le chao, tout en rendant la situation confortable pour tous ceux qui souhaitent se débarrasser de produits dangereux, à moindre coût.

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Fukushima

Titanic_plans Un an, un mois et trois jours, c’est ce qui sépare le début de la catastrophe nucléaire de Fukushima-Daiichi du 100ème anniversaire du naufrage du Titanic. Deux évènements arrivés à près de 100 ans d’intervalle, en des endroits quasiment opposés du globe, mais qui semblent rappeler aux hommes les mêmes enseignements.

Dans les deux cas, la cause racine de l’accident n’est pas la faute technique ou humaine, mais un évènement naturel extérieur, sous-estimé. Dans les deux cas, l’homme s’est cru en capacité à tout contrôler et, aveuglé par sa soi-disant toute puissance technologique, a pris des risques qu’il n’a ensuite pas su maitriser. Dans les deux cas les victimes auront été majoritairement des personnes qui auront fait confiance.

En 1912, près de 1500 personnes périrent dans la catastrophe. En 2011, le chiffre sera surement difficile à évaluer. La catastrophe nucléaire de Fukushima, comme celle de Tchernobyl 25 ans plus tôt, provoque une mort insidieuse, une mort qui colle au territoire, une mort qui se lègue aux générations futures.

Les analyses de criticité des accidents prennent en compte la probabilité d’apparition d’un incident et la gravité de l’accident. Nous avons tendance à surestimer la fiabilité de nos technologies modernes et surtout sous-estimer la gravité des conséquences des technologies que nous employons. Avec le nucléaire, nous jouons avec le feu. Quelque soit la probabilité d’apparition d’une défaillance grave, aussi petite soit-elle, il nous faut nous poser la question de notre capacité à vouloir en assumer les conséquences, pour nous-mêmes, mais aussi au nom de plusieurs générations à venir.

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Rapport 2010 du Médiateur de la République

Médiateur rép Je dois avouer qu’il m’arrive rarement de me trouver en phase avec le discours d’un homme politique de droite (surtout en ce moment). Et bien, c’est pourtant arrivé la semaine dernière. J’ai lu un article de presse sur le rapport annuel du Médiateur de la République et je dois avouer que le discours m’a bien plus. Je suis donc allé rechercher le rapport sur internet. Dans le début du rapport, Jean-Paul Delevoye (puisque c’est de lui qu’il s’agit) fait un édito qui vaut le détour.

A mes yeux, beaucoup de ses questionnements remettent en cause le fonctionnement actuel de l’Etat Sarkozy, mais il fait aussi quelques remarques de fond qui sont intéressantes sur le fonctionnement de la sphère politique, tous bords confondus. Je n’adhère pas à tout bien sur, mais la lecture s’avère enrichissante quand même sur l’état de notre République.

Le rapport 2010 est accessible ici et je mets une copie de l’édito à la suite de la note.

Pour conclure sur le décalage entre ce propos et la politique menée en ce moment par la droite, Nicolas Sarkozy supprime le « Médiateur de la République » qui existait depuis 1973, pour créer un « Défenseur des droits », à l’opposé de ce que préconisait feu le dernier médiateur. Ce Président n’en manquera pas une !

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Politique : penser et panser la société

Pansement Faire de la politique nécessite par définition de faire des arbitrages et aucun n’est facile [lire note sur les conflits d’usages]. On dit d’ailleurs de façon imagée : trancher sur un dossier ou sur un sujet. Le premier rôle du politique est donc de réfléchir à la meilleure organisation de la société, de l’espace, de l’économie, de la justice, etc… et de décider en fonction de ce qui lui semble être le meilleur respect de l’intérêt général. Mais cela ne s’arrête pas là.

Trancher, c’est aussi nécessairement faire des déçus, faire mal, au sens où ces arbitrages peuvent être accueillis douloureusement par certains. Même si la décision nous aura semblé plus juste, qu’elle aura été prise sous la contrainte financière ou simplement parce que la société ne semblait pas prête du fait de son histoire, chaque arbitrage possède une contrepartie négative. Des personnes ne se reconnaîtront pas dans cette décision et potentiellement la subiront, voire en pâtiront. Chaque choix ou décisions politiques créent ainsi des lignes de fractures, des lignes de tensions dans la société qui, souvent d’ailleurs, se rajoutent à celles héritées de l’histoire.

Le second rôle du politique n’est pas du second ordre. S’il doit penser la société, la réfléchir en terme prospectif, il doit aussi panser les lignes de fractures de celle-ci. Il doit faire en sorte d’apaiser ce qui fait tension et doit porter une attention toute particulière à ne pas attiser, par son discours ou ces actes, les foyers de tension qui coexistent forcément.

Il n’est pas nouveau que des politiques jouent de ces divisions pour en tirer un profit personnel (souvent court terme d’ailleurs). « Diviser pour mieux régner » reste une vieille règle de stratégie qui n’a pas pris une ride, dans le monde politique et bien au-delà ! Pour autant, ce ne doit pas être une règle de conduite et les électeurs devraient sanctionner ceux qui en usent, car ce ne sont jamais ceux-là qui amènent à construire l’intérêt général.


Politique : les conflits d’usages

Arbre La politique, au sens premier du terme, est l’organisation de la vie de la cité, de la mise en œuvre de l’intérêt général et la réflexion sur le vivre ensemble. La politique se situe par nécessité aux nœuds de tensions, aux endroits où se situent les conflits d’usages. Elle ne traite pas à priori de ce qui se passe naturellement bien, des situations où finalement, l’intérêt d’un groupe se façonne par lui-même, correspond à la somme des intérêts individuels. Le politique rentre en jeux, lorsqu’une situation, un espace, une ressource est un sujet de tensions et que les visions où les intérêts divergent.

Sans rentrer sur un champ complexe comme l’économie, un exemple connu pour expliquer ce qu’est un conflit d’usage (que l’on m’a raconté en tant que jeune élu) est celui de l’arbre dans la ville. Quelle politique publique pour l’arbre sur le trottoir ?

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Le journalisme bisounours du Télégramme !

Marine Aubry Samedi, je suis tombé par hasard sur l’éditorial d’Hubert Coudurier : « Le projet bisounours d’Aubry ». Ayant lu l’interview de martine Aubry dans le Monde quelques jours auparavant, j’ai été un peu étonné du propos de ce Point de vue, pour le moins caricatural. Etant abonné du Télégramme, je me suis donc fendu d’un commentaire un peu critique sur le site du dit journal. A aujourd’hui, le commentaire en question n’a pas été affiché, bien qu’il ne relevait en rien de caractères injurieux. Par contre, figurent en bonnes places quatre autres commentaires qui vont dans le sens du propos de l’édito.

Je pense que je n’aurai pas fait de commentaire si, ce weekend, je n’avais pas été choqué (comme beaucoup d’autres) par l’annonce du sondage sur le FN, arrivant en tête au premier tour des élections présidentielles. Mais les faits sont là (conforté ce soir ici), nos concitoyens finissent par adhérer, doucement mais surement, aux appels du FN. Certains diront que c’est de la faute du politique et de la médiocrité des propositions et ils n’auront pas tout à fait tord là-dessus, je crois à l’exigence vis-à-vis du politique. Mais le pouvoir politique n’est surement pas que le seul maillon dans ce système, le quatrième pouvoir, les médias, jouent un rôle déterminant dans le fonctionnement politique d’un pays.

Deux points me semblent choquants dans l’édito en question qui sont aussi symptomatiques d’un journalisme actuel.

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Marie GUEYE, candidate à Recouvrance

Marie GUEYE Ce soir, je fais une petite infidélité à Chantal Simon-Guillou pour soutenir la candidature d’une candidate amie qui me semble avoir beaucoup de mérite … Marie GUEYE [lire ici].

Je trouve qu’il faut du courage pour se lancer dans une campagne, en son propre nom, sans être soit même déjà élue sur une liste. Marie Gueye, ce n’est pas le pur produit d’un parti, parfaitement rompue aux jeux de rôles et aux discours du petit microcosme politique. Marie Gueye, c’est plutôt la franchise et la simplicité d’une personne qui vit parmi ses autres concitoyens et qui, habitée par des convictions, a choisi d’aller les défendre en se présentant à des élections.

Certains diront que sa jeunesse en politique est un handicap. Cela pourrait en être un si elle n’était pas entourée par une équipe sérieuse à la tête de laquelle il y a Pierre Maille, le Président du Conseil général, lui-même candidat sur le canton d’à coté. Son remplaçant Jacques Quillien, largement reconnu sur la Rive droite, est aussi là pour l’accompagner dans son mandat. Recouvrance est un quartier qu’il connait comme sa poche en tant qu'Adjoint au Maire du quartier des Quatre moulins.

La politique a aussi besoin de regards neufs. Elle a besoin de se faire interpeler, de se faire bousculer par des personnes qui ont fondées leurs convictions sur un véritable vécu, sur des rencontres.

Marie Gueye a le parfait profil pour faire une élue du Conseil général qui saura défendre son quartier, sa ville et son département, pas pour faire de belles envolées lyriques afin de figurer dans la presse du lendemain, mais par conviction pour les habitants de notre territoire qu’elle défendra.

Les 20 et 27 mars prochains, lors des élections cantonales, il est important d’aller soutenir Marie GUEYE. Chaque voix comptera, parce que chaque parole compte.

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Affaire Laëtitia : le ras-le-bol de la justice

Le drame de l’affaire Laëtitia offre encore une bien triste perspective du pouvoir actuel. Le jeu politique de Sarkozy souhaite donner l’impression qu’il s’occupe de ce qui occupe les français. Sur le fond, il n’y aurait rien de mal à cela. Le problème est qu’il fait l’opposé de ce qu’est sensé être le role de l’Etat.

On attend l’état pour traiter le fond, pas pour sauter sur chaque problème, mais pour mettre en place des principes, des règles, des façons de faire qui empêche les problèmes de revenir. A l’opposé de cela, la démarche de Nicolas Sarkozy est de surfer sur une affaire médiatique, de façon opportuniste, pour exister et en donner la même lecture que le tout venant, sans recul, sans réflexion. Sa parole serait celle des français !

Le problème est que si le Président représente les français, il est aussi à la tête du plus avancé des outils, l’appareil d’état. Il n’est donc pas un pékin lambda comme les autres citoyens, il a accès à l’ensemble de la machine pour l’informer, l’instruire et lui donner des éléments de compréhension des affaires sur lesquels il intervient.

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Elections Cantonales avec Chantal Simon-Guillou

AFF-C-SIMON Le weekend dernier, avait lieu le lancement de la campagne de Chantal Simon-Guillou pour les cantonales de mars 2011, sur le canton de Plouzané, Brest Saint-Pierre. [Article Télégramme ici]

Demain commencera la phase active de la campagne, le porte-à-porte et la rencontre avec les citoyens.

En tant que candidat remplaçant de Chantal Simon-Guillou, j’ai souhaité aussi m’engager pleinement dans cette campagne. Ma fonction de vice président à Brest métropole océane me fait rencontrer régulièrement le Conseil général sur tous les dossiers en lien avec l’eau, la biodiversité ou même l’énergie. Le Conseil général du Finistère est aujourd’hui très présent sur tous les projets environnementaux du département. Avec un des premiers Agenda 21 de France, il est devenu un acteur incontournable sur les politiques de développement durable que soutiennent largement nos concitoyens.

De la même façon, le Conseil général est l’institution qui s’occupe de solidarité en Finistère, de l’enfance jusqu’au grand âge. Les politiques du département sont essentielles afin de tisser un territoire qui souhaite se développer de façon équilibrée et sans crainte du lendemain. J’ai le sentiment que beaucoup de nos concitoyens, face à une crise qui fait peur, attendent des institutions qu’elles garantissent ce socle d’un vivre ensemble apaisé et en capacité à dessiner un avenir pour chacune et chacun.

C’est dans ce cadre que j’ai souhaité m’engager dans cette campagne auprès de Chantal, à la fois pour dire combien le bilan du Conseil général conduit par Pierre Maille me semble très positif, mais aussi pour rappeler que nous avons besoin de personnes pour continuer à soutenir ces valeurs.

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L'islam est-elle une menace pour la France ?

Islam Vendredi dernier, Nicolas Sarkozy faisait ses vœux aux autorités religieuses. Il n’a pas manqué de dire son inquiétude concernant le récent sondage de l’IFOP sur le jugement des français à l’égard de l’islam. Celui-ci conclue sur le fait que 42% d’entre nous considèrent la communauté musulmane en France comme une menace pour leur identité. L’inventeur du Ministère de l’immigration, de l’intégration et l’identité nationale s’est dit préoccupé. Il peut l’être !

On notera aussi le fort clivage entre tendances politiques : ceux qui considèrent la communauté musulmane comme une menace sont 24% du coté du PS, 34% du coté du MoDem, 62% pour l’UMP et cela n’étonnera personne, 98% au FN.

Ce qui interpelle le plus, c’est que plus des deux-tiers des personnes votant à droite aient fini par intégrer que la population musulmane en France était une menace pour leur identité, alors qu’elle représente moins de 10% de la population. On voit encore ici comment la politique de ce gouvernement et de Nicolas Sarkozy s’est servie des faiblesses de notre société pour en produire des éléments de clivage et de rassemblement. C’est évidement un mode d’action politique extrêmement dangereux.

 

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Nicolas Sarkozy est-il le Président de la France ?

Nicolas Sarkozy Président point interrogation Il n’est pas ici question de remettre en cause l’issue du scrutin. Nicolas Sarkozy a bel et bien été élu à la majorité absolue lors des dernières présidentielles, cela ne fait pas débat. Pour autant, être candidat, puis être élu ne signifie pas que l’on est LE Président, aux yeux des français. Incarner la fonction présidentielle, c’est un peu plus exigeant que d’être reçu au concours d’entrée.

Au-delà de la vision politique qui pourrait aussi être débattue, la fonction présidentielle peut se décomposer en trois axes structurants : une image, une représentativité et un rôle.

L’image du Président est comme celle du drapeau ou de Marianne, c’est un symbole. C’est un symbole dont on peut être fier, un symbole qui relie, un symbole qui donne l’exemple. L’image que donne Nicolas Sarkozy n’est à l’évidence pas celle que l’on attend pour la France. Du « casse-toi pauv’con » au récent propos off sur le « journaliste pédophile », en passant par le coté bling-bling et sulfureux du personnage, Nicolas Sarkozy provoque plus la risée ou la honte qu’une image de grandeur et une personnalité d’envergure pour le pays. De plus, son mandat aura été entaché quasiment en continu par des affaires touchants ses proches ou lui-même : Clearstream, Bettencourt puis Karachi. Des affaires dans lesquelles son impartialité peut être directement mise en jeux et dans lesquelles l’intouchabilité présidentielle et les secrets de l’état jouent régulièrement un rôle pour la défense de certains intérêts.

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La constitution n'engage que ceux qui y croient !

Elisée Dans un article signé de son rédacteur en chef, Claude Angeli, Le Canard enchaîné de cette semaine affirme que Nicolas Sarkozy supervise personnellement la surveillance de certains journalistes [ici]. Malgré les pressions de l’UMP, la rédaction du Canard ne retire pas son accusation.

Arrivé au trois quart de son mandat présidentiel, la pression de la fonction ne suffit plus pour verrouiller les langues et la réalité des affaires et de la façon de gouverner apparait au grand jour.

On l’a vu au travers des politiques menées sur la justice, sur l’état ou même la remise en cause de positions du conseil constitutionnel, le chef de l’état d’aujourd’hui n’accepte pas que l’on entrave son action. Il n’accepte pas la notion de contre-pouvoir, que cela soit dans l’hémicycle, dans la rue ou dans les journaux.

L’épisode d’aujourd’hui n’est malheureusement encore qu’un exemple de plus dans les dérives d’un système politique qui trahi les fondamentaux de l’organisation démocratique de notre pays.

Au-delà de l’individu, c’est toute la Politique qui est disqualifiée par ce type d’agissement. C’est l’image du Politique qui est touchée encore une fois. Mais n’oublions pas qu’une société qui ne croit plus en rien est par nature une société en déclin. La centralisé du fait politique dans la stabilité d’un territoire est majeure. Disqualifier la Politique entraîne nécessairement une déconstruction progressive du vivre ensemble et engendre un affaiblissement et une dégradation de l’Espace public, en tant que lieu de gestion des conflits d’intérêts.

Il y a urgence à faire que la Politique renoue avec l’éthique, la justice et le service de l’intérêt général, car sinon, ce sont des années de combats hérités de nos aïeux qui finiront en poussière.


Radicalisation

Manif Alors que la loi sur les retraites a été votée sans réel débat et sans prise en compte des oppositions, la gronde sociale passe du stade de la revendication, à la radicalisation. Le temps n’est plus à demander des modifications de texte, le temps est au rejet d’une situation vécue jusqu’à l’écœurement, à laquelle nombre de citoyens ne savent plus comment répondre.

Suite aux promesses électorales de la campagne présidentielle et au regard de ce qu’était la réalité de la politique de la droite et plus particulièrement celle de Nicolas Sarkozy, nombre d’observateurs craignaient déjà ce qui se passe aujourd’hui. Il était alors difficile d’en parler. La campagne avait eu lieu, la sanction démocratique avait sonnée et n’était pas discutable. Elle n’était donc pas à discuter.

Pour autant, nous présentions déjà que cela ne passerait pas, que la façon de gouverner de Nicolas Sarkozy et de ses acolytes laisserait surtout un gout de déconvenue, le gout de la tromperie face aux espoirs suscités pendant la campagne. La tromperie allait être grande face à une politique préférentielle, orientée vers le monde du pouvoir, le monde de l’argent.

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Faut-il taxer la consommation pour sauver l'emploi ?

Caddies Jeudi dernier, le Monde posait la question : « Faut-il taxer la consommation pour sauver l’emploi ? » Le temps d’une chronique, il serait intéressant d’oser se projeter pour voir les grandes lignes qui se dessinent à l’horizon.

Dans quel monde vivons-nous ? Un monde où les équilibres historiques qui ont structuré les rapports de force entre nations, entre grandes masses de population sont en train d’évoluer significativement.

Cette année, nous avons pu découvrir que la Chine possédait des trains à grande vitesse capable de rivaliser avec notre TGV national, qu’elle disposait du second ordinateur le plus rapide du monde après celui des Etats Unis, etc … Si toutes ces annonces sont pour partie anecdotiques, elles ne sont pas pour autant anodines. Sur toutes les technologies, la Chine rivalise avec celles des « pays développés. »

Les ex-pays en voie de développement montent en gamme. Certes, ils ont encore une part de retard historique à combler, mais ils ont su mettre en place une stratégie offensive concrète. Ils développent massivement des cursus de formations de haut niveau. De plus, ils exigent des transferts de techno, soit en obligeant les usines à s’implanter chez eux, soit en mettant des compensations commerciales directes sur les appels d’offres internationaux qu’ils lancent. Cette stratégie porte ses fruits sur le moyen terme. 

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Abstention et confiance politique

AAJ'anime au sein du parti socialiste de Brest un groupe de réflexion sur l'abstention. Grande inconnue que l'on reconnait quelques semaines avant les élections, elle n'en demeure pas moins un des marqueurs les plus pertinents de la performance globale du politique et des partis.

Pour ceux qui douteraient encore de l'étendue du décrochage duquel témoigne l’abstention, la lecture du Baromètre de la confiance politique (CEVIPOF) sorti en décembre dernier donne quelques pistes.

En synthèse : les français n’ont plus confiance dans les partis politiques qui arrivent bons derniers de la confiance dans les institutions, avec seulement 23% qui leur font confiances. Cette défiance n’est pas idéologiquement marquée puisque 67% n’ont ni confiance dans la droite, ni dans la gauche pour gouverner le pays. Cette défiance s’accompagne aussi surement d’un désintérêt pour le vote car les français ne se sentent ni représenté, ni même défendu par les hommes politiques actuels.

La cassure est profonde entre les français et les partis puisqu'à la question : "J'ai confiance dans la gauche pour gouverner ce pays", seulement 49% des apparentés PS répondent favorablement et c'est guère mieux en ce qui concerne la confiance des électeurs UMP, vis-à-vis de la droite pour gouverner. Même au sein d'un même courant de pensée, la confiance dans le politique n'est plus.

L'abstention soulève donc inévitablement des questions de fond : pour qui gouvernent les politiques ? Comment un tel décrochage entre représentants et représentés est-il possible ?

Certains se laisseront aller à la facilité en pensant que c'est seulement un désintérêt, pour ne pas dire une inculture politique. Mais il n'en est rien : le baromètre montre que les français s'intéressent à la politique et s'informent. Il montre aussi qu'ils sont inquiets, voire assez pessimistes vis-à-vis de du futur. Qu'ils souhaiteraient des changements, mais hésitent quand à l'ampleur de ces changements : ajustements ou changements profonds. Personne ne semble leur offrir réellement de perspective ou d’alternative en dehors du système capitaliste.

Défiance à l'égard de ceux qui gouvernent et manque de perspectives de rebond, tels sont les maux de notre temps, tels sont les raisons profondes de l'abstention. Il est urgent que les partis politiques se mettent au boulot, tant pour refonder un autre modèle que pour aspirer à représenter ceux qui les élisent.

Petit coin de ciel bleu dans cette étude, il semble que les élus de proximité soient aussi ceux en qui les français ont le plus confiance. Je garde donc encore un peu une raison d'être !

Lien vers groupe de réflexion sur l'abstention sur la Coopol


Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère !

4967503608_7aaa79de1b Demain doit encore être une grande journée de mobilisation pour nos retraites et plus largement pour l'équilibre des caisses de protection sociale.

 

Dans un contexte où le plein emploi est très loin d'être assuré, repousser l'age de départ en retraite ne constitue pas une solution à l'équilibre, mais insécurisera les fins de carrières, obligera l'assurance chômage à compenser et risque aussi d'affecter les caisses de la sécurité sociale du fait de l'inflation des jours en maladie.

 

Les « accords seniors » signés dans les entreprises définissent la catégorie des Senior après le passage de la cinquantaine. Cela témoigne bien que dès 50 ans, il y a un problème de fond entre les entreprises et les salariés plus âgés. Cela signifie qu'au moins un tiers de la carrière est devenu problématique au regard de l'emploi. Repousser l'age de la retraite contribuera dans la grande majorité des cas à amplifier ce disfonctionnement et à générer plus de mal-être pour les salariés, peu à peu exclus du système.

 

Demain, il nous faut montrer que l'on ne peut plus raisonner comme il y a 50 ans. Il nous faut appeler à une vraie réforme qui prenne en compte la catégorie des seniors pour ne trouver plus leur place dans l'entreprise, mais aussi la  précarisation des parcours en début de carrière.

 

En 50 ans, tant la distribution des richesses dans la société que la part des revenus du travail ont fortement évolué. En 2010, une nouvelle loi sur les retraites doit prendre en compte ces nouveaux équilibres dans un système rénové devant mélanger répartition et sûrement aussi pour partie redistribution.

 

Demain, nous comptons sur nous tous une fois de plus pour montrer que nous attendons mieux que ce qui est proposé aujourd'hui.

-

 

La lettre ouverte des 7 centrales syndicales au Président et gouvernement [ici].


Brice Hortefeux, le boutefeu du Président – Analyse de texte

Dans son entretien donné au Monde la semaine dernière, Brice Hortefeux ne fait rien d’autre que de jouer son rôle de porte flingue du Président. Pour ce faire, il n’hésite pas à falsifier la vérité, attiser les tensions et revient tout le temps sur le front de la politique politicienne, là où l’on n’attend pas un homme aux responsabilités.

Analyse de texte sur la base de l’interview publié [ici].

Le Monde : Les protestations montent contre votre politique sécuritaire. Cela ne devient-il pas gênant ?

Brice Hortefeux : Non. Je vous invite à ne pas confondre le petit milieu politico-médiatique parisien et la réalité de la société française ! La sécurité est l'un des tout premiers droits. Ceux qui le nient ne sont généralement pas les moins privilégiés. Vous êtes aveuglés par le sentiment dominant des soi-disant bien-pensants, qui, en se gargarisant de leur pensée, renoncent à agir.

[Commentaire : Notre Ministre de l’intérieur porterait-il des œillères sur l’extérieur, le « petit milieu politico-médiatique parisien » s’écarte bien loin de Paris, en passant par l’Europe, le NY Times ou le Vatican ces jours derniers.]

La réalité, c'est que l'action engagée sous l'autorité du président de la République rassemble les Français.

[C’est vrai et faux, elle rassemble certains français ... contre d’autres, souvent plus minoritaires ! C’est le jeu dangereux de la politique de Nicolas Sarkozy que de ciseler les thématiques difficiles pour ramasser des points dans l’opinion publique. Mais la politique ce n’est pas cela, c’est une vision cohérente de l’ensemble et là, le Président échoue à proposer aux français une vision globale pour tous.]

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L’été de la honte et de l’incertitude

Flickr blogcpolitic Le début de l’été fut largement dévolu à l’affaire Woerth-Bettencourt, son déballage sur le monde et les mœurs de l’hyper richesse et de ses connivences avec certains politiques. Le milieu de l’été sonna le retour en force du discours sécuritaire de Nicolas Sarkozy et de ses portes-flingues, comme pour mieux étouffer ce qui n’aurait pas du être vu … quelques semaines plus tôt. La fin de l’été prend l’allure d’une gueule de bois face au ravage d’un discours que nous prenons trop à la légère, qui engage l’image de la France dans le reste du monde, mais aussi dans les esprits de nos concitoyens.

Il y a un principe en sociologie qui dit que l’être humain a besoin pour son équilibre, de savoir qu’il y a quelqu’un en dessous de lui, qu’il n’est pas « le dernier ». C’est vrai à tous les niveaux. Chacun cherche à ne pas s’estimer « en dessous de tout », souvent en trouvant une forme de démarcation singulière.

En remettant le couvert sur l’insécurité, l’immigration et les Roms dans le discours de Grenoble, Nicolas Sarkozy n’a rien fait d’autre que d’utiliser ce principe pour calmer le mécontentement des français et tenter, encore une fois, de semer le trouble dans les esprits.

Cet été, la presse a mis en lumière que la France fonctionnait à deux vitesses, qu’il y avait bel et bien une caste cachée très au-dessus des autres et un fossé infranchissable entre les deux. Une caste « d'intouchables », mais à l’envers !

Cette vision est par nature inacceptable aux yeux des citoyens. Elle est révoltante tant l’écart est grand entre le vécu de ceux qui subissent la crise, et ceux qui finalement ont très largement tiré profit de la période qui l’a engendrée. Ceux-là même qui maintenant se retrouvent à l’abri, en laissant aux autres le soin de rétablir la situation. De plus, il a été aussi largement montré que le pouvoir en place travaillait plus pour le maintien de cette situation et de ces privilèges, que dans le sens du rétablissement d’un équilibre et pour une justice collective.

Qui dit faits révoltants, dit risque de révolte. Face à ces deux castes qui se sont implicitement constituées au gré de ces derniers évènements, Nicolas Sarkozy en a créé une troisième de toute pièce : celle de ceux à qui l’on peut retirer les droits ; celle de ceux qui seraient moins que les autres ; celle de ceux que nous pourrions mépriser pour passer notre rage et notre frustration de n’être que dans la classe moyenne et potentiellement, de ne jamais pouvoir en sortir (sauf par le bas … peut-être).

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La retraite en question

Manif 26 mai 2010 Brest La question des retraites fait débat, y compris au sein des partis. L’allongement de la durée de cotisation apparait comme une réponse intéressante face à un prolongement de la durée de vie. Pour autant c’est une réponse dont la pertinence dépend largement du contexte dans lequel on l’applique et celui-ci est souvent peu exploré.

Le problème des retraites n’est pas à prendre seul. La vraie question de société est de savoir comment se fait l’équilibre entre ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas : enfants, étudiants, chômeurs (jeunes ou vieux), retraités et pourquoi pas femmes au foyer élevant des enfants aussi. La vraie question est celle de la solidarité entre générations, mais aussi entre celles et ceux d’une même génération, dans l’emploi ou sans emploi.

En prenant ce niveau de recul, le problème des retraites prend une tout autre tournure.

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Les 4 leçons des régionales 2010

Chronique envoyée ce matin sur le site du monde.fr [ici].

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La première grande leçon est bien-sûr l’abstention, au premier comme au second tour. Un français sur deux ne s’intéresse plus ou fait le choix de ne plus participer au débat démocratique. La majorité du monde politique commente sans grande conviction ce qui devient un non-événement dans nos élections. Les totaux électoraux ne prenant en compte que les votes exprimés, les résultats affichés ne pâlissent pas de l’abstention. Pour autant, cela reste de loin la plus forte expression, mais ce qui n’est pas compté fini par ne plus compter.

Le travail sur l’abstention devrait être un chantier prioritaire du politique (quel que soit la couleur). Dans une démocratie, le vote est la boucle de rétroaction qui contrôle que tout le système ne dérive pas, ne diverge pas. C’est un des éléments clé du fonctionnement démocratique. Que la classe politique ne réagisse pas fortement face à ce taux d’abstention est clairement un indicateur inquiétant sur la santé réelle de notre démocratie. Cela témoigne tout autant d’une peur, d’un manque d’ambition, d’un manque d’innovation et d’envie d’innover que d’un certain conservatisme.

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La Région Bretagne en campagne

Jean Yves Le Drian Hier, je faisais campagne pour les régionales. L’occasion pour moi de redécouvrir les différents champs d’actions du Conseil régional, car si plus de 75% des français estiment que ce que fait la Région est important, ils sont le même nombre à ne pas savoir ce qu’elle produit au quotidien !

Pas de discours de science politique ce soir, mais simplement trois exemples vécus, dans mon mandat, de relations constructives avec le Conseil régional de Bretagne.

D’abord sur l’eau, où la région est un acteur incontournable sur la politique de reconquête de la qualité de l’eau en Bretagne. Co-financeur avec le département ou l’agence de l’eau d’actions d’amélioration de la qualité des eaux, le Conseil régional milite aussi ardemment pour prendre en charge la politique de l’eau sur son territoire.

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La préfectorale, la stratégie de l’état UMP pour regagner les territoires

4012709718_3098d25d67_m Comme je l’ai dit dans ma précédente note, la France est soumise à une énorme machine à remonter le temps sous l’ère sarkoziste. Nouvel exemple avec l’usage fait par l’état d’un des plus hauts corps de l’état : les préfets.

Nous connaissions l’usage des « préfets kleenex » qui au moindre petit dérapage dans la vie du Président ou de sa garde rapprochée subissait les foudres du roi. Nous connaissions le management par objectifs de ces représentants de l’état sur le territoire, en fonction de la politique décidée à Paris. Nous connaissions aussi les préfets médiatiques qui finissent par apparaitre plus que les politiques dans les journaux pour vanter les actions de l’état. Nous voici aujourd’hui à une nouvelle étape dans l’étatisation du territoire, les campagnes électorales de la préfectorale !

La tête de liste UMP à la région Bretagne témoigne parfaitement de ce recadrage au plus haut sommet de l’état et de ce recul dans la philosophie même de ce qu’est un élu politique et sa nécessité de représentativité. Bernadette Malgorn, ancienne préfète de Région Bretagne jusqu’en 2006, magistrate à la cours des comptes, ancienne secrétaire générale du ministère de l’intérieur jusqu’en 2009, … ancienne énarque (promotion « Léon Blum », cela ne s’invente pas) n’est pas à priori une politique née, mais bien ce qui se fait de plus pointu dans la haute administration de l’état français.

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Avec Sarkozy et l'UMP, la France recule

Site UMP Malgré un discours de campagne stigmatisant un recul de la France, malgré une énergie de tous les instants pour occuper la scène médiatique, le bilan de l’UMP est à l’opposé des objectifs qu’ils affichent et des politiques qu’ils ambitionnent.

Cette semaine encore, deux chercheurs spécialistes des questions de sécurité critiquent fermement la politique de casse de la police mené par le Président, majoritairement pour des problèmes d’idéologie et de discours de campagne. Ils estiment que la police en est revenue aux années 60 ! [ici].

Au mois de novembre derniers, la cour des comptes sortait un rapport démontrant le renforcement de la ghettoïsation des établissements difficiles, conséquence de l'assouplissement de la carte scolaire, tant vendu par le candidat Sarkozy comme un signe « d’égalité des chances » [ici].

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Et si deux dates nous racontaient l’histoire

Mur de berlin Dans deux jours, nous serons au 20ème anniversaire de la chute du « mur de la honte », du mur de Berlin. Vingt ans de recul sur l’histoire. Vingt ans pour relire ce qui s’est passé depuis.

Je ne suis ni astrologue, ni numérologue (ni même très porté sur ce genre de croyance). Pour autant, le hasard semble avoir voulu scellé par les dates un lien entre deux évènements majeurs de notre histoire contemporaine : la chute du mur et celle des World Trade Center. Le 9 novembre 1989 et le 11 septembre 2001, le 9/11/89 et le 11/9/01.

Evidemment, la symétrie entre mois et jours frappe entre les deux dates, mais la suite numérique entre les années aussi : 8-9/0-1, comme s’il s’agissait bien d’une suite logique entre deux événements en opposition.

Ces deux dates marquent chacune la chute d’une construction humaine à forte symbolique : un mur, témoignage de l’enfermement physique et intellectuel d’un régime qui finira par trahir ses idées et deux tours jumelles, symbole d’une fuite en avant dans une vision ultra capitaliste du monde, dont l’issue n’est pas encore écrite (lire aussi : L’onde de choc du 11 septembre).

La chute du mur de Berlin marque aujourd’hui d’évidence la chute d’un modèle que plus personne ne veut (ou presque !) du fait des aberrations comportementales qu’il aura produit dans l’histoire humaine. Il est plus que probable qu’en 2021, cette même conclusion apparaisse aussi d’évidence pour le modèle capitaliste et la suite de crises et de gâchis dans lequel il nous aura jeté, après nous avoir fait rêver.

Les deux blocs et les deux modèles associés sont nés un même jour, à Yalta. L’histoire a voulu qu’ils tombent à une même date, ou presque ! A nous maintenant d’en nettoyer les décombres pour construire un monde unique, avec d’autres perspectives, un monde qui portera l’ambition de durer plus longtemps que les 44 ou 56 petites années des deux modèles passés.

Vingt ans, c’est court … et pourtant, ça semble déjà en dire long !


Politiques de territoires

Si la droite gère l'état, la gauche (et le parti socialiste en particulier) est aux commandes d'une grande partie des collectivités territoriales (grandes villes, communautés urbaines, département ou régions).

 Là où l'état dérape de plus en plus dans les travers d'une mauvaise gestion et d'une politique sans réflexion et sans sens, c'est au niveau des territoires que ce sens et cet équilibre renaît.

Au-delà des petites phrases et des logiques de leadership qui masquent trop souvent le fond des politiques proposées, que chacun se fasse son opinion sur la base des ambitions portées.


Breizhstorming

Breizh forums
Le dictionnaire français s’enrichi d’un nouveau mot : le Breizhstorming !

A l’initiative de Jean-Yves Le Drian, les socialistes bretons lancent une série de 4 forums de réflexion sur la Bretagne, de façon à co-construire le programme des prochaines régionales, sur la base des aspirations des bretons.

Le site www.forumbretagnepourtous.net vient d’ouvrir et permettra à chacun de suivre l’actu de ce travail, mais aussi de proposer de nouvelles idées dans le cadre de ce Breizhstorming régional.

Alors n’hésitez plus, venez breizhstormer avec nous !